Orgueil_et_pr_jug_sFin dix-huitième, début dix-neuvième, dans une bourgade de la campagne anglaise, Mrs Bennet tente de trouver un bon parti pour chacune de ses cinq filles sous l'oeil amusé et parfois lassé de son époux. Lorsque Mr Bingley, un gentlemen que l'on dit doté d'une belle rente, s'installe dans une propriété voisine, Mrs Bennet voit là une belle occasion de placer l'une de ses filles. Rapidement, les jeunes femmes vont faire sa connaissance, ainsi que celle de l'impertinent et hautain Mr Darcy.

Voilà, c'est fait ! J'ai enfin découvert Jane Austen ! Et oui, jusqu'à présent, je ne m'étais jamais lancée à découvrir ses romans pourtant si célèbres. Après m'être replongée dans Jane Eyre, l'envie de découvrir d'autres romans classiques anglais m'a chatouillé. A défaut de me réconcilier avec les classiques français (mes excuses aux professeurs de français qui passent par ici, mais j'ai été traumatisée par les études de textes et le bac de français !!!), j'ai demandé à la libraire qui se trouvait sur mon chemin lors de ma dernière virée en librairie par lequel commencer. Sans surprise, elle m'a mis entre les mains Orgueil et préjugés, le plus célèbre des romans de Jane Austen que je me suis empressée d'ouvrir et de découvrir avidement !

L'histoire en elle-même n'a rien de très original : des jeunes femmes d'une famille ni pauvre ni trop riche cherchent à faire de beaux mariages, à s'assurer un avenir confortable, sans oublier de prendre en compte leurs sentiments, parfois au grand dam de leur parenté ! De la raisonnable et trop conciliante Jane à l'écervelée Lydia en passant par la déterminée Elizabeth, nous suivons quelques mois de la vie des cinq soeurs, en nous centrant plus particulièrement sur Elizabeth, la seconde des filles Bennet, dont le caractère semble le plus affirmé et le plus en décalage avec ce que l'on attend d'une jeune femme à l'époque (qu'elle sache se tenir en société, danser, chanter, broder et peindre, et qu'accessoirement elle ne soit pas trop vilaine, mais grands Dieux, surtout pas qu'elle soit intelligente et futée !).

Dans notre monde actuel, où les relations de couple se font et se défont, où le divorce est rentré dans les moeurs au point que la moitié des couples qui se marient entameront un jour une procédure de rupture, où l'on vit "dans le péché" sans que cela ne choque plus, ce roman apporte un parfum suranné, désuet, mais pourtant déjà moderne. Alors que priment dans la plupart des mariages la raison et la nécessité de trouver un époux point trop gourmand en dot mais suffisamment pourvu en capital pour que l'avenir de votre fille soit garanti, Elizabeth apparaît comme une bouffée d'oxygène, refusant de s'allier avec son cousin pour assurer l'avenir de la famille, au grand désespoir de sa mère qui la voit déjà terminer vieille fille, et résistant au ténébreux Darcy tant que ses sentiments à son égards ne sont pas favorables (alors que bon, on ne peut pas reprocher au dit Darcy de ne pas avoir une situation !). Quand on pense qu'à l'heure actuelle, même chez les grands de ce monde, on se choisit par amour et non plus pour faire une alliance avec telle famille ou augmenter un patrimoine, ce livre a dû faire l'effet d'une révolution lors de sa publication en 1813 !

Que ce livre connaisse aujourd'hui encore un si grand succès s'explique totalement. Bien qu'écrit il y a plus de 200 ans (vu comme ça, ça lui fait prendre un sacré coup de vieux !), il regorge d'humour et d'ironie, bien loin de l'image empesée et soporiphique que je garde des romans classiques que j'ai lu jusqu'à présent (il n'y a bien que Le comte de Monte Cristo de Dumas qui ne me soit pas tombé des mains, ce qui relève déjà de l'exploit !). De plus, au fil des pages, la relation entre Darcy et Wickham n'a pas été sans me rappeler le conflit latent entre Mark Darcy et Daniel Cleaver dans Le journal de Bridget Jones. Une petite recherche sur internet plus tard, l'article Wikipédia consacré à ce roman m'a confirmé qu'Helen Fielding s'est très librement inspirée d'Orgueil et préjugés pour créer ses personnages... Autant dire que la thématique semble indémodable et universelle !!!

Bref, une jolie découverte, qui plaira nécessairement aux âmes de midinette, renverra tout à chacun à ses premiers émois amoureux, et m'a clairement donné envie de découvrir d'autres romans de cette grande dame de la littérature anglaise !

Texte © Miss Alfie 2011.
Edition lue : Orgueil et préjugés, Jane Austen, traduit de l'anglais par Valentine Leconte et Charlotte Pressoir, éditions 10/18, collection Domaine étranger, 2000, 380 pages.