Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
vendredi 24 octobre 2014

L'échange des princesses - Chantal Thomas

L'échange des princesses1721. Philippe d'Orléans, Régent de France, a l'idée de marier l'une de ses filles au prince héritier d'Espagne en échange du mariage de l'infante Marie Anne Victoire au futur roi Louis XV. Traités comme des adultes, les deux couples d'enfants vont connaître un destin loin des ors de la monarchie.

Lorsque j'ai constaté la présence de ce roman dans la dernière opération Masse Critique de Babelio, je n'ai guère hésité, m'intéressant beaucoup à l'Histoire de la France et appréciant les romans de Chantal Thomas. Historienne de formation, Chantal Thomas m'avait régalée avec Les adieux à la reine et je souhaitais ne pas rester sur la note plus moyenne ressentie à la lecture du Testament d'Olympe. Pourtant, les premiers avis recueillis lors de l'annonce de cette lecture m'ont inquiétée : plusieurs lectrices disaient ne pas avoir apprécié ce roman, son mode narratif, son histoire...

Pour ma part, je vais encore une fois me démarquer, mais j'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture que j'oserai presque qualifier de passionnante. Mais il faut pour cela accepter de rentrer dans ce qui ressemble plus à un essai, voire à une biographie qu'à un roman véritable. Cette sensation m'a été donnée par l'insertion très régulière de courriers et d'extraits de la Gazette, le journal relayant les faits et gestes des grands de l'époque. Il faut aussi se rappeler que Chantal Thomas est historienne de formation : c'est donc une quasi spécialiste qui nous parle... Alors certes, le style parait parfois décousu, sautant d'un personnage à l'autre, mais style qui donne à l'ensemble une impression de chronique de cour...

Là où la déception peut poindre, c'est si l'on imagine que la vie des princes et princesses d'alors était faite de paillettes, de dorures et d'ors à gogo... La description que Chantal Thomas fait de Versailles lorsque Louis XV y revient est bien loin du Château que les touristes se pressent de visiter, mais s'avère réelle : oui, Versailles fut un gouffre financier, mal isolé, trop grand, trop mal entretenu, voulu par un mec mégalo. On peut aussi se trouver choqué par l'histoire en elle-même et le portrait que Chantal Thomas dresse de l'époque. On y voit quatre enfants de moins de douze ans, dont une de quatre, mariés entre cousins. On les place dans des rôles d'adulte, on simule un mariage, voire même on officialise en Espagne la chose par une présentation du couple d'enfant dans une couche commune... Oui, les pratiques peuvent choquer, mais il faut aussi se rappeler que Louis XV devient roi et monte officiellement sur le trône à l'âge de treize ans. Pas encore un adulte, déjà plus un enfant, à peine pubère...

L'échange des princesses est un récit quasiment tragique, qui montre combien les manipulations et manigances politiques pour rester à la tête du pouvoir sont anciennes et dénuées de sentimentalisme. Les enfants jouent aux adultes, si tant est qu'ils jouent... Car au final, cette petite reine ne fait que reproduire ce qu'on lui a inculqué depuis sa naissance... Encore une fois, sous le couvert de l'Histoire royale, Chantal Thomas livre une version de l'histoire de bien des gens préféreraient sans doute oublier... Mais pas moi, j'en redemanderai presque ! ;-)

Ce qu'on en dit ailleurs :

  • Reading in the rain : "Ce n’est pas que l’écriture soit géniale, c’est qu’elle est juste. Correctement vieille. Correctement française. J’adore ça."

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : L'échange des princesses, Chantal Thomas, Éditions Points, 2014, 319 pages.

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jeudi 23 octobre 2014

Faites un voeu

2014

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mercredi 22 octobre 2014

9/11 - Corbeyran, Jef, Bartoll

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Le 11 septembre 2001 marque l'histoire des Etats-Unis avec l'attentat du World Trade Center. Au travers de plusieurs personnages, un responsable de la CIA, une agent des services d'espionnage US et un banquier d'affaires proche de Ben Laden, cette série raconte les épisodes qui mènent progressivement à ce tragique évènement.

Voilà une série débutée en 2010 et conclue en novembre 2013 après 6 tomes d'une histoire basée, évidemment, sur des faits réels et qui, avec le rajout de personnages fictifs, permet aux auteurs de scénariser en même temps que de coller aux différents évènements. C'est d'ailleurs là l'une des forces de cette série. Ces personnages puissants, complexes et dotés d'un caractère fort permettent à l'histoire de ne pas être un simple résumé des faits.

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De fait, si le fond de l'histoire est connu de tous, depuis l'attentat de 1993 - déjà - sur le World Trade Center jusqu'au 11 septembre, les deux scénaristes tentent de créer un cadre diplomatique et géopolitique pour expliquer cette montée en puissance dans l'opposition entre les Etats-Unis et le mouvement Al Qaïda mené par Oussama Ben Laden. Là-dessus, la construction du scénario est progressive, intelligente et plutôt bien foutue dans le sens où l'on retrouve tous les codes des histoires d'espionnage. On y retrouve les personnages qui font double-jeu, ceux qui restent droit dans leurs bottes et ceux qui retournent leur veste. On reprochera toutefois, un lancemment d'hypothèses à peine trop complotiste dans le sixième et dernier tome. Même si cette hypothèses, jamais entendue sauf erreur de ma part, ne remet pas en cause les faits et l'Histoire (avec un grand H), elle est à peine trop extravagante pour être crédible. Malgré tout, l'ensemble reste cohérent et très bon.

L'autre atout de cette série repose sur une originalité du dessin. Pour les fonds de paysages, de villes ou de décors en général, le dessin est en fait une photo retouchée (informatiquement je suppose) pour plus ressembler à du dessin. Bien que l'on voit très facilement cet effet, j'imagine que c'est un effet volontaire du dessinateur. D'ailleurs, cela ne gâche en rien la lecture. On pourra reprocher des expressions de personnages à peine trop lisses et pas assez expressives mais ce sera la seule critique que l'on fera à ce trait classique. Au final 9/11 est une très bonne série basée sur un attentat qui aura marqué l'histoire, qui monte en puissance au fur et à mesure des tomes et qui finit sur une planche qui renvoie à la suite des évènements qui amènera les Américains en Irak. 

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture : 9/11, Bartoll et Corbeyran (scénario), Jef (dessin), Éditions 12bis, 2008-2013.

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mardi 21 octobre 2014

Au bord de l'eau

2014

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lundi 20 octobre 2014

La femme de hasard - Jonathan Coe

femme de hasardMaria vit chez ses parents près de Birmingham. Elle réussit à entrée à Oxford. Accompagnée bien malgré elle de Ronny, elle y fait quelques rencontres. Finit par se marier. Le tout sans comprendre ce que peut bien être le bonheur.

En France (et peut-être ailleurs aussi du coup), on a quand même la manie d'attendre qu'un auteur ait fait ses preuves avec l'un de ses succès récents pour sortir ses premiers romans. On se retrouve donc avec, sur le marché, des ouvrages travaillés, qui ont gagné en maturité, et des nouveautés pas si nouvelles que ça dans lesquelles on constate souvent des naïvetés, des faiblesses ou des maladresses qui témoignent de la jeunesse de l'auteur dans l'écriture. Beaucoup de lecteurs s'avouent alors déçus par ces lectures "de jeunesse", surtout quand ils oublient ce paramètre dans leur critique.

Mais pour une fois, je dois dire que Jonathan Coe m'a surprise. La femme de hasard, s'il n'a été publié en France que fin 2006, est le premier roman de Jonathan Coe à avoir été publié en 1987. Près de vingt ans avant le brillant Testament à l'angaise ou La maison du sommeil. Et déjà dans ce roman assez court (moins de 200 pages, vous savez que chez moi, ça fait deux jours), on perçoit tout le talent de ce romancier.

Il faut dire que le personnage de Maria est très particulier. Ni réellement antipathique ni franchement sympathique, Maria semble traverser son existence sans la prendre en main, se laissant porter par les événements sans trop comprendre le pourquoi du comment. Maria est un être neutre, qui reste à la lisière des événements, dont la vie change car un élément extérieur est venu la percuter.

Pour raconter ce genre de personnage, sans envie, sans ami, sans désir, il fallait un narrateur plein de cynisme et d'ironie, sans quoi la lassitude et l'ennui pouvaient assez rapidement contaminer le lecteur. Avec un mécanisme d'interpellation régulière du dit lecteur, Jonathan Coe réussit à insuffler à l'ensemble la dose minimale d'humanité nécessaire à cette analyse des relations humaines peut optimiste, mais non dénuée d'intérêt.

Si La femme de hasard aurait pu aller plus loin à certains moments, Jonathan Coe livrait pour son premier roman une histoire prometteuse et laissait déjà entrevoir l'auteur très apprécié qu'il est devenu. Une lecture pour les amateurs de Coe, mais sans doute pas pour le découvrir en premier lieu.

Ce qu'on en dit ailleurs :

  • Lis tes ratures : "Un livre faussement interactif, où l'auteur se joue autant du lecteur que de son héroïne, si tant est qu'il joue."
  • Conduite en état livresque : "Jonathan Coe a créé d'autres situations loufoques où l'on rit aux dépens des personnages. Cependant, à force de vouloir trop en faire, il m'a ennuyée."

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : La Femme de hasard, Jonathan Coe, traduit de l'anglais par Jamila et Serge Chauvin, Editions Gallimard, collection Folio, 2006, 184 pages.

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