Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

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dimanche 24 mai 2020

Histoires extraordinaires - Edgar Allan Poe

Histoires-extraordinaires

Il y a quelques années, vous avez déjà pu lire sur ce blog une petite chronique concernant deux nouvelles écrite par Edgar Allan Poe, Double assassinat dans la rue Morgue et La lettre volée. Ces deux nouvelles font partie de ce recueil publié en 1856 par Charles Baudelaire (après la mort de l'auteur).

Dans cet ouvrage, Baudelaire a rassemblé 13 nouvelles de l'auteur américain, sans suivre d'ordre chronologique, mais plutôt en essayant de mettre en avant par thématique des nouvelles que lui appréciait. Il y a donc une part de subjectif dans ce choix. Ainsi, Baudelaire explique clairement avoir, par exemple, choisi de ne présenter que 2 des 3 textes mettant en scène le Chevalier Dupin : « Le Double assassinat dans la rue MorgueLe Mystère de Marie Roget, et La lettre volée font une espèce de trilogie. Obligé de donner des échantillons variés des talents de Poe, j'ai crains la répétition. » (p. 92)

On trouve donc dans ce recueil une sorte d'échantillon de l'oeuvre de Poe publiée entre 1832 et 1846. Certains textes ont une tendance plus policière, d'autres évoquent les évolutions technologiques et des rêves de voyage en ballon qui rappellent les écrits de Jules Verne, et d'autres font appel à des aspects un peu plus fantastiques en rappelant notamment la forte influence du magnétisme et des histoires d'hypnose à l'époque.

J'avoue avoir achevée cette lecture avec un sentiment en demi-teinte. J'ai apprécié bien sûr de mieux découvrir l'écriture de Poe. Toutefois, une fois de plus, le format "nouvelle" m'a empêchée de totalement apprécier ma lecture. J'ai notamment trouvé que cela empêchait la montée réelle des émotions, par exemple dans « Morella ». J'ai trouvé ce texte bavard, tournant en rond avant d'aborder le coeur du sujet, et au final un mystère et une angoisse qui ne sont pas monté aussi fortement que j'aurai aimé. 

Je garde malgré tout quelques bons souvenirs de lecture. Parmi eux, citons "Double assassinat dans la rue Morgue" que j'ai aimé redécouvrir, mais aussi « Le Scarabée d'Or », « Manuscrit trouvé dans une bouteille » ou encore « La vérité sur le cas de M. Valdemar ».

Une lecture enrichissante donc, au moins pour ma culture générale, mais qui ne m'a pas convaincue d'aller explorer plus profondément l'oeuvre de cet auteur américain au destin particulier et à la personnalité complexe. 

« Pour son époque, Poe est un Méricain d'une culture hors du commun mais inférieur à celle qu'il prétend posséder. » (Julio Cortazar  page 12).

Texte © Miss Alfie 2020.
Couverture : Histoires extraordinaires, Edgar Allan Poe, traduit de l'anglais (USA) par Charles Baudelaire, préface de Julio Cortazar, édition de Jean-Pierre Naugrette, éditions Folio, 2004, 430 pages.

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mercredi 20 mai 2020

Les quatre filles du Docteur March - Louisa May Alcott

Les quatre filles du docteur MarchMeg, Jo, Beth et Amy vivent avec leur mère et leur domestique, Hannah, tandis que leur père s'est engagé dans l'armée américaine. La guerre de sécession fait rage et les quatre jeunes filles grandissent et sympathisent avec leur jeune voisin, Laurie.

A l'occasion de la sortie du film de Greta Gerwing, l'équipe de "Adapte-moi si tu peux", un podcast qui s'intéresse comme son nom l'indique aux adaptations à l'écran de romans, a consacré un épisode au roman de Louisa May Alcott qui a, comme pas mal de monde je pense, bercé ma jeunesse. Après l'avoir écouté, j'ai eu envie de me replonger dans ce roman, pour le redécouvrir avec mon oeil adulte.

Au fil des chapitres qui racontent tous une anecdote, une aventure, et se concluent tous par une petite morale, on sympathise avec ces quatre jeunes femmes aux caractères assez différents. Je pense que, comme beaucoup, Jo March reste encore et toujours ma préférée et j'ai confirmé mon souvenir concernant Beth, à savoir que sa timidité maladive la fait frôler la niaiserie.

A l'arrivée, j'ai aimé redécouvrir ces personnages, raviver quelques souvenirs enfouis profondément dans ma mémoire, et je pense qu'on peut se dire que pour un roman de cette époque, il reste assez sympa à lire et pas trop obsolète. Le personnage de Jo et son caractère indépendant aide à contrebalancer le côté très paternaliste qu'on peut retrouver dans l'éducation donnée à ces jeunes femmes... Mais une éducation américaine du 19e siècle, il ne faut pas l'oublier !

Une petite madeleine de Proust littéraire. Dont il me reste maintenant à dévouvrir la nouvelle adaptation !

Texte © Miss Alfie 2020.
Couverture : Les quatre filles du Docteur March, Louisa May Alcott, traduit de l'anglais (USA) par Natalie Zimmermann, édition PKJ, 2020, 320 pages.

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samedi 16 mai 2020

Mariages de saison - Jean-Philippe Blondel

Mariages de saison

Du mois d'avril au mois de septembre, Corentin accompagne son parrain et immortalise des mariages. Derrière sa caméra, il fixe une journée toujours singulière et recueille confessions et secrets. Et entre deux mariages, il fixe ses proches. L'occasion d'en apprendre un peu plus sur lui-même.

Les bouquins de Jean-Philippe Blondel sont généralement des petits bonbons qui se lisent vite et laissent dans nos vie une petite pastille de bonheur. Celui-là ne fait pas exception à la règle, bien qu'il mette en scène un personnage solitaire et qui semble rester en retrait de sa propre vie.

Au fil des chapitres qui alternent récits de mariages et confessions "face caméra" des proches de Corentin, on découvre un presque trentenaire qui se laisse porter par la vie, qui papillonne de filles en filles, mettant l'échec de ses relations sur le compte de son métier saisonnier. Jusqu'au moment où ses proches lui renvoient ses vérités, sa distance, son détachement. Des confessions comme des coups de poing qui semblent le laisser à chaque fois K.O. Des confessions auxquelles il ne peut répondre.

Mariage de saison est un joli roman qui raconte la prise de conscience d'un être qui va devenir un homme à travers des histoires de mariage toutes différentes et qui racontent combien ce moment dans la vie d'un couple peut être particulier... Et ne peut répondre à aucune norme.

A lire si vous voulez vous offrir une petite bulle de deux heures de douceur.

Texte © Miss Alfie 2020.
Couverture : Mariages de saison, Jean-Philippe Blondel, éditions Pocket, 2017, 160 pages.

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mercredi 13 mai 2020

La légèreté - Emmanuelle Richard

La légèreté

Elle a 14 ans. Elle se trouve trop maigre et trop grosse à la fois. Elle se demande ce que ça fait, de faire du sexe. Elle voudrait en faire. Elle trouve que les relations avec les autres sont drôlement compliquées. Et puis elle part en vacances avec ses parents et son frère.

Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler d'un bouquin que j'ai abandonné en cours de route malgré l'intérêt que je portais au sujet, mais parce que le style et la lenteur de la narration ne correspondaient pas à ce que je souhaite lire en ce moment.

Dans ce premier roman, Emmanuelle Richard met en scène une jeune fille sans prénom, dans une famille anonyme. Une adolescente de 14 ans qui se pose les mêmes questions que tous les ados, qui tente de se construire en lisant des magazines de mode qui lui expliquent les normes physiques dans lesquelles rentrer, et qui désespère d'avoir un tour de taille trop grand de cinq centimètres.

"Je me demande si c'est ainsi que sera ma vie, une succession de tentatives ratées pour aller vers les autres, une ribambelle d'échecs se tenant par la main, pareils aux bonshommes en papier crépon de toutes les fêtes d'école du monde et des kermesses de la terre, sera-ce ainsi que je passerai ma vie, à me traîner péniblement, opiniâtrement, inlassablement comme un bousier tenace dans des lueurs troubles de bar, auprès de garçons et de filles qui ne remarqueront jamais, sans calcul dont sans dignité, jusqu'à ce que je me lasse, que je me taise et m'assèche définitivement pour enfin rester seule, vieille et décatie avec mes chats que j'aurai choisi nus dans un souci égalitaire d'empathie générale - ils son laids et alors ? -, le même genre de sentiments qui poussent certaines personnes à adopter des furets orphelins puants." (p. 104-105)

Cette phrase résume à elle seule mon sentiment sur ce bouquin : d'un côté, elle touche juste, elle raconte exactement la crainte que moi aussi je pouvais avoir à 14 ans, cette sensation que jamais un garçon ne me regarderai, que jamais je n'arriverai à entrer en relation avec les autres, que je serai en décallage. D'un autre, elle est tellement longue et alambiquée, tellement trop. Trop de mots, des mots inutiles pour certains. Elle est le reflet du style de tout ce roman, qui se veut détaché avec cette narration anonyme qui alterne entre la troisième et la première personnes, mais un style qui mériterait d'être plus épuré...

Alors oui, c'est un premier roman. Il faudrait probablement jeter un oeil aux derniers romans publiés d'Emmanuelle Richard pour voir si elle a fait évoluer son écriture ou si ce style reste sa signature. Mais dans le second cas, je crains que nous ne soyons pas faites pour nous rencontrer !

Texte © Miss Alfie 2020.
Couverture : La légèreté, Emmanuelle Richard, éditions Points, 2018, 288 pages.

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lundi 11 mai 2020

Le Service des manuscrits - Antoine Laurain

Le service des manuscrits

Une éditrice partiellement amnésique après un accident d'avion, un auteur éligible au Goncourt introuvable, et des cadavres qui ressemblent étrangement à ceux du roman du dit auteur... 

Voilà ce que vous trouverez dans ce roman sans prétention mais divertissant sorti en janvier 2020 sous la plume d'Antoine Laurain.

Si ce romancier a déjà publié plusieurs ouvrages dont un a fait l'objet d'une adaptation télévisée, Le Chapeau de Mitterrand, j'avoue que c'était ma première rencontre avec lui. Je n'ai pas été déçue, j'ai apprécié cette plume simple. Antoine Laurain raconte ses personnages, y compris secondaires. Il nous donne quelques détails (parfois un peu trop d'ailleurs), quelques faits marquants de leur vie et leur donne ainsi vie.

Comme dans La daronne, on retrouve une femme étrange , au caractère et à la personnalité originaux. Si l'intrigue nous amène parfois à nous interroger sur une éventuelle once de fantastique, le dénouement final est plutôt bien amené.

Un roman intéressant, pas inoubliable mais divertissant ! Et un auteur dont j'ai envie de lire d'autres romans pour mieux le découvrir.

Texte © Miss Alfie 2020.
Couverture : Le Service des manuscrits, Antoine Laurain, éditions Flammarion, 2020, 224 pages.

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