Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
lundi 6 juillet 2015

Et tu n'es pas revenu - Marceline Loridan-Ivens

Et tu n'es pas revenuEn 1944, Marceline est déportée avec son père. Elle connaîtra à ses côtés Drancy, puis chacun connaîtra un parcours différent, mais elle recevra une lettre de lui, une lettre à laquelle elle répond en quelque sorte des dizaines d'années plus tard.

Voilà un très court livre, une centaine de pages, mais qui se lisent d'une traite, qui s'engloutissent. Un livre-lettre que Marceline a voulu écrire à son père, une lettre d'amour pour un père disparu, un père prophétique, un père qui aurait su, qui aurait compris.

Car dans cette centaines de pages, c'est une femme au crépuscule de sa vie qui revient sur la déportation, sur la vie dans les camps, mais qui revient surtout sur la difficulté à vivre l'après. Paradoxalement, s'il a fallu survivre pendant des mois, si la vie avait alors un prix fou et que tous mettaient tout en oeuvre pour la conserver dans un univers terriblement inhumain et barbare, elle devient un poids et un fardeau une fois rentrés, une fois que le cours "normal" des choses reprend.

Comment faire comprendre à ceux qui n'y étaient pas ce que furent les camps ? Comment tenter de reprendre une vie normale, avec des choses toutes simples comme dormir à nouveau dans un lit avec un matelas, quand on a été si près du précipice ? Comment réagir face à ceux qui ne comprennent pas que "ça ne passe pas" ? Car non, ça ne peut pas passer, ça restera ancré en Marceline Loridan-Ivens, comme dans beaucoup de survivants, aussi ancré que ce chiffre à jamais gravé dans la peau.

En partant d'une simple phrase mais à valeur de prophétie prononcé par son père, Marceline Loridan-Ivens raconte une vie d'attente, une vie sans celui pour qui elle a sûrement du éprouver le plus d'amour dans sa vie. Un témoignage fort, à faire entrer dans la liste des indispensables sur la seconde guerre mondiale.

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Et tu n'es pas revenu, Marceline Loridan-Ivens et Judith Perrignon, Éditions Grasset, 2015, 112 pages.

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dimanche 5 juillet 2015

Flan de courgettes au saumon fumé

Oui, vous l'avez compris, cet été, on va manger de la courgette à toutes les sauces et sous toutes les formes ! Parce que c'est bon la courgette, et que ça va avec plein de choses ! Et comme c'est assez doux en goût, on peut allègrement se faire plaisir et la marier avec différents ingrédients. Pour cette semaine, ce sera avec du saumon fumé, soyons fous !

Pour cette recette, prévoir :

  • 3 à 4 courgettes
  • 3 oeufs
  • 20 centilitres de lait
  • 3 grosses cuillères à soupe de Maïzena
  • 2 tranches de saumon fumé
  • ciboulette, poivre

Préchauffer le four à 180°.

Éplucher et râper les courgettes. Les faire revenir à la poêle pour qu'elles cuisent et dégorgent. Bien égoutter.

Couper le saumon en petits morceaux.

Dans un saladier, mélanger les oeufs, le lait et la Maïzena. Ajouter du poivre et de la ciboulette, puis le saumon et les courgette.

Bien mélanger et verser dans un moule à cake.

Faire cuire une heure au four.

Servir froid.

Flan de courgettes au saumon

Bon appétit !

Texte et photo © Miss Alfie 2015.

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vendredi 3 juillet 2015

La marque de Windfield - Ken Follett

la marque de windfield1866. Au pensionnat de Windfield, la seule solution pour faire face à la chaleur estivale est d'aller se bayer dans un petit lac tout proche, au risque d'enfrendre le règlement. Mais quand l'un des baigneurs y trouve la mort, le petit jeu devient un secret bien gardé entre les différentes personnes présentes. L'accident en est-il vraiment un ? Trois hommes aux destins liés dans la fin du XIXe siècle...

Après avoir découvert Ken Follett avec Les piliers de la terre, il y a toujours un risque de trouver le reste de son travail plus fade. Il faut dire qu'avec sa saga médiévale, il a placé la barre très très haut ! C'est d'ailleurs ce qui m'est arrivé avec Le scandale Modigliani que j'avais trouvé au final assez décevant (mais bon, à la décharge de l'auteur, c'était son tout premier roman, on peut supposer qu'il s'est amélioré ensuite !).

Avec La marque de Windfield, on retrouve le côté saga puisque l'histoire s'étend près d'un un demi-siècle. On suit Hugh, Edward et Micky, trois personnages très différents dont les faces sombres se dévoileront au fur et à mesure du roman. Si les deux derniers sont les plus présents au début, le rapport va peu à peu s'inverser au profit de Hugh qui apparait au final comme le vrai héros de l'histoire. Autour d'eux, d'autres personnages vont évoluer, notamment Augusta, la mère d'Edward, une femmes aux dents très longues, prête à tout pour accéder à une place de choix dans la société, quitte à ce que la chute soit violente...

Car en toile de fond, c'est l'histoire financière et les début de la mondialisation que raconte Ken Follett. Edward et son cousin Hugh sont en effet les descendants des Pilaster, et héritiers de la banque du même nom. Et qui dit banque, dit spéculations et parfois mauvais choix... Les personnages les plus retords côtoient les plus sages, mais qui aura donc le dernier mot ?

Ken Follett livre ici un roman noir, avec de l'amitié et des trahisons, et offre au lecteur une saga tout aussi passionnante que les personnages qu'il met en scène. Un seul bémol : une fin un peu trop "happy end" comparé à la noirceur globale de l'histoire...

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : La marque de Windfield, Ken Follett, traduit de l'anglais par Jean Rosenthal, Éditions Livre de poche, 1996, 640 pages.

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mercredi 1 juillet 2015

Yeruldelgger - Ian Manook

YeruldelggerAu coeur de la steppe mongole, le corps d'une fillette est retrouvé avec son tricycle. Dans le même temps, à Oulan-Bator, trois chinois sont retrouvés dans une usine, émasculés. Deux enquêtes en apparence très différentes sur lesquelles Yeruldelgger, flic brisé par la mort de sa plus jeune fille quelques années plus tôt, va enquêter.

J'ai eu la chance de rencontrer Ian Manook cette année, au salon Quais du polar à Lyon. Il y était présent pour la promo de son deuxième roman mettant en scène le flic mongol, Les temps sauvages. Histoire de faire les choses dans l'ordre, j'ai commencé par m'intéresser au premier opus. Alors, en route pour la Mongolie !

Voilà déjà une destination peu banale pour un auteur français. Car non, Ian Manook n'a rien de Mongol, il est on ne peut plus français, et son nom aux consonances étrangères n'est qu'un pseudo qui cache (pas totalement) son véritable nom. Car en plus d'être romancier, Ian Manook a d'autres vies. Il a notamment beaucoup voyagé et s'est inspiré de ces voyages pour écrire son premier roman publié en lui offrant comme cadre la Mongolie.

D'aucuns estimeront sûrement qu'un roman écrit par un Français sur la Mongolie, ça risque d'être aussi bourré de clichés qu'un Américain qui écrit sur la France. Peut-être, mais n'ayant pas été sur place, et ne connaissant pas ce pays, j'avoue que j'ai trouvé beaucoup de véracité dans le récit que nous propose Manook, en tout cas au niveau de la description des lieux et de la culture... D'autant que la belle-soeur qui y est allée a semblé apprécier de retrouver bien des souvenirs de voyage...

Si l'intrigue en elle-même, succession de rebondissements, en fait peut-être à peine trop par moments, l'ensemble est extrêmement bien construit pour conduire le lecteur à une addiction totale dans la deuxième moitié du roman. A cela, s'ajoute une découverte passionnante de la culture mongole, la vie et les traditions dans les yourtes, et la confrontation avec l'occidentalisation de la société... Alors qu'il faut faire attention au pied que l'on pose en premier dans la yourte, on y consulte iPhone et iPad sans soucis !

Avec ce premier roman publié, Ian Manook démontre un réel talent d'observateur pour la culture mongole. Il ne reste plus qu'à espérer que son second roman soit tout aussi passionnant et dépaysant !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Yeruldelgger, Ian Manook, Éditions Livre de poche, Collection Policier / Thriller, 2015, 648 pages.

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lundi 29 juin 2015

Demande, et tu recevras - Sam Lipsyte

Demande, et tu recevrasMilo Burke travaille au service chargé des subventions dans une université américaine. Marié, père attentif de Bernie, il a oublié ses ambitions de peintre derrière son bureau sans saveurs. Jusqu'au jour où pour conserver le dit boulot, il va devoir renouer avec un vieil ami fortuné et se plier à diverses exigences.

Demande, et tu recevras est typiquement le genre de livre vers lequel je ne me serai pas dirigée d'emblée dans une librairie. Mais comme il est arrivé comme un grand dans ma boîte aux lettres, j'ai laissé parler la curiosité et me suis plongée dans ce roman américain publié initialement il y a cinq ans mais sorti en France uniquement cette année. Bien m'en a pris, car l'écriture de Sam Lipsyte est un régal d'ironie et de cynisme grinçant.

L'auteur porte sur les États-Unis d'aujourd'hui un regard dénué de compassion et qui m'a semblé fortement réaliste. On y croise des adulescents plus très surs de leurs valeurs, perdus entre les principes hérités de l'éducation post-soixanthuitarde de leurs parents et des concepts plus rétro, embarqués dans une vie quotidienne parfois très éloignée de leurs rêves et idéaux de jeunesse, mais aussi des vétérans de l'armée tellement jeunes et déjà tellement bousillés par la vie, des âmes perdues qui errent de parcs en cafés en attendant le moment de rentrer dans le cagibi qui leur sert d'abris... Bref, une vision de l'Amérique plutôt éloignée de celle du rêve américain...

Milo n'est pas un héros brillant, ce serait même plutôt un anti-héros, mais il se révèle le reflet de notre société, pion déplaçable à l'envi, victime des décisions prises en sous-main, incapable de prendre en main son destin déjà dirigés par de plus puissants que lui... Quant à son couple, là encore Milo reflète sa génération : comment rester un couple quand l'enfant arrive, comment concilier vies professionnelles, vie parentale et vie de couple, comment réinventer le quotidien avant qu'il ne soit trop tard...

Alors qu'il pourrait apparaître comme un roman déprimant, noir et désabusé, Demande, et tu recevras n'a fait que me convaincre une fois de plus de la nécessité de prendre nos vies en main, d'être les acteurs de nos destins, de ne compter que sur soi pour avancer, ce qui n'empêche pas de regarder autour de soi et de faire en sorte d'avancer à plusieurs... Bref, une lecture surprenante, inattendue, mais portée par une plume brillante et un style génial.

Mes remerciements à Fabienne, l'attachée de presse des éditions Monsieur Toussaint Louverture, pour cette découverte !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Demande, et tu recevras, Sam Lipsyte, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Martine Céleste Desoille, Éditions Monsieur Toussaint Louverture, 2015, 410 pages.

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