Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
vendredi 30 janvier 2015

A Mélie, sans mélo - Barbara Constantine

a mélie sans mélo

Alors qu'elle doit accueillir sa petite fille pour les grandes vacances, Mélie reçoit de mauvais résultats. De quoi ? Elle a bien le temps de le savoir. Pour l'instant, elle va profiter. Mais avant, il faut que Marcel, son vieux mécano, vienne réparer la voiture qu'elle a mis en rade, histoire de le sortir de sa maison de retraite.

Voilà le deuxième roman que je lis de Barbara Constantine. Et voilà le deuxième livre doudou qu'elle m'offre ! On retrouve la simplicité que j'avais apprécié dans Tom, petit Tom..., même si ici, la faiblesse n'est pas la précarité mais la vieillesse et l'approche inéluctable de la mort. Alors oui, dis comme ça, vous allez peut-être passer votre chemin, parce qu'un livre doudou qui cause de mort, faut y aller. 

Sauf qu'ici, la mort et la fin de la vie apparaît comme un motif de vie, comme l'occasion de ne plus s'encombrer d'inutile, de s'intéresser à des futilités formidables comme regarder pousser des bambous, l'occasion d'oser révéler tout ce qui restait caché depuis des années... Bref, l'occasion de vivre, tout simplement...

En l'espace de deux mois, les personnages atypiques de A Mélie, sans mélo vont redécouvrir leur histoire, créer leur bonheur, ne plus s'encombrer de questionnements incohérents et distribuer autour d'eux plein de plaisir, à coup de pédales et de tours de tandem ! 

Pas besoin d'en dire beaucoup plus, ce roman se lit vite, il n'aura sûrement jamais le prix du roman d'excellence de l'année, mais sa simplicité fait du bien. Et rien que pour ça, il faut le lire !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : A Mélie, sans mélo, Barbara Constantine, Éditions Livre de poche, 2010, 256 pages.

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jeudi 29 janvier 2015

Neist Point

2014

Nord-est de l'île de Skye
Une côte escarpée, violemment vallonnée
Le genre d'endroit désert quand on y arrive au matin
Vent et oiseaux pour seuls compagnons
Un de mes coups de coeur auquel les photos ne rendent pas hommage tant c'est magistral...

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mercredi 28 janvier 2015

La Banque - Pierre Boisserie, Philippe Guillaume, Julien Maffre

BANQ_COUV1815, Londres, Nathan Rotschild réalise un incroyable coup en Bourse en spéculant sur la défaite anglaise à Waterloo alors qu'il a les informations sur la victoire. De ce délit d'initié, Charlotte et Christian de Saint-Hubert, Français exilés à Londres depuis la Révolution, comprennent que seul l'argent guide le monde et qu'il leur permettra de retrouver leur lustre perdu.

Aaaaah, voilà un sujet qu'il est intéressant : LA BANQUE ! Ce merveilleux monde composé de personnes tout à fait sympathiques toutes dévouées à t'aider dans tes difficultés en te piquant du pognon quand tu n'en as plus. Je te laisse chercher le sens du truc, personnellement, je n'ai toutjours pas compris. Bref, redevenons sérieux et intéressons-nous au premier cycle de cette nouvelle série paru en 2014 et qui s'intéresse au monde de la banque au 19è siècle. L'originalité de la chose tient à ce frère et cette soeur, personnages de fiction, qui évoluent dans un monde parfaitement réel avec la dynastie Rotschild et le début du capitalisme sauvage. 

Le scénario de ce premier cycle s'étale ainsi sur plus de trente ans, de 1815 et Waterloo à 1848. Cet étalement permet à l'histoire d'avoir le temps de prendre son temps et de ne pas accumuler les rebondissements trop rapidement. Parce que des rebondissements, foutrechien, il y en a des caisses. Retournements de vestes, trahisons, enrichissements, ruines, etc., rien n'est épargné mais tout a un sens au regard de l'histoire. Ainsi, les scénaristes se servent par exemple de Waterloo ou du développement du transport ferroviaire pour y fixer les bases de leur histoire, trépidante au demeurant. A noter également un petit cahier final où les scénaristes apportent des compléments historiques. Toujours bien vu, ces petits cahiers de fin, un vrai bonus utile.

Côté dessin, on retrouve Julien Maffre, déjà croisé sur le très bon Tombeau d'Alexandre. Si on peut parfois reprocher des fonds de cases un peu trop uniformes, le trait n'en est pas moins vif et les personnages expressifs. Le défi du vieillissement des personnages est également réussi même si le frère Saint-Hubert, qui prend un peu cher avec l'âge, ne sera pas très tendre avec son créateur. Au final, La Banque s'avère être une série plutôt bien foutue, intéressante, au scénario bien ficelé et qui permet d'appréhender le monde économique du 19è siècle sur le fond d'une histoire de famille à rebondissements.

Texte © Alfie's mec, 2015.
Couverture T1 (cliquez pour agrandir) : La Banque, Pierre Boisserie, Philippe Guillaume et Julien Maffre, Éditions Dargaud, 2014.

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mardi 27 janvier 2015

Miller Row

2014

Au bas d'une rue en pente raide
Un viaduc magistral au dessus
La rivière Dean qui chuchotte quelques secrets
L'envie d'avancer doucement, de s'arrêter, de profiter de Miller Row

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lundi 26 janvier 2015

Le roi disait que j'étais le diable - Clara Dupont-Monod

le roi disait que j'étais le diable

1137. La jeune Aliénor d'Aquitaine épouse celui qui quelques jours plus tard devient Louis VII roi de France. Dans sa dot, son territoire, l'Aquitaine et le Poitou, mais aussi un caractère bien trempé. De Paris à Antioche, soumis à la raison d'Etat, les deux époux tenteront en vain de se rencontrer.

Amis historiens, passez votre chemin, vous risqueriez d'être très déçus par ce roman que pour ma part j'ai beaucoup apprécié. En même temps, les critiques que vous pourriez faire quant à son manque de précision, Clara Dupont-Monod les a anticipé et s'en explique à la fin de son roman. Car c'est bien d'un roman dont il s'agit ici, et non pas d'une biographie de la vie d'Aliénor d'Aquitaine pendant son premier mariage et sa première couronne de Reine de France.

"Que les historiens ne jugent ces libertés ni blasphématoires ni hors de propos ; mais bien comme le plein exercice de l'imagination qui s'enchante à combler les vides, en prenant appui sur l'armature chronologique." (p. 227)

Dans ce roman choral, Clara Dupont-Monod met en scène, avec son regard du XXIe siècle, une femme qui fut successivement reine de France et reine d'Angleterre, autant dire qu'elle réussit à être alliée et ennemie de la France. On est encore à quelques deux cents ans de la guerre de cent ans, mais déjà on voit combien l'enjeu est important en jetant un oeil à une carte de l'époque et en découvrant la superficie du royaume d'Aquitaine... Alors oui, Aliénor était dès sa plus jeune enfance une femme de pouvoir. Elle a été élevée pour être la Duchesse d'Aquitaine, mais dans ce monde dirigé par les hommes, elle dût se soumettre aux désirs de son père et épouser le futur roi de France. Alliance politique avant d'être une alliance sentimentale, voilà de quoi mettre la jeune Aliénor en rage.

"Moi, la valeureuse, la solitaire, qui tiens le pays dans ma main, qui me fait obéir des barons, mate les révoltes, qui assure la richesse de l'Aquitaine et du Poitou, sans qui le domaine royal se réduirait à quelques champs de blé coincés entre Soissons et Bourges, vers qui les têtes se tournent, pour qui les coeurs battent, moi la fille du Sud, j'épouse un homme qui récite les Pater Noster et se nourrit de pain et d'eau le samedi !" (p. 26)

Je dis "jeune" car un coup d'oeil à la chronologie officielle de sa vie m'a permis de constater qu'elle n'avait "que" treize ans lors de son mariage. Treize ans, et déjà tellement de poids sur ses épaules... Imaginerait-on un couple royal de 13 et 17 ans de nos jours ? Certes, les temps ne sont pas les mêmes, mais Aliénor, qui apparaît comme une féministe en puissance, comme une femme de poigne et de décisions, qui contribue au développement de l'amour courtois tout en ne supportant pas la moindre résistance à ses décision, n'était-elle pas au final qu'une jeune femme encore pétrie de caprices et soumises à ses désirs ?

"Tu ne manoeuvres pas. Tu es intègre. Ton élan tient en quelques mots : la guerre, la violence, la mort. Cet élan est sincère, lavé d'arrière-pensée. Il est terrifiant, il porte un nom, c'est l'innocence du crime." (p. 71)

Avec une narration originale, à trois voix, Clara Dupont-Monod livre un roman médiéval savoureux pour peu que l'on prenne le recul nécessaire avec l'Histoire. Les descriptions de Paris sont savoureuses, et le format de ce dialogue sans échanges remplit son objectif : il faudra un tiers pour réussir à expliquer à ces deux êtres si différents là où ils ont péché...

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Le roi disait que j'étais le diable, Clara Dupont-Monod, Éditions Grasset, 2014, 240 pages.

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