Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

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jeudi 5 décembre 2019

Lectures de novembre : la Chronique des Clifton

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Pour cette chronique des lectures de novembre, je ne vais vous parler que d'une seule saga qui a parfaitement rempli son office distrayant pour les moments de détente que je me suis accordée entre deux révisions et deux oraux blancs : la chronique des Clifton de Jeffrey Archer.

Au fil de 7 tomes, Jeffrey Archer nous fait découvrir l'histoire d'Harry Clifton des années 1920 aux années 1990. Fils d'un docker et d'une serveuse, Harry réussit à obtenir une bourse pour entrer dans un collège privé près de Bristol où il va cotoyer des enfants d'un tout autre milieu que le sien. Il y rencontre Giles Barrington qui devient son meilleur ami. Mais l'histoire étant bien faite (évidemment !), leur amitié ne convient pas à tout le monde, notamment au père de Giles, propriétaire d'une grande compagnie maritime... Et qui pourrait bien être également le père de Harry...

A partir de là, Jeffrey Archer déroule une saga pleine de secrets, de rebondissements, de trahisons, d'amitié, d'amours, de séparations et de retrouvailles. Il crée une galerie de personnages suffisamment complexes pour qu'on s'y attache, mais au sein de laquelle on ne se perd jamais. Tome après tome, on revisite l'Histoire du Royaume-Uni, on s'initie à la gestion d'une compagnie cotée en bourse ou aux investissements financiers, mais rien n'est jamais lassant ni même niais comme on peut parfois le craindre d'une saga familiale.

Si certains tomes s'essoufflent légèrement par moment, je n'ai pas résisté à leur attrait et ai enchaîné les 7 volumes d'une traite. Oui, il m'aura fallu un mois pour découvrir le destin extraordinaire de Harry Clifton et de sa famille, mais quel mois, et quelle compagnie pendant ces soirées ! De quoi me redonner le goût de lire !

En un mot comme en cent : une excellente idée de cadeau pour les amateurs de saga familiale à mettre au pied du sapin !

Texte © Miss Alfie 2019.
Couvertures :
• Seul l'avenir le dira, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2013, 552 pages.
• Les fautes de nos pères, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2014, 504 pages.
• Des secrets bien gardés, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2015, 552 pages.
Juste retour des choses, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2016, 576 pages.
Plus fort que l'épée, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2017, 608 pages.
Le temps est venu, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2018, 624 pages.
Le destin d'un homme, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2019, 624 pages.

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dimanche 3 novembre 2019

Lectures d'octobre

Passons un petit coup d'aspirateur sur le sol de ce blog, et prenez un coussin pour vous asseoir. Le temps manque, la motivation aussi, mais j'ai décidé de tenter de faire au moins un article par mois pour vous parler des livres lus le mois précédent, dans la veine de ce que j'avais fait pour les lectures estivales...

Pour le mois d'octobre, j'ai choisi de vous parler de 3 romans, 1 essai et 2 BD...

Côté romans...

où passe l'aiguille Le coeur de l'angleterre la vie en chantier

Où passe l'aiguille, de Véronique Mougin
L'histoire d'un gamin de 14 ans qui vit en Hongrie avec ses parents en 1944. La guerre va venir frapper la famille, séparée et déportée dans des camps de concentration. Pour sauver sa peau, Tomi va finalement s'intéresser au métier de son père, tailleur.
Le style est simple, oral, et pourrait presque en faire un bouquin pour adolescent. On vit avec Tomi la promiscuité des camps et la violence de la séparation, et on arrive à Paris, pour finir dans les salons chics des maisons de haute-couture.
Inspirée par l'histoire d'un de ses cousins, Véronique Mougin livre un roman sympathique, mais que je risque de bien vite oublier.

Le coeur de l'Angleterre, de Jonathan Coe
2010-2018 : les personnages de Bienvenue au club et Le cercle fermé ont vieilli, grandi, mûri, souffert, et ils s'apprêtent à aborder une nouvelle décennie de l'histoire de l'Angleterre marquée par le Brexit. Benjamin, Sophie, Lois, chacun va vivre ses années de manière particulière...
J'avoue, j'ai du mal à dire que je suis déçue par un Jonathan Coe, mais pourtant, je pense que c'est un peu le cas avec ce roman... Oui, l'auteur met totalement en adéquation ses personnages et l'époque qu'ils vivent, oui il intègre des sujets de société de fond dans son intrigue, mais il s'y perd. Ce n'est ni un roman de société, ni un roman politique, mais peut-être la suite de trop d'une oeuvre un peu trop ambitieuse... Et si Jonathan Coe prenait exemple sur son héros Benjamin dans sa réflexion par rapport à la production littéraire ?...
Une mention spéciale tout de même : le récit de la cérémonie d'ouverture de JO de Londres en 2012 vue par chacun des personnages, et qui donne envie de la revoir !

La vie en chantier, de Pete Fromm
Taz et Marnie n'ont pas encore fini de rénover la petite maison qu'ils ont acheté lorsque Marnie tombe enceinte. Mais lorsque Marnie meurt en couche, la vie de Taz s'écroule. Comment continuer à vivre, comment finir la maison et s'occuper de cette toute petite chose qui est arrivée dans sa vie en prenant celle de sa bien-aimée ?
Je craignais, et en même temps j'étais très attirée par ce roman... J'ai pleuré, plusieurs fois, parce que c'est émouvant, parce que c'est bien écrit. Sobre, jamais niais, La vie en chantier est probablement un de mes coups de coeur de cette année. Tellement puissant, avec tellement d'espoir dedans...
Mention spéciale pour les scènes avec Taz qui travaille le bois, explique son odeur, le façonne pour créer des ouvrages d'art... On sentirait presque le bois sous nos mains à la place des pages.

Côté essais...

des hommes justes

Des hommes justes, Du patriarcat aux nouvelles masculinité, d'Ivan Jablonka

"Les hommes ont mené tous les combats, sauf celui de l'égalité des sexes. Ils ont rêvé toutes les émancipations, sauf celle des femmes." (p. 7)

Les premiers mots d'Ivan Jablonka ont le mérite d'être clairs : dans cet essai fort intéressant, Ivan Jablonka s'intéresse à la place des hommes dans la société, et en contrepoint à celle des femmes. Comment les premiers se sont positionnés dans les sphères publiques, les hautes sphères, et comment ils ont reléguées les femmes à la sphère familiale, privée de l'initiative, de la reconnaissance autre que celle qui passe par la maternité.
En remontant le temps, en interrogeant le fonctionnement des régimes politiques, des religions, Ivan Jablonka livre un ouvrage qui questionne et qui aide à évoluer et à réfléchir sur le rôle qu'on nous octroie, qu'on soit homme ou femme. Certains diront qu'un homme ne peut pas parler de féminisme : je pense au contraire qu'un homme peut se saisir de ce sujet, surtout s'il vient questionner la responsabilité de ses congénères pourvus des attributs du genre masculin.
Un pavé, qui se lit doucement, mais que j'ai pour ma part trouvé extrêmement enrichissant. A mettre entre toutes les mains, surtout de ceux.elles qui pensent encore qu'il est normal qu'une femme reste s'occuper de ses enfants quand l'homme poursuit sa carrière professionnelle, qu'il faut remercier son mari de mettre la main à la pâte à la maison, ou qu'une femme qui refuse d'avoir un enfant passe nécessairement à côté du bonheur.

Côté BD...

Dracula les indes fourbes

Dracula, de Georges Bess, inspiré de Bram Stoker
Est-il nécessaire de vous rappeler l'histoire désormais culte imaginée par Bram Stoker au 19e siècle ? Si oui, jetez plutôt un oeil à la chronique du roman que j'ai fait il y a maintenant quelques années.
Dans cette adaptation, Georges Bess reprend la trame du roman, mais l'adapte, perdant un peu de la richesse du style imaginé par l'auteur original. Avec un dessin en noir et blanc, il crée un univers gothique qui s'inscrit dans l'esprit du roman... Mais un poil trop chargé et tortueux à mon goût... Si les dessins sont pour certains très beaux, ils sont noyés dans une mise en page pleine de détails et des arrières plans qui surchargent l'image et la font perdre en puissance.
Une BD toutefois intéressant pour faire découvrir l'histoire et peut-être conduire quelques lecteurs de BD à ouvrir le roman !

Les Indes fourbes, de Alain Ayroles et Juanjo Guarnido
Je vais vous épargner le sous-titre à rallonge de cet album pour vous dire que là, pas d'hésitation : foncez lire ce superbe album servi par une intrigue digne d'un roman picaresque et mis en valeur par des dessins de toute beauté. Le trait de Guarnido s'adapte à la perfection à l'histoire, alternant entre personnages et paysages... Franchement une très très belle réussite, et une très belle idée de cadeau pour les fêtes qui vont bien vite arriver maintenant !

Si tout va bien, on se retrouve début décembre avec les découvertes de novembre ! D'ici là, bonne lecture à tous !

Texte © Miss Alfie 2019.
Couvertures :
Où passe l'aiguille, Véronique Mougin, éditions J'ai lu, 2019, 576 pages.
Le coeur de l'Angleterre, Jonathan Coe, éditions Gallimard, 2019, 560 pages.
• La vie en chantier, Peter Fromm, éditions Gallmeister, 2019, 384 pages.
• Des hommes justes, Du patriarcat aux nouvelles masculinités, Ivan Jablonka, éditions Seuil, 2019, 448 pages.
Dracula, Georges Bess, à partir de Bram Stoker, éditions Glénat, 2019, 208 pages.
Les Indes fourbes, Alain Ayroles et Juanjo Guarnido, éditions Delcourt, 2019, 160 pages.

vendredi 4 octobre 2019

A crier dans les ruines - Alexandra Koszelyk

A crier dans les ruines

En avril 1986, Léna a 13 ans quand l'un des réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose. Avec ses parents qui travaillaient sur le site et sa grand-mère, la jeune fille fuit l'Ukraine pour s'installer en France. Alors qu'elle croyait à un au-revoir, elle doit finalement apprendre à vivre avec un adieu non dit à Ivan, son ami d'enfance, son alter ego.

J'avais à coeur de lire ce roman et de vous en parler, car Alexandra est une ancienne blogueuse que j'ai suivi il y a maintenant près de douze ans quand j'ai commencé moi-même à bloguer... Professeur de français, latin et grec ancien, Alexandra Koszelyk nous livre son premier roman, tout en émotion et en poésie, pour évoquer l'une des tragédie du vingtième siècle.

Ce roman s'ouvre sur le retour de Léna à Pripiat, la ville voisine de Tchernobyl où elle vivait avec ses parents, une ville construite au début des années 1970 et qui se voulait l'une des vitrines modernes de l'URSS. Mais en moins d'une semaine, la ville sera vidée de ses occupants : au coeur de la "Zone" (sous-entendue contaminée), Pipriat est maintenant une ville fantôme dans laquelle les animaux errent et qui a été reprise par la nature... Et pourtant, derrière le danger, derrière la mort, rodent la vie et l'espoir.

Avec une écriture à la fois délicate et puissante, Alexandra Koszelyk livre une histoire d'amour et de résilience. Elle rappelle combien un arrachement comme celui que va vivre Léna peut être un traumatisme et marquer toute sa vie future. Pour un premier roman, j'ai trouvé très peu de faiblesses et de lacunes, je me suis laissée envahir par l'univers poétique créé par les mots d'Alexandra.

En refermant ce roman, je n'ai eu qu'une envie : me replonger dans la bande dessinée d'Emmanuel Lepage Un printemps à Tchernobyl pour remettre des images sur les mots d'Alexandra. Bien m'en a pris : l'Homme, qui a eu la chance de la rencontrer en dédicace, m'a indiqué que cet album aurait nourri l'inspiration de l'autrice, tout comme l'ouvrage de Svetlana Aleksievitch, La supplication.

Je souhaite maintenant à Alexandra de pouvoir poursuivre sa carrière d'écrivaine car elle a semé une belle graine avec ce roman !

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture : A crier dans les ruines, Alexandra Koszelyk, éditions Aux forges de Vulcain, 2019, 254 pages.

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vendredi 27 septembre 2019

Ma part d’ombre – James Ellroy

Ma part d'ombre

22 juin 1958. La mère de James Ellroy est assassinée à El Monte, dans la banlieue de Los Angeles. Âgé de 10 ans, le petit garçon part vivre à temps plein chez son père. Bien des années plus tard, il tente de comprendre ce qui est arrivé à sa mère et reprend l’enquête de police qui n’avait pas débouché à l’époque.

Je le sais, pourtant, que les bouquins en partie autobiographique ne me conviennent que partiellement. Rapidement, j’en arrive toujours à la même conclusion : mais allez voir des psys plutôt que de nous faire payer, à nous lecteurs, votre thérapie ! Et qu’on s’appelle Ellroy, de Vigan ou Arnaud, c’est toujours la même chose au final…

Pourtant, à la décharge de James Ellroy, lui ne s’épanche pas tant que ça. Il tente de faire un récit très sobre, dénué d’émotions, chirurgical. Il raconte des faits et quasiment rien que des faits. Certes, il consacre une des parties à raconter sa vie, l’illusion d’une vie meilleure avec son père, puis la descente aux enfers, l’isolement, la drogue, l’errance… Mais l’ensemble reste avant tout une enquête, très précise, trop précise probablement…

A l’arrivée, je me suis perdue dans les détails que livre Ellroy, dans ces multiples pistes qu’il explore, dans ce passé auquel il s’accroche et qui parsème toute son œuvre. Un ouvrage intéressant pour les fans de l’auteur, mais qui me confirme une fois de plus que ce n’est pas un auteur qui me parle et que je lis aisément.

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture : Ma part d’ombre, James Ellroy, traduit de l’anglais (USA) par Freddy Michalski, éditions Rivages, Collection Rivages noir poche, 1999, 575 pages.

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dimanche 15 septembre 2019

Nos âmes la nuit - Kent Haruf

nos ames la nuit

Extrait de la présentation de l'éditeur : Dans la petite ville de Holt, Colorado, dans une Amérique profonde et isolée, Addie, une septuagénaire, veuve depuis des décennies, fait une étrange proposition à son voisin, Louis, également veuf : voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour parler, pour se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure… Bravant les cancans, Louis se rend donc régulièrement chez Addie.

J'ai découvert Kent Haruf en début d'année, et je dois vous dire que je regrette de ne pas avoir lu cet auteur auparavant. Cet homme est un magicien, un magicien des mots qui fait émerger de ses romans une poésie, une douceur, une délicatesse qu'on n'image pas avant de s'y plonger. Jamais mièvre, toujours juste dans sa transcription des émotions, Kent Haruf raconte des histoires de vie simples, mais tellement réalistes... 

Dans ce roman, on se retrouve à nouveau dans sa ville imaginaire de Holt, mais on suit cette fois un vieil homme et une vieille femme, tous deux veufs, dont les destins vont être chamboulés après la curieuse proposition d'Addie. Nuit après nuit, ces deux âmes isolées vont apprendre se connaître et braver les rumeurs et regards en biais que leur relation ne manquera pas de susciter. 

Au fil du récit, on s'attache à Addie et Louis, on voudrait les protéger, on a envie de les soutenir dans cette aventure qui soulève finalement d'autres questions, comme celle de l'isolement des personnes âgées...

Nos âmes la nuit est un roman court mais qui dégage beaucoup de puissance et d'émotion. A découvrir sans plus tarder.

"Non, il ne s'agit pas de sexe. Ce n'est pas comme ça que je vois la chose. Je crois que j'ai perdu tout élan sexuel il y a longtemps. Je parle de passer le cap des nuits. Et d'être allongés au chaud sous les draps, de manière complice. D'être allongés sous les draps ensemble et que vous restiez la nuit. Le pire, ce sont les nuits, vous ne trouvez pas ?" (p. 9)

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture : Nos âmes la nuit, Kent Harouf, traduit de l'anglais (USA) par Anouk Neuhoff, éditions Robert Laffont, collection Pavillon Poche, 2017, 192 pages.

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