Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
mercredi 27 août 2014

Un Opéra de Papier - Edgar P. Jacobs

ODP_COUVUne autobiographie du père de Blake et Mortimer.

Merci d'avoir lu avec attention ce pitch qui m'a demandé beaucoup de réflexion. Oui, c'est vrai, quoi, un mec qui raconte sa vie, c'est super difficile à pitcher. Parce que je me suis dit que si j'écrivais "C'est une autobiographie.", ça risquait de faire un peu juste. Même si, attention, je ne doute pas que chacun d'entre vous sache ce qu'est une autobiographie, je me suis dit que c'était vraiment trop court. Du coup, je me suis dit qu'il fallait en remettre un petit peu. Mais si je remettais le nom de l'auteur dans le pitch, ça faisait répétition avec le titre. Du coup, tac, je paraphrase. Et je sais que votre culture générale vous permet d'associer Edgar P. Jacobs à "papa de Blake et Mortimer".

Ce qui est embêtant avec les autobiographies, c'est que c'est forcément subjectif. L'auteur peut se permettre d'éluder certains passages, d'embellir certains autres, bref, de faire un peu ce qu'il veut. Du coup, par exemple, la première partie consacrée à l'enfance n'est basée fondée que sur les souvenirs du principal concerné et se retrouve du coup assez légère, sans grand intérêt. Veuillez noter que le prochain que je vois à utiliser l'expression "baser sur" sera émasculé en place publique, ça ne se dit pas, c'est un gallicisme de l'anglais "based on". Remerciez mon professeur de français de première qui m'a appris ça. Ne vous gaussez pas, j'aimais beaucoup ce garçon qui nous expliquait que le romantisme, ce n'était pas les petits lapins qui galopent dans la prairie et les fleurs dans les yeux ou qui arrivait à nous intéresser (un peu) à Barbey d'Aurevilly alors que Dieu sait que c'est passablement chiant, comme poésie. Vous n'imaginez même pas comment j'ai prié pour ne pas tomber là-dessus au bac français. Bref, petit high five à mon prof de français de première dont je ne donnerai pas le nom des fois que le quidam qui cherche "Pascal Vey" sur Google arrive sur cette page arrive sur cette page et se demande ce que fout le nom d'un prof de français dans une chronique sur une autobiographie de Jacobs.

L'intérêt de cette autobiographie porte sur deux aspects. Oui, à un moment dans cette chronique qui commence vraiment à devenir n'importe quoi, je m'intéresse au livre que j'ai lu, qui m'a intéressé et que je DOIS chroniquer parce que sinon, ça ferait mauvais genre et que la patronne serait foutue de me punir. Sévèrement. Premier aspect, la première carrière de Jacobs en tant que chanteur lyrique. Il s'agit d'un aspect relativement méconnu de l'auteur et son histoire permet de voir qu'un petit détail peut faire qu'un enfant d'intéresse à quelque chose. De fait, Jacobs n'est (re)venu au dessin que du fait de la crise de 1929 qui s'est exportée en Europe. Il a commencé par faire des catalogues de grands magasins avant de se voir offrir un contrat dans des revues de BD. Jacobs raconte également comment est né le Rayon Û, sa première oeuvre complète.

Dans une seconde partie, Jacobs détaille les inspirations et le contexte de chaque histoire de Blake et Mortimer. Le second intérêt de cette autobiographie (puisqu'il y en avait deux, essayez de suivre, bon sang) réside dans tous les crayonnés, brouillons, dessins de catalogues et autres oeuvres originelles qui émaillent le récit de Jacobs. Ah oui, si cette chronique est publiée un mercredi, jour de BD, c'est parce que l'auteur est auteur de BD, pas parce qu'il ne s'agit que d'une BD. Ce très intéressant Opéra permet donc d'en apprendre plus sur la vie d'Edgar P. Jacobs et de voir que l'homme avait des vrais talents de dessinateur dès le plus jeune âge. On sera néanmoins surpris par la conclusion de cette autobiographie alors que Jacobs nous raconte être relativement déçu de sa vie qu'il voyait destinée plus au chant lyrique qu'au dessin. Alors que bon, que serait la bande dessinée sans Blake et Mortimer ?

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture : Un Opéra de Papier, Edgar P. Jacobs, Éditions Gallimard, 1981 (réédition 2013).

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mardi 26 août 2014

Cordages - 2 -

2013

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lundi 25 août 2014

Le doigt d'Horace - Marcus Malte

horaceAlors qu'il sort du club de jazz où il vient de jouer, Mister est abordé par Franck, jeune homme qui lui dit venir de commettre un triple meurtre. Alors que Franck disparait comme il est arrivé, Mister et Bob, son ami chauffeur de taxi, tentent de démêler le vrai du faux de l'histoire de Franck.

Il y a quelques années, j'avais pris beaucoup de plaisir à lire Les harmoniques. Profitant d'un salon pour rencontrer l'auteur, Marcus Malte m'a lui-même aiguillé vers Le doigt d'Horace pour continuer à découvrir son travail, mais en me mettant en garde : c'était un roman plus ancien, sûrement moins travaillé que son dernier qui m'avait tant plu...

On rencontre en effet dans ce roman Mister et Bob, qui reviennent dans Les harmoniques. Grand black, pianiste dans un club, Mister accompagne Bob après son "travail"... Taxi dans Paris, Bob a une conception toute particulière de son rôle, et semble bien souvent oublier que l'idée est de prendre des passagers... Mais où asseoir les passagers quand la voiture est pleine de cassettes de jazz ?! Ces deux personnages totalement atypiques, entre le poétique et le farfelu, vont croiser Franck... Dès le début, le lecteur est prévenu : Franck est un tueur. Je ne vous en dis pas plus, vous comprendrez bien assez vite. Mais les deux compères ne comprennent pas : comment cet homme qui semble bien sous tout rapport peut-il être mêlé au drame que les radios relayent ?

L'enquête en elle même, si elle reste bien construite, est truffée de hasards et de coïncidences trop beaux pour être vrais. Ainsi, la rencontre de Bob avec la vieille dame qui convoque Miss Marple et Miss Silver dans son salon pour prendre le thé parait tellement invraisemblable qu'on se demande si le reste est vraiment réel. Et c'est à cela qu'on sent qu'il s'agit en effet de son premier roman. Marcus Malte semble y avoir mis beaucoup de son univers littéraire et musical, mais on sent la naïveté du jeune écrivain, surtout par rapport aux Harmoniques si musical, si travaillé.

Premier roman prometteur, Le doigt d'Horace permet aux lecteurs de Marcus Malte de faire connaissance avec deux êtres humains très humains, détachés de certains considérations contemporaines, avides de musique jazz et d'écoute...

 Challenge PAL
Une lecture qui s'inscrit dans le Challenge Destination PAL de Lili Galipette !

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : Le doigt d'Horace, Marcus Malte, Éditions Gallimard, collection Folio policier, 2009, 270 pages.

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dimanche 24 août 2014

Rondeurs

2013

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vendredi 22 août 2014

A l'ouest rien de nouveau - Erich Maria Remarque

a l'ouestPremière guerre mondiale. Paul, jeune Allemand de 19 ans, s'est engagé volontairement, convaincu par le discours nationaliste d'un de ses professeurs. Mais la guerre lui montre une réalité bien loin des idéaux qu'il pensait défendre avec ses compagnons de classe.

Une fois n'est pas coutume, c'est l'homme qui m'a conseillé ce titre alors que nous nous promenions dans les allées d'une librairie. "Oh, celui-ci, je l'ai lu au collège, c'était vachement bien !" Soit. Il ne m'en faut pas plus pour attirer ma curiosité, j'ai acheté. Et j'ai bien fait. Car A l'ouest rien de nouveau entre à l'issue de sa lecture sur ma liste des incontournables qu'il faut avoir lu dans sa vie, pour le message de paix, pour la description de l'absurdité de la guerre et l'universalité de son message.

Dès le premier chapitre, le lecteur est fixé : c'est un jeune Allemand de 19 ans qui nous raconte son histoire, engagé pour les idéaux de ses aînés, allant se battre pour un avenir que tous lui décrivaient comme meilleur. Mais faire la guerre quand on a 19 ans, c'est voir toutes ses certitudes envolées, et de multiples questions apparaître avec les premiers morts.

"La guerre, comme un fleuve, nous a emportés dans son courant. Pour les autres qui sont plus âgés, elle n'est qu'une interruption. Ils peuvent penser à quelque chose en dehors d'elle. Mais, non, nous avons été saisis par elle et nous ignorons comment cela finira. Ce que nous savons, c'est simplement, pour le moment, que nous sommes devenus des brutes d'une façon étrange et douloureuse, bien que souvent nous ne puissions même plus éprouver de la tristesse." (p. 24)

Évidemment, ce livre est un récit de la première guerre mondiale. Erich Maria Remarque y met en scène des situations qu'il a sûrement vécu pendant la mobilisation, les bombardements, les baïonnettes, puis les mitraillettes ; les hôpitaux de fortune pour les premiers soins, et ceux en retrait du front ; la vie en caserne, en attendant d'être envoyé sur un nouveau front, puis celle dans les tranchées en attendant l'assaut. Mais la force de ce livre, et les Allemands l'avaient compris vu l'accueil qui a été réservé à ce livre à sa sortie et dans les années suivantes, c'est la dénonciation du combat et de la guerre, si peu de temps après, et le tout dans un contexte de montée en puissance du nationalisme...

Car à travers son histoire, ses anecdotes plus ou moins tragiques, Paul représente tous les soldats, qu'ils soient Français, Allemands, Russes et j'en passe. Ses questionnements sur le sens du conflit et ses conclusions ont du envahir l'esprit de plus d'un de ces soldats coincés dans des tranchées boueuses envahies de rats, sous le feu des opposants, soumis aux décisions d'hommes politiques inconnus, pour des enjeux qui les dépassent tellement... L'histoire de Paul, c'est l'histoire de l'absurdité du patriotisme poussé à outrance.

Je terminerai cette chronique qui n'arrive pas à dire un dixième de l'envergure de ce bouquin par cette phrase que bien des combattants actuels devraient avoir en tête. Oui, parce que si ce bouquin évoque la première guerre mondiale, les idées qu'il dénonce et véhicule sont hélas, toujours d'actualité.

"Tout n'est forcément que mensonge ou insignifiance, si la culture de milliers d'années n'a même pas pu empêcher que ces flots de sang soient versés et qu'il existe, par centaine de mille, de telles geôles de torture." (p. 230).

 Challenge PAL
Une lecture qui s'inscrit dans le Challenge Destination PAL de Lili Galipette !

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : A l'ouest rien de nouveau, Erich Maria Remarque, traduit de l'allemand par Alzir Hella et Olivier Bournac, Éditions Livre de poche, 2013, 254 pages.



Fin »