Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
jeudi 19 octobre 2017

De l'eau pour les éléphants - Sara Gruen

De l'eau pour les éléphantsJacob s'apprête à passer ses examens de vétérinaire quand il apprend la mort accidentelle de ses parents. Mais en pleine crise économique, Jacob apprend aussi que la maison familiale appartient désormais à la banque et qu’il n’y a plus rien dans l’héritage. Désespéré, il s’enfuit et rejoint le cirque de frères Benzini où il rencontre la belle Marlène.

Si De l’eau pour les éléphants ne sera probablement pas LE livre de l’année 2017 (c’est La servante écarlate de toute façon, ne me dites pas que vous ne l’aviez pas encore compris!), voilà malgré tout un beau roman comme je les aime, qui allie fiction et Histoire pour nous faire découvrir un pan de l’Histoire et de la culture nord-américaine du début du 20e siècle.

Grâce à un travail de recherche qu’elle évoque en fin d’ouvrage, Sara Gruen nous fait monter à bord de l’un de ces trains qui transportaient les cirques de ville en ville aux États-Unis au début du 20e, et plus précisément ici pendant la Grande Dépression. D’un wagon à l’autre, en suivant la hiérarchie du cirque, l’auteur construit une histoire autour de Jacob et de Marlène, histoire évidemment semée d’embûches mais agrémentées de rencontres humaines et animales touchantes. En toile de fond, se dessine une société marquée par la prohibition et par les conséquences de la crise économique, une société où chacun tente de s’en sortir comme il peut.

Adapté au cinéma en 2001 avec Reese Witherspoon et Robert Pattinson dans les rôles titres, De l’eau pour les éléphants est une belle histoire qui nous sort de notre quotidien pour nous propulser dans les coulisses de la piste aux étoiles.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : De l'eau pour les éléphants, Sara Gruen, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Valérie Malfroy, 2009, 480 pages.

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lundi 16 octobre 2017

La beauté des jours - Claudie Gallay

La beauté des joursJeanne travaille à la Poste. Le soir, rentrée chez elle, elle aime regarder passer les trains et imaginer la vie de leurs passages. Parfois, dans la rue, elle décide de suivre un ou une inconnu(e). Jusqu'au jour où le hasard la conduit sur les traces de son premier amoureux.

Claudie Gallay est une dame qui semble incarner la gentillesse et la douceur. Je dis "semble" car je ne lui ai parlé que quelques minutes, mais elle m'a inspirée quelque chose de l'ordre de la simplicité. Une délicatesse réelle semblait se dégager d'elle, à l'instar de ses ouvrages. 

Dans son dernier roman, point de description époustouflantes de tempêtes comme dans Les déferlantes, mais encore une fois, une femme en quête d'elle-même. Jeanne est une femme qui vit sa vie, quotidienne, simple, rythmée par des habitudes, une vie qui semble sereine et douce aux côtés de son mari. Mais peu à peu, le lecteur se rend compte que derrière la façade, se cache une autre Jeanne, plus fantastique, plus spontanée. Une Jeanne qui garde en elle un jardin secret marqué par une article serbe, Marina Abramović. Une Jeanne sur le fil, prête à basculer sur un coup de tête.

Avec La beauté des jours, on retrouve le style de Claudei Gallay, des phrases courtes, sans excès, qui résument la pensée de Jeanne de manière épurée et s'arrêtent sur des choses anodines. Cette écriture peut ne pas convenir, mais moi, je l'ai encore une fois aimé. Claudie Gallay ne décrit rien précisément, et pourtant tout est précis. Elle jongle avec des impressions, créant un tableau touche par touche et nous entraînant dans son atmosphère.

Femme face à ses désirs, face à son histoire, face à ses liens, femme en quête de bonheur et finalement, avant tout, de vie, Jeanne nous rappelle qu'il ne faut pas hésiter, que chaque jour doit être une vie à lui seul, qu'il faut oser pour ne jamais regretter.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : La beauté des jours, Claudie Gallay, éditions Actes sud, 2017, 416 pages.

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dimanche 15 octobre 2017

Coleslaw

On prend les mêmes, et on recommence, du moins côté photo ! Pour la recette, on s'intéresse cette fois aux légumes qui accompagnait le tartare présenté la semaine dernière. Le coleslaw est une salade servie souvent avec des burgers chez les Américains, qui le font avec du sucre et des oignons. Je vous avais déjà présenté une recette il y a quelques années, mais "légère". Cette fois, voilà une recette moins légère mais toujours simple mais très bonne !

Pour une salade :

  • Un demi-chou blanc
  • Une poignée de carottes (je ne vous donne pas de nombre, ça dépend de leur taille, mais aussi de ce que va donner votre chou, l'idée étant d'avoir moitié chou moitié carottes !)
  • De la mayonnaise bien relevée (pour la faire maison : 1 jaune d'oeuf, une grosse cuillère à soupe de moutarde, 1 trait de vinaigre de vin, de la ciboulette, du sel, du poivre et de l'huile de tournesol)

Côté ingrédients, comme vous pouvez le constater, on est sur du simple ! Certes, si vous choisissez de faire la mayonnaise maison, ça se corse un peu, mais entre nous, une mayonnaise maison c'est difficilement comparable avec ce qu'on peut trouver en grande surface ! Et vous allez voir, avec un bon robot, ça va tout seul !

Commençons par le chou... Émincer en lamelles le chou, le rincer et l'égoutter.

Éplucher les carottes et les râper avec une râpe assez grosse.

Pour la mayonnaise, mettre le jaune d'oeuf avec la moutarde, le vinaigre, la ciboulette, le sel et le poivre dans le bol du robot avec le couteau. Mixer et ajouter progressivement par la goulotte l'huile de tournesol jusqu'à ce que le mélange épaississe. Ajuster l'assaisonnement.

Dans un saladier, mélanger le choux, les carottes et la mayonnaise. Servir bien frais.

Tartare et Coleslaw

Bon appétit !

Texte et photo © Miss Alfie 2017.

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vendredi 13 octobre 2017

Dracula - Bram Stoker

DraculaFin du 19e siècle. Jonathan Harker, juriste, est appelé auprès d'un mystérieux comte des Carpates qui souhaite venir s'installer à Londres. Rapidement, le jeune homme se rend compte qu'il se passe des choses étranges dans le château de ce comte isolé au milieu des loups et des bohémiens.

Faut-il en dire plus sur ce roman mythique qui inspira depuis sa publication bien des auteurs en matière de vampirisme ? Car il doit falloir venir de je ne sais quel endroit reculé de la galaxie pour ne pas connaître le vampire le plus célèbre de tous les temps, à savoir Dracula ! Après bien des années à considérer qu'il s'agissait d'une lecture qui ne me conviendrait pas, j'ai finalement décidé de me faire ma propre idée sur ce roman, et j'ai très bien fait car j'ai adoré cette lecture !

Pourquoi ? Difficile à dire. Il faut reconnaître à Bram Stoker un réel talent pour créer une ambiance mystérieuse, à la fois fantastique et horrifique, mais aussi terriblement romantique. Le procédé narratif livre au lecteur des bribes de journaux et correspondances des personnages. Ou du moins, des personnages en charge de la lutte contre Dracula, car lui-même n'occupe aucune place narrative directe. Tout ce qu'on apprend de lui vient soit du récit de conversations ou de rencontres d'Harker ou d'autres personnages comme le professeur Van Helsing. Ces journaux nous font naviguer dans le temps, surtout au début où le lecteur effectue quelques allers et retours sur un même mois entre les écrits de Jonathan et ceux de sa fiancée, puis tout se met peu à peu en place, lorsque les principaux personnages se trouvent réunis pour le combat contre le non-mort le plus puissant. Le lecteur devient donc le dépositaire de toutes les pièces d'un puzzle qu'il assemble avant même les protagonistes du livre, dressant un portrait des us et coutumes du Comte Dracula.

Contrairement à ce que je pensais initialement, j'ai découvert à travers cette lecture que Bram Stoker n'avait pas totalement créé le mythe du vampire. Il existait déjà des écrits et des mythologies sur le sujet qui l'ont inspirés. Mais Dracula me donne l'impression d'être le premier grand roman dans lequel tout est écrit quant au vampirisme, des moyens de transmission à la manière de vivre et de se déplacer des vampires, les stratégies pour s'en protéger et les méthodes pour les éliminer définitivement.

Au final, voici un roman classique passionnant qui mérite d'être mis entre toutes les mains, démontrant une fois de plus la modernité d'ouvrages vieux de quelques siècles.

Challenge classique
Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du challenge "Un classique par mois" de Pr. Platypus.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Dracula, Bram Stoker, éditions Livre de poche, 2009, 604 pages.

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mercredi 11 octobre 2017

Underground railroad - Colson Whitehead

underground railroad

Cora est née d'une mère esclave dans une plantation en Géorgie. Sa mère ayant réussi à s'échapper, Cora reste seule au milieu d'un monde de violence. Lorsque Caesar lui propose de tenter l'aventure de l'évasion, elle hésite puis se range à son choix. Mais dans leur fuite, Cora devra faire avec la ténacité de Ridgeway, le chasseur d'esclave frustré de n'avoir jamais remis la main sur sa mère...

Albin Michel a la chance de pouvoir publier sans sa collection "Terres d'Amérique" de superbes romans. C'est ainsi qu'en 2015, il avait publié le Pullitzer annuel, Toute la lumière que nous ne pouvons voir. Même chose en 2017 avec Underground railroad qui vient nous plonger dans les affres de l'esclavage au 19e siècle.

Avec ce roman, Colson Whitehead nous donne une vision de l'esclavage très éloignée de celle de Margaret Mitchell dans Autant en emporte le vent. Le respect et le paternalisme qui sous-tendent la vision de la sudiste sont à mille lieues de la violence des planteurs décrits par Colson Whitehead, cherchant à rentabiliser au maximum l'investissement financier fait dans cette main d'oeuvre. Car ce ne sont pas des hommes qui sont achetés, ce sont des machines à travailler, des outils au même titre que ceux que ces êtres humains tiennent dans leurs mains pour récolter le coton... Au sein même de la communauté d'esclaves, la hiérarchie est de mise et la violence règne. Elle peut tomber n'importe où, n'importe quand...

A travers la fuite de Cora, l'auteur en profite pour décrire la place des Noirs dans différents États à l'époque : si la Caroline du Sud dit leur offrir une place à part entière dans la société, ils sont quand même obligés de faire leurs courses dans des boutiques surtaxées ; en Caroline du Nord, c'est carrément la pendaison et le supplice pour toute personne de couleur qui serait aperçue... Étape par étape, Cora et le lecteur poursuivent leur route et découvrent aussi la solidarité à travers le chemin de fer clandestin. Cette route vers la liberté, Tracy Chevalier en parle aussi dans La dernière fugitive. Colson Whitehead en fait ici un personnage central, essentiel de son roman, une planche de salut pour Cora, mais aussi le symbole de la lutte contre le racisme et la haine.

Railroad underground, c'est une plongée dans l'histoire d'un pays qui n'a toujours pas réglé son problème de racisme, dont une partie de la population est toujours marquée par des idées rétrogrades de suprématie d'un peuple, d'une race, en raison d'une histoire de couleur de peau... Quand on a spolié les populations natives indiennes, quand on a asservi des êtres humains en raison d'une teinte de peau, quand on l'a réduit à l'état de marchandise, on en vient à douter grandement que cette "race" puisse être "supérieurement intelligente"... Un roman à ne pas manquer au milieu de cette rentrée littéraire foisonnante.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Underground Railroad, Colson Whitehead, traduit de l'anglais (USA) par Serge Chauvin, éditions Albin Michel, 2017, 416 pages.