Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
vendredi 22 août 2014

A l'ouest rien de nouveau - Erich Maria Remarque

a l'ouestPremière guerre mondiale. Paul, jeune Allemand de 19 ans, s'est engagé volontairement, convaincu par le discours nationaliste d'un de ses professeurs. Mais la guerre lui montre une réalité bien loin des idéaux qu'il pensait défendre avec ses compagnons de classe.

Une fois n'est pas coutume, c'est l'homme qui m'a conseillé ce titre alors que nous nous promenions dans les allées d'une librairie. "Oh, celui-ci, je l'ai lu au collège, c'était vachement bien !" Soit. Il ne m'en faut pas plus pour attirer ma curiosité, j'ai acheté. Et j'ai bien fait. Car A l'ouest rien de nouveau entre à l'issue de sa lecture sur ma liste des incontournables qu'il faut avoir lu dans sa vie, pour le message de paix, pour la description de l'absurdité de la guerre et l'universalité de son message.

Dès le premier chapitre, le lecteur est fixé : c'est un jeune Allemand de 19 ans qui nous raconte son histoire, engagé pour les idéaux de ses aînés, allant se battre pour un avenir que tous lui décrivaient comme meilleur. Mais faire la guerre quand on a 19 ans, c'est voir toutes ses certitudes envolées, et de multiples questions apparaître avec les premiers morts.

"La guerre, comme un fleuve, nous a emportés dans son courant. Pour les autres qui sont plus âgés, elle n'est qu'une interruption. Ils peuvent penser à quelque chose en dehors d'elle. Mais, non, nous avons été saisis par elle et nous ignorons comment cela finira. Ce que nous savons, c'est simplement, pour le moment, que nous sommes devenus des brutes d'une façon étrange et douloureuse, bien que souvent nous ne puissions même plus éprouver de la tristesse." (p. 24)

Évidemment, ce livre est un récit de la première guerre mondiale. Erich Maria Remarque y met en scène des situations qu'il a sûrement vécu pendant la mobilisation, les bombardements, les baïonnettes, puis les mitraillettes ; les hôpitaux de fortune pour les premiers soins, et ceux en retrait du front ; la vie en caserne, en attendant d'être envoyé sur un nouveau front, puis celle dans les tranchées en attendant l'assaut. Mais la force de ce livre, et les Allemands l'avaient compris vu l'accueil qui a été réservé à ce livre à sa sortie et dans les années suivantes, c'est la dénonciation du combat et de la guerre, si peu de temps après, et le tout dans un contexte de montée en puissance du nationalisme...

Car à travers son histoire, ses anecdotes plus ou moins tragiques, Paul représente tous les soldats, qu'ils soient Français, Allemands, Russes et j'en passe. Ses questionnements sur le sens du conflit et ses conclusions ont du envahir l'esprit de plus d'un de ces soldats coincés dans des tranchées boueuses envahies de rats, sous le feu des opposants, soumis aux décisions d'hommes politiques inconnus, pour des enjeux qui les dépassent tellement... L'histoire de Paul, c'est l'histoire de l'absurdité du patriotisme poussé à outrance.

Je terminerai cette chronique qui n'arrive pas à dire un dixième de l'envergure de ce bouquin par cette phrase que bien des combattants actuels devraient avoir en tête. Oui, parce que si ce bouquin évoque la première guerre mondiale, les idées qu'il dénonce et véhicule sont hélas, toujours d'actualité.

"Tout n'est forcément que mensonge ou insignifiance, si la culture de milliers d'années n'a même pas pu empêcher que ces flots de sang soient versés et qu'il existe, par centaine de mille, de telles geôles de torture." (p. 230).

 Challenge PAL
Une lecture qui s'inscrit dans le Challenge Destination PAL de Lili Galipette !

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : A l'ouest rien de nouveau, Erich Maria Remarque, traduit de l'allemand par Alzir Hella et Olivier Bournac, Éditions Livre de poche, 2013, 254 pages.


jeudi 21 août 2014

Le petit pont de bois

2013

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mercredi 20 août 2014

Arawn - Le Breton, Grenier

ARAWN_COUVArawn est le dieu des Enfers, seigneur de la Terre Brûlée. Craint par les hommes qui le qualifient de monstre, de démon ou d'abomination, son histoire est marquée dès sa conception par la violence. L'histoire d'Arawn n'est d'ailleurs que violence.

Comme la semaine dernière, une série qui se termine cette année.
Comme la semaine dernière, une série débutée en 2008.
Comme la semaine dernière, une série parue chez Soleil.
Pas comme la semaine dernière, une histoire complète en six tomes.
Pas comme la semaine dernière, un même dessinateur aux commandes.
Pas comme la demsine dernière, pas de Jean-Luc Istin au scénario.

Une fois les bases posées, on peut passer aux choses sérieuses. Et sérieuses, les choses le sont. Voilà une série épique, grandiose, violente, sublime, bref, une complète réussite. Le scénario d'abord participe à la réussite de l'ensemble par sa contruction. L'histoire est racontée directement par Arawn depuis son royaume et en voix off, accompagné de son aide de camp dont il ne reste plus qu'un tête décapitée (mais qui parle). L'histoire est dans la plus pure tradition de l'heroic fantasy et aborde librement une mythologie que l'on situera dans les îles britanniques. Le scénario est linéaire, progressif et monte en intensité au fur et à mesure de l'histoire. C'est vraiment très bon et il est difficile de décrocher des albums une fois qu'on est rentré dans le bordel. A noter pour le style, et c'est suffisamment rare pour être signalé, que les femmes ont une importance non négligeable dans l'histoire.

ARAWN_PLLe fait est que le dessin n'est pas en reste. En un mot, c'est juste magnifique. Techniquement, il faut savoir que Sébastien Grenier peint séparément chaque case de chaque planche en grand format avant de procéder à un assemblage. Les personnages sont magnifiques même si on pourra reprocher - et c'est vraiment pour la fine bouche - de voir des personnages stéréotypés à l'heroic fantasy : des hommes bodybuildés et des femmes bombasses à la poitrine généreuse (c'est charmant à regarder mais bon...). Les paysages sont majestueux, les couleurs flamboyantes, le mouvement et l'action magnifiquement retranscrits. Très clairement, l'image, le dessin, la peinture de Sébastien Grenier est un l'atout suprême de cette série.

Au final, Arawn est une brillante histoire qui vaut pour un dessin splendide qui appuie une histoire solide. L'ensemble est une vraie réussite qui mérite vraiment le détour dans l'univers de l'heroic fantasy. On notera que la série a fait des petits avec les Chroniques d'Arawn qui s'intéressent aux frères d'Arawn. Si Le Breton est toujours au scénario, le dessinateur change au fil des deux tomes déjà parus. L'histoire est toujours aussi solide mais le dessin est plusieurs crans en dessous, baucoup plus... informatisé.

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture T1 et planche T2 : Arawn, Ronan le Breton et Sébastien Grenier, Éditions Soleil, 2008 (tome 1) et suiv., histoire complète en 6 tomes.
Nota : Les Chroniques d'Arawn, série en cours, 2 tomes parus.

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mardi 19 août 2014

Marie-Louise

2013

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lundi 18 août 2014

Les sept cadrans - Agatha Christie

sept cadransQuoi de mieux qu'une batterie de réveils pour faire sortir du lit un gros dormeur ?! C'est l'idée ingénieuse d'une bande d'amis. Mais quand, la matinée écoulée, l'ami est retrouvé mort dans son lit, l'inquiétude s'accroit et emmène les jeunes enquêteurs sur la piste d'un quartier mal famé de Londres.

Et voilà le traditionnel petit Agatha de quand on n'a plus trop envie de lire. Ou comment lire de manière légère et distrayante. Bon, j'avoue que Les sept cadrans n'est pas la plus brillante des enquêtes d'Agatha Christie, mais j'ai quand même passé un agréable moment.

Dans cette enquête, on suit principalement Bundle, jeune fille de bonne famille, un peu rebelle et très indépendante, qui mène l'enquête aux côtés des amis du défunt. Vieux manoirs, clubs londoniens et société secrète, la base d'une intrigue qui promet de belles surprises.

Cependant, j'ai eu assez rapidement l'impression qu'Agatha Christie, en voulant distiller quelques indices, donnaient justement trop d'éléments à ses lecteurs et j'ai eu assez rapidement quelques soupçons pertinents au regard du dénouement final. Parallèlement, l'ensemble m'a donné l'impression d'un roman qui pourrait tout aussi bien s'adresser à quelques pré-adolescents ou adolescents un peu aventureux : la mise en scène de jeunes personnages qui se retrouvent à enquêter, avec une héroïne, Bundle, bien loin des clichés de la jeune fille bien rangée, y contribue certainement.

Si Les sept cadrans met en place une enquête rapide à lire, je l'ai trouvé vraiment en dessous de certains romans de la reine du crime. Néanmoins, pour de jeunes lecteurs, il peut être une approche intéressante de l'univers du roman policier du fait du peu de violence qui y trouve place !

Ce qu'on en dit ailleurs :

  • Les lectures de Riz-Deux-Zzz : "Cette idée des cadrans devient au fur et à mesure plus une idéologie qu'un symbôle et elle se perd dans l'explication finale."
  • Des livres, des livres : "Cette sombre histoire d’espionnage industriel et de grand banditisme international, est menée tambour battant, sans temps mort, par notre héroïne, aidée de Lorraine Wade, la soeur de Gerry, Jimmy Thesiger et  Bill Eversleigh."

Agatha_Christie
Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du Challenge Agatha Christie organisé par George...

Challenge PAL
... et dans le Challenge Destination PAL de Lili Galipette !

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : Les sept cadrans, Agatha Christie, traduit de l'anglais par Miriam Dou-Desportes, Éditions Livre de poche, Collection Policier / Thriller, 1992, 221 pages.



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