Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
mercredi 4 mai 2016

Un petit boulot - Iain Levison

Un petit boulotJake Skowran est au chômage. Comme la plupart des gens de sa ville depuis que l'usine locale a fermé. Vivant de ses allocations de chômage, il a du résilier son abonnement au câble, vendre sa télé... Même sa copine est partie dans l'espoir d'un compagnon au salaire meilleur. Alors quand le bookmaker local lui propose un contrat pour tuer sa femme contre un effacement de dette, le deal est tentant.

Je n'avais jamais eu l'occasion de lire Iain Levison, mais j'avoue que je me suis régalée avec ce roman assez rapide à lire mais néanmoins excellent d'humour noir et de cynisme ! Sorti au début des années 2000, Un petit boulot met déjà en lumière une société marquée par la paupérisation et l'éloignement du travail, par l'accroissement du chômage et la crise financière qui s'amplifia à partir de 2007-2008 avec les subprimes...

Dans ce roman, Iain Levison met en scène un homme qui se trouve sans objectif, sans perspective personnelle comme professionnelle que l'atrait de l'argent facile pour pouvoir se remettre à flot va faire basculer dans la criminalité sans que la morale s'en mêle plus que ça. C'est sûr, ce n'est pas un bon exemple, on évitera de mettre ce roman entre les mains de l'ado du coin qui n'a pas bien envie de bosser et pense que toucher le chômage ou le RSA est une solution acceptable. Néanmoins, derrière le cynisme de ce roman, c'est une réalité bien plus réelle qu'on ne le voudrait, bien plus proche de nous qu'on ne le pense.

Si certains points du roman paraissent bien peu réalistes, le message véhiculé par cette histoire noire reste terrible à mon goût. Goût rendu encore plus amer quand je lève les yeux de mes bouquins pour regarder la société dans laquelle nous vivons et à laquelle nous contribuons... (Oui, parfois, je sors de ma bulle littéraire... Mais j'y reviens souvent bien vite, effrayée par ce que je constate dans le monde réel !)

Texte © Miss Alfie 2016.
Édition présentée : Un petit boulot, Iain Levison, traduit de l'anglais (Etats-unis) par Fanchita Gonzalez Batlle, éditions Liana Levi, collection Piccolo, 2013, 224 pages.

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lundi 2 mai 2016

Brûlant secret - Stefan Zweig

Intégrale Zweig 1Le séjour d'Edgar et de sa mère dans un hôtel de Semmering va se trouver bouleversé par l'arrivé d'un homme seul, baron de son état, bien décidé à séduire la dame. Pour cela, il passera par le fils, un enfant encore naïf... Mais peut-être moins qu'on ne le croit.

Je poursuis ma découverte de ce recueil de nouvelles et de romans de Stefan Zweig avec la deuxième nouvelle qui y est proposée. Tout comme Conte crépusculaireBrûlant secret fait référence aux émotions ressenties lors du passage de l'état d'enfant à celui d'adulte, si tant est que le jeune Edgar puisse être en âge de passer à l'âge adulte ! Du moins, va-t-il ouvrir les yeux sur sa naïveté au cours des quelques jours qui sont relatés dans cette nouvelle.

Découpée en courts chapitres qui scandent les temps forts des relations du trio (arrivée du baron, rencontre avec Edgar, engouement de ce dernier, etc.), cette nouvelle démarre comme l'histoire d'une séduction amoureuse, avec la stratégie du baron pour séduire la mère d'Edgar, puis bascule dans le chapitre qui donne son titre à la nouvelle : peu à peu, le lecteur voit le centre de l'histoire passer du baron à Edgar, passer de la séduction à la manipulation. Avec les yeux d'Edgar, il se rend compte que les apparences peuvent parfois être bien trompeuses, et n'hésite pas à s'engouffrer dans cette faille, quitte à arriver à des extrémités assez terribles.

En mettant au coeur de son histoire un enfant de 12 ans, Stefan Zweig s'intéressait sans le dire aux troubles qui peuvent envahir les pré-adolescents et les adolescents : si l'auteur ne donne aucune explication psychologique, le lecteur aura vite fait d'y reconnaître certains traits !

Challenge ZweigChallenge classique
Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du challenge "Sur les traces de Stefan Zweig" et du challenge "Un classique par mois" de Pr. Platypus. 

Texte © Miss Alfie 2016.
Couverture : Romans et nouvelles, tome I, Stefan Zweig, édition établie, présentée et annotée par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent, Éditions Le livre de poche, collection La pochotèque, 2001, 1191 pages (Conte crépusculaire, traduit par Alzir Hella, pages 73 à 136).

dimanche 1 mai 2016

Tarte aux asperges vertes

Voilà une recette qui m'a été inspirée par Nathalie (mais j'ai un peu adapté, enlevé certains éléments et renforcé le parmesan notamment) qui avait elle-même trouvé l'inspiration dans un magazine avec une recette écrite par Michèle Barrière. Mais si, Michèle Barrière, j'en ai déjà parlé ici, en bien et en moins bien, mais il n'en demeure pas moins que l'auteure est spécialiste de la cuisine d'époque. Aussi, vous constaterez dans cette recette l'absence d'oeuf et de crème : il semble qu'à l'époque, les migaines et autres crèmes liantes était remplacées par du fromage. Un concept qui rappelle un peu cette tarte aux tomates et aubergines d'ailleurs. Bref, tout cela pour dire qu'à l'arrivée, le résultat est excellent !

Pour cette recette, prévoir :

  • Une pâte feuilletée pré-étalée
  • Une belle botte d'asperges vertes
  • 2 boules de mozzarella
  • 75 grammes de parmesan râpé
  • Sel, poivre

Préchauffer le four à 180°.

Faire cuire les asperges vertes dans une grande quantité d'eau bouillante salée pendant 10 minutes. Les égoutter.

Faire cuire à blanc la pâte dans une moule à tarte pendant 15 minutes.

Couper les asperges en petits tronçons et réserver les têtes. Faire revenir les tronçons quelques minutes dans un fond d'huile d'olive avec un peu de sel et de poivre et réserver. Faire griller dans la même poêle les têtes d'asperges 2 à 3 minutes, saler et poivrer.

Couper les boules de mozzarella en dés.

Dans le fond de tarte précuit à blanc, saupoudrer le fond de parmesan. Ajouter la moité des tronçons asperges et de la mozzarella, saupoudrer de parmesan, poivrer et renouveler l'opération.

Ajouter les têtes d'asperges sur le dessus de la tarte et faire cuire 30 minutes. Servir bien chaud.

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Bon appétit !

Texte et photo © Miss Alfie 2016.

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vendredi 29 avril 2016

Henri-Désiré Landru - Chabouté

Landru_couv

La cour condamne l'accusé à la peine de mort et à un franc de dommages et intérêts !! Landru, avez-vous quelques observations à présenter ?!
Je n'ai qu'un mot à dire... Le tribunal s'est trompé ! Je n'ai jamais tué personne ! C'est ma dernière contestation !
(Quatrième de couverture)

Pitcher cet ouvrage sans en dévoiler l'histoire relevait de la gageure. Du coup, la facilité a consisté à reprendre bêtement la quatrième de couverture. Après tout, tout le monde connaît l'histoire de Landru, ce multiple assassin de femmes qui, au-delà des crimes, faisait disparaître les corps dans sa cuisinière. L'idée de Chabouté est donc de se réapproprier l'histoire pour en ressortir quelque chose de particulièrement original.

Le postulat de base est le même : Landru séduit des femmes qui disparaissent, il finit par être condamné à mort suite aux disparitions. Sauf que Chabouté parvient à complètement réécrire l'histoire à l'aide de personnages secondaires fictifs. Si l'idée de base est complexe, osée et donc, casse-gueule, elle n'en est pas moins formidablement exploitée. Le scénario est parfait, la double chute est excellente.

Graphiquement, on retrouve le style noir et blanc strict de Chabouté. Contrairement à mes premières lectures de Chabouté, il y a des dialogues même si de nombreuses planches sont toutefois muettes. De plus, le découpage fait appel à une répétition de planches pour la répétition des meurtres. De fait, tant sur le scénario que sur l'aspect graphique, Chabouté livre une vision originale et parfaitement réussie de l'hisoire de Henri-Désiré Landru.

Texte © Alfie's mec, 2016.
Couverture : Henri Désiré Landru, Chabouté, Éditions Vents d'Ouest, 2006.

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mercredi 27 avril 2016

Le dahlia noir - Miles Hyman, Matz, David Fincher, James Ellroy

Le dahlia noir

1946. "Bucky" Bleicheirt rejoint les mandats à Los Angeles et devient co-équipier avec "Lee" Blanchard. Deux anciens boxeurs, deux flics qui vont se retrouver positionnés sur l'enquête du Dahlia noir, une jeune femme rêvant d'être actrice retrouvée coupée en deux et eviscérée. Malgré la présence de Bleichert, Blanchard va peu à peu s'enfoncer dans une zone très trouble.

A l'origine, j'avais découvert Le dahlia noir grâce au film de Brian de Palma. Puis, j'ai lu le livre d'Ellroy. Et j'ai été bluffée par la différence d'intensité entre l'original et l'adaptation cinématogrpahique. Alors que le premier, s'il trouve son sens grâce à l'enquête sur la mort de Betty Short, laisse une part très importante à la psychologie des personnages et brosse le portrait d'une police corrompue, le second ne s'intéresse qu'au meutre et fait l'impasse sur des aspects plus sombres... Pourtant, le dealer et son équipe, à plusieurs reprises, m'ont conseillée de lire la BD : "tu ne seras pas déçue, c'est fidèle au roman".

A l'origine du scénario de l'album, celui que David Fincher avait envisagé pour son adaptation cinématographique... Evidemment, il y a forcément eu des coupes dans l'intrigue, des raccourcis et peut-être des simplifications, mais je dois reconnaître que les scénaristes ont fait un boulot formidable : dès le début, je me suis retrouvée plongée dans l'ambiance du roman d'Ellroy. Il y a la noirceur, la violence, l'ambiguité des personnages, leurs zones troubles et leurs secrets... Tout y est, renforcé par le trait de Miles Hymans qui recrée le Los Angeles de l'époque. Si ces visages m'ont un peu surprise au début (j'avais l'impression que tous les hommes étaient taillés à la serpe), j'ai réussi à m'en détacher et à me laisser absorber par cette ambiance sombre et tragique.

Avant d'achever cette chronique, je me dois de vous faire une confidence : Le dahlia noir est, à ce jour, le seul roman de James Ellroy que j'ai réussi à lire de bout en bout. J'ai eu beau retenter l'an dernier : je me perds rapidement dans une atmosphère complexe et des personnages multiples. Du coup, si vous n'avez jamais tenté Ellroy ou si vous n'y arrivez pas, ouvrez cet album : l'occasion d'approcher l'oeuvre d'un brillant auteur américain (oui, ce n'est pas parce que ce n'est pas ma came que je ne peux pas admettre que Ellroy est brillant !) grâce à une adaptation fidèle et parfaitement réussie.

Texte © Miss Alfie 2016.
Couverture : Le dahlia noir, Miles Hyman, Matz, David Fincher, James Ellroy, Editions Casterman, collection Rivages/Casterman/Noir, 2013, 176 pages.

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