Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
mercredi 5 février 2020

Lectures de janvier - les romans

Après les BD, voici les romans qui sont passés entre mes mains en janvier, jeunesse, polar ou littérature blanche : il y en a pour tous les goûts !

 

Oh boyOh, boy !, de Marie-Aude Murail

On devrait nous prévenir, mettre un bandeau, ou une annonce en préambule de ce genre de bouquin : "Attention, vous allez ouvrir un roman à haut potentiel émotionnel. Préparez-vous à rire et à pleurer avant d'en avoir fini avec cette histoire." Au moins, on serait fixé...

En commençant ce roman, j'ai eu la sensation de retrouver l'univers des Malaussène de Pennac. Marie-Aude Murail met en scène une famille haute en couleur, avec des enfants décalés et des grands frère et soeur qui nous font bien vite sourire. Et puis, rapidement, la légèreté et l'humour apparaissent comme un masque qui cachent des drames bien plus importants... Le sort semble s'acharner contre ces trois mômes orphelins qui cherchent leur place...

Au final, un très beau roman jeunesse, qui démontre une fois de plus le talent de cette autrice. 

 

En attendant le jourEn attendant le jour, de Michael Connelly

Michael Connelly délaisse ses héros masculins pour lancer une nouvelle série au centre de laquelle il place une jeune femme, Renée Ballard, enquêtrice de nuit au LAPD... Et oui, certains choses ne changent pas avec Michel Connelly ! 

Dans cette première enquête, il dresse le portrait de son nouveau personnage atypique. Originaire d'Hawai, Renée a osé dénoncer son supérieur. Rétrogradée dans les équipes de nuit, elle doit abandonner au matin les enquêtes qu'elle entame pendant que ses collègues dorment... Jusqu'au jour où Renée décide de pousser plus loin ses investigations.

L'intérêt de cette nouvelle série réside essentiellement dans ce personnage atypique que j'avoue avoir bien envie de suivre et de voir évoluer. Pour le reste, on est dans du Connelly classique, avec Los Angeles en toile de fond, des fausses pistes et des méchants bien roublards !

 

L'aile des viergesL'aile des vierges, de Laurence Peyrin

Je vais tout de suite être claire : ce bouquin relève plutôt des romances que des romans féministes et engagés, quoi qu'on puisse lire ici ou là. Certes, Maggie, l'héroïne, est une femme moderne pour son époque, engagée socialement, dont l'entrée comme domestique dans une maison de l'aristocratie anglaise va faire basculter le destine. Mais c'est surtout une histoire d'amour que Laurence Peyrin vient raconter.

Avec des accents de Downton Abbey, le lecteur se plonge dans la vie de ce manoir du Kent, avant de basculer à New York dans les années 50. Maggie est un personnage intéressant, qu'on suit avec plaisir tout au long de l'histoire.

Une belle histoire d'amour, que j'ai pour ma part lu en quelques jours avec beaucoup de plaisir, sans pour autant en faire un coup de coeur.

 

Miroir de nos peines

Miroir de nos peines, de Pierre Lemaitre

Le dernier opus de la trilogie des Enfants du Désastre ne pouvait pas sortir sans que je m'y plonge très rapidement. Il faut dire que Pierre Lemaitre avait déjà réalisé deux coups de maître avec Au revoir là-haut et Couleurs de l'incendie. J'étais donc très impatiente de voir ce qu'il allait nous proposer pour ce troisième roman, clôturant sa saga autour des deux guerres mondiales.

Dans ce troisième volume, qui peut se lire indépendemment des deux autres, Pierre Lemaitre revient sur un personnage que nous avons croisé en 1919, la petite Louise qui devint la confidence et la compagne de solitude d'Edouard Péricourt. Louise a bien grandi, et, alors que l'Allemagne envahit la France et pousse sur les routes des centaines de déplacés, va mettre le nez dans un secret de famille bien gardé.

Evidemment, comme pour tous les romans de Pierre Lemaitre que j'ai eu la chance de lire, tout fonctionne, on se laisse porter par une intrigue bien construite. Son expérience dans l'univers du roman noir et policier apporte une densité rarement égalée en littérature dite blanche. En revanche, j'avoue que je reste un poil sur ma faim à l'issue de cette lecture. Certains personnages sont extrêmement intéressants et denses dans leur construction, comme Raoul ou Désiré. Ils en viennent à éclipser d'autres que j'ai trouvé plus ternes, comme Gabriel et Louise... En matière d'héroïne, il faut dire que Lemaitre avait tapé fort avec le personnage de Madeleine dans Couleurs de l'incendie !

Malgré ce petit bémol, Miroir de nos peines est un excellent roman qui nous plonge dans une période historique intéressante. Pierre Lemaitre s'inspire de faits réels pour donner corps et consistance à son récit. Merci monsieur Lemaitre, votre talent me réjouis à chaque lecture !

 

Ainsi s'achève cet article consacré aux romans lus en janvier 2020. Je vous souhaite de bonnes lectures et vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour évoquer les lectures que j'aurai fait pendant ce mois de février !

 

Texte © Miss Alfie 2020.
Couvertures :
 Oh, boy !, Marie-Aude Murail, éditions L'école des loisirs, collection Medium, 2000, 207 pages.
En attendant le jour, Michael Connelly, traduit de l'angalis (USA) par Robert Pépin, éditions Calmann-Levy, 2019, 432 pages.
L'aile des vierges, Laurence Peyrin, éditions Pocket, 2019,480 pages.
Miroir de nos peines, Pierre Lemaitre, éditions Albin Michel, 2020, 544 pages.


dimanche 2 février 2020

Lectures de janvier - les bandes dessinées

Ce mois-ci, on commence avec le bilan des BD que j'ai lu au cours de ce mois de janvier. En route pour un voyage illustré qui nous mènera en Amérique du Sud, en Bretagne ou encore à Londres !

 

Le serpent et la lanceLe serpent et la lance, acte 1 : Ombre-Montagne, de Hub

Le serpent et la lance est la nouvelle série d'un auteur que je découvre pour ma part mais qui a signé il y a quelques année une série dans le Japon médiéval, Okko. Cette fois, Hub entraîne ses lecteurs dans la civilisation aztèque, au 15e siècle, avant l'arrivée des Conquistadors.

Depuis plusieurs mois, des momies de jeunes femmes apparaissent autour de la cité de Tenochtitlan. Inquiets, les dirigeants confient l'enquête à Serpent, un haut fonctionnaire qui ne recule devant rien pour obtenir la vérité. Mais Cozatl, prêtre, s'inquiète de ces découvertes : le rituel ressemble fortement à celui de son ordre, mais il en est sûr : le meurtrier les imite mais n'est pas de chez eux. Il demande à Oeil-Lance, son ami d'enfance, d'enquêter en parallèle. 

Dans ce premier tome d'une série qui en comptera trois, Hub pose les bases de son intrigue et dessine les contours de ces personnages principaux. En faisant le choix d'un ouvrage de 180 pages, Hub propose une histoire riche et dense, et j'ai hâte de voir la suite, même s'il faudra nécessairement être patiente vu la masse de travail que demande un tel ouvrage. 

Une fois de plus, la BD démontre qu'elle n'est pas qu'un genre pour enfant en nous entraînant à la découverte d'une civilisation passionnante. Probablement l'un de mes coups de coeur de 2020 !

 

Lord HaroldLes enquêtes de Lord Harold, douzième du nom, tome 1 : Blackchurch, de Philippe Charlot et Xavier Fourquemin

Dans un tout autre genre, voici le retour du duo Xavier Fourquemin-Philippe Charlot. Fourquemin, je vous en ai déjà plusieurs fois parlé, et à chaque fois j'en reviens au fait que j'aime beaucoup son dessin et son univers. 

Avec Les enquêtes de Lord Harold, il renoue avec l'univers visuel de Miss Endicott. Ainsi qu'il me l'a expliqué lorsque j'ai eu la chance de le rencontrer en dédicace, c'est lui qui a proposé l'idée à Philippe Charlot de ce jeune fils de noble qui décide d'entrer dans la police londonnienne.

Avec sa naïveté, Lord Harold crée des situations cocaces. On alterne entre enquête et humour, avec une mention spéciale pour son petit chien toujours prêt à faire une bêtise.

Prévue en deux tomes, avec possibilité de poursuite si les lecteurs sont au rendez-vous, cette nouvelle série peut plaire aux adultes comme aux jeunes amateurs d'enquêtes policières. Ce premier tome pose les bases d'une enquête dont on devrait connaître le dénouement dans le prochain opus. J'attends notamment de voir ce que le duo va faire de ces trio de femmes fortes qu'on découvre au fil des pages...

Une série à suivre pour se faire un avis complet. 

 

Lucienne ou les millionnaires de la rondiereLucienne ou les millionnaires de La Rondière, de Aurélien Ducoudray et Gilles Aris

Tout est vrai... Sauf l'histoire que vous allez lire. Telle est la manière dont Aurélien Ducoudray nous présente cette histoire !

Lucienne découvre un matin une enveloppe dans la cour de sa ferme, une enveloppe qui renferme un courrier lui annonçant qu'elle est la grande gagnante de 200000 euros. Georges, son mari, n'y croit pas. Mais Lucienne en est persuadée, elle a bien gagné 2000000 euros. Reste à savoir comment les utiliser.

Tout est vrai dans cet album, surtout les personnages mis en scène par Aurélien Ducoudray qui s'est inspiré directement de ses grands-parents pour les rôles titres de Lucienne et Georges ! En imaginant une petite histoire gentillette, il en profite pour rendre hommage à ses aïeuls, mais aussi à leurs voisins de ce petit hameau dans lequel il passa ses vacances. L'album photo en fin d'ouvrageest très joli et on décèle dans cet album beaucoup d'humanité et de respect pour ces hommes et ces femmes de la terre. 

Pleine de bon sens, cette histoire ne révolutionne pas le genre, mais elle permet de passer un joli moment en compagnie de Lucienne, Georges et les autres !

 

Couleurs de l'incendieCouleurs de l'incendie, de Christian de Metter d'après l'oeuvre de Pierre Lemaitre

Avant de me plonger dans le dernier volume de la "trilogie des enfants du désastre" que Pierre Lemaitre vient de sortir, j'ai profité de la sortie de l'adaptation de Couleurs de l'incendie en BD pour me rafraîchir la mémoire sur cette histoire.

Comme pour l'adaptation d'Au revoir là-haut, j'ai regretté que l'histoire qui remplit un roman de plus de 500 pages soit ici condensée en 160, même si je reconnais que Christian de Metter fait un très chouette travail graphique, travaillant notamment les regards et les expressions du visage pour faire passer des informations et des émotions sans mettre de mots dessus.

Partant du postulat qu'on ne pourra pas retrouver toute l'intensité du roman dans son adaptation graphique, j'ai malgré tout beaucoup apprécié de retrouver Mathilde, Paul et les autres, de me replonger dans cette vengeance qu'elle va méticuleusement programmer et de voir toute la force de ce personnage féminin.

Si l'épaisseur des romans de Pierre Lemaitre vous effraie, ces adaptations BD sont un excellent moyen de découvrir son oeuvre avant de vous y plonger totalement !

 

La jegadoLa Jégado, Tueuse à l'arsenic, d'Olivier Keraval et Luc Monneraye

Il y a des BD qu'on referme en se disant : "Diantre, quelle déception !". Et hélas, La Jégado fera partie de ceux-là... La Jégado, ça ne parle peut-être pas à grand monde, mais c'est probablement l'une des plus grande tueuse en série française : en 1852, elle est exécutée après avoir été condamnée à mort pour empoisonnement à l'arsenic de près de 40 personnes, mais on estime à plus du double le nombre total de ses victimes... Jean Teulé en a d'ailleurs fait l'héroïne de son roman porté récemment à l'écran, Fleur de tonnerre.

Dans cet album qui rassemble deux tomes d'une série initalement sortie sous le titre Arsenic, Olivier Keraval et Luc Monneraye nous plongent dans l'histoire de cette femme étrange, mais surtout dans l'Histoire avec un grand H puisque le procès d'Hélène Jégado se déroule alors que Louis-Napoléon Bonaparte vient de réussir son coup d'Etat. Si le premier tome évoque bien par petites touches le destin de cette empoisonneuse, le second s'intéresse clairement à la conspiration que son avocat, Magloire Dorange, met en place pour tenter de tuer Louis-Napoléon.

Au final, on obtient un album qui s'intéresse surtout au personnage de l'avocat, qui le met en scène quasiment à toutes les pages, et laisse de côté l'histoire et le destin d'Hélène Jégado une fois sa tête tranchée. Quant à Magloire Dorange, si le personnage demeure intéressant, notamment pour ses prises de position contre la peine de mort à l'époque, on manque d'éléments pour attester de la véracité de cette intrigue et de cette conspiration... Au final, un album qui fait croire au lecteur qu'on va lui raconter l'histoire d'Hélène Jégado, essaye de raconter celle de l'avocat, mais fait juste un beau flop... Déception totale !

 

On s'arrête là pour les BD, et on se retrouve dans quelques jours pour les romans !

 

Texte © Miss Alfie 2020.
Couvertures :
• Le serpent et la lance, acte 1 : Ombre-Montagne, Hub, éditions Delcourt, collection Terres de légendes, 2019, 184 pages.
• Les enquêtes de Lord Harold, douzième du nom, tome 1 : Blackchurch, Philippe Charlot et Xavier Fourquemin, éditions Glénat, collection Vent d'ouest, 2020, 56 pages.
Lucienne ou les millionnaires de La Rondière, Aurélien Ducoudray et Gilles Aris, éditions Grand Angle, 2020, 80 pages.
Couleurs de l'incendie, Christian de Metter, d'après l'oeuvre de Pierre Lemaitre, éditions Rue de Sèvres, 2020, 164 pages.
La Jégado, Tueuse à l'arsenic, Olivier Keraval et Luc Monneraye, éditiosn Locus Solus, 2019, 120 pages.

mardi 31 décembre 2019

Lectures de décembre - les BD

Je vous l'annonçais hier : ce mois-ci, vous avez le droit à deux chroniques ! Il est loin le temps où vous en aviez 3 par semaine, mais c'est toujours mieux que rien !

Pour achever cette année, plongeons-nous dans des albums en "one shot" ou en séries...

 

Côté BD...

 

le chant des malpasLe chant des Malpas, de Pierre Boisserie et Nicolas Bara

Frappée par la foudre, une jeune femme se découvre le pouvoir de soigner tous ceux qu'elle croise à partir d'une note qu'elle chante. Mais derrière ce don se cache une malédiction, et nombreux seront ceux qui vont vouloir s'emparrer d'elle, pour sauver ou faire basculer le royaume.

Cette BD attendait depuis plus de 3 ans dans ma PAL. Il était temps de l'en sortir... Mais sans grande satisfaction. J'avais plutôt apprécié Le concile des arbres lu y a quelques années, également réalisé par ce duo, mais là, j'avoue ne pas avoir réussit à adhérer au dessin. Les goûts changent probablement au fil des années... Côté scénario, c'est sympa, mais pas transcendant, à l'exception des petits clins d'oeil que j'ai relevé à Dumas et ses mousquetaires.

Évitable donc.

 

eldoradoEldorado, de Damien Cuvillier et Hélène Ferrarini

Là, voilà une belle BD, un très bel album à découvrir, à la fois pour son histoire et pour son dessin !

Marcello, jeune syndicaliste, va se retrouver embarqué de force pour l'Amérique du Sud. Abandonnant Louisa, la femme qu'il aime et qu'il souhaite épouser, il se retrouve engagé sur le chantier d'un canal où on lui promet la fortune. Mais "L'Eldorado" va vite se révéler être surtout "El Infierno"...

Rien à redire sur cet ouvrage : de très beaux dessins, une intrigue tragique qui tient bien la route malgré quelques évidences.

Bref, je conseille fortement !

 

jusqu'au dernierJusqu'au dernier, de Jérôme Félix et Paul Gastine

Russell est un cow-boy qui s'apprête à changer de vie et à s'installer. Tandis qu'il s'arrête pour la nuit dans un petit village qui rêve d'accueillir la prochaine gare, Bennett, jeune homme simple d'esprit qui accompagne Russell, trouve la mort. Contrairement à ce qu'on veut lui faire croire, Russell est convaincu qu'il ne s'agit pas d'un accident : coûte que coûte, il voudra la vérité...

Loyauté, amitié, amour filial : il y a tout dans cette intrigue pour faire émerger une vengeance terrible et tragique, qui viendra chambouler les mémoires des gens de Sundance... Les paysages et le graphisme nous plongent dans une ambiance de grands espaces et d'Amérique en plein changement...

Un album plein d'humanité et de sensibilité.

 

axolotAxolot (4 tomes), de Patrick Baud

Difficile de définir et résumer cette série d'ouvrages, puisqu'il s'agit de recueil d'histoires et d'anecdotes mis en textes par Patrick Baud et en images par une collection de dessinateurs de tous horizons.

Au fil des pages, on découvre des personnages bizarres, des phénomènes surnaturels tout à faits explicables, des sites extraordinaires, des bestioles aux moeurs étranges... Patrick Baud nous balade dans son cabinet de curiosité, et on en picore des extraits au gré de nos envies.

Avis aux curieux !

 

les couloirs aériensLes couloirs aériens, d'Étienne Davodeau, Christophe Hermenier et Joub

Un quinquagénaire trouve refuse dans la maison de famille d'amis, au milieu de la neige jurassienne. Venant de perdre ses parents, il se retrouve avec les cartons de leur vie à vider, s'interroge sur le sens de la famille, de l'amitié, tout en regardant passer au-dessus de lui des avions...

J'avoue que je n'ai pas grand chose à dire de cet album. Le dessin de Davodeau, reconnaissable entre mille, ne mérite pas qu'on le trouve magnifique, et l'histoire parlera probablement plus à des quinquagénaire qu'à la trentenaire que je suis...

A reprendre dans 15 ans pour voir ce que j'en dirai alors ?...

 

Peter panPeter Pan (6 tomes), de Régis Loisel

De Loisel, je vous ai déjà présenté une autre série que j'aime d'amour, Magasin général. Mais je viens de me rendre compte que je n'ai jamais évoqué sur ce blog une autre série magistrale de Loisel, celle qui m'a ouvert les portes de l'univers de la BD grâce à un maître de stage passionné du 9e art qui m'a offert en 2004 le premier tome de cette réécriture du mythe imagine par James Matthew Barrie.

Dès la page de garde du premier album, le ton est donné : Loisel se lance dans une histoire "très librement" inspirée de l'originale... J'avoue ne jamais avoir lu l'originale, mais je peux vous dire que le croisement entre le mythe de Peter Pan et le mystère de Jack L'éventreur est en effet une réécriture très originale !

Au fil des 6 tomes, l'histoire se met en place, on plonge dans un monde sombre et cruel, bien loin de l'imaginaire plein de paillettes de Walt Disney, et bien plus sensuel également. De ce que j'en connais, Loisel reprend un certain nombre de codes et personnages imaginés par Barrie, mais son interprétation me laisse, à chaque fois que je relis cette série, songeuse... J'aime cette noirceur qu'il pose sur une histoire loin d'être si légère qu'elle n'y paraît...

Une de mes séries mythiques... A vous de la découvrir désormais !

 

Et voilà pour cette dernière chronique de 2019, à l'image du reste de l'année : des déceptions, mais aussi de belles surprises, découvertes et re-découvertes.

Je vous souhaite à toutes et à tous, avec quelques heures d'avance, une très belle année 2020 !

 

Texte © Miss Alfie 2019.
Couvertures :
 Le chant des Malpas, Pierre Boisserie et Nicolas Bara, éditions Dargaud, 2006, 68 pages.
 Eldorado, Damien Cuvillier et Hénène Ferrarini, éditions Futuropolis, 2018, 176 pages.
 Jusqu'au dernier
, Jérôme Félix et Paul Gastine, éditions Grand Angle, 2019, 72 pages.
 Axolot (tome 1), Patrick Baud et 11 dessinateurs, éditions Delcourt, 2014, 128 pages.
 Les couloirs aériensÉtienne Davodeau, Christophe Hermenier et Joub, éditions Futuropolis, 2019, 112 pages.
Peter Pan, tome 1 : Londres, Régis Loisel, éditions Vent d'ouest, 1998, 63 pages.

lundi 30 décembre 2019

Lectures de décembre - les romans

Décembre, ses jours gris et courts, ses lumières de Noël, ses dimanches à rester sous le plaid bouquiner... Entre belles découvertes et déceptions, entre BD ressorties des étagères et abandons en cours de route, voici les lectures qui ont accompagné cette fin d'année 2019...

Et puisqu'il s'avère que j'ai un peu conjuré ma panne de lecture, vous aurez le droit à deux chroniques : aujourd'hui, on parlera romans, et demain BD !

Bonne lecture !

Côté romans...

 

Les heures silencieusesLes heures silencieuses, de Gaëlle Josse

Dans ce très court texte, Gaëlle Josse donne vie à cette femme de dos peinte par Emmanuel de Witte. Elle lui imagine une vie, des enfants, un époux, un rôle dans la société. Elle projette dans cette image des détails d'une vie d'épouse de marchands dans les Pays-Bas du 17e siècle.

Un exercice de style qui m'a rappelé Le portrait de Pierre Assouline, mais plus doux et plus fort que ce dernier, malgré la brièveté du texte.

 

Ce que savait MaisieCe que savais Maisie, de Henry James

Cela faisait quelques temps que je n'avais pas abandonné en cours de route un roman : Ce que savait Maisie sera ma déception du mois, malgré un sujet particulièrement intéressant.

Publiée en 1897, ce roman suit une fillette dont les parents divorcent alors qu'elle n'a que trois ans. Maisie va devenir un objet de bataille entre ses parents puis entre ses beaux-parents, à celui qui l'aura tout d'abord, puis à celui qui s'en débarrassera ensuite... 

En cela, l'ouvrage est particulièrement moderne et d'une actualité effrayante... Henry James pose sur la situation le regard de cette enfant qui grandit au fil des pages et se révèle particulièrement clairvoyante derrière sa candeur et son apparente naïveté... Pourtant, je n'ai pas réussit à m'attacher à elle, ni à aucun des personnages. Je n'ai ressenti aucune empathie pour cette troupe d'adultes qui m'a particulièrement énervée... Le tout accentué par un style littéraire que j'ai trouvé ampoulé et compliqué, fait de très longues phrases pleines de négations, au point qu'on ne sait plus ce que l'on lit...

La faute à James ou à sa traductrice, la pourtant célèbre Marguerite Yourcenar ? Aucune idée, si ce n'est que j'aurai péniblement dépassé la moitié du bouquin pour l'abandonner et le laisser de côté, au profit d'autres histoires plus accessibles !

 

L'espionne de tangerL'espionne de Tanger, de Maria Dueñas

Ce roman nous entraîne entre l'Espagne et le Maroc et nous fait découvrir une partie de l'histoire de la péninsule ibérique que je ne connaissais que très peu. Le destin de Sira, jeune couturière qui va devoir reconstruire sa vie au Maroc, nous entraîne au coeur de la guerre d'Espagne et de la seconde guerre mondiale.

Saga romanesque et historique, L'espionne de Tanger se lit très facilement et se dévore. Un excellent roman de vacances, qui met en scène une femme forte qui osera défier les codes.

 

Une partie de badmintonUne partie de badminton, d'Olivier Adam

Ce n'était pas gagné, quand j'ai commencé ce roman d'un de mes auteurs pourtant chouchou... Dans ce nouveau roman, Olivier Adam met en scène un écrivain en rade, de retour en Bretagne avec femme et enfants, qui va se retrouvé face à des bouleversements dans sa vie qui vont renforcer sa mélancolie et son pessimisme...

Pourtant, ça finit par fonctionner, même si je n'ai pas ressenti de réelle empathie pour ce quadragénaire qui semble découvrir la vie et découvrir que tout ne tourne pas autour de lui uniquement...

Dans quelle mesure Olivier Adam n'a-t-il pas projeté dans ce personnage un peu de lui-même ? Je ne sais pas. Je sais juste que seuls les fans apprécieront peut-être ce roman qui ne restera pas comme le meilleur de l'auteur, même s'il aborde des sujets très actuels.

 

Les filles au lionLes filles au lion, de Jessie Burton

Après Miniaturiste, voici le deuxième roman de Jessie Burton qui nous plonge cette fois dans le monde de l'art pictural avec une intrigue qui nous entraîne à Londres en 1967 et en Espagne en 1936. On y suit d'une part une jeune femme originaire des Caraïbes qui trouve un emploi dans une galerie d'art mais rêve de devenir écrivain, et d'autre part une jeune femme austro-anglaise installée avec ses parents en Espagne et qui rêve de devenir peintre.

Si le contexte historique des années 30 est plutôt bien intégré à l'histoire, les chapitres relatifs à cette période m'ont beaucoup moins intéressée que ceux se déroulant en 1967. Si je vois bien l'intention de l'autrice (permettre au lecteur de raccrocher les pièces du puzzle plus rapidement que pour les personnages de 1967), ce procédé rompt le rythme de l'intrigue et le casse...

Au final, l'histoire se base sur des secrets de famille, thème récurrent et pourtant inépuisable de la littérature... Une histoire sympathique mais que j'oublierai probablement assez rapidement...

 

Texte © Miss Alfie 2019.
Couvertures :
Les heures silencieuses, Gaëlle Josse, éditions J'ai lu, 2012, 96 pages.
 Ce que savait Maisie, Henry James, traduit de l'anglais par Marguerite Yourcenar, éditions 10/18, 2004, 400 pages.
 L'espionne de Tanger, Maria Dueñas, traduit de l'espagnol par Eduardo Jimenez, éditions Points, 2013, 696 pages.
 Une partie de badminton, Olivier Adam, éditions Flammarion, 2019, 384 pages.
 Les filles au lion, Jessie Burton, traduit de l'anglais par Jean Esch, éditions Gallimard, collection Folio, 2018, 528 pages.

jeudi 5 décembre 2019

Lectures de novembre : la Chronique des Clifton

clifton1Clifton2Clifton3Clifton4Clifton5Clifton6Clifton7

Pour cette chronique des lectures de novembre, je ne vais vous parler que d'une seule saga qui a parfaitement rempli son office distrayant pour les moments de détente que je me suis accordée entre deux révisions et deux oraux blancs : la chronique des Clifton de Jeffrey Archer.

Au fil de 7 tomes, Jeffrey Archer nous fait découvrir l'histoire d'Harry Clifton des années 1920 aux années 1990. Fils d'un docker et d'une serveuse, Harry réussit à obtenir une bourse pour entrer dans un collège privé près de Bristol où il va cotoyer des enfants d'un tout autre milieu que le sien. Il y rencontre Giles Barrington qui devient son meilleur ami. Mais l'histoire étant bien faite (évidemment !), leur amitié ne convient pas à tout le monde, notamment au père de Giles, propriétaire d'une grande compagnie maritime... Et qui pourrait bien être également le père de Harry...

A partir de là, Jeffrey Archer déroule une saga pleine de secrets, de rebondissements, de trahisons, d'amitié, d'amours, de séparations et de retrouvailles. Il crée une galerie de personnages suffisamment complexes pour qu'on s'y attache, mais au sein de laquelle on ne se perd jamais. Tome après tome, on revisite l'Histoire du Royaume-Uni, on s'initie à la gestion d'une compagnie cotée en bourse ou aux investissements financiers, mais rien n'est jamais lassant ni même niais comme on peut parfois le craindre d'une saga familiale.

Si certains tomes s'essoufflent légèrement par moment, je n'ai pas résisté à leur attrait et ai enchaîné les 7 volumes d'une traite. Oui, il m'aura fallu un mois pour découvrir le destin extraordinaire de Harry Clifton et de sa famille, mais quel mois, et quelle compagnie pendant ces soirées ! De quoi me redonner le goût de lire !

En un mot comme en cent : une excellente idée de cadeau pour les amateurs de saga familiale à mettre au pied du sapin !

Texte © Miss Alfie 2019.
Couvertures :
• Seul l'avenir le dira, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2013, 552 pages.
• Les fautes de nos pères, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2014, 504 pages.
• Des secrets bien gardés, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2015, 552 pages.
Juste retour des choses, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2016, 576 pages.
Plus fort que l'épée, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2017, 608 pages.
Le temps est venu, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2018, 624 pages.
Le destin d'un homme, Jeffrey Archer, traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Livre de poche, 2019, 624 pages.

Posté par Miss Alfie à 19:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,