Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
lundi 31 août 2015

La pluie, avant qu'elle tombe - Jonathan Coe

La pluie, avant qu'elle tombeRosamund vient de mourir. Son testament ? Des cassettes enregistrée pour une certaine Imogen que Gill, sa nièce, a la charge de retrouver. A défaut, elle aura le droit de découvrir cet étrange héritage.

Est-il encore nécessaire de souligner le talent de Jonathan Coe ? Possible, car je pense que parmi vous, certains sont encore passés à travers les mailles du filet littéraire de ce conteur britannique fort talentueux. Lu en quelques heures, La pluie, avant qu'elle tombe révèle une fois de plus un grand talent narratif de cet auteur, tant pour la construction de son intrigue que dans sa maîtrise de la description.

Car le roman aurait pu être un pensum indigeste si Jonathan Coe n'avait pas su faire vivre les photos qui servent de base au récit de Rosamund. Des photos qui représentent différentes étapes de sa vie, et de celle de la dite Imogen, des photos qui sont décrites les unes après les autres, prétexte pour la vieille dame à faire ressurgir ses souvenirs personnels et historiques... Or, Coe réussit à ce que ces images prennent forme devant les yeux du lecteurs. Nous aussi, nous tenons dans notre main les rectangle de papier qui retracent une vie...

Côté intrigue, rien à redire. Jonathan Coe fait se croiser l'histoire de Rosamund et celle de Gill. Peu à peu, les secrets se dessinent et vont peu à peu sortir de l'ombre, se révéler à l'oeil du lecteur. On se laisse porter par ce roman fort où l'intime et l'Histoire se mêlent pour raconter des femmes marquées par l'amour (ou l'absence d'amour) maternel.

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : La pluie, avant qu'elle tombe, Jonathan Coe, traduit de l'angaispar Serge Chauvin et Jamila Ouahmane Chauvin, Éditions Gallimard, Collection Folio, 2010, 272 pages.

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dimanche 30 août 2015

Haricots verts à l'étouffée

Cette technique de cuisson des haricots verts, je la dois à belle-maman. Oui, belle-maman, si tu passes par là, tout ça, c'est grâce à toi ! Il faut dire qu'avant, j'appliquais la méthode à l'ancienne : cuisson vapeur puis passage à la poêle. Soit c'était de la bouillie, soit c'était trop croquant ! Maintenant, il suffit que je m'y prenne un peu à l'avance, mais j'ai toujours des haricots cuits à points !

Pour cette recette, prévoir :

  • des haricots verts frais et équeutés, ou surgelés quand l'envie vous prend en plein hiver
  • des lardons
  • quelques champignons de paris
  • de l'ail
  • du persil
  • du vin blanc

Dans une cocotte, faire revenir les lardons avec l'ail et un peu d'huile.

Ajouter les haricots, bien mélanger, saler et poivrer.

Verser un verre de vin blanc.

Laisser mijoter à feu doux à couvert pendant 2 bonnes heures. Il faut parfois un peu plus de cuisson selon la qualité des haricots, le mieux reste de goûter pour stopper juste au bon moment !

Haricots verts à l'étouffée

Bon appétit !

Texte et photo © Miss Alfie 2015.

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vendredi 28 août 2015

Les Suprêmes - Edward Kelsey Moore

Les suprêmesElles sont trois. Trois amies rencontrées au lycée, trois femmes désormais mariée, mère, et quinquagénaires. Chaque dimanche, les trois couples se retrouvent Chez Earl. Entre rires et larmes, elles sont inséparables...

Voilà une excellente découverte de cet été. Je n'irai pas par quatre chemins : j'ai adoré Odette, Clarice et Barbara Jean, leur complicité et leur amitié racontée avec beaucoup d'humour et de sensibilité.

Dans ce roman qui nous plonge dans la communauté noire, des années 60-70 aux années 2000, Edward Kelsey Moore croque la vie quotidienne, les malheurs et les bonheurs, les frustrations et les espoirs d'hommes et de femmes. Il raconte les trois Suprêmes, ces amies inséparables qui semblent tout savoir les unes des autres sans se parler, mais aussi la société d'alors. On se trouve du côté des noirs dans la ville. On découvre aussi le communautarisme et le racisme à l'encontre des blancs : s'ils sont victimes de ségrégation de la part de leurs congénères à la peau pâle, la réaction à l'embauche d'un blanc dans le café Chez Earl suffit à démontrer que les barrières culturels exist(ai)ent des deux côtés. Sans parler de la difficulté d'envisager un couple mixte même lorsque les mariages entre noirs et blancs ne sont plus interdits...

D'un chapitre à l'autre, l'auteur nous entraîne à la suite de l'une ou l'autre des Suprêmes. De Clarice et ses principes bourgeois à Barbara Jean et ses robes provocantes en passant par Odette qui parle aux fantômes qui l'accompagne, le lecteur ne s'ennuie pas, oscillant entre humour et émotion. Plusieurs fois, j'ai eu envie de poser le livre entre deux chapitres, histoire de savourer l'histoire, de m'imprégnier de l'épisode qu'il raconte avant de poursuivre mon voyage dans le temps.

Parfois burlesque, toujours juste, Les Suprêmes est un beau roman sur la force de l'amitié qui nous embarque dans une époque en partie révolue, mais pas si lointaine que ça. Une excellente surprise !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Les Suprêmes, Edward Kelsey Moore, traduit de l'angais (Etats-Unis) par Cloé Tralci, Philippe Aronson et Emmanuelle Aronson, Éditions Actes sud, Collection Babel, 2015, 416 pages.

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mercredi 26 août 2015

Les assassins - R.J. Ellory

Les assassinsJohn Costello est un survivant. Il a survécu à un tueur en série et a développé depuis une hypermnésie focalisée sur le sujet. Il est le premier à se rendre compte qu'une série de meurtres sans lien apparent semble des hommages à des tueurs en série morts ou emprisonnés. Irving, flic en charge de l'un des dossiers, va rapidement s'intéresser à la théorie de Costello.

2015 aura été une année faste pour Ellory entre la publication en Français de son premier roman Papillon de nuit et cette nouvelle parution de rentrée littéraire. Après le remarqué Seul le silence (que je n'ai jamais chroniqué mais qui m'a pourtant beaucoup marqué) qui a permis à Ellory de percer en France, Les assassins s'intéresse à nouveau à la question des tueurs en série. Si la traque reste au coeur de l'intrigue, c'est surtout sur la fascination qu'ils peuvent inspirer que R.J. Ellory insiste dans ce roman.

Le prisme d'entrée est intéressant : John Costello a été victime d'un tueur en série. Pour comprendre ce qui a conduit son agresseur à agir ainsi et à tuer sa petite amie de l'époque, Costello va chercher, lire, découvrir, et constituer une base de données unique en son genre, complétée par de régulières rencontres avec d'autres "survivants" ainsi qu'ils s'appellent entre eux. Bourrés de toc, listeur compulsif, compteur de pas, de voitures et j'en passe, adepte de menus déterminés par les jours de la semaine, Costello est un personnage déroutant, que j'aurai presque aimé plus complexe. Il porte en lui une ambivalence qu'explore Ellory dans l'enquête menée par Irving, mais peut-être pas assez à mon goût. Irving, lui, dénote un peu face à l'archétype du flic divorcé et dépressif. Sensible, marqué par le deuil de sa compagne, il reste néanmoins droit dans ses bottes, reste plutôt dans les clous, et ne s'oublie pas systématiquement dans l'alcool.

L'ensemble offre un roman assez fascinant qui passe en revue certains des plus grands crimes en série américains. Il est vrai qu'en dehors du Zodiaque, les hommes et femmes évoqués sont sûrement moins connus de notre côté de l'Atlantique qu'un Guy George ou qu'un Emile Louis, mais le résultat est le même : une fascination particulière et morbide pour le vice et le noir...

Encore une fois néanmoins, mon bémol concerne la fin (et ce n'est pas la première fois s'agissant de romans de cet auteur) qui apparaît à peine simple par rapport à l'intrigue plutôt complexe construite par l'auteur. Mais ceci étant, Les assassins demeure un très bon opus bien noir sur des meurtriers aux profils multiples.

Mes remerciements à Sonatine Editions pour cette lecture !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Les Assassins, R.J. Ellory, traduit de l'anglais par Clément Baude, Editions Sonatine, 2015, 528 pages.

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lundi 24 août 2015

La dame à la camionnette - Alan Bennett

La dame à la camionettePendant plusieurs années, le jardin d'Alan Bennett a été occupé par la camionnette jaune de miss Shepherd. Quelques temps après sa mort, Alan Bennett a fait un livre de cette cohabitation singulière.

Ce bouquin m'avait été recommandé lors de sa sortie en poche par Naddie. Pas vraiment une biographie, plutôt un récit de vie, La dame à la camionnette ne se raconte pas, il se lit, il se vit.

Alan Bennett nous fait découvrir l'envers du décor de l'embourgeoisement de certains quartiers londoniens et les conséquences de la crise économique dans les années 70 et 80 au Royaume-Uni. Miss Sherpherd est une SDF qui vient dans un véhicule de fortune, une camionnette qu'elle repeint de temps en temps mais qu'il ne vaut mieux pas qu'elle déplace, ne serait-ce que pour des questions de régularité de permis et d'assurances ! Oscillant entre des besoins minimes et des tendances accumulatrices, celle qui semble avoir toujours été une vieille dame vit en dehors des normes, préférant le confort spartiate de sa camionnette à la proposition d'appartement des services sociaux.

Cet ouvrage, qui se lit en quelques heures tout au plus, est empreint d'humanité. Il met en lumière ceux que nous croisons tous les jours et sur qui nous préférons bien souvent fermer les yeux. Sans se vouloir moralisateur, il porte néanmoins un message de tolérance et d'empathie sur une femme dont on connaît au final bien peu de choses. Une lecture qui fait du bien à l'âme.

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : La dame à la camionnette, Alan Bennett, traduit de l'angais par Pierre Ménard, Éditions Gallimard, Collection Folio, 2015, 112 pages.

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