Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
mercredi 18 janvier 2017

Black-out - Marc Elsberg

Black out

Tandis qu'il rentre chez lui en voiture, Piero Manzano est victime d'un accident de voiture. Son origine : une panne de courant qui a stoppé les feux tricolores à Milan. Mais peu à peu, cet homme fiché pour hacking apprend que la panne pourrait bien toucher toute l'Europe, et découvre qu'un gigantesque piratage pourrait bien en être à l'origine...

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un bon thriller. Un thriller, pour moi, c'est un bouquin à suspense intense, qu'on embarque un peu partout et qu'on ne lâche pas dans le dernier tiers. Black-out correspond tout à fait à la consigne puisque j'ai lu ce bouquin en quelques jours... J'ai renoué avec le plaisir de lire quelques pages dans la voiture avant de retourner bosser ou de rentrer plus tôt à la maison juste pour pouvoir avancer dans l'intrigue !

Dans ce roman où il imagine une coupure d'électricité géante à base de piratage informatique, Marc Elsberg ne se contente pas de nous tenir en haleine : il nous questionne, nous interroge et nous fait réfléchir. Comment réagirions-nous si cela se produisait réellement ? Que se passerait-il dans notre monde hyper-connecté, dans nos appartement chauffés à l'électricité ? Comment pourrions-nous manger sans nos plaques de cuisson ? Comment se laver sans eau courante ? Où trouver de quoi survivre quand tout un pays, que dis-je, tout un continent se retrouve paralysé ?

Avec ce thriller très moderne, Marc Elsberg pointe du doigt quelques failles de notre système... Un roman à éviter de lire au premier degré, mais un thriller passionnant ! Merci Copinette pour ton choix pertinent !

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Black-out, Marc Elsberg, traduit de l'allemand par Pierre Malherbet, éditions Livre de poche, collection Thriller, 2016, 552 pages.

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lundi 16 janvier 2017

Au Bonheur des Dames - Emile Zola

Au bonheur des damesArrivant de Valognes avec ses deux frères, Denise espère que son oncle Baudu puisse l'embaucher dans sa boutique. C'était sans compter sur le grand magasin d'Octave Mouret qui engloutit peu à peu tous ses concurrents. La jeune femme y trouve finalement une place de vendeuse et va rapidement bénéficier de la protection discrète du patron.

Au bonheur des dames est peut-être l'un des romans d'Emile Zola les plus connus, et le plus apprécié. Il faut dire qu'on est loin de la misère sociale de L'assommoir et que le sujet attire autant les foules que le nouveau magasin d'Octave Mouret ! Imaginez un peu : un roman qui décrit non seulement la naissance des grands magasins, les premières stratégies de management et de marketing mais aussi un inventaire de couleurs, de matières et de tissus ! Autant vous dire que ce roman fera le régal des amateurs de boutiques de vêtements et de tissus !

Onzième volume de la saga des Rougon-Macquart, Au bonheur des dames nous fait virevolter entre les élégantes et riches acheteuses du magasin et les employés soumis au bon vouloir du patron. Encore une fois, Zola réussit le pari de décrire une tranche de vie sociale et nous invite aux côtés de ses salariés d'avant les congés payés, le chômage et la sécurité sociale. Le sujet se révèle une nouvelle fois très actuel : comme les petits magasins indépendants peuvent-ils résister face à l'ogre Mouret ? Quelles stratégies se mettent en place de part et d'autres, qui survivra et sortira vainqueur dans cette nouvelle organisation ?

Pour développer ce portrait social, Emile Zola brosse une galerie de personnages : vendeuses en confection, vendeurs de tissus au mètre, commis en mal de reconnaissance, caissier aux manches larges, et bien sûr Denise et Mouret, deux personnages qui ne font que se croiser mais autour de qui tout le roman est construit. Sans tomber dans de la mièvrerie, on retrouve l'Octave de Pot-Bouille assagi, toujours coureur de jupons, mais surtout chef d'entreprise. Peu à peu, il réalise qu'agrandir à tout prix son empire n'est peut-être pas son seul but dans la vie. Délicatement, par petites touches, Denise va s'affirmer et prendre une place de choix dans ce royaume...

Loin d'être surfaite, la célébrité de ce roman est totalement justifiée : Zola y fait preuve d'un très grand talent pour créer ses personnages mais aussi pour nous livrer un témoignage d'époque précis et en même temps terriblement moderne.

71762180Challenge classique

Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du challenge "Relisons les Rougon-Macquart" avec Lili Galipette et du challenge "Un classique par mois" de Pr Platypus.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Au Bonheur des Dames, Emile Zola, éditions Livre de poche, collection Les Classiques de Poche, 1971, 544 pages.

vendredi 13 janvier 2017

La Route - Jack London

route_CouvLa route du jeune Jack London est celle qu'il partagea en 1893-1894, à 18 ans, avec les vagabons du rail en parcourant 20 000 kilomètres d'un pays ravagé par la crise. C'est cette route libre qui va pour une bonne part le révéler à lui-même et permettre le formidable écrivain qu'il devint ; un homme fascinant de force et de faiblesses qui devait ensuite, sa vie durant, "brûler le dur" et voyager. Cette route, c'est également le premier témoignage d'importance sur le vagabondage aux Etats-Unis, véritable document ethnographique et sociologique. (quatrième de couverture)

Jack London, j'en ai déjà parlé ici et . Il y a d'un côté le reportage sur les bas-fonds londoniens et de l'autre une fiction magnifique sur fond de vie carcérale. J'avais adoré le style de Jack London, dans le Vagabond des Étoiles, envoûtant. J'avais aimé l'aspect journalisme d'immersion du roman sur Londres. Du coup, devant mon enthousiasme, la miss m'a offert un autre ouvrage de Jack London. Partons donc sur la Route.

Autant le dire tout de suite, ce n'est pas le titre qui me restera en mémoire. Alors, attention, c'est intéressant mais c'est pas non plus passionnant. Prenez par exemple le deuxième chapitre où il raconte sur des pages interminables comment il évite les autorités en montant sur un wagon, en en descendant, en en faisant le tour, hop, hop, hop, c'est un peu longuet et au final, parfaitement inintéressant. Ceci dit, il y a la description de la vie des hobos, ces vagabonds des trains qui vivaient de la mendicité au gré de leurs voyages sur les trains traversant le pays. On retrouve des personnages récurrents et on voit les combines qui permettent de se "mieux" vivre. 

Outre ces aspects, Jack London aborde la crise et ses conséquences, en particulier sur les inégalités entre les citoyens. Il parle également des autorités et de la prison, certains endroits se révélant être plus du travail forcé que de la détention. Au final, même si quelques longueurs émaillent le récit, Jack London livre un récit relativement intéressant sur la vie de vagabondage au fil du rail.

Texte © Alfie's mec, 2017.
Couverture : La Route, Jack London, Éditions Libretto, 2001 pour la présente édition.

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mercredi 11 janvier 2017

Chroniques de la fruitière - Fred Bernard

CDLF_COUVLorsqu'il descendait dans les caves à vin de son grand-père, en Bourgogne, Fred Bernard n'oubliait jamais d'emporter avec lui du comté découpé en dés, en cas de petit creux. Des années plus tard, il a choisi de partir à la rencontre de ceux qui, dans le Jura, l'Ain et le Doubs, produisent l'un des fromages les plus fameux de notre terroir. (quatrième de couverture, extrait)

Attention, lecture régionale ! Même si l'auteur est bourguignon, c'est-à-dire pas vraiment du coin, il pourra toujours arguer que, grâce à la réforme débile de refonte des régions, il est de la même région que nous. Bref, passons outre tentons d'en savoir un peu plus. Après s'être attaqué au vin dans un premier recueil (que je n'ai pas lu), Chroniques de la vigne, Fred Bernard passe du liquide au solide avec un mets de choix, le fromage. Et pas n'importe lequel, le comté. Le meilleur de tous. En toute objectivité, évidemment.

Sous la forme d'un récit chapitré avec les quatre saisons, l'auteur nous fait rencontrer les différents intervenants dans la chaîne de fabrication du comté, de l'éleveur de vaches au fromager et au crémier. Il y présente les spécificités de la filière comté, avec les prix garantis pour les éleveurs, les différentes formes d'affinage, etc. C'est intéressant pour qui ne connaît pas le fromage et les différents intervenants sont toujours présentés avec tendresse et bienveillance.

Côté dessin, ne nous mentons pas, ce n'est pas une merveille graphique. On notera néanmoins une attention soignée sur les décors et paysages, en particulier les quatre double pages d'ouverture de chapitre. Au final, on a ici un ouvrage didactique intéressant et bien construit qui ravira le lecteur franc-comtois ou celui ou celle qui veut en savoir plus sur, objectivement toujours, le meilleur des fromages. 

Texte © Alfie's mec, 2017.
Couverture : Chroniques de la fruitière, Fred Bernard, Éditions Glénat, 2016.

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lundi 9 janvier 2017

Retour à Killybegs - Sorj Chalandon

RAK_COUV

"Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L'IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j'en suis venu à trahir. Détournez-vous de ceux qui diront m'avoir connu. Personne n'a été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd'hui, c'est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu'après moi, j'espère le silence." (quatrième de couverture)

J'ai déjà raconté dans une première chronique pourquoi et comment j'en étais venu à lire Sorj Chalandon. Après Mon traître, lire Retour à Killybegs semblait naturel. Pour lire la suite de l'histoire de Tyrone Meehan. Coupons court tout de suite, Retour à Killybegs n'est pas une suite. C'est un complément, un miroir à Mon traître. 

Si le premier opus du diptyque laissait parler un luthier français, toute l'histoire est narrée ici par Tyrone Meehan lui-même. Sous forme d'une autobiographie alternant entre épisodes du passé et la fin de vie à Killybegs, l'ancien gradé de l'IRA infiltré par les Anglais raconte sa vie. Son enfance avec un père violent, ses premiers contacts avec l'IRA et le combat indépendantiste, son ascension, ses combats et forcément, sa trahison, son double-jeu, la découverte du pot-aux-roses. 

Sorj Chalandon conserve d'un livre à l'autre le même style fluide et envoûtant, d'une apparente facilité. C'est merveilleux à lire, c'est prenant de bout en bout, c'est tout simplement beau. L'auteur parvient sans difficulté à faire aimer ce personnage que tout un pays a fini par haïr, sans chercher à le réhabiliter ou justifier ses actes de trahison. Bref, le diptyque Montraître - Retour à Killybegs est merveilleux et il me paraît indispensable de ne pas dissocier les deux ouvrages forcément complémentaires.

Texte © Alfie's mec, 2017.
Couverture : Retour à Killybegs, Sorj Chalandon, Éditions Le Livre de Poche, 2012.

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