Quand un livre se fait film... [Concours inside]
En 2009, David Foenkinos sortait un roman intitulé La délicatesse.
En 2011, le même David Foenkinos cosignait avec son frère le scénario de l'adaptation cinématographique de son film.
A l'occasion de la sortie du DVD le 23 mai prochain, StudioCanal s'associe à Miss Alfie, Croqueuse de livres pour faire gagner 5 DVD du film.
Quelques modalités toutes simples pour ce concours :
Je vous propose de répondre aux trois questions ci-dessus en n'oubliant surtout pas la question subsidiaire qui me permettra de départager les gagnants. Les 5 internautes qui auront donné les bonnes réponses aux trois questions et seront les plus proches de la réalité sur la question subsidiaire remporteront chacun un DVD qui leur sera adressé par StudioCanal.
Pour participer, vous devrez m'adresser votre réponse par mail à missalfie[at]gmail.com en précisant bien dans l'objet du mail "Concours La Délicatesse". Aucune participation par commentaire, par message privé sur Twitter ou sur Facebook ne sera prise en compte.
Par ailleurs, ce concours se trouve "réservé" aux internautes ayant déjà posté au moins un commentaire sur ce blog ou me suivant sur Twitter et Facebook avant le début de ce concours. Dans l'un comme dans l'autre des cas, je vous invite à me préciser votre pseudo pour que je vous retrouve facilement.
Ce concours est limité à une participation par personne.
Il se terminera vendredi prochain 25 mai à minuit. Les résultats seront annoncés le samedi 26 mai dans la journée et les gagnants contactés directement par mail. Ils auront jusqu'au 30 mai pour me communiquer leurs coordonnées. Passée cette date, et sans réponse de leur part, les lots concernés seront remis en jeu.
Et maintenant, jouons !
QUESTIONS
Sous quel pseudonyme était connu François Damiens lorsqu'il faisait des caméras cachées ?
- François La Malice
- Damien La Malice
- François L'Embrouille
- Damien L'Embrouille
Quel(le) réalisateur(trice) fut le premier à repérer Audrey Tautou et à lui donner un rôle sur grand écran ?
- Tonie Marshall
- Gabriel Aghion
- Jean-Pierre Jeunet
- Laurent Firode
Lequel de ces Beatles est à l'honneur dans l'un des romans de David Foenkinos ?
- Paul McCartney
- John Lennon
- George Harrison
- Ringo Starr
Question subsidiaire : Combien de participations vais-je recevoir à ce concours ?
En espérant que vous soyez nombreux à participer, et en remerciant StudioCanal pour sa participation !
Le meurtre de Roger Ackroyd - Agatha Christie
Une veuve du village se suicide. L'affaire semble douteuse pour le Dr Sheppard jusqu'à ce qu'il échange avec Roger Ackroyd qui lui indique que la dite veuve lui avait confié la veille qu'elle avait empoisonné son mari un an plus tôt. Lorsque Roger Ackroyd est retrouvé mort quelques heures après cette discussion, les hypothèses vont bon train...
Le meurtre de Roger Ackroyd est très certainement l'un des titres les plus célèbres d'Agatha Christie et de la littérature policière en règle générale. Il va m'être très difficile de faire une chronique sur ce bouquin car je risquerai d'en dévoiler le principal mystère qui lui confère toute son originalité (du moins pour l'époque) et tout son charme ! Et comme je considère que tout le monde n'est pas encore au fait de la subtilité qui fait tout le charme de ce roman, je m'en tiendrait à quelques constats d'ordre général sur ce roman, sans évoquer la trame narrative, au demeurant fort intéressante même lorsque l'on connaît le fin mot de l'histoire avant de se plonger dans le roman, ce qui était mon cas...
J'ai la sensation que l'on peut classer en deux catégories les romans de la reine du crime. Cette sensation est peut-être erronée car j'avoue n'avoir lu qu'une dizaine de titres jusqu'à présent, soit une goutte d'eau face à tous ses écrits... Ceci dit, si Agatha Christie ne nous emmène pas en Orient où elle passa de nombreuses années de sa vie, c'est généralement dans la campagne anglaise qu'elle puisse son inspiration. Chacun de ses romans qui se passent dans un petit village un peu "cliché" de l'Angleterre est l'occasion de mettre en scène quelques commères plus ou moins vieillissantes et de rappeler le manque de confidentialité qui peut exister dans ces petites communautés.
De même, j'apprécie beaucoup sa capacité au sein d'une même "série" à varier le mode de narration. Lorsque des auteurs font le choix de mettre en scène un personnage récurrent, ils utilisent généralement toujours le même style narratif : première personne, troisième personne, alternance... Chez Agatha Christie, ce n'est pas le cas. Parfois, c'est Hasting qui raconte les exploits de Poirot, jouant les Dr Watson, parfois, c'est un narrateur externe qui va nous conter le récit. Ici, c'est à travers le regard du Dr Sheppard que l'on découvre l'intrigue. Cette variété de procédés permet d'avoir une vision différente de l'enquêteur, qu'il s'agisse d'Hercule Poirot ou de Miss Marple, et d'aborder des enquêtes qui pourraient devenir redondantes de manière différente et originale.
Écrit au tout début de sa carrière, Le meurtre de Roger Ackroyd laisse entrevoir le talent d'Agatha Christie à offrir au lecteur surprises et originalité dans ses récits. On y suit un Hercule Poirot assez brillant bien qu'un peu trop distant du narrateur dans la seconde moitié du roman, jusqu'au dénouement final et au clou du spectacle...
Incontestablement à lire pour l'originalité de sa construction.
Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du Challenge Agatha Christie organisé par George.
Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : Le meurtre de Roger Ackroyd, Agatha Christie, traduit de l'anglais par Françoise Jamoul (nouvelle traduction), Éditions Le Livre de Poche, 1992, 222 pages.
Un enchantement - Christian Durieux
Alors qu'on donne une réception dans les salons du Louvre en l'honneur d'un responsable politique, ce dernier s'éclipse et erre dans les couloirs du musée. Il finit par rencontrer une jeune femme mystérieuse qui va lui servir de guides entre les oeuvres de ce lieu prestigieux.
Il y a deux semaines, la chef m'a demandé une chronique BD. J'avais rien sous le coude. Donc j'ai repris un ouvrage que j'avais lu à sa sortie, soit en août 2011, une petite lecture rapide et hop, apte à faire la chronique. Et je l'ai pas faite. Bon, rassurez-vous, je me suis fait frapper comme il se doit, "tu me saoûles à vouloir faire une chronique BD par semaine et voilà, t'es pas foutu de la pondre en temps et en heure, tu commences vraiment à me courir sur le haricot !!" Outre le fait que la chef utilise donc des expressions éculées et risibles (comme le "ça commence à me casser les cacahuètes !" qu'on m'a sorti au boulot), elle est donc très à cheval sur les obligations. Du coup, après une chronique BD dépressivo-suicidaire la semaine dernière, voici un truc un peu plus léger. Beaucoup plus léger, même. Comme ça, hop, chronique du mercredi, c'est fait.
Bien, l'idée de ce bouquin est de raconter une histoire au milieu du Louvre et de ses oeuvres. Idée intéressante, résultat moyennement abouti. Pas tant sur le dessin, agréable. Il retranscrit bien l'atmosphère crépusculaire et donne aux lieux une couleur particulière. Les personnages sont intéressants et expressifs. Enfin, les oeuvres du musées sont bien mises en valeur et on notera quelques bonnes idées de mise en scène des personnages secondaires avec leur décor.
Non, en fait, ça pêche plus sur l'histoire, un peu creuse et qui finit par tourner en rond. On ne sait rien de cette demoiselle rencontrée dans les hasards des couloirs, on la devine muse ou guide vers de nouveaux horizons. C'est sans doute une volonté de l'auteur de laisser le mystère et/ou la poésie opérer mais, ça laisse un peu sur sa faim. De même, à force de tourner dans le musée pour échapper à la vigilance des gardes, on a plus à faire avec une visite des lieux qu'à une véritable histoire. L'histoire est plus un argument pour faire une visite (trop) rapide des lieux sympathiques de ce musée magnifique.
Au final, cet enchantement en est sans doute un pour le personnage principal mais pas vraiment pour le lecteur qui finit par s'ennuyer progressivement des aventures un peu creuses de ce vieil homme et de cette jeune femme perdus au Louvre. Evitable, donc.
Texte © Alfie's mec 2012.
Couverture et planche : Un enchantement, Christian Durieux, Éditions Futuropolis / Louvre Editions, 2011
La Peine du Menuisier - Marie Le Gall
Marie-Yvonne naît en 1955 dans une famille brestoise. Tous les étés, sa mère, sa grand-mère et sa soeur aînée prennent leurs quartiers au Penn-Ti. Le week-end, le père, le Menuisier, les rejoint. C'est une relation père-fille empreinte de silence que nous raconte l'héroïne de ce roman.
J'avais rencontré Marie Le Gall aux Mots Doubs en 2010, c'est vous dire depuis combien de temps ce bouquin prenait racine dans ma PAL. Mais pour autant, je n'arrivais pas à l'en déloger, ni pour le lire, ni pour l'abandonner... Une histoire de secret de famille, de relation père-fille, le tout sur fond de culture bretonne, ça m'intrigait et ça me faisait aussi un peu peur. Et puis, à l'aube d'un dimanche serein et paisible, alors que le parfum des crêpes et la saveurs du sel marin sur les lèvres commençaient un peu à me manquer, j'ai sauté le pas et me suis plongée dans ce roman en partie autobiographique.
J'avoue que cela faisait longtemps que je n'avais pas utilisé mes petits post-it pour marquer des pages, relever des citations. Pourtant, j'avoue que La Peine du Menuisier aura été riche en la matière. J'y ai retrouvé une Bretagne décrite dans les souvenirs de mes parents et de mes grands-parents et, dans une certain mesure, une Bretagne que j'ai moi aussi connu... Une Bretagne dans laquelle le pâté Hénaff est aussi institutionnel que la place du recteur dans la paroisse... Une Bretagne marquée par l'après-guerre, la reconstruction des villes comme Brest ou Lorient après les bombardements... Une Bretagne dans laquelle on n'apprend plus le breton aux enfants parce que l'école de la République l'a interdit mais dans laquelle on continue de le parler entre-soi, entre adultes, pour que les enfants ne comprennent pas... J'ai aimé ce récit d'une époque plus ou moins révolue, de ces traditions qui parfois perdurent, de ces mots bretons insérés dans le texte qui m'ont, le temps de quelques centaines de pages, transportées dans la lande bretonne.
Mais ce roman n'est pas uniquement l'histoire d'une petite fille dans la Bretagne de l'après-guerre. C'est aussi l'histoire d'une famille qui voit arriver un enfant dix-neuf ans après la naissance de l'aînée, "pas comme tout le monde" comme on disait à l'époque, d'un père qui a l'âge d'être grand-père et ne saura jamais entamer un dialogue avec son enfant. Il faudra attendre le décès de ce père qu'elle nomme par son métier pour que Marie-Yvonne, devenue adulte et mère, découvre l'histoire de sa famille, et comprenne l'omniprésence de la mort dans son entourage. Car c'est une histoire sombre et noire que nous livre Marie Le Gall, une histoire dans laquelle on prénomme les nouveaux nés en référence à la soeur morte en bas âge, une histoire dans laquelle les morts hantent les murs de la maison familiale, plus bruyants parfois que les vivants silencieux.
Avec ce récit en partie autobiographique, Marie Le Gall nous offre la vision d'une région marquée par ses traditions. Elle y rappelle le poids de la langue et de la culture, le poids de ces mots qui ne seront jamais prononcés et que le Menuisier portera au fond de lui comme un fardeau toute sa vie durant.
Une très belle histoire, sombre, mais qui rappelle combien les secrets de famille peuvent être dévastateurs.
Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : La Peine du Menuisier, Marie Le Gall, Éditions Livre de poche, 2011, 320 pages.
Chips de Morteau
Cette semaine, je vous propose un petit amuse-bouche qui égayera vos apéritifs entre amis. Je n'ai guère d'autre mérite que d'avoir pris la photo et d'avoir rédigé cet article, la suggestion et la réalisation de ces chips de Morteau revenant à l'homme des lieux. Car contrairement à ce que l'on pourrait penser en jetant un oeil à la rubrique Gourmandises terrestres, et même si j'avoue être plus souvent que lui dans la cuisine, monsieur se défend plus qu'honorablement quand il s'agit de prendre les rennes des fourneaux !
Pour cette recette, prévoir :
- Une saucisse de Morteau
Il vous faudra anticiper un peu la réalisation de cet amuse-bouche car s'il est très facile à faire, il nécessite d'avoir à disposition une saucisse de Morteau cuite et froide. Ce petit détail a son importance, car la saucisse se tiendra bien mieux pour la découpe si elle est froide.
Quelques heures avant, voire même la veille, remplissez une casserole d'eau froide et mettez votre saucisse de Morteau dedans sans la piquer. Faites chauffer une bonne vingtaine de minutes à partir de l'ébullition.
Faites la bien refroidir.
Découpez de très fines tranches de saucisse. Une mandoline peut-être très utile pour l'occasion...
Faites chauffer votre four en mode "grill".
Disposez-les sur une plaque allant au four et enfournez en hauteur.
Surveillez la cuisson (10 à 15 minutes), les tranches vont se dessécher peu à peu et devenir croustillantes.
A servir avec une coupe de crémant du Jura et quelques Griottines, évidemment !
Texte et image © Miss Alfie 2012.
Les harmoniques - Marcus Malte
Vera Nad, jeune yougoslave, est assassinée. Rapidement, on met la main sur ses meurtriers. Mais Mister, le pianiste, n'y croit pas. Il va entraîner Bob, le taxi, à la découverte des secrets de la jeune immigrée.
Si vous fouillez un peu sur ce blog, vous verrez qu'il y a quelques années, j'avais lu un petit bouquin de Marcus Malte, Poser ma besace à Besac. Écrit dans le cadre d'un projet social et politique, ce roman était loin d'être révélateur du talent de Marcus Malte. Il aura fallu que je me plonge dans Les harmoniques pour ne plus en douter.
Pourtant, je vous avoue que j'ai eu un peu peur après avoir fini le premier chapitre. Uniquement composé de dialogues bruts et de notes de musique, je me suis demandée si j'allais franchement aimer le style de l'auteur. Et puis, la suite fut totalement différente, au point qu'il ne m'aura fallu qu'un samedi pour achever cette intrigue aux tonalités noires et jazzy.
Je préfère vous le dire tout de suite, si la musique ne vous parle pas a minima, si pour vous le jazz est une musique ringarde, alors il y a des chances pour que vous passiez un moment rébarbatif si vous n'avez pas passé votre chemin devant ce titre ! Mais pour moi, ce fut un régal de chaque instant ! Lu avec un ou deux albums bien choisis en fond sonore, c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai suivi deux personnages très atypiques que Malte avait, a priori, déjà mis en scène dans Garden of love.
Rien que pour ces deux personnages, le bouquin vaut le détour. On suit principalement Mister, grand black, pianiste dans un club de jazz, et interloqué par la mort d'une des clientes du club. A ses côtés, comme dans tout bon duo, on a son pendant, moins impulsif, plus réfléchi, et surtout très érudit, en la personne de Bob, un chauffeur de taxi aux clients fantômes. Ces deux-là vont s'embarquer dans une enquête officieuse qui va les entraîner dans les coulisses de la mafia serbo-croate et leur faire revivre les heures sombres de la guerre de Yougoslavie.
En nous offrant une intrigue mâtinée de multiples références au jazz et en y associant les souvenirs d'une guerre moderne et encore très proche de nous, Marcus Malte nous offre un roman sombre et noir, mais pas si violente et sanglante que ça, portée par deux personnages attachants et atypiques.
Une très chouette découverte qui m'incite à aller voir du côté des autres titres de l'auteur !
Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : Les harmoniques, Marcus Malte, Éditions Gallimard, Collection série noire, 2011, 370 pages.
S.T.A.R 4e édition - Bilan global
Et voilà, le S.T.A.R de Liyah est terminé, l'heure du comptage final est arrivée. Pour cette première participation, j'avoue être très satisfaite de mes lectures du mois, surtout que j'avoue ne pas avoir franchement modifié mes habitudes de lecture ! Le bilan de ces quelques semaines de lecture est donc à l'image du reste de l'année et globalement cohérent avec mon rythme de lecture à l'année...
Donc, au cours de ce mois consacré à la lecture, douze ouvrages me seront passés entre les mains :
- Fin de Rosa Candida d'Audur Ava Olafsdottir - éditions Points = 70 pages.
- Les Harmoniques de Marcus Malte - éditions Gallimard / Série noire = 370 pages.
- La peine du Menuisier de Marie Le Gall - éditions Phébus = 284 pages.
- Le meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie - éditions Livre de poche = 222 pages.
- Quelqu'un d'autre de Tonino Benacquista - éditions Folio = 377.
- Les orpailleurs de Thierry Jonquet - éditions Folio = 400 pages.
- Lennon de David Foenkinos - éditions J'ai Lu = 221 pages.
- Traquer les ombres de John Harvey - éditions Rivages/noir = 508 pages.
- La maison du sommeil de Jonathan Coe - éditions Folio = 459 page.
- Intuitions de Dominique Dyens - éditions Héloïse d'Ormesson = 186 pages.
- Mai en automne de Chantal Creusot - éditions Zulma = 389 pages.
- Secret absolu de Wilkie Collins - éditions Phébus = 442 pages.
Au total, j'ai tourné 3928 pages, beaucoup plus que ce que j'avais en tête au début (j'imaginais atteindre péniblement 3000 pages...). Mon léger regret est de ne pas avoir pris plus de temps sur le dernier week-end pour lire 72 pages de plus et monter ce chiffre à 4000 !
Mais qu'importe, ce fut une drôle d'aventure, originale, mais que je ne suis pas sûre de renouveler, l'émulation des challenge et des concours ayant plutôt tendance à me stresser et à m'énerver au bout d'un moment... En tout cas, merci à Liyah pour l'organisation !
Flash info
Lorsque vous tentez de me laisser un message, il semblerait qu'un petit bug vous invite à le renvoyer. Ce bug, d'après les infos du forum de Canalblog, serait lié à l'utilisation IE 8 ou 9.
Si jamais vous avez rencontré ce type de difficulté sous un autre navigateur, n'hésitez pas à me prévenir, que je relaye le problème !
Pas la peine donc de revalider plusieurs fois votre commentaire, il devrait s'afficher au final !
Saison Brune - Philippe Squarzoni
Il reste à Philippe Squarzoni le chapitre sur l'écologie pour finaliser son ouvrage Dol sur le bilan du quinquennat de Jacques Chirac à la tête du pays. Peu connaisseur du sujet, il commence des lectures puis des recherches, longues de cinq ans. Ces recherches débouchent sur Saison brune, long exposé sur les tenants et aboutissants du réchauffement climatique.
Bien, les chéris, on va essayer d'être sérieux deux minutes. Déjà que n'importe qui se met à écrire sur ce blog, ça devient la porte ouverte à toutes les fenêtres. François Hollande à peine élu, hop, c'est l'immigration qui est relancée, je vous jure, ma bonne dame, ils me font peur, ces gens là, avec leur gueule de métèque et leurs cheveux aux quatre vents. Bref, soyons sérieux. C'est vrai, quoi, assez naïvement, tout le monde est disposé à penser que, du fait des dessins, la bande dessinée est un art de distraction, de loisir. Et qu'on laisse les choses sérieuses aux bouquins sans images ou, mieux, aux journalistes. Après tout, ce sont eux qui sont là pour nous informer, pour nous raconter les trucs pas drôles qui se passent à longueur de temps. Ben là, non. Y'a des dessins, certes, mais, c'est plein d'infos, d'interviews et de plein des choses intéressantes. Et alarmantes mais j'y viendrai plus tard.
On va être bref sur ce bouquin, sa lecture est indispensable. Mieux, obligatoire. A l'image des Ignorants, je pense que ce bouquin va passer plus de temps chez les autres que chez moi. Pour plein de raisons. Tout d'abord pour l'aspect pédagogique. Les premiers chapitres sont assez techniques (tout en restant abordables pour tous) et parlent des gaz à effet de serre (leur nature, leur quantité, leur influence sur l'atmosphère) et des activités productrices de gaz à effet de serre (industrie, transports, etc.). Une très bonne piqûre de rappel. On a ensuite une description des conséquences du réchauffement climatique, les solutions possibles, leurs conséquences. Pour cela, l'auteur présente les témoignages de scientifiques, d'économistes, de journalistes ou de chercheurs, bref, des gugusses qui ont toute légitimité à parler de ce sujet. Pas de témoignage de politiques ou de militants ici, ce qui contribue à valoriser le discours. Toutes ces paroles sont entrecoupées des sentiments, des réactions, de la vie de l'auteur au regard du sujet.
L'autre point essentiel, c'est qu'il n'y a pas dans cet ouvrage de belles paroles ou de bons sentiments. Rien que des faits, des chiffres et aussi, accessoirement, des larmes et du sang. Parce que le contenu n'est pas jojo. Pour résumer, dire qu'il faut agir aujourd'hui contre le réchauffement climatique relève du doux euphémisme. Il faut plutôt penser "on est de toute façon dans la merde mais, selon ce qu'on fait là, tout de suite, rapidement, hier, on sera plus ou moins dans la merde." Parce que le réchauffement climatique ne concerne pas spécifiquement les quelques degrés en plus qui nous attendent d'ici 10 ou 15 ans. L'aspect social, voire sociétal ainsi que la relation aux autres pays est impactée pour ne pas dire menacée.
Le chapitre le plus intéressant concerne les solutions à entreprendre car il les met en lien avec les comportements politiques et industriels ou le capitalisme productiviste qui régit notre société actuelle. Ainsi, la mesure essentielle, à savoir la réduction de la consommation d'énergie, est pas loin d'être impossible à mettre en oeuvre puisque les dirigeants des pays développés en appellent à la croissance permanente, à savoir, produire toujours plus dans l'espoir que cette production soit mieux répartie entre les gens. De même, sur l'aspect production d'électricité, la réflexion sur le nucléaire mérite d'être plus réfléchie que "il faut supprimer le nucléaire". D'une façon générale, les industriels et les politiques en prennent pour leur grade. A juste titre quand on voit la campagne électorale qu'on vient de se fader. Ceci dit, nous ne sommes pas non plus tout blancs. Quand je dis "nous", je pense vous, moi, les autres, les quidams de base. Entre ceux qui emmerdent royalement le réchauffement climatique à grands coups de 4x4 et de fraises en décembre et ceux que ça concerne mais qui sont pris par des obligations de vie (pas assez aisé pour vivre en ville donc obligé, faute de transports en commun, de prendre la voiture), on a tous notre part de responsabilité. Les journalistes également prennent cher. Alors que toutes les études - et quand je dis toutes, c'est toutes, sans exception - affirment que le réchauffement climatique est un fait avéré, il subsiste des guignols (coucou Claude Allègre !) pour affirmer le contraire et des journalistes pour relayer ces infos qui n'en sont pas. Au final, près de la moitié des Américains doutent de ce phénomène.
Aussi, c'est d'une prise de conscience collective que viendrait le salut. Notez le conditionnel dans la phrase précédente. D'une part, le salut est limité dans la mesure où, de toute façon, un réchauffement de 2° est d'ores et déjà acté pour les prochaines années. D'autre part, comme l'auteur, je suis convaincu que rien ne sera fait dans des temps raisonnables et que nos dirigeants commenceront à réagir quand il n'y aura plus de pétrole. Avec les risques de conflits que cela engendre. Pessimiste, me direz-vous. Oui, sans doute. Mais réaliste, aussi. L'inertie de notre mode de vie égoïste est trop important pour que l'on change rapidement. Maintenant, quand on me demandera pourquoi je ne veux pas d'enfant (coucou Maman !), je tendrai ce livre en répondant que ces presque 500 pages sont une des raisons.
Texte © Alfie's mec 2012.
Couverture et planche : Saison Brune, Philippe Squarzoni, Éditions Delcourt, 2012.
Purge - Sofi Oksanen
Une fois n'est pas coutume, la chronique que vous allez découvrir n'est ni de mon fait, ni de celui de mon Mec. Dans la "vraie vie", quelques uns de nos amis aiment lire, et aiment en parler. J'ai donc reçu ce week-end cette chronique originale puisqu'il s'agit, comme il me l'a lui-même expliqué, d'une "non critique de livre", ou plutôt d'une critique d'un livre dont il n'a, pour l'instant, lu qu'un cinquième... Je laisse donc la parole à Clément, dont vous retrouverez peut-être à l'avenir quelques chroniques, si l'envie le prend ! - Miss Alfie
A quoi reconnaît-on un "GRAND" roman?
Une première approche, préalable à l'ouverture proprement dite du livre, serait de se fier aux prix emportés par le roman en question. Soit, ces derniers sont toujours sujets à caution, polémique, ou méfiance de base. D'emblée, je me pencherai plus sur un "Prix Femina étranger" que sur un "Grand Prix de littérature du Conseil Nordique". On peut aussi complètement fermer les yeux sur un "Prix Hugo" en science fiction tant il donne l'impression que chaque auteur de SF l'a gagné, du meilleur au plus médiocre (la bise aux recalés quand même, hein, mais il va falloir penser à une reconversion les gars).
Les prix, c'est bien, ça fait un 1er tri dans les auteurs. La crème devant être de lire des "Prix Nobel de littérature", mais là on touche quand même une frange rare des auteurs, de préférence les plus casse-c... Bon.
Deuxième approche, celle de la surmédiatisation. On peut douter de la valeur littéraire de phénomènes tels que Houellebecq, Nothomb, Beigbeder, ou Catherine Millet, mais au final la lecture de leurs oeuvres n'est jamais vraiment décevante (quoique j'avoue ne pas encore avoir lu de Beigbeder. Ce qui implique, oui, que j'ai lu La vie sexuelle de Catherine M. qui n'est pas franchement génial).
La 3eme approche préalable, c'est bien entendu les critiques de livres. Félicitations vous êtes encore en train de me lire.
A ce jeu des trois critères pré-ouverture de bouquin, Sofi Oksanen gagne haut la main l'intérêt du fouineur de grand livre. Multi-récompensée, pour quasiment chaque bouquin en Finlande - le fait qu'elle soit la seule auteure dans ce pays de buveurs invétérés doit pas mal l'avantager-, mais également à l'international. Purge par exemple cumule assez honteusement les honneurs : Prix Finlandia en 2008, Prix Runeberg en 2009, Prix du roman Fnac 2010, Prix Femina étranger 2010 et le Grand Prix de littérature du Conseil nordique
Pour la médiatisation, c'est un peu pareil semble-t-il, même si la vie publique finlandaise indiffère totalement les gens de bonne compagnie (si vous êtes un spécialiste des médias finlandais : Félicitations vous êtes autiste. Et probablement alcoolique. Ou alors finlandais, mais c'est un pléonasme).
Et les critiques se font élogieuses.
En voici donc assez pour que mon détecteur à "grand roman" personnel commence à faire des tics et des tacs nerveux, suivi d'un "Crooooooouuuuuuiiiii" assez surprenant qui m'obligea à le débrancher et à commencer la lecture.
Donc à quoi reconnaît-on un "GRAND" roman une fois le bouquin ouvert?
L'intrigue est parfois un élément important. Parfois. Non parce que si l'intrigue était vraiment un élément primordial, le Da Vinci Code serait un chef d'oeuvre et non une infamie littéraire. Je me risque à penser que l'intrigue est un élément non révélateur pour la recherche des grandes oeuvres. Ne me faites pas écrire ce que je n'écris pas : une bonne intrigue est un bon élément quand on recherche un instant de plaisir autour d'un polar, d'un roman de science fiction. Ce n'est juste pas forcément pertinent pour une grande oeuvre.
Purge de Sofi Oksanen, par exemple, accumule par exemple les signaux propres à me faire fuir en Ouzbékistan. En tongs. Résumons l'intrigue du livre :
Purge parle de la rencontre de deux femmes. Une vieille et une jeune.
Qui ne se parlent virtuellement pas.
Qui gardent tous leurs secrets.
En 1992.
En Estonie.
Au secours.
Il faut bien avouer que ça se présente mal. Très mal.
Pourtant, je n'ai pas lâché ce bouquin. Et je ne le ferai pas.
C'est à cela que je pense pouvoir reconnaître un "GRAND" roman. Ce livre m'a accroché les tripes directement. Il m'a fallu une dizaine de pages pour annoncer "Ceci est un chef d'oeuvre littéraire". C'est une expérience inédite pour moi.
Le style de Sofi Oksanen est une merveille (merci, donc à la traduction de Sébastien Cagnoli).
Purge se présente donc comme la rencontre de deux femmes, qui échangent peu de mots, lesquels étant majoritairement assez peu révélateurs de leurs pensées.
Les courts chapitres alternent en descriptions de l'état d'esprit de chaque protagoniste. Le rythme général est d'une lenteur infinie, mais l'auteure ne s'emballe que très peu dans de ronflantes descriptions inutiles. Le décor se plante, seul, bribes par bribes, en touches impressionnistes. Le lecteur ressent plus l'atmosphère qu'on ne la lui impose.
Le roman, le rythme, le style se posent donc manifestement dans cette veine "Art d'Europe de l'est/nordique", dépouillée, minimaliste, contemplative. Mais là, où cette forme d'art est franchement souvent indigeste, Sofi Oksanen arrive à nouer son intrigue en la faisant avancer juste ce qu'elle veut, juste ce qui est nécessaire pour qu'on souhaite continuer à lire.
Si vous l'avez vu, le rythme du livre me rappelle largement celui du film Let the right One In (extrêmement mal traduit en français sous le titre de Morse) du suédois Tomas Alfredson. Film qui est également un chef d'oeuvre. ET un film de vampire. Ce qui prouve que tout est possible.
Il faut une sacrée dose de culot et de talent pour réussir un roman où l'intrigue et même l'histoire des personnages est encore inconnue après quasiment un quart de bouquin.
Et il faut vraiment avoir aimé une oeuvre pour en tenter une critique sans l'avoir fini, sans même avoir atteint un noeud de l'intrigue. Cela veut tout dire.
Texte © Clément 2012.
Édition présentée : Purge, Sofi Oksanen, traduit du finlandais par Sébastien Cagnoli, Éditions Livre de poche, 2012, 430 pages.




