Miss Alfie, croqueuse de livres

Un livre, une histoire, une critique pour une bibliophage avertie !

12 novembre 2009

Le prix de l'amitié

Et un tag, un ! Il est rare que je sois taguée sur la blogosphère, mais voilà que Belledenuit a décidé de remédier à cette absence sur mon blog en me taguant dans le cadre du prix de l'amitié.

prixamitie

Le concept ? Citer 7 choses que j'aime et choisir à mon tour 7 blogueurs à taguer ! Bon, ben c'est parti !

Alors, pour les 7 choses que j'aime, allons-y pour les aveux de mes vices cachés :

  • Avoir du monde à la maison et concocter de bons petits plats. A défaut, déguster ceux que mon homme prépare !
  • Les soirées poker au sein de l'association de joueurs à laquelle j'appartiens. J'y ai rencontré des gens vraiment très sympathiques, même si sur une centaine d'adhérents, les filles se comptent sur les doigts de la main !!!
  • Lire sous la couette avant de m'endormir, qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il vente ou qu'il fasse un temps superbe, du 1er janvier au 31 décembre.
  • Faire des activités avec mon homme : me promener, aller au restaurant, aller voir un match de foot, réfléchir à la déco du futur appartement, regarder un film...
  • Préparer un bon repas juste pour deux, avec apéro et bon vin, en pures égoïstes !
  • Les matins où l'on se réveille dans une ville toute blanche de la neige tombée dans la nuit, où l'on part au boulot en marchant dans la neige bien fraîche, avant qu'elle ne se transforme en gadoue.
  • Fumer une cigarette avec les collègues après le repas de midi, et en profiter pour relâcher la pression et parler d'autres choses que du boulot.

Je précise que tout ça n'est pas dans l'ordre, qu'il y a encore plein d'autres choses que j'aime, comme l'odeur de la soupe qui est en train de cuire à l'heure où je prépare ce billet, mais il fallait se limiter à 7... Alors...
Et maintenant, les 7 blogueurs qui auront le droit de nous présenter leurs 7 plaisirs du moment :

A bon entendeur !

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02 novembre 2009

Kaamelott

kaamelottAu Ve siècle après Jésus Christ, désigné par les Dieux et possesseur de l'épée ExcaliburExcalibur, le roi Arthur rassemble les chefs de guerre bretons pour mener à bien la quête divine qui lui a été confiée : la quête du Graal.

Qui ne connaît pas Merlin, la forêt de Brocéliande et la légende arthurienne ? Bien peu de monde, il faut le dire. Et c'est de cette légende qu'est née la série désormais culte d'Alexandre Astier, Kaamelott. Parodie déjantée à l'origine, Kaamelott met un scène des chevaliers de pacotille, peu doués pour les quêtes, pas forcément futés, trouillards pour certains et surtout bien éloignés des principes de la chevalerie puisqu'on trouve même autour de la table des chevaliers qui n'en sont pas ! Mais attention, qu'on soit bien clair, tout cela est complètement délibéré ! Si Alexandre Astier avait voulu nous servir une vision connue de la légende arthurienne, il lui suffisait d'adapter n'importe quel roman sur la question. Là, l'idée est de parodier, du moins à l'origine.

Depuis sa création en 2005, les inconditionnels n'auront pas loupé l'évolution et le tour parfois dramatique qu'a pris la série. D'un premier Livre fait de courts épisodes où les gags et les bons mots se succèdent, on a peu à peu vu apparaître les trahisons, les conflits et les doutes chez Arthur et son entourage. A partir du Livre III, il devient quasiment nécessaire de suivre tous les épisodes pour comprendre l'intrigue générale car même si chaque épisode développe une intrigue qui lui est propre, certains éléments s'enchaînent et créent une trame de fond.

Si je vous en parle aujourd'hui, c'est que la diffusion des 9 épisodes du Livre VI vient de s'achever et que le manque se fait déjà sentir... Il faut dire aussi qu'Alexandre Astier a sû conquérir son public en donnant de plus en plus de corps à son histoire, en complexifiant peu à peu ses personnages, en particulier celui d'Arthur qui apparaît au départ comme un roi aimant s'amuser, sûr de lui, peu aidé par son entourage, à l'exception du fidèle Lancelot... Kaamelott3Fidèle qui n'en a que le nom... Mais ceci est une autre histoire et il ne s'agit pas de tout vous dévoiler non plus ! Toujours est-il que ce Livre VI, en nous plongeant dans la jeunesse d'Arthur, qui à l'époque était Arturus, soldat dans la milice civile de Rome, porté sur le trône de Bretagne par des romains désireux de terminer l'extension de leur empire, nous montre un futur roi anxieux, dont certains actes apportent des clés de compréhension quant à la suite de l'histoire.

Au fil des épisodes, les personnages ont gagné en consistance, certains sont apparus ponctuellement, et quelques guest stars avec comme Christian Clavier, Alain Chabat (Cf. photo), Elie Semoun ou encore Antoine de Caune qui, lui, fait régulièrement des apparitions, campant un personnage qui ne le met d'ailleurs pas forcément à son avantage !!! Soyons clairs cependant : les libertés prises par Alexandre Astier autour de la légende vont de paire avec les libertés prises quant au caractère de ses personnages. Guenièvre passe pour une mijaurée pas dégrossie, Perceval pour un imbécile de première classe, Karadoc pour un goinfre affamé et Merlin pour un magicien loufoque et peu fiable... Mais le charme de cette série réside également dans ces personnages déjantés, délirants et totalement hors propos les 3/4 du temps.

Kaamelott2Après 6 saisons diffusées sur M6, Astier a décidé de stopper le format "série" pour désormais nous proposer une trilogie cinématographique qui permettra de clore l'aventure de Kaamelott en apportant des réponses à bons nombres de questions encore en suspens. Oui, mais voilà : il va falloir attendre 2012 visiblement pour en profiter !!!

En attendant, il n'y a plus qu'une chose, se visionner à nouveau l'intégrale des DVD, profiter des acteurs tous aussi bons les uns que les autres, se répéter les phrases cultes ("C'est pas faux..."), et pourquoi pas se plonger dans les BD dérivées de la série, ou carrément, dans la véritable histoire du Roi Arthur...

Texte © Miss Alfie 2009.
Images Kaamelott
(2005-2009).

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01 novembre 2009

L'étrangleur d'Edimbourg

l_etrangleur_d_edimbourgDes fillettes enlevées et retrouvées mortes, voilà de quoi mettre sur le pont tous les flics d'Édimbourg. Parmi ces flics, John Rebus, ancien militaire, divorcé, père d'une gamine de 12 ans, dont le frère amuse la galerie avec des numéros d'hypnose dans les cabarets. Rien, aucune piste, aucun lien entre les gamines, et une nouvelle disparition. La police piétine. Rébus se débat avec les fantôme de son passé et reçoit d'étranges lettres accompagnées de bouts de ficelle noués et d'allumettes en croix. Une enquête au cœur de l'Écosse, dans l'envers du décor.

Et voilà, j'ai encore craqué pour une série de polars. La faute au magazine Lire du mois de juin et de son dossier spécial sur les romans policiers et du long reportage sur Ian Rankin qui m'a clairement donné envie de découvrir cet auteur et cet inspecteur Rebus. Et j'avoue que notre première rencontre s'est plutôt bien passé. Certes, l'homme n'est pas des plus drôle ni joyeux, mais le mystère qui entoure son passé et le tourmente m'attire... Oui, je suis comme ça, les ténébreux me plaisent... Enfin, pas tous et pas que. Mais lui en l'occurrence, oui !

Bon, au lieu de divaguer sur Rebus, je ferait mieux de vous parler de l'enquête. Parce que pour un polar, c'est important l'enquête. Oui, mais pas forcément. La preuve avec L'étrangleur d'Édimbourg. Ian Rankin semble plus intéressé par les tourments de son personnage que par les indices qu'il pourrait glaner en faisant du porte à porte. Oui, autant le dire, la psychologie des personnages compte tout autant que l'intrigue en elle-même. D'ailleurs, point de courses poursuites et de fusillades, mais plutôt des réflexions, des questionnements et des évidences qui apparaissent peu à peu aux yeux du lecteurs, au fil des conversations et des découvertes.

Maintenant que le premier rendez-vous est réussi, je vais attendre un peu, les prétendants à la lecture étant encore nombreux à la maison, mais m'sieur Rebus, ne vous inquiétez pas, nous nous reverrons bientôt !

A lire aussi :
Wictoria, concernant Rebus, a eu "envie de le secouer" ;
Ys, quant à elle, "malgré une première enquête pas vraiment exaltante, [...]inscrit la seconde sur [sa] liste".

Texte © Miss Alfie 2009.
Image L'étrangleur d'Édimbourg, Ian Rankin, Éditions Livre de poche
(2008).

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21 octobre 2009

Oscar Wilde et le jeu de la mort

oscar_wilde_et_le_jeu_de_la_mortQuelques années après sa première aventure, voilà Oscar Wilde et ses amis de retour. Ayant décidé de créer le Club Socrate pour passer ses soirées mornes du dimanche, Wilde réunit cette fois 14 convives et leur propose de jouer au "jeu de la mort". La règle consiste à désigner une personne que l'on souhaiterait tuer... Mais le jeu vire au cauchemar lorsque les premières victimes apparaissent... Cauchemar d'autant plus angoissant pour Wilde que son nom et celui de son épouse figurent au bas de la liste... L'enquête commence pour Oscar Wilde et Robert Sherard...

Après Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, Gyles Brandreth nous propose à nouveau de mener l'enquête en compagnie du dandy écrivain le plus célèbre de son époque. On retrouve avec plaisir la famille Wilde, cette fois plus présente il m'a semblé. Vivian et Cyril, les deux fils de Wilde, ne sont plus des personnages fictifs mais parlent et sont des acteurs à part entière de certaines scène. Le personnage de Constance, l'épouse d'Oscar, gagne également en épaisseur à mon avis puisqu'elle passe du rôle d'épouse à celui de militante, aspect de sa personne qui ne m'avait pas frappé dans le volume précédant. En revanche, côté famille, on ne pourra pas échapper à la fuite d'Oscar Wilde de son domicile et de son attrait de plus en plus flagrant pour les hommes. Son personnage le dit lui même : il n'aime plus Constance, elle apparaît plus comme sa meilleure amie que comme son épouse.

Côté entourage, c'est avec plaisir qu'on retrouve également Arthur Conan Doyle et que l'on découvre ses réflexions concernant la mort probable qu'il souhaite donner à son personnage central, Sherlock Holmes. Que ce soit au sujet de cet auteur, ou au sujet de Walter Sickert, Robert Sherard ou encore Bram Stocker, on ne peut que noter les références aux faits réels dont nous abreuve Brandreth : Conan Doyle tua effectivement Holmes en 1893... avant de le rescussiter quelques années plus tard. De même, au début du roman, il est fait référence aux soupçons qui ont pesé, et pèsent encore pour certains, sur le peintre Walter Sickert qui a été accusé d'être le fameux Jack l'Eventreur. Quant à Bram Stocker, on devine que Dracula n'est pas loin dans sa tête... Bref, autant de références historiques et culturelles qui ne peuvent que rendrent encore plus réelle cette histoire.

Ceci dit, une fois dégagée de ces références au demeurant fort sympathique, soyons clair : l'enquête ne casse pas quatre pattes à un canard. Le coupable est facilement identifiable dès les 2/3 du roman découverts, et à l'inverse, des choses plus énigmatiques auraient pu être introduites...

Un troisième épisode est sorti en langue anglaise. Je réserve pour l'instant mon verdict quant à ma décision de lire ou non la suite... Peut-être, par simple curiosité, pour continuer ma rencontre de cet auteur excentrique et mystérieux qu'était Wilde...

A lire aussi :
Catherine a "beaucoup aimé ce roman" ;
Alwenn "n'attend plus qu'une chose : la suiiiiite !".

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Oscar Wylde et le jeu de la mort, Gyle Brandreth, Éditions 10/18
(2009).

 

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19 octobre 2009

Poser ma besace à Besac

besace_a_besacDaniel n'a pas remis les pieds à Besançon depuis 30 ans. Et le voilà qui débarque chez sa soeur un beau matin, après avoir appris la disparition de son neveu. De Planoise à la Boucle, en passant par Clairs-SoleilClairs-Soleil, Daniel va redécouvrir sa ville et marcher dans les pas de son neveu.

Avec Poser ma besace à Besac, Marcus Malte nous livre à la fois un court roman et une vision sociologique de Besançon. L'histoire pourrait se passer dans n'importe quelle ville, mais c'est à Besançon, en Franche-Comté , que l'intrigue se passe. Ce livre est en fait l'aboutissement d'un projet initié par une association bisontine dans le cadre du contrat urbain de cohésion sociale. Marcus Malte a, pour l'écrire, rencontrer les jeunes habitants notamment les quartiers dits "sensibles" de la capitale comtoise. De ces rencontres, il a fait ce livre, où l'intrigue se mêle aux réflexions des habitants.

N'importe qui a déjà travaillé, vécu dans ces quartiers sensibles, qu'ils soient bisontins, parisiens ou bordelais, comprendra les propos et l'analyse qui ressort de cette nouvelle : non, vivre dans un quartier stigmatisé n'est pas forcément vécu comme une tare, et oui, il y a bien une ville dans la ville très souvent. Ayant moi-même "travaillé" six mois dans ce type de quartier pendant mes études, et bien que cela se soit passé à l'autre bout de la France, je peux vous garantir que lorsque les adolescents qui y vivent au quotidien disent s'y sentir chez eux, ils le pensent vraiment.
Au delà de ça, ce roman donne aussi une vision de l'autre partie de la ville, met en évidence les clivages qui existent entre les quartiers, entre les styles de vie. Habiter Planoise, ce n'est pas habiter le centre ville. Et si les ados de Planoise ne descendent pas dans la Boucle, le centre ville bisontin, ce n'est pas pour rien : ils ne s'y sentent pas chez eux...

Bien qu'une intrigue serve de cadre à cette enquête sociologique, il est clair que lorsque le personnage de Daniel discute avec son ancien copain, les propos de ce dernier semblent plus sortir d'un livre de sociologie que de la bouche d'un quidam landa. Ceci dit, il faut bien se rappeler que cet ouvrage est sorti dans le cadre d'un projet mis en oeuvre dans les quartiers de Besançon, avec pur objectif d'inclure les jeunes bisontins dans ce livre.

Au final, Marcus Malte nous livre une histoire où il fait bon entendre parler de la ville où l'on vit, que l'on habite, pour une fois que l'intrigue ne se passe pas à Paris...!

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Poser ma besace à Besac, Marcus Malte, Éditions Aéropage
(2008).

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12 octobre 2009

Les cerfs-volants de Kaboul

Les_cerfs_volants_de_kaboulKaboul, dans les années 70. Amir et Hassan sont inséparables. L'un est le fils d'un riche entrepreneur, l'autre le fils de leur domestique. Issus de deux mondes qui ne doivent normalement pas se fréquenter, les deux enfants n'ont que faire du regard des autres et se passionnent, entre autre, pour les combats de cerfs-volants qui ont lieu tous les hivers dans les différents quartiers de la ville. Mais un jour, Amir va commettre la pire des lâchetés, brisant à jamais le lien qui l'unissait à Hassan.
Etats-Unis, juin 2001. Réfugié depuis des années, Amir reçoit un appel du Pakistan lui donnant l'occasion de se racheter et de compenser son acte lâche. Amir partira à la rencontre d'un pays bien éloigné du souvenir qu'il en gardait...

Jusqu'à la lecture de ce livre, il faut que je l'avoue, Kaboul était pour moi synonyme de Talibans, burkas, extrémisme et guerre. L'invasion communiste en AfghanistanAfghanistan ? Me disait rien. Un pays en paix ? Me disait rien... Forcément, vu l'image que les médias véhiculent de ce pays et de ses habitants depuis quelques années, comment imaginer encore qu'au delà des "grands méchants barbus", il puisse y avoir eu une vie "normale" ? Et pourtant, avec Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini offre une autre vision de son pays natal. La vision d'un pays où, à une époque, les enfants pouvaient jouer dans les rues sans craindre les tirs et les obus. Un pays où les femmes avaient encore des droits. Un pays de castes, certes, mais un pays où l'on pouvait vivre heureux. Et c'est ce pays qu'il nous raconte dans la première partie du livre.

Et cette première partie ne peut que contraster avec la suite. Déjà, lors de la fuite au Pakistan d'Amir et de son père, après l'arrivée des communistes, on sent le pays basculer dans la folie. On sourit, lorsque les protagonistes racontent comment ils ont acclamé les Talibans lorsqu'ils sont arrivés les "délivrer" du joug des Rouges. Et puis l'on découvre un pays dictatorial, un pays où la charia est appliquée à la lettre, où l'on lapide des hommes et des femmes au stade à la mi-temps d'un match de foot où les joueurs jouent en survêtement long malgré la chaleur, un pays où les femmes n'ont plus le moindre droit et où opposition et suspicion riment avec exécution.

Immigré aux Etats-Unis, comme son héros, Khaled Hosseini ne pouvait que nous livrer une vision que j'ai senti juste de la communauté afghane, du microcosme qu'elle s'est reconstruit en Californie, des règles implicites que chacun respecte, même à des milliers de kilomètres de son pays natal. Mon regret cependant, est la vitesse avec laquelle il passe sur les attentats du 11 septembre qui, certes, n'ont pas un rôle à proprement parler dans l'histoire qu'il nous conte, mais aurait pu être l'occasion de nous en dire plus sur le regard des Américains sur ces Afghans immigrés et somme toute bien intégrés dans la société occidentale.

Il est clair qu'au delà de l'histoire en elle-même, émouvante, intrigante, je conserverai un excellent souvenir de ce livre pour la vision de l'Afghanistanl'Afghanistant qu'il m'aura offerte. On ne peut que souhaiter, une fois refermée la dernière page, que les enfants d'aujourd'hui puissent un jour connaître à nouveau la paix et les combats de cerfs-volants...

A lire aussi :
Agapanthe souligne que "la description de cette amitié étrange dans une ville en temps de paix, que l'on ne connait aujourd'hui que ravagée, est superbe" ;
Découvrez comment Anne "n'a pas pu [se] contenter d'une simple lecture" ;
Jessica remarque que "l’auteur n’est pas tombé dans la facilité ou le piège de prendre position et d’en teinter son roman" ;
D'autres avis, trop nombreux pour être tous soulignés mais généralement enthousiastes, sur BOB.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini, Éditions 10/18
(2007).

05 octobre 2009

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

ne_tirez_pas_sur_l_oiseau_moqueurDans les années 30, dans une petite ville de l'Alabama, un avocat blanc va être commis d'office pour défendre l'indéfendable aux yeux de ses concitoyens : un noir aurait violé une blanche... Scout, la fille de l'avocat, va découvrir la vie, le monde des adultes, en compagnie de son frère, dans un monde où la ségrégation est encore bien présente.

Comment présenter l'unique roman d'Harper Lee publié dans les années 60 mais qui est devenu quasiment un classique de la littérature américaine ? Peu de mots peuvent décrire réellement ce livre qui m'a littéralement transporté. Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur a connu énormément de succès à sa sortie, reçu le prix Pulitzer en 1961, est régulièrement republié partout dans le monde, et pour cause...

Au début du roman, on pourrait croire qu'il s'agit d'une banale histoire racontée par une fillette de 6 ans, genre Laura Ingalls, un brin garçon manquée, dans une famille Ingalls sans maman mais avec un papa avocat soucieux d'instruire et d'élever la réflexion de ses enfants. Dans cette famille là, la nourrice noire est la figure maternelle qui manque, fait la cuisine et s'adapte au milieu dans lequel elle se trouve. Dans cette famille là, on a aussi la tante coincée et rigide qui tente de faire de la gamine une vraie dame qui portera des robes quand sa tenue préférée est une salopette. Dans cette famille là, on habite une ville dans un état sudiste, ce qui n'est pas sans signification au regard de l'histoire des Etats-Unis et de la population noire.

Car le fondement même de cette histoire part de là : de la ségrégation, des préjugés qui circulent sur les noirs, de mentalités ancrées dans des traditions, d'une sorte d'esclavagisme pas encore complètement aboli. Car il convient d'avoir en mémoire que la ségrégation raciale n'a été aboli aux Etats-Unis que dans les années soixante, période de publication de ce livre, et que l'Alabama faisait partie des états sudistes qui y étaient opposés...

Au delà du problème des "noirs" et des "blancs", ce livre nous donne une vision de l'âme humaine corrompue, où les intérêts particuliers l'emportent sur la naïveté de l'enfance, où la vie est un apprentissage d'injustices et d'intolérance au quotidien. Un roman sur l'apprentissage de la vie...

A lire aussi : De nombreux avis sur BOB.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee, Éditions Livre de poche
(2009).

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01 octobre 2009

Swap Book Inside - Episode 3

Il y a de ça quelques semaines maintenant, je me suis inscrite au swap Book Inside organisé par Ys vu que je suis en manque de livres (comment ça, vous me croyez pas ?!!!) et que j'avais à nouveau très envie de partager ce plaisir avec d'autres lecteurs... Troisième swap de ma vie, troisième swap de l'année, et encore une fois l'occasion de découvrir de nombreux blogueurs... Mon Netvibes n'en fini donc pas d'augmenter, tout comme la liste de mes liens d'amis !!!

C'est donc avec beaucoup de plaisir que j'ai trouvé un colis dans ma boîte aux lettres en rentrant hier soir, après une fastidieuse journée, mais cependant moins pire que celle de la veille (internet qui déconne, un pantalon neuf qui craque et un rendez-vous chez le dentiste, ça suffit pour une seule journée et une seule personne !). Et en tout cas, l'ouverture de la boite ne m'a pas déçu car rien qu'à voir le nombre de jolis paquets colorés comme j'aime, je savais que j'avais de la chance...

CIMG0579

C'est donc un petit chat avachi sur une sacré pile de livres qui m'a accueilli et m'a présenté tous ces jolis présents...
Côté livres, ma swapeuse a tablé sur du total inconnu pour moi avec trois "petits" romans (ce ne sont pas des pavés, c'est donc parfait pour mettre dans le sac à main tous les jours !) : 1280 âmes de Jean-Bernard Pouy, 92 jours de Larry Brown et La tournée d'automne de Jacques Poulin.
Côté gourmandises, une boite de thé Earl Grey va venir compléter ma collection déjà existante que je pourrai savourer avec quelques morceaux d'une friandise que je n'ai pas mangé depuis des années et que j'adore : du Toblerone !
Enfin, côté bricoles et surprises, mes marques page "vaches" vont être délaissés au profit de celui que je viens de recevoir, mon carnet actuel pour LAL a trouvé son remplaçant et, summum du summum, j'ai désormais moi aussi ma petite pochette pour glisser mes livres à transporter... D'ailleurs, j'ai l'honneur d'annoncer à ma swapeuse qu'elle contient déjà mon livre et s'est très bien glissé dans mon sac à main pour le protéger !!!

Swap_Book_Inside

Avant de vous laisser, je vais quand même lever le voile sur l'identité de ma swapeuse, et profiter, encore une fois, pour la remercier : Celsmoon !!! Un grand merci aussi à Ys pour le temps qu'elle aura passer à organiser ce swap !

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30 septembre 2009

Ecorces de sang

ecorces_de_sangRob Ryan a la trentaine et bosse dans l'une des unités les plus prestigieuses de la police irlandaise. Lorsqu'il se retrouve en charge, avec sa coéquipière Cassie, de l'enquête sur la disparition d'une fillette dans la ville où il a grandit, Rob doit affronter son passé et retourner dans le bois où, vingt ans plus tôt, deux de ses amis ont disparu et où lui a perdu la mémoire... Les deux affaires sont-elles liées ? Comment Rob va-t-il réussir à retourner sur les traces de son passé ? Autant de questions dont les pages de ce thriller fourmillent...

Voilà un roman des plus intriguants dont je n'arrive toujours pas à dire, une semaine après l'avoir terminé, si j'ai aimé ou si j'ai été déçue... Côté intrigue, Tana French fait fort... Enfin, ses éditeurs plutôt, puisque lors de sa sortie en France en 2008, le livre s'appelait La mort dans les bois. Sortie en poche en juin 2009, et voilà que le titre se transforme en Ecorces de sang, titre cependant plus mystérieux que le premier ! Enfin, ce n'est pas le titre qui fait l'histoire, mais si quelqu'un peut me donner une explication, je suis fort curieuse de la connaitre !

En attendant, retournons à nos moutons, que je vous parle un peu de ce roman narrée à la première personne... Je ne me souviens pas avoir déjà lu un polar avec comme narrateur l'inspecteur principal... Ceci dit, l'idée est excellente puisque l'enquête force Rob à repartir sur les traces de son passé et que les angoisses et cauchemars qu'il va vivre nous seront relatés d'autant plus naturellement... Enfin, du moins c'est ce que je pensais... Parce que pour le coup, jusqu'à la moitié du bouquin, on a quand même l'impression que le gars est plutôt insensible et a fait un excellent travail de résilience, tout en sentant quand même que tout n'est pas si clean que ça... Bref, on effleure, mais on ne rentre pas assez dans les troubles qui pourraient être les siens... Et puis (attention, spoilers, surlignez pour découvrir !!!) quelle déception de refermer le livre sans savoir ce qu'il s'est passé vingt ans plus tôt !!! La fin m'a parue baclée, laissée à la dérive, un peu comme notre Rob ceci dit...

A côté de ça, l'histoire n'est pas complètement décevante, loin de là. On y parle gros sous et manipulations en tout genre, les personnages sont intéressants et je serai curieuse de lire le deuxième roman de Tana French, Comme deux gouttes d'eau, où l'on retrouve Cassie et l'un de leur collègue, histoire de mieux découvrir ces personnages parfois éclipsés par le centrage de l'histoire sur Rob. D'autres avis, à vois ci-dessus, vous donneront sûrement un regard peut-être plus enthousiaste que le mien, mais comme je l'ai déjà dit, je n'arrive toujours pas à savoir si j'aime ou non, tout ça car je me suis aussitôt plongée dans un autre roman qui, pour le coup, m'enchante...

Au final, un bon roman pour le train et pour se détendre après de longues journées de formation, détente et mystère assurés !

A lire aussi :
Pour Cathulu, c'est "un roman qu'on ne lache pas" ;
Caro[line] a apprécié l'histoire racontée du point de vue de Rob ;
Kathel conseille d'éviter la lecture "au coeur d'une forêt à la tombée du jour" ;
Cuné confirme que Rob ne se montre pas sous son meilleur jour ;
Quant à Lily, elle a trouvé le dénouement "totalement imprévisible, terrifiant et superbement trouvé".

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Ecorces de sang, Tana French, Éditions Points
(2009).

24 septembre 2009

Terminus Brocéliande

9782916184081Un an auparavant, Christophe R. a disparu. Ses vêtements sont retrouvés à proximité de l'Hôtié de Viviane, en forêt de Brocéliande. Il laisse derrière lui un étrange journal intime où il raconte ses rencontres avec un nain, un géant et la mystérieuse Linoï. Un profiler, Mac'herig décide de partir à sa recherche. Entre des rôlistes, un libraire bizarre et des écrivains du début du siècle, la recherche s'annonce délicate.

Ouéééé, mon pote, c'est bon, ça !!! C'est quoi ? De l'afghane ? De la marocaine ?? En tout cas, elle est grave bonne, ta beuh !! Sérieux, c'est complètement allumé, ton truc. Des nains, des filles gothiques et même des éléphants et des rats qui parlent, il manque plus qu'un monde parallèle et un démon et on a la totale. Ah, bah, en y repensant, on a la totale...

Bon, plus sérieusement, à la lecture de cet ouvrage, je ne sais pas sur quel pied danser. Soit l'auteur a voulu faire un thriller fantastique le plus sérieusement du monde et, franchement, c'est risible parce que c'est tout sauf sérieux. Soit il a voulu faire un polar un peu déconnant auquel cas il manque un petit quelque chose qui donne la folie au truc. Dans tous les cas, je trouve le truc un peu inachevé.

D'autre part, le scénario aurait pu être sympa si la fin n'avait pas été si honteusement bâclée. On part d'une disparition et on alterne entre pages du journal intime qui décrivent le voyage dans le monde parallèle du disparu et l'enquête du profiler jour pour jour un an plus tard. C'est sympa, rythmé, tout qui va bien. Et puis, sur la fin, on n'a plus que le profiler, mais sans enquête puisqu'il lit un bouquin. Et puis, dans les derniers chapitres, la chute. Je serai vraiment méchant que je dirai qu'elle est nulle. Mais bon, je sais être mesuré, je dirai seulement qu'elle est ratée.

Au final, on a à faire avec un court polar rythmé mais mal défini sur sa forme avec un dénouement assez vilain qui gâche un peu le délire hallucinogène dans lequel on était entré.

Texte © Guigzz 2009
Image Terminus Brocéliande, Renaud Marhic, AK Editions (2007)

Posté par Guigzz à 09:02 - Littérature française - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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