Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
jeudi 16 février 2017

Pollyanna - Eleanor H. Porter

Pollyanna

Lorsque son père décède, la jeune Pollyanna est envoyée vivre chez la soeur de sa mère. Très riche, célibataire, tante Polly ne voit pas d'un bon oeil l'arrivée de cette enfant qui semble se réjouir de tout. Avec son regard positif sur le monde, Polyanna va peu à peu révolutionner la vie des voisins de sa tante.

Voilà un roman jeunesse qui fait du bien. Certains diront qu'il est niais, moi je l'ai trouvé tendre et doux. J'ai beaucoup aimé cette petite fille et sa philosophie de vie : pourquoi se plaindre puisqu'il suffit de se réjouir ?! Autant vous dire que j'ai retrouvé beaucoup de la philosophie de mes petits bonheurs, ces petites choses qui nous arrivent et qui ponctuent nos journées sans qu'on s'y attarde alors que ce sont ces choses qui font qu'on est heureux !

Traduit une première fois en 1929, Pollyanna a fait l'objet de deux nouvelles traduction en 2016, l'une chez L'échelle de Jacob et l'autre chez Zethel (celle que j'ai lu). J'ai retrouvé dans cette lecture des réminiscences de Anne et la maison au pignon vert ou de La petite maison dans la prairie. Possible que cette histoire ait contribué à raviver mon envie de me replonger dans ces sagas que j'avais lu dans ma jeunesse...

Si on peut reprocher à l'auteur un petit côté "morale religieuse", Eleanor H. Porter porte malgré tout un regard parfois cynique, comme son portrait des dames patronnesses plus enclines à aider les enfants d'Inde que les orphelins du coin pour voir leur nom s'afficher sur différentes publications... Dans l'ensemble, Pollyanna est une histoire qui fait du bien, qui rappelle qu'il faut savoir apprécier de toutes petites choses plutôt de que se plaindre en permanence. Et ça, j'aime !!!

Challenge classique
Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du challenge "Un classique par mois" de Pr. Platypus. 

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Pollyanna, Eleanor H. Porter, traduit de l'anglais par Elisabeth Luc, éditions Leduc, collection Zethel, 2016, 256 pages.

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lundi 13 février 2017

Un jour, on fera l'amour - Isabelle Desesquelles

Un jour on fera l'amourUn jour qu'il passe devant une boutique, Alexandre aperçoit un dos et une nuque dont il tombe amoureux. Ce dos et cette nuque appartiennent à Rosalie. Autour du Rosebud, le cinéma de quartier du père d'Alexandre, Rosalie et Alexandre vont se frôler, se manquer, et peut-être se rencontrer...

D'Isabelle Desesquelles, je n'avais jusqu'à présent lu que le puissant Les âmes et les enfants d'abord, récit sous forme de témoignage et de réflexion autour de la pauvreté et de la misère dans notre monde contemporain. Un jour, on fera l'amour me permet de découvrir sa plume dans un tout autre style, celui de la fiction.

Dans ce roman, Isabelle Desesquelles donne la parole à deux trentenaires, Rosalie et Alexandre. Alternativement, ils nous racontent leur vie, leurs amours, leurs relations aux hommes, aux femmes ou encore à leurs parents, ils parlent de leur avenir, de leur vision du couple, de leur espoirs et de leur destin en parallèle. Avec beaucoup de douceur et de poésie, l'auteure joue avec les mots, les sons et les sens pour créer une ambiance digne d'un de ces films qu'aime tant Alexandre. Face à face, deux romantiques paumés, une femme qui se cherche face à sa mère, un homme qui fait le deuil d'un père adoptif, comment vivre et se trouver dans un monde où il suffirait d'enchaîner les relations sexuelles sans s'attacher pour ne pas souffrir ?

Avec cette histoire d'amour improbable mais tellement douce, Isabelle Desesquelles nous laisse croire le temps de ses pages qu'un dos et une nuque peuvent bouleverser une vie, que les histoires d'amour se jouent peut-être sur des clignements d'yeux, à moins qu'il ne suffise de se laisser porter par le destin, et d'oser le chambouler de temps en temps...

pro_reader
Une lecture en partenariat avec NetGalley et Belfond, sortie en librairie le 12 janvier dernier !

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Un jour, on fera l'amour, Isabelle Desesquelles, éditions Belfond, 2017, 224 pages.

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vendredi 10 février 2017

Les neuf cercles - R.J. Ellory

Les neufs cercles

Vétéran du Vietnam, John Gaines vit avec sa mère, en phase terminale d'un cancer. Shérif d'une petite ville du Mississippi, son quotidien bascule quand le corps d'une jeune fille est retrouvé vingt ans après sa disparition. Pour parfaire le tout, son coeur a été enlevé et remplacé par un serpent. Gaines va tenter de retrouver le meurtrier, coûte que coûte...

Ellory fait partie de ces auteurs de polars que je lis depuis maintenant plusieurs années. Certains de ses bouquins m'ont bluffé, d'autres m'ont laissé un peu plus dubitative. Les neufs cercles se situe au milieu : à la fois très bon mais aussi très longuet par moment.

Dans ce roman, R.J. Ellory nous plonge dans le sud américain, alors que l'Amérique se trouve engluée dans la guerre du Vietnam et le scandale du Watergate. Gaines, son héros, est un homme marqué par les combats au Vietnam, parachuté comme shérif sans en avoir l'expérience, dans une petite ville qui a du voir en tout et pour tout moins de 5 meurtres dans toute son existence. Bien sûr, Gaines va mener une enquête pertinente, mais les longueurs que j'évoquais viennent surtout des digressions et réflexions de Gaines concernant son passé, ses souvenirs du Vietnam. Si l'auteur veut nous montrer à quel point Gaines est marqué par cette expérience, il amène parfois son lecteur à se dire que tout cela tourne en rond et qu'on nous l'a déjà bien expliqué deux ou trois fois avant !

En revanche, Ellory maîtrise bien son rythme d'intigue. Tout s'accélère dans le dernier tiers, comme dans tout bon thriller. Les pièces se mettent en place, mais j'avoue avoir apprécié le dénouement de l'intrigue que je n'avais pas envisagé : soit Ellory a vraiment bien joué le coup, soit j'ai perdu mon flair ultime en matière de polars ! En pointillés, il distille un extrait de l'âme du sud américain. Vaudou, ségrégation, autant de sujets qui viennent compléter le décor même si j'ai un peu regretté qu'ils ne prennent pas un peu plus de place dans le roman...

Dans l'ensemble, Les neufs cercles s'inscrit dans la lignée des thrillers de R.J. Ellory. Aucune surprise mais un bon moment de lecture pour les amateurs du genre.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Les neufs cercles, R.J. Ellory, traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau, éditions Livre de poche, collection Policier / Thriller, 2015, 696 pages.

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mercredi 8 février 2017

La malédiction de Gustave Babel - Gess

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Gustave Babel est assassin au service de la Pieuvre, organisation mafieuse parisienne. Tout se passe pour le mieux jusqu'au jour où un contrat se passe mal. L'homme est déjà mort quand Babel arrive sur place. A partir de ce moment, le tueur est sujet à des hallucinations...

En complément du premier tome de la nouvelle aventure d'Undertaker, le dealer m'a conseillé cet ouvrage, histoire en one-shot susceptible toutefois d'être déclinée autour du sujet de la Pieuvre ou d'un personnage secondaire dont je ne peux pas dire beaucoup plus sans déflorer l'histoire. L'enthousiasme non feint et le pitch original ont fini de me convaincre et j'ai donc plongé au côté de la Pieuvre et de son fidèle tueur, Gustave Babel.

Force est de constater que mon enthousiasme n'égale pas celui du dealer. Oh, attention, je ne veux pas non plus dénier les qualités de cet ouvrage mais ce n'est pas non plus un grand chef d'oeuvre de polar. L'histoire est en fait une biographie déconstruite de Gustave Babel. Quand je dis "déconstruite", j'entends par là qu'elle n'est pas purement chronologique. Par le biais des passages oniriques, rêvés, on replonge dans le passé et dans l'enfance de Gustave Babel. Un évènement déclenchant crée alors ce qu'est devenu Babel et un nouvel élément déclenchant, ce meurtre "raté" que je mentionne dans le pitch, permet à Babel de replonger dans son histoire. Difficile d'en dire plus mais l'idée globale est intéressante.

Intéressante mais pas non plus transcendante parce que je la trouve pas totalement aboutie dans le sens où l'ensemble ne dépasse pas justement le cadre biographique. L'idée est bonne et originale mais à mon sens pas suffisamment exploitée pour aller plus loin que la biographie. Est-ce une difficulté liée au fait que ce soit un one-shot, je ne sais pas. Du coup, la lecture est assez bizarre. Si j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire par le caractère onirique, le milieu de l'histoire s'avère plutôt captivant avant de retomber un peu sur la fin. 

Graphiquement, on a ici aussi un album original. Si le dessin est globalement simple, on trouve toutefois quelques très jolies cases et planches. Les cases jouent sur les teintes monochrome, essentiellement sepia mais aussi bleu ou noir et participent à l'intérêt graphique. A noter également que l'ouvrage est en soi un bel objet, avec couverture en relief et dos toilé. Ceci dit, la qualité graphique de l'ensemnle ne permet pas de compenser la petite déception due à l'histoire. Original, charmant mais pas extraordinaire, donc.

Texte © Alfie's mec, 2017.
Couverture : La malédiction de Gustave Babel, Gess, Éditions Delcourt, 2017.

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lundi 6 février 2017

Amok ou le fou de Malaisie - Stefan Zweig

Intégrale Zweig 1

Sur un bateau revenant des Indes, le narrateur rencontre un homme en pleine nuit. Le temps d'une confession nocturne, le narrateur découvre la solitude et la détresse d'un médecin.

Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas plongée dans une nouvelle de Zweig, trop longtemps. Je poursuis donc mon exploration de son oeuvre, méthodiquement, par la quatrième nouvelle présentée dans l'intégrale des éditions Livre de Poche. L'avantage de lire ces oeuvres dans le cadre d'une intégrale, c'est que je fais fi des éventuelles libertés prises par les éditeurs français pour compiler les recueils par rapport aux éditions originales.

Ainsi, Amok a été publié pour la première fois en 1922 avec quatre autres nouvelles : La Femme et le Paysage, La Nuit fantastique, Lettre d'une inconnue et La Ruelle au clair de lune. En revanche, la première édition française de 1927 n'a repris que Lettre d'une inconnue de ce recueil initial, y ajoutant une autre nouvelle, Les yeux du frère éternel. Autant dire que la logique suivi pour la composition du recueil en allemand n'était plus de mise en français !

Mais qu'importe. Parlons plutôt de cette nouvelle qui démontre une nouvelle fois le talent de Zweig pour raconter des émotions. Dans cette nouvelle, Zweig utilise une fois de plus son habituel récit enchâssé : un passager d'un navire revenant des Indes (le narrateur) va recueillir la confession d'un médecin. Cette technique offre à l'écrivain la possibilité de raconter deux histories en une, deux trames qui sont forcément liée par ce double récit.

Comme souvent, c'est dans le récit enchâssé que se trouve l'intensité la plus importante de l'histoire de Zweig, dans cette partie qu'il peut mettre en avant sa capacité à décrire l'âme humaine, ses tourments et ses émotions. Zweig me semble, pour l'instant, l'écrivain qui sait le mieux mettre en mot la passion, qu'elle soit amoureuse, folie ou haine. Et l'amok en semble l'incarnation totale :

"C'est plus que de l'ivresse... C'est de la folie, une sorte de rage humaine... Une crise de monomanie meurtrière et insensée, à laquelle aucune intoxication alcoolique ne peut se comparer." (p. 227)

En une cinquante de pages, Zweig m'a embarquée une fois encore dans un tourbillon puissant et percutant. Certes, je ne suis peut-être pas objective, mais quand même : quel talent !!!

Challenge ZweigChallenge classique
Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du challenge "Sur les traces de Stefan Zweig" et du challenge "Un classique par mois" de Pr. Platypus. 

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Romans et nouvelles, tome I, Stefan Zweig, édition établie, présentée et annotée par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent, Éditions Le livre de poche, collection La pochotèque, 2001, 1191 pages (Amok ou le fou de Malaisie, traduit par Alzir Hella et Olivier Bournac, pages 199 à 250).