Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
jeudi 21 septembre 2017

Folles de Django - Alexis Salatko

Folles de Django

Dans un marais près de Charlerois, en Belgique, naît en 1910 un petit garçon qui révolutionnera la musique en créant son style, le jazz manouche : Django Reinhardt.

Je tiens à remercier Babelio pour cette lecture notée depuis 4 ans dans mon carnet. Django Reinhardt : un mythe, le musicien à trois doigts, un univers dès qu'il touche sa guitare. 

Avec ce roman, Alexis Salatko donne sa vision vision de la vie du musicien en introduisant à ses côtés une femme et sa descendance, Maggie Kuipers. Qui est-elle ? Aucune idée, probablement un personnage de fiction car aucun des articles biographiques que j'ai pu lire sur le musicien ne la mentionne. Le privilège de l'écrivain, mais comme pour La clandestine du voyage de Bougainville, j'en viens à m'interroger : si de la fiction est introduite, jusqu'où va le réel ? Jusqu'où puis-je croire le portrait brossé par l'auteur de Django Reinhardt ?

Car il faut reconnaître que le personnage dépeint est plutôt inconstant, versatile, flambeur et impétueux. Il est possible que son mode de vie e sa culture manouches puissent expliquer en partie la difficulté à rentrer dans le cadre de la société gadgé, à respecter des engagements écrits, lui qui est issu d'une culture orale, quand l'envie de prendre la route et passer ses journées à pêcher l'embrase ! Néanmoins, pour qui ne connaît pas du tout cette culture, ce ne sont pas les bribes disséminées en filigrane qui permettent de le comprendre.

Folles de Django a le mérite d'être une porte d'entrée intéressante pour écouter d'une autre manière les morceaux créés par cet artiste. A prendre avec recul néanmoins quant à la véracité des faits relatés.

Une lecture en partenariat avec Babelio.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Folles de Django, Alexis Salatko, éditions Robert Laffont, 2013, 276 pages.

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lundi 18 septembre 2017

Les mémoires de Sherlock Holmes - Arthur Conan Doyle

Sherlock holmes

Les mémoires de Sherlock Holmes est le deuxième recueil de nouvelles du célèbre détective écrites par son ami John Watson, après Les aventures de Sherlock Holmes. D'abord publiées dans le Strand Magazine entre décembre 1892 et décembre 1893, les douze nouvelles ont été regroupée dans un recueil en 1894. L'édition que j'ai lu en présentait onze, soit toutes celles listées sur cette page, à l'exception de "La boîte en carton".

Ces nouvelles sont assez différentes. Il n'y a aucune cohérence chronologique, même si l'une d'elle décrit la toute première enquête dans laquelle Sherlock Holmes mis ses méninges au travail, "Le Gloria-Scott". Plusieurs mettent en scène Holmes racontant lui-même à Watson l'affaire et sa résolution, et deux offrent même un dénouement raconté par un écrit tiers (le journal dans "L'employé de l'agent de change" - qui rappelle d'ailleurs "La ligue des rouquins" - et une lettre du défunt dans "Le Gloria-Scott").

Trois enquêtes retiennent particulièrement mon attention : 

  • "L'interprète grec" : on y fait connaissance avec Mycroft Holmes, frère du détective et membre fondateur du club Diogène.
  • "Le traité naval" : une enquête particulièrement intéressante...
  • "Le dernier problème" : peut-on passer à côté de l'une des seules rencontres et évocation du professeur Moriarty et la disparition de Sherlock Holmes dans les chutes de Reichenbach ?

A ce sujet, on soulignera les personnages de Mycroft Holmes et de Moriarty, deux personnages devenus mythiques, régulièrement repris dans les adaptations, avec souvent des rôles essentiels (cf. la série Sherlock). Des mythes, à l'image d'Irène Adler, la seule femme qui semble troubler le misanthrope Holmes et à l'origine de l'une des rares mises en échec du détective.

Challenge classique
Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du challenge "Un classique par mois" de Pr. Platypus.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : SHerlock Holmes, tome 1, Arthur Conan Doyle, éditions Robert Laffont, collection Bouquins, 1999, 1035 pages.

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dimanche 17 septembre 2017

Beignets de morue

Aujourd'hui, on part sur les traces des vacances estivales de 2016 en découvrant une des spécialités locales : les beignets de morue. Ces petits amuse-bouches sont servis dans tous les restaurants, et s'il faut un peu de temps pour les faire chez soi, c'est un vrai plaisir que de les déguster à l'apéro !

Pour une vingtaine de beignets :

- Des morceaux de Morue (jusqu'à présent, j'ai pris des morceaux de morue, j'en utilise 400 grammes)
- Des pommes de terre à purée
- 1 gros oignon
- 5 brins de persil plat
- 3 oeufs (voire 2...)
- 1 cuillère à soupe de farine (si besoin)
- Huile d'olive
- Huile pour friture
- sel, poivre

Faire dessaler la morue. Je la mets pendant 48 heures à dessaler, en changeant l'eau toutes les 3-4 heures. Vous pouvez éventuellement faire un mélange lait et eau pour le dessalage.
Une fois qu'elle est dessalée, mettre les morceaux de morue dans une casserole d'eau (sans sel !!!) froide. Porter à ébullition puis laisser pocher 10 minutes hors du feu. Égoutter et laisser refroidir.

Faire cuire les pommes de terre avec une pincée de gros sel dans l'eau jusqu'à ce qu'elles soient tendres pour être écrasée. Les égoutter et les écraser avec 2 à 3 cuillères à soupe d'huile d'olive. Poivrer.

Émincer finement l'oignon et le faire revenir avec de l'huile d'olive.

Oter la peau et les arrêtes de la morue. Dans un saladier, émietter la chair et la malaxer comme une pâte à pain jusqu'à ce qu'elle soit très effilée.

Hacher le persil.

Dans le saladier avec la morue, ajouter les oignons et le persil, ainsi qu'un peu de purée au fur et à mesure. Mélanger et ajouter les œufs un par un. Bien mélanger jusqu'à obtenir une consistance compacte et légèrement mouillée. Adapter la dose de purée, et ajouter éventuellement un peu de farine si la pâte est trop liquide.

Dans une sauteuse à bord haut, faire chauffer l'huile. Façonner des boulettes de pâte avec deux cuillères et les faire frire. Égoutter sur un papier absorbant.

Généralement, je ne cuis pas trop longtemps dans l'huile et je réchauffe ensuite un quart d'heure au four pour redonner du croustillant. Les beignets se conservent facilement 3 ou 4 jours au frigo dans une boîte avec un papier absorbant.

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Bon appétit !

 

Texte et photo © Miss Alfie 2017. 

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jeudi 14 septembre 2017

La tresse - Laetitia Colombani

La tresseSmita vit en Inde, elle appartient à la caste des Intouchables mais rêve d'un autre avenir pour sa fille. Giulia vit en Sicile, elle travaille dans l'atelier de son père spécialisé dans la confection de perruques en cheveux humains, jusqu'au jour où elle découvre que l'entreprise familiale est ruinée. Sarah vit au Canada, c'est uen avocate réputée qui fait bien souvent passer son travail avant sa famille, jusqu'au jour où un cancer lui est diagnostiqué.

Trois femmes, trois mondes, trois cultures qui s'écrivent en parallèle mais vont pourtant se révéler liées à l'arrivée. La tresse est un roman écrit par une femme, et probablement pour des femmes, même si je suis peu adepte des livres genré. Pourtant, il faut le reconnaître : les hommes y sont peu présents, peu mis en avant. Un seul ressort du lot en insufflant à la vie de Giulia un air nouveau...

Les trois histoires ont pour intérêt principal de confronter trois cultures dans lesquelles les femmes occupent des places très différentes. La partie relative à Smita et à la culture indienne est particulière édifiante et effrayante : le traitement réservé aux femmes dans ce pays fait froid dans le dos, d'autant plus que Smita appartient à la pire caste qui soit dans la société indienne. A l'opposé, il y a Sarah, figure d'indépendance et de liberté, mais une indépendance et une liberté qui sont durement gagnées et finalement très fragiles. Au final, quelle que soit la place qu'on veut leur conférer, ces trois femmes sont trois symboles de lutte...

Roman à la fois léger et féministe, La tresse reste une belle découverte même si j'aurais aimé plus de densité, plus de longueur et de profondeur pour permettre à ces femmes de s'épanouir et de se laisser découvrir totalement.

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Une lecture en partenariat avec NetGalley et Grasset, sortie en librairie le 10 mai dernier !

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : La tresse, Laetitia Colombani, éditions Grasset, 2017, 224 pages.

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lundi 11 septembre 2017

L'animal et son biographe - Stéphanie Hochet

L'animal et son biographeUne jeune auteure est invitée à un festival littéraire dans le Lot. Tandis que la deuxième rencontre prévue dans un camping s'achève, elle se fait raccompagner et se réveille dans une maison perdue dans la forêt, et non à son hôtel comme prévu. Coupée du monde, elle rencontre finalement le maire de ce village qui lui propose de participer à son projet novateur : faire revivre l'auroch, animal préhistorique mythique et disparu. Du moins théoriquement.

Avant d'entamer la lecture de ce livre, j'ai eu la chance de rencontrer Stéphanie Hochet et d'échanger quasiment en privé avec elle sur son travail de romancière sur L'animal et son biographe. Ce point me semble essentiel car, je l'avoue, je ne suis pas certaine que j'aurai accroché à cette histoire très éloignée de l'univers de Un roman anglais qui m'avait tant plu. Ici, l'auteure livre un ouvrage très différent, où la relation de l'homme et de l'animal de manière générale, et la question du statut, du rôle de l'écrivain, sont au coeur du texte.

"Lors de ces premières conférences, j'étais stupéfiée par l'application avec laquelle les gens notaient mes propos comme si j'étai professeur d'université ou un scientifique arrivant avec de nouvelles découvertes." (p. 27)
"Le lecteur a souvent le don de vous projeter hors de la matrice de la création pour vous montrer ce qui sous-tend votre roman et qu'on a mis en oeuvre sans se l'expliquer." (p. 37)

Stéphanie Hochet débute son roman avec quelques affirmations, quelques clichés, notamment sur les campeurs, mettant en scène un personnage dont on se doute qu'il est en partie inspiré d'elle-même. Puis, rapidement, elle glisse vers quelque chose de beaucoup plus complexe. Si la place de l'écrivain, son rôle d'appat vendeur, apparaît au départ, si l'auteur pose un regard relativement cynique sur ces rencontres estivales, tout cela met surtout en avant la précarité de ce métier pourtant rêvé par beaucoup de lecteurs. Sauf que L'animal et son biographe nous montre combien le job d'écrivain peut être cruel, et jusqu'où un auteur peut aller, par tentation de gloire ou simplement par nécessité financière. En parallèle, Stéphanie Hochet développe une réflexion sur le rapport entre êtres humains et animaux : qui s'inspire de qui, qui est différent ou, au contraire, si proche de qui ? A travers cette bestialité humaine, l'auteure recrée le mythe du minautore en enfermant au coeur d'une forêt idyllique et bucolique sa narratrice.

"Il aimait l'espèce humaine pour ce qu'elle a d'incontrôlable, la fureur primitive que l'on ressent dans la forêt quand on peut tuer ou être tué." (p. 118)
"J'ai connu le baptême du sang. Moi qui ait horreur des mises à mort, je me suis découverte prédatrice, je ne l'aurais jamais imaginé. Embarquée dans une traque, j'ai changé, découvrant la joie qu'inspire un instinct primaire éveillé, une joie ou plutôt la sensation violente de vivre. J'avais laissé dans l'ombre cette peur, sauvage, cette possibilité d'excitation carnassière que nous tentons de canaliser dans le sport, la réussite professionnelle ou que la société contient par la conscription ou, en cas d'échec, derrière les murs épais des prisons." (p. 144)

Au fil des pages, elle mène le lecteur dans un univers qui devient fantastique, horrifique, onirique, mais surtout tragique. Les mécanismes narratifs sont bien huilés, subtils et maîtrisés, ancrés dans des réalités à la fois historiques et culturelles. A l'arrivée, L'animal et son biographe mérite qu'on s'y attelle et qu'on prenne le temps de le comprendre, car Stéphanie Hochet démontre une fois de plus son talent pour construire des romans complexes, déroutants, mais surtout très puissants.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : L'animal et son biographe, Stéphanie Hochet, éditions Rivages, 2017, 192 pages.

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