Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
mercredi 4 mars 2015

Magasin général - Loisel et Tripp

Magasin général

Dans les années 20, Marie se retrouve veuve. Félix, son époux, tenait le magasin de Notre-Dame-des-Lacs, le coeur de la vie du village. Marie décide de reprendre la boutique. L'arrivée de Serge va être la première étape de bien des changements qui révolutionneront la vie de Marie, et celle du village tout entier.

Je n'aime pas lire les séries de BD avant que l'ensemble des tomes soient sortis. Je n'aime pas terminer un tome et devoir attendre un an avant la sortie du prochain. Je n'aime pas devoir juger tome par tome la qualité d'une série. Du coup, généralement, je lis le premier opus, et si ça me plaît, j'achète la suite en attendant impatiemment la sortie du dernier tome. Et là, j'enquille. Or, un petit tour dans la bibliothèque le week-end dernier a monté la PAL BD a 50 volumes. J'ai donc décidé de revoir à la baisse ce chiffre. Et pour cela, rien de mieux qu'une série en 9 tomes, qui m'avait déjà complètement conquise lorsque je l'avais entamée.

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Magasin général nous transporte dans la campagne québécoise, entre les deux guerres. Loisel et Tripp s'associent pour créer un microcosme cosmopolite, marqué par les traditions et la culture rurale, qui va être bouleversé par l'émancipation progressive de Marie, la veuve du propriétaire du magasin du village. Peu à peu, Marie va découvrir qu'elle peut vivre sans se soucier du regard des autres, qu'elle DOIT même le faire pour être heureuse. Sous le regard tantôt surpris, tantôt bienveillant de Félix, son époux qui la veille depuis sa mort, Marie va aussi oser écouter son coeur.

Pour raconter cette histoire pleine de douceur et de petits bonheurs, Loisel et Tripp s'y sont mis à quatre mains, créant un dessin original, marqué par la patte de chacun, et qui donne un résultat empreint de douceur pour lequel j'ai complètement craqué. Parfois sans un mot, les deux auteurs racontent le quotidien de ce village, les travaux des champs, les travaux forestiers, l'absence des hommes pendant l'hiver, la tristesse aussi bien souvent et parfois même le mal être. Ils arrivent avec beaucoup de justesse à faire passer beaucoup d'émotions...

Je n'ai pas trop l'habitude de vous causer BD, c'est plutôt le rayon de l'Homme, mais cette saga est un pur moment de douceur et de bonheur. Et comme dirait Serge, "C'est souvent fait de petits plaisirs, le bonheur..." Alors ne boudez pas celui-là, et filez chez votre dealer habituel ou à la médiathèque, et partez à al rencontrer de cette communauté haute en couleur et en chaleur !

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Texte © Miss Alfie, 2015.
Couverture et planches : Magasin général, Loisel et Tripp, Editions Casterman, 2006 à 2014.

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mardi 3 mars 2015

Scrouitch

2015

Scrouitch, fait la neige.
Scrouitch, je pose mon pied sur la piste damée dans la nuit.
Scrouitch, mes fleurs remplacent les boudins.
Scrouitch, un pas après l'autre.
Scrouitch, je vis.
Scrouitch, je savoure !

 

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lundi 2 mars 2015

Un parfum d'herbe coupée - Nicolas Delesalle

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Par petites touches qui sont autant d'instantanés de vie, Kolia convoque les figures, les mots, les paysages qui ont compté : la route des vacances, les filles, Totor le paysan aux cèpes et la maison de famille, des livres, quelques sauterelles, Raspoutine le berger allemand... Des petits riens qui seront tout. (Quatrième de couverture)

Quand j'ai entendu parler de ce livre sur les réseaux sociaux et lu les premières critiques, je me suis dit que c'est un ouvrage qui pouvait m'intéresser. Pourquoi ? Je ne sais pas. Pourquoi pas. Du coup, quand j'ai cherché à me le procurer, la miss m'a mis un violent coup de coude dans les côtes en me disant que les éditions du Livre de Poche comptaient lui envoyer les deux premiers ouvrages de leur nouvelle collection Préludes. Comme quoi, le hasard fait donc bien les choses et je me suis donc retrouvé avec ce Parfum d'herbe coupée dans les narines et devant les yeux.

Autant vous dire que j'ai dévoré ce bouquin. En quelques jours, la plupart du temps sur une terrasse trop petite d'un appartement trop petit d'une petite station de ski (c'est le principe des appartements de stations de ski, me direz-vous...), j'ai lu ces instants de vie, plus précisément des instants d'enfance. Et vous aurez compris que si je l'ai dévoré, c'est que ce roman est en tous points remarquable. 

Partant d'un drame, la mort de son grand-père, Kolia Delessalle écrit une lettre à son arrière-petite-fille qui n'existe pas encore pour lui raconter quelques moments de son enfance et pourquoi ces moments l'ont marqué. Maniant avec merveille l'humour et l'émotion dans le même chapitre, la même phrase, l'auteur se dévoile avec pudeur et douceur. Mais la force de ce roman est de ne pas être un simple enchaînement de souvenirs mais une évocation nostalgique de l'enfance, sans objectif biographique, sans construction chronologique. C'est souvent drôle, c'est parfois émouvant et c'est toujours tendre et sincère. 

Partant de la mort pour terminer sur la vie, Nicolas Delesalle livre donc un très très joli ouvrage. On oubliera les rares chapitres un peu plus faibles que les autres pour ne retenir que l'émotion qui sort de ce bouquin. Assurément un coup de coeur de ce début d'année 2015.

Texte © Alfie's mec, 2015.
Couverture : Un parfum d'herbe coupée, Nicolas Delesalle, Éditions Préludes, 2014.

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dimanche 1 mars 2015

Talisker Bay

2014

 

Il n'y a pas de route pour y accéder directement, il faut laisser la voiture à quelques miles et terminer à pied.
Autour, des montagnes vertes, des moutons noirs et blancs, et un chemin pierreux.
Et puis, juste après un petit monticule, alors qu'on ne l'attend plus et qu'on se demande jusqu'où il faudra aller, la mer.
Étendue bleue, bordée de sable et de galets, silencieuse et bruyante à la fois.

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vendredi 27 février 2015

Alors voilà, les 1001 vies des Urgences - Baptiste Beaulieu

Alors voilàUn hôpital en France, de la maternité aux soins palliatifs en passant par les urgences. Et des soignants. Des chefs de service, des internes, des infirmières, des aides soignants. Tout un microcosme qui gravite autour d'histoires en pagaille, avec leur propre histoire. Et au dernier étage, la femme oiseau-de-feu à qui tout raconter en attendant son fils et sa mort.

Jusqu'à ce que Livre de poche me propose cet ouvrage dans le cadre d'un partenariat, je n'avais jamais entendu parler de Baptiste Beaulieu et de son blog. Pourtant, il faudrait être aveugle pour louper la pastille qui estampille le livre "Le blog aux 5 millions de visiteurs". Nom d'un chien. Le jour où vous serez cinq millions à vous balader ici, il pleuvra de la crotte dans la bouche de poules à dents. Je vois que ça. Pourtant, à la base, les livres adaptés de blog, je ne suis pas une grande fan : disons que si tu suis un blog, autant lire sur le blog, je ne vois pas trop pourquoi en faire un bouquin.

Sauf que là, Baptiste Beaulieu offre plus qu'une succession de chroniques telle qu'on peut le voir dans certains ouvrages. A partir des histoires qu'il a a priori déjà plus ou moins partagé en ligne, il construit un univers, crée une équipe de soignants et des personnages récurrents. Il met en scène un étudiant en médecine, interne, qui pourrait être lui, qui pourrait être un autre, qui pourrait être un mix de tous les étudiants, avec ses failles et ses faiblesses, avec ses espoirs et ses talents. A commencer par celui de raconter. Car ce jeune médecin observe et raconte les histoires de ces gens qui ne font que passer dans les couloirs de l'hôpital, parfois rapidement, parfois pour l'éternité.

Avec une plume dynamique, oscillant entre retenue, émotion et précision médicale, Baptiste Beaulieu nous rappelle que derrière les blouses qui parcourent les chambres, derrière des mots parfois durs et imprécis, ce sont des êtres humains qui tentent eux aussi de se protéger, de ne pas s'attacher, de prodiguer soulagement et technique... Bon, sauf le Chef Gueulard, ok. Lui est un salopard de première comme on peut aussi en croiser. Mais peut-être qu'on devrait lui offrir des Shokobons ?...

Bref, trêve de bêtises, ce bouquin est une petite pépite qui mérite réellement son succès. J'aime quand on me parle du milieu hospitalier ainsi, quand on s'attache à des histoires de vie avant de tenter de trouver un remède miracle... Même si ce bouquin parle de mort à toutes les pages... Mais en même temps, si Baptiste Beaulieu dit vrai, et que mourir c'est embarquer pour une chevauchée sur un poney arc-en-ciel au son des Beatles (oui, parce que moi je suis gentille, je n'aurai pas Cuitas les bananas), mourir devient une aventure que je veux bien envisager avec lui !

Conteur digne de Shéhérazade, Baptiste Beaulieu nous offre un livre qui réconcilie avec la vie en tout cas !

Merci au Livre de poche pour ce coup de coeur de début d'année !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Alors voilà, les 1001 vies des urgences, Baptiste Beaulieu, Éditions Livre de poche, 2015, 312 pages.



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