La Cité de l'Arche - Olivier Boiscommun
Les murs ont été construits depuis tellement longtemps... La vie dans la Ville Lumière est devenue sombre et oppressante. Mais un espoir subsiste. Il y a bien longtemps, une rumeur est née. Elle dit qu’un homme, le Passeur, trouvera la voie qui mène à la porte de lumière, et qu’il guidera les habitants de la ville jusqu’à cette Cité où les hommes et les femmes vivront ensemble en harmonie. Aujourd’hui cette rumeur n’en est plus une, elle est devenue une légende. Celle de la Cité de l’Arche.
Là encore, c'est le dealer qui m'a envoyé vers la Cité de l'Arche. Il est bien, ce dealer, c'est que, même si c'est pas forcément le domaine que j'apprécie, il sait quand même que ça peut me plaire. Et moi, pauvre hère que je suis, aveuglé par l'humanisme du garçon, je me jette là-dessus comme un mort de faim. Il faut également préciser que l'auteur, qui est à la fois scénariste et dessinateur, est passé à la boutique du dealer pour une séance de dédicaces. Et moi, dans une séance de dédicaces, quand je suis en face de l'auteur, je sais jamais quoi dire, j'ai souvent l'air ridicule de ceux qui se retrouvent en face de ceux qui ont un talent alors que moi, bon, voilà, quoi, hein. Du coup, j'ai bien vu que là, Olivier Boiscommun m'a pris pour un sérieux ahuri.
Bien, revenons-en à notre Cité de l'Arche. Il s'agit d'un récit en complet en trois tomes dont la construction est des plus classiques. On pose les personnages et l'intrigue dans le tome 1, on fait évoluer l'histoire avec un cliffhanger dans le tome 2 et on conclut le tout dans le tome 3. Il s'agit également de science-fiction, plus préciséent d'anticipation. On devine rapidement où l'histoire se joue à l'aide des indices disséminés dans les planches et le dénouement, bien foutu, offre au lecteur une réflexion sur l'environnement, l'écologie et un futur possible si l'homme ne réagit pas quant à son comportement vis-à-vis de la planète. De ce côté, Olivier Boiscommun prêche un convaincu. Si je vous parle régulièrement de Deuxième Guerre Mondiale (et non de Secondeà, c'est que la Troisième va pas tarder à survenir. Détail, un petit autocollant sur le troisième tome indique "Fin de cycle". L'auteur m'a expliqué qu'il s'agissait d'un choix de l'éditeur et non son ambition de créer un cycle suivant.
On parle un peu dessin. Pour vous dire, j'ai vu le garçon bosser pour la séance de dédicaces, c'est épatant. Alors que des dessinateurs font des formes, des ébauches avant de faire le trait définitif, là, avec Olivier Boiscommun, tout sort comme ça, d'un trait. C'en est proprement énervant. Les traits des personnages sont à peine exagérés mais c'est qui donne le charme de la série. Les paysages et décors sont somptueux. Les couleurs, tout en tons de jaune rendent également l'aspect fermé de la Ville Lumière. Bref, Olivier Boiscommun signe une jolie série, dont l'histoire monte en régime au fur et à mesure des trois tomes et parfaitement par une touche graphique plutôt classe.
Texte © Alfie's mec 2013.
Couverture et planche (T1) : La Cité de l'Arche, Olivier Boiscommun, Éditions Drugstore, 2010 (pour le tome 1)
Des vents contraires - Olivier Adam
Sarah a disparu il y a plus d'un an. Du jour au lendemain. Sans aucun signe. Rien depuis. Même la police n'a rien à dire à Paul. Espérant y trouver un peu de sérénité, il décide de quitter Paris avec ses enfants pour retourner s'installer sur Saint Malo, la ville de son enfance. Et recommencer...
Y a pas à dire, un bouquin qui se passe en Bretagne, ça lui donne de suite un point en plus avant même de l'avoir ouvert ! Je sais, j'en ai déjà parlé, c'est totalement dégueulasse pour les autres ! Mais c'est comme ça ! Alors un bouquin qui se passe à Saint Malo, là, c'est top ! En plus, quand c'est écrit par Olivier Adam, ça ne mérite pas de critiques. Enfin là aussi, je sais, c'est pas objectif...
N'empêche, on a beau dire ce qu'on veut, ce monsieur a un talent réel pour nous parler de la douleur, de la souffrance de la perte, de l'absence, le deuil qu'il faut faire quand les êtes qui nous sont proches disparaissent de nos vies, qu'ils nous quittent ou qu'ils meurent... Là, il fait entrer une autre dimension, celle de la disparition sans réponse, et la difficulté qui en découle pour faire le nécessaire deuil. Impossible de tourner la page quand on espère encore le retour, quand personne ne peut nous affirmer la mort de l'autre.
Olivier Adam nous dresse une fois de plus une galerie de portraits d'êtres abîmés par la vie, par l'absence. Des êtres qui tentent de se reconstruire et qui vont trouver quelques surprises sur leur chemin. On pourrait lui reprocher de tourner un peu en boucle sur ses thématiques, mais il suffit de le lire par petites touches pour apprécier la délicatesse et la force qui se dégagent de ses romans... Mon seul bémol sera pour la fin, ou du moins sur ce lien qui amènera la chute finale, à peine trop gros pour être honnête... Mais qu'importe. Laissez vous donc porter par ces Vents contraires qui vous emmèneront peut-être là où vous ne le pensiez pas...
Ce qu'on en dit ailleurs :
- Moi, Clara, et les mots : "Oliver Adam sait l’écrire sans jamais tomber dans le mélo ou le pathos. Avec lui, on prend en pleine figure des paquets d’émotion. Des vraies et sincères, des violentes ou des belles, et l’on on tangue au rythme des pages."
- Chez Clarabel (2) : "Ce roman est douloureux, il a des accents mélancoliques, qui flirtent entre le désespoir et l'impuissance. L'histoire est triste, très triste. Pleine de détresse, avec des personnages sur la corde raide."
- My little discoveries : "J'ai beaucoup aimé ce livre. L'auteur arrive à créer une véritable atmosphère, un peu comme Claudie Gallay dans "Les déferlantes".".
- Amanda Meyre : "Des existences fracassées, brisées, une météo tempétueuse, une ville sublimée par le récit, il y a dans ce roman une force incroyable, celle qui pousse à avancer, malgré les tempêtes, les vents, la douleur qui vrille le cœur et le broie toujours plus fort."
Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : Des vents contraires, Olivier Adam, Éditions Points, 2010, 282 pages.
Quartier
En me promenant chez Leiloona, je suis tombée sur une image. Chaque semaine, elle propose une photo, à nous de mettre des mots dessus... Après un petit décrassage grâce à Lili, j'ai eu envie de partager avec vous l'historie que cette photo me raconte...
Le 42, je connais. C’est là que je suis né il n’y a pas si longtemps que ça. Une trentaine d’années à la louche.
La maison me paraissait plus grande. Je me souviens qu’elle m’impressionnait à l’époque. Les marches qui m’accueillent aujourd’hui ressemblaient à une montagne. Et je ne vous parle pas de la volée d’escaliers à l’intérieur pour desservir les deux niveaux où nous nous entassions à sept !
Je me souviens du jour où nous l’avons quitté. Je devais avoir 3 ans et demi. Je revois ma mère, en noir, nous embrasser sur le front en nous demandant d’être bien sages. J’étais le dernier, le plus jeune. Mes quatre frères faisaient de drôles de têtes. Moi je ne comprenais pas tout. La jeune femme qui nous a fait monter dans une petite fourgonnette de l’assistance publique était jolie, elle sentait bon. J’ai retrouvé plus tard son parfum. De la rose.
Dehors, quelques voisins ont détourné la tête en nous voyant sortir, chacun munis de notre valise. En bas des marches, attendaient deux policiers en uniforme. Le plus âgé des deux m’a ébouriffé les cheveux en me disant de me dépêcher.
J’ai tourné la tête et vu ma mère. Ses yeux rouge se détachaient sur son visage émacié. Mon père avait trouvé la mort moins d’un mois plus tôt. On l’avait retrouvé en bas de l’escalier intérieur, devant la porte d’entrée, le crâne fracassé. Ma mère fut rapidement soupçonnée. Violences conjugales, alcool, le topo habituel. Un jour différent des autres, alors qu’il avait voulu corriger mon frère aîné, elle s’était interposée, avait lutté jusqu’au bout.
Hier, le directeur de la maison de retraite où elle finissait ses jours nous a appelé un par un. Elle avait choisi de venir finir sa vie dans notre quartier. Je n’y vis plus depuis si longtemps, et pourtant il reste notre quartier. Mais il a tellement changé.
Je sens la pierre rugueuse à travers mon pantalon de toile. Le soleil de la fin d’hiver commence à chauffer l’atmosphère. Je sais que je ne pourrai pas rester longtemps. Bientôt, la porte va s’ouvrir, la propriétaire va me demander de partir. Je gène l’accès à sa boutique. Je dénote dans son univers de strass et de paillettes. Je dénote dans ce quartier devenu l’antre du chic. Mais cette fois, je vais pousser cette porte. Je vais lui demander la robe. Ma mère doit partir resplendissante.
Une participation au rendez-vous de Leiloona "Une photo, quelques mots"
Texte © Miss Alfie 2013.
Image © Romain Cazaux.
La jambe gauche de Joe Strummer - Caryl Férey
Voilà l'inspecteur Mc Cash exilé à Brest. Alors qu'il apprend que sa vie et sa vue ne tiennent plus qu'à un fil, voilà qu'il reçoit un courrier d'une de ses ex-maîtresse : il aurait une fille et il serait bien aimable de se rapprocher d'elle, la gamine devant connaître les affres des familles d'accueil et autres foyers pour orphelins d'ici peu. Intrigué, lassé, Mc Cash décide d'aller voir d'un peu plus près cette gamine. Mais voilà, rien ne se passe jamais comme prévu...
Oui, deux Férey à suivre, on ne se refuse rien sur ce blog ! En même temps, Mc Cash apparaissant dans Plutôt crever mais en personnage secondaire, j'avais une grande envie d'en savoir un peu plus sur ce mec étrange, insaisissable, border line... Et pour le coup, on ne peut que tenter de mieux le connaître puisqu'il est cette fois au coeur de l'intrigue en tant que personnage et en tant qu'enquêteur.
L'autre aspect qui m'a poussé à lire ce bouquin dans la foulée de Plutôt crever est la localisation de l'histoire. Après les côtes morbihannaises et finistériennes du précédent, nous voilà catapultés à Montfort-sur-Meu, petite commune à quelques encablures de Rennes que seuls les locaux connaîtront ! Accessoirement, j'ai encore eu l'impression que Caryl Férey avait écrit ce bouquin pour moi : non seulement il fait complètement référence à ma région natale, mais en plus il évoque ma région d'adoption ses montagnes jurassiennes !!!
Bref, encore une fois, inutile de vous préciser que je ne suis guère objective, mon appréciation de ce bouquin étant plus guidée par les tripes et le coeur que par ses réelles qualités littéraires et policières. Attention, loin de moi l'idée de vous dire que ce bouquin n'est pas bon, mais il m'a clairement plu à cause de ces aspects émotionnels. Côté intrigue, si on aimerait bien retrouver Mc Cash (mais comment ?!!!) dans un nouveau Férey, je ne peux que vous conseiller, si vous ne connaissez pas l'auteur, de vous plonger pour débuter dans Utu, Zulu ou Mapuche qui sont, pour moi, de grandes perles de la littérature noire contemporaine.
Ce qu'on en dit ailleurs :
- Les gridouillis : "Un vrai coup de coeur pour ce polar !"
Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : La jambe gauche de Joe Strummer, Caryl Férey, Éditions Gallimard, collection Folio policier, 2007, 243 pages.
Oh les filles ! - Sophie Michel et Emmanuel Lepage
3 filles nées la même année, dans des milieux et des conditions bien différentes. 3 filles qui ne vont pas se quitter, quelles que soient les épreuves traversées...
Publié en 2 tomes en 2008 et 2009, Oh les filles ! est ressorti en intégrale en ce début d'année 2013 chez Futuropolis. En furetant chez le dealer de l'homme, je suis tombée sur cet album dont la couverture m'a nécessairement attiré le regard... Cette Tour Eiffel, cette jeune fille au regard penché, cette lumière... Les dessins d'Emmanuel Lepage quoi !
Contrairement aux ouvrages déjà évoqué de ce dessinateur, il n'est pas ici le scénariste, laissant cette tâche à Sophie Michel. Elle nous livre une histoire dans laquelle les filles se retrouveront forcément, mais qui pourra convenir aux garçons néanmoins, qu'il s'agisse d'adulte et même d'ado après tout ! Les émotions se succèdent, du rire aux larmes, au milieu de ces trois familles si différentes, nullement épargnées par les peines, toujours éclairées par les joies de l'amitié. Les dessins d'Emmanuel Lepage collent à merveille à ce scénario et illustrent avec subtilité l'histoire que Sophie Michel nous raconte avec délicatesse.
Il est rare que je vous cause de BD, j'ai plutôt tendance à laisser ça à monsieur, mais là, je ne pouvais passer à côté de cet album sans vous inciter à courir dans votre médiathèque, librairie, dealer le plus proche pour le feuilleter et tomber, j'en suis sûre, sous le charme de ces trois caractères si différents les uns des autres...
Texte © Miss Alfie 2013.
Couverture : Oh les filles ! Edition intégrale, Sophie Michel, Emmanuel Lepage, Éditions Futuropolis, 2013.
Plutôt crever - Caryl Férey
Offrir un calibre .44 à Fred pour son anniversaire, on ne pas dire que ce fut la meilleure idée d'Alice... Surtout sans lui préciser qu'avant tout chose, il convenait de lire le mode d'emploi... Résultat : un député mort, et une course-poursuite en perspective de Rennes à Groix, l'inspecteur Mc Cash et deux indépendantistes basques à leurs trousses...
Lire un Férey devrait être remboursé par la sécurité sociale.
Après avoir exploré ses derniers romans, j'ai eu envie de me plonger dans ses premiers écrits, totalement inspirés par son séjour breton. Alors oui, j'entends déjà des voix qui s'élèvent : "Non mais bon, si ça passe en Bretagne, t'es jamais objective !". Certes. Mais en même temps, comment voulez-vous que je sois objective avec un auteur qui réussit à créer un personnage qui porte le même prénom totalement improbable que moi ?! Si si, ceux qui me connaissent en vrai ne pourrons que reconnaître qu'on n'en croise pas à tous les coins de rue, des comme moi... Du coup, lorsque je suis tombée sur mon prénom dans ce bouquin, autant vous dire que j'ai fait des bons dans le lits, hurlé à l'homme de venir constater malgré l'absence d'huissier dans les parages et élevé ce livre au rang des vénérables ouvrages à conserver religieusement dans la bibliothèque.
Bref. Ceci étant précisé, sachez que ce bouquin est fort plaisant à lire. On suit des personnages tous un peu barrés, un peu beaucoup paumés, en quête de sens à leur vie qui, à force de fuir, finiront peut-être par trouver leur chemin. Férey nous offre une intrigue qui vire assez vite au road movie. On est loin de la toile fine des intrigues de ses derniers romans, mais on retrouve déjà dans Plutôt crever la violence qui marquera ses romans suivants et l'idée de lutter pour des idéaux, des traditions, une culture...
Ce qu'on en dit ailleurs :
- Mot-à-Mots : "Un vrai livre "Série noire" avec des méchants vraiment méchants, un policier paumé et des amoureux en cavale, genre Bonnie & Clyde."
Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : Plutôt crever, Caryl Férey, Éditions Gallimard, collection Folio policier, 2006, 267 pages.
Clafoutis aux pommes caramélisées au beurre salé
Il n'y a pas très longtemps, j'ai commandé un joli plat à clafoutis. Les plus ménagères d'entre vous conviendront que dans le cas, il faut rapidement tester l'intérêt du plat ! Comme il s'agissait d'un plat "à clafoutis", il m'a paru pertinent de réaliser... un clafoutis, tout à fait ! Cependant, la saison des fruits d'été n'étant pas encore là, je me suis contenter de ressortir une recette trop bonne, je vous le promets !
Pour cette recette, prévoir :
- 3 pommes
- 4 oeufs
- 140 grammes de sucre roux + 1 cuillère à soupe
- 100 grammes de farine
- 40 cl de lait
- 30 grammes de beurre salé
- De la cannelle
Préchauffez le four à 200°.
Épluchez et coupez les pommes en morceaux.
Dans une poêle, faites fondre le beurre salé avec la cuillère à soupe de sucre roux et une pincée de cannelle. Ajoutez les pommes et mélangez bien de manière à ce qu'elles s'imbibent bien du mélange. Faites cuire à feu vif quelques minutes, jusqu'à ce que les pommes se caramélisent.
Dans un saladier, mélangez les oeufs avec le sucre. Ajoutez la farine puis le lait en mélangeant bien de manière à ne pas faire de grumeaux.
Beurrez et farinez un moule. Versez dedans les pommes caramélisées et ajoutez le pâte.
Faites cuire 45 minutes à 1 heure en fonction de l'épaisseur du clafoutis.
Bon appétit !
Texte et photo © Miss Alfie 2013.
Paris noir - Collectif, présenté par Adrien Masson
Douze quartiers de Paris, douze auteurs, douze nouvelles.
Les nouvelles, c'est pas franchement ma tasse de thé. Un rapide tour sur le blog vous en apportera la preuve... J'ai toujours l'impression de rester sur ma faim, de ne pas rentrer suffisamment dans l'histoire... N'empêche, ce recueil était totalement adapté pour le séjour parisien qui a marqué le début de ce mois de mai. Quoi de mieux entre deux sommes dans le train et pour les courtes pauses que nous nous sommes accordés que quelques nouvelles ?
Évidemment, chaque lecteur aura ses préférences, selon que le thème ou l'angle de traitement de l'intrigue lui plaira, et ses déceptions. Pour ma part, je le reconnais, je n'ai pas réussi à rentrer dans la narration un peu différente de la dernière nouvelle, peut-être aussi parce que ce week-end étant terminé, j'avais dans ma tête refermé ce livre...
Néanmoins, l'écriture de certaines nouvelles mérite amplement le détour. Les habitués reconnaîtront le style et les thématiques des auteurs qu'ils ont l'habitude de lire, ce fut mon cas pour Jérôme Leroy, Didier Daeninckx ou DOA. Pourtant, il faut rappeler que ce recueil fut initialement publié aux États-Unis ! On peut donc soulever un sourcil en pensant que ces auteurs 100% français furent traduit outre-Atlantique par une petite maison d'éditions avant de pouvoir être lus en France !
En tout cas, n'hésitez pas à vous plonger dans ce recueil parfois surprenant, dans lequel le noir est fort sombre, dans lequel on franchit la ligne blanche pour se placer souvent du côté des voyous. Tous ces auteurs ont cependant un talent commun : savoir raconter le crime, le sang, la folie...
Ce qu'on en dit ailleurs :
- Lettres exprès : "Ces nouvelles parisiennes sont assez longues, ont chacune un univers qui leur est propre et malgré une propension au noir, très noir, demeurent ancrées dans la réalité. Elles donnent à voir des quartiers plutôt populaires de Paris, des ruelles et des appartements, des cafés et des jardins publics, où évoluent des personnages que la vie n'a pas gâtés, ou confrontés à des drames qui les dépassent."
- Biblioblog : "Mais cette déception sur la dernière partie du recueil, n'ôte en rien le plaisir que j'ai eu à lire les autres textes et le deuxième acte est sans doute celui qui restera le plus longtemps dans mon esprit."
Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : Paris Noir, Collectif, présenté par Aurélien Masson, Éditions Gallimard, collection Folio policier - Villes noires, 2012, 400 pages.
Avec des mains cruelles - Michel Quint
Photographe, Rob Claassens trouve la mort lors d'une prise d'otage dans un lycée. Dom, le patron d'un bar à bière, refuge pour âmes égarées, et son amie Judith rachètent la maison. Il vont y découvrir des traces de vie : Claassens aurait-il eu une fille ? Accompagné de Laura, étrange et mystérieuse âme en peine, le duo va remonter le temps, et se plonger dans les vissicitudes de l'Histoire...
Il m'aura fallu deux tentatives de lecture pour venir à bout de ce roman de Michel Quint. Autant vous dire, et vous l'aurez, que j'ai eu du mal sur ce roman abandonné pendant l'hiver, alors que mon temps de lecture se réduisait comme Peau de chagrin. Or, pour réussir à entrer dans ce roman à en saisir tout l'ampleur, il faut du temps. Il faut se plonger dans les phrases parfois longues, stylisées mais surtout extrêmement travaillées de Michel Quint, apprivoiser cette langue maîtrisée chirurgicalement. Il faut faire le lien entre tous ces personnages dont il nous abreuve, contemporains ou fantasmés. Il faut se ménager du temps pour enchaîner les pages et les sections qui le composent, au risque d'être rapidement égaré dans les méandres et la noirceur de ces personnages qui vont se dévoiler au fil du temps...
Michel Quint lève le voile sur les noirceur de l'âme humaine, sur les compromissions dont tout être est capable, sur les mensonges qui entourent des vies, des familles, des origines. A partir d'un simple fait, une tuerie dans un lycée, il remonte le fil de l'Histoire depuis la bande à Bonnot au début du siècle jusqu'à la chute du mur de Berlin, déroule la pelote sombre de vies bouleversées par un simple geste, par une simple balle, par une simple décision. L'ensemble donne un roman dans lequel les notes d'espoir apparaissent comme autant de bulles d'air pour reprendre sa respiration, dans lequel l'amour et l'amitié apaisent les douleurs et offrent l'espace pour que la parole se libère.
Difficile de vous donner un avis tranché. Ce livre chamboule, mais sa prose peut parfois rebuter, alors que Michel Quint, avant toute chose, manie la langue française avec habileté et poésie... A croire que trop souvent, les auteurs recherchent la facilité des mots qui s'enchainent sans réfléchir, et nous avec...
"Tout, pour moi, dans cette longue tragédie, procède, en aval ou en amont du temps, du noeud de ces morts violentes dans un lycée, en plein jour, peu avant les épreuves du baccalauréat et les vacances, et des riens anciens qui, décuplés, se multipliant en ondes concentriques depuis le fond des mémoires ont rendu cette horreur inévitable. En soi, l'évènement ne représentait qu'un fait divers, douloureux, certes symptomatique d'une dérive sanglante de nos sociétés mais rien qui ne permette de le situer dans l'Histoire. Au cours des mois qui ont suivi, sont venus s'y agréger d'autres faits nouveaux, remontés aussi du siècle écoulé, anodins ou notés dans les annales historiques mais à l'importance toujours mal appréciée." (p. 38)
Ce qu'on en dit ailleurs :
- Le blog de Véronique D : "Tout est trop confus, trop mêlé à mon goût… même si j’aime bien l’écriture de l’auteur, je n’ai pas adhéré cette fois à cette imbrication qui vire à la confusion."
- Liratouva2 : "Ce roman n’est qu’un long crescendo vers un épisode final des plus surprenants."
Texte sauf citation © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : Avec des mains cruelles, Michel Quint, Éditions Folio, 2012, 318 pages.
Salade grecque
Le retour du soleil et du printemps va signer le retour des tomates et des concombres dans notre assiette. Non, je ne parle pas de ces choses rouges farineuse et sans goût qu'on trouve toute l'année en supermarché, je parle de ces fruits sucrés et juteux qui poussent dans nos jardins avec les beaux jours...
Pour cette recette, prévoir :
- Des tomates
- Du concombre
- Des petits oignons roses
- De la fêta grecque
- Du basilic
- Une vinaigrette bien relevée à l'huile d'olive
Couper le concombre et les tomates en petits dés en épépinant au besoin. Couper les petits oignons en quatre, éventuellement en plus s'ils sont un peu gros. Détailler la fêta en cubes.
Mélanger les légumes avec la fêta, du basilic et la vinaigrette.
Servir bien frais.
Bon appétit !
Texte et photo © Miss Alfie 2013.





