Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
vendredi 12 février 2016

Challenge "Sur les traces de Stefan Zweig"

Depuis quelques mois maintenant, j'apprécie de plus en plus de découvrir l'oeuvre de l'auteur autrichien Stefan Zweig. Ayant récemment fait l'acquisition d'une partie de ses romans, nouvelles, essais et biographies publiés sous la forme d'intégrale par Le Livre de Poche, je me suis mise en tête de découvrir tout son travail. Et comme le plaisir de la lecture doit avant tout se partager, j'ai envie de vous proposer un challenge "Sur les traces de Stefan Zweig" pour (re)découvrir l'auteur. 

Au programme de ce challenge, tout ce que Zweig a pu écrire : ses nouvelles, romans achevés ou non, les biographies qu'il a rédigé, les essais, et même sa correspondance. J'inclus également dans les ouvrages pouvant être lus les romans dans lesquels il peut apparaître comme un personnage central (je pense notamment à celui de Laurent Seksik et à son adaptation BD) mais aussi les biographies sur lui.

Pour faciliter la donne, et parce que son oeuvre est quand même conséquente, je ne vous propose pas de date limite. Vous êtes libres de vous inscrire quand bon vous semble. Pour cela, tout facile et bien habituel : un commentaire sous ce billet pour indiquer votre participation ; et pour chaque billet que vous publierez sur vos blogs, un autre commentaire pour me le signaler afin que je tienne la liste des participants et de leurs lectures !

Accessoirement, n'hésitez pas à relayer les articles que vous avez pu faire paraître sur vos blogs sur des ouvrages de cet auteur avant le lancement de ce challenge : pour ma part, je n'hésiterai pas à lister ceux dont j'ai déjà parlé ici.

En bonus, je vous propose une image de ralliement à partir de ces photos d'identité prises à Londres et dont j'aime beaucoup le naturel !

Challenge Zweig

 

Les chroniques des participants au challenge :

Coccinelle :
▪ Nouvelles : Le bouquiniste Mendel,

Lili Galipette :

▪ Nouvelles : Le joueur d'échecsVingt-quatre heure de la vie d'une femme

Miss Alfie :
▪ Nouvelles : Vingt-quatre heures de la vie d'une femmeLa confusion des sentimentsLe joueur d'échecs
▪ Romans : La pitié dangereuse
▪ Biographies : Marie StuartMarie-AntoinetteFouché
▪ Lectures annexes : Les derniers jours de Stefan Zweig de Laurent Seksik et Guillaume Sorel (BD), 

 

Où le regard ne porte pas - Georges Abolin, Olivier Pont

Couv_322021906. William a dix ans lorsque sa famille quitte Londres pour Barellito, petit village italien qui vit de la pêche. Des tensions apparaissent pourtant, aiguisées par l'arrivée de ces étrangers. Pour William, le changement est radical et sa vie complètement chamboulée. De nouveau paysages, la lumière du Sud, une liberté toute neuve et, surtout, de nouveaux amis : Paolo, Nino et la charmante Lisa qu'une date et un étrange objet semblent unir inexorablement. (Quatrième de couverture)

Alors que je feuilletais un album d'Olivier Pont sorti récemment, le dealer a fait une moue. La moue qui veut dire "bof, repose ça, c'est pas terrib' terrib'...". Il s'est ensuite approché et m'a dit "Tu n'as pas fait Là où le regard ne porte pas ? C'est son premier album, ça a dix ans, c'est vachement bien. En plus, toi qui aime les histoires avec des enfants, ça devrait vraiment te plaire..." Alors, attention, quand le dealer dit que j'aime bien les histoires avec les enfants, il n'y a STRICTEMENT RIEN de pénalement répréhensible, hein. En fait, il parlait de ce très joli album qui reste effectivement l'un de mes coups de coeur du genre.

Alors je me suis plongé dans cette histoire en deux tomes, chaque tome abordant une période différente, le second volume se déroulant 20 ans après le premier. L'histoire dans la première moitié est centrée autour de William, petit Anglais venu avec ses parents démarrer une nouvelle vie en Italie. Son père a acheté un bateau de pêche et compte gagner sa vie en vendant le fruit de son travail. Sauf que tout ne va pas se passer comme prévu. Si Le gamin se fait des copains, l'arrivée d'un étranger dérange la petite ville et cela ne tarde pas à se répercuter sur les enfants. L'album se termine un évènement qui va finir de diviser le groupe d'amis. L'histoire est entrecoupée de planches qui racontent manifestement des rêves. Ou une histoire ancienne. Ces double planches sont astucieusement sur un fond noir et le second tome en dira plus. Commence alors la deuxième partie de l'histoire, 20 ans plus tard, pour les explications.

Forcément, sur le fond, on se demande pourquoi une histoire en deux temps à vingt ans d'intervalle. Hormis l'astuce scénaristique un peu simpliste qui fait se retrouver la fine équipe de gamins (et que l'on pardonne à la fin), l'ensemble tient la route. Le soupçon - très léger - de fantastique est plutôt bien amené et ne dépare pas avec le reste de l'histoire. Le scénario est donc effectivement cohérent, bien construit et vraiment agréable. Les dessins ne sont pas en reste. Les paysages reflètent la chaleur du Sud de l'Italie ou la lourdeur et la moiteur de l'Amérique du Sud. Les personnages sont expressifs et expressifs et, détail non négligeable, reconnaissables même après 20 ans. Globalement, sans être un chef d'oeuvre, Là où le regard ne porte pas est une histoire très agréable et très réussie portée par un scénario solide et des paysages magnifiques. 

Texte © Alfie's mec, 2016.
Couverture : Là où le regard ne porte pas (T.1), Georges Abolin, Olivier Pont, Éditions Dargaud (collection Long Courrier), 2004.

Posté par Alfies mec à 07:48 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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mercredi 10 février 2016

La septième fonction du langage - Laurent Binet

La septième fonction du langageLe 25 février 1980, Roland Barthes est renversé par une camionnette. Cet accident lui sera fatal. Accident, ou assassinat ? C'est ce que va tenter de comprendre le commissaire Bayard. Pour cela, il va lui falloir s'introduire dans les cercles littéraires dont le jeune sémiologue Simon Herzog va lui ouvrir les portes.

Pendant de nombreuses semaines, j'ai oscillé entre l'envie d'acheter ce nouveau roman de Laurent Binet, dont j'avais énormément apprécié HHhH, et la crainte de passer à côté du fait du sujet sous-jacent : la sémiologie, on ne peut pas dire que ça me parle plus que ça ! Pourtant, que ce point n'effraie pas les lecteurs potentiels qui, comme moi, n'en ont jamais entendu parler avant : si vous avez l'esprit un peu curieux, ce roman pourra vous satisfaire grandement !

Car La septième fonction du langage reste avant tout un roman. Un roman qui parle de personnages réels, vivants ou morts, un roman qui fait référence à des événements réels, tout autant que fictifs, ou possiblement réels mais probablement fictifs... Un roman dans lequel la frontière entre vérité et fiction est aussi floue que ce visage sur la couverture ! Un roman dans lequel l'intrigue devient prétexte pour manier la langue et apporter au lecteur des référence théoriques tellement accessible que j'ai maintenant très envie d'aller acheter Mythologies de Roland Barthes !

Le maniement de la langue, c'est l'un des sujet central de cette histoire, la puissance des mots, la force de la formule, tout est centré autour de cette thématique et porté par la plume, que je trouve excellente, de Laurent Binet. Le passage du journal télévisé dans lequel il retrace les propos de PPDA avec, en parallèle, l'imagination de ce que les personnages annexes font et leurs réactions est, pour moi, un petit bijou d'écriture ! 

Malgré tout, je ne vous cacherai pas qu'il y a parfois quelques longueurs, que je me suis ponctuellement interrogée sur le sens que Binet voulait donner à son livre : roman, polar, essai, diatribe anti intello ? Finalement, l'ensemble est un peu tout cela. On se surprend à sourire devant les portraits des intellectuels qui émaillent les pages du livre, on ne peut s'empêcher de penser que certaines remarques de l'auteur sur certains personnages (Le Pen ou BHL pour ne citer qu'eux) sont loin d'être involontaires, et on reste un poil dépité devant le portrait d'une classe politique de l'époque qui ne s'est guère renouvelée depuis (oui, le jeune Laurent Fabius, c'est le même que celui d'aujourd'hui, avec quelques années d'écart... Idem pour Jack Lang...).

Encore une fois, Laurent Binet fait preuve d'un grand talent littéraire pour rendre accessible un sujet au croisement de la littérature, de la sociologie, de la philosophie, et de bien d'autres thématiques. Une lecture réellement enrichissante et cultivante (je suis pas bien sure que ça existe, comme mot, mais du coup vous voyez l'idée !) !

Texte © Miss Alfie 2016.
Couverture : La septième fonction du langage, Laurent Binet, Editions Grasset, 2015, 496 pages.

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lundi 8 février 2016

Le joueur d'échecs - Stefan Zweig

Le joueur d'échecSur un paquebot qui fait route vers le Brésil, le narrateur découvre la présence d'un champion d'échecs taciturne et hautain. A l'occasion d'un défi lancé par un autre passager, un homme intervient dans la partie. Bientôt, il raconte au narrateur son histoire.

Écrite quelques semaines seulement avant son suicide, publiée après sa mort, cette nouvelle de Stefan Zweig mérite amplement sa réputation. Je crois que j'ai découvert là l'un des textes les plus puissants de ma vie de lectrice. Certes, vous allez me dire, c'est une sensation que j'ai déjà rencontré en lisant Zweig, et il devient de plus en plus évident pour moi que j'aime cet auteur brillant dont le destin tragique a sûrement contribué à son mythe.

Dans cette nouvelle, format de prédilection de l'auteur, Stefan Zweig évoque différents thèmes, dont deux m'ont particulièrement marqué : celui de l'enfermement et son corollaire, la folie. Il évoque également un sujet qui fait écho à Vingt-quatre heure de la vie d'une femme, à savoir l'addiction. S'agissant des deux premier sujets, Zweig met en scène un homme qui raconte une période d'emprisonnement sous le régime nazi. Par la bouche de celui qui va conter son histoire, il témoigne de la manipulation psychologique tout aussi puissante sur les capacités de raisonnement d'un être humain que la violence physique. Peu à peu, c'est un homme qui oscille vers la folie qui se raconte, un homme fragile, sur le fil...

Je le disais, on y retrouve également la thématique de l'addiction. Dans Vingt-quatre heures..., on parlait addiction aux jeux, ici il s'agit plus généralement de la focalisation sur un sujet, de la monomanie qui va s'emparer du "conteur", qui donne en grande partie corps à l'ouvrage. Mais les parallèles avec cette première nouvelle que j'ai lu de Zweig ne s'arrête pas là car la construction de la confidence de M. B. se rapproche aussi de celle de Mrs C. : un narrateur qui les rencontre et qui reçoit les mots de ces êtres meurtris.

Lorsque l'on connaît un peu l'histoire de Zweig, lorsque l'on sait dans quel désespoir l'arrivée au pouvoir du régime nazi l'a poussé, cette nouvelle prend une dimension si puissante que je ne peux que vous en recommander la lecture. Encore une fois, Zweig démontre son immense talent pour dépeindre les sentiments, les émotions, toutes ces choses immatérielles qu'il saisit si bien.

Challenge classique
Il s'agit de ma troisième participation au challenge "Un classique par mois" du Pr. Platypus !

Texte © Miss Alfie 2016. 
Édition présentée : Le joueur d'échecs, Stefan Zweig, traduit de l'allemand, préfacé et annoté par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent, Éditions Livre de Poche, 2013, 128 pages.

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dimanche 7 février 2016

Feuilleté aux pommes et à la cannelle

Cette semaine, je vous propose une deuxième recette tirée de Simplissime, ce fabuleux livre de cuisine à mettre entre les mains de tous les angoissés de la cuisine ! Vous allez voir : rien de plus facile que cette recette qui fera un joli effet sur la table dominicale !

Pour cette recette, prévoir :

  • 1 rouleau de pâte feuilletée pré-étalée
  • 4 grosses pommes
  • 2 cuillères à café de cannelle
  • 40 grammes de beurre
  • 3 cuillère à soupe de sucre

Eplucher et couper en dés les pommes.

Les faire revenir à feu vif dans une poêle avec le beurre et la cannelle pendant 5 à 10 minutes.

Faire refroidir.

Préchauffer le four à 180°.

Sur une plaque de cuisson recouverte d'un papier sulfurisé, déposer la pâte feuilletée.

Saupoudrer d'une cuillère de sucre.

Verser les pommes au centre pour faire un rectangle.

Saupoudrer d'une deuxième cuillère de sucre.

Refermer la pâte pour faire un chausson rectangulaire.

Saupoudrer de la dernière cuillère de sucre.

Faire cuire 35 minutes.

Servir tiède ou froid, nature ou avec une glace.

Feuilleté aux pommes et à la cannelle

Bon appétit !

Texte et photo © Miss Alfie 2016. 

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