Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
lundi 29 août 2016

L'éveil - Line Papin

L'éveilAu coeur du quartier des ambassades, Juliet, jeune Australienne, tente de comprendre la déchéance et le mutisme dans lequel s'enferme chaque jour un peu plus celui qui l'a éveillé à l'amour, et qui se meurt par amour.

"Line Papin est née à Hanoi en 1995. L'éveil est son premier roman."

Telle est la (plus que brève) biographie de cette jeune auteure sur le site de son éditeur, Stock. Ce premier roman laisse pourtant présager bien plus que ces quelques mots, car pour écrire avec une telle sensibilité, Line Papin a du faire un très grand travail stylistique.

De la jeune Juliet qui découvre la passion amoureuse et la sensualité et qui s'illustre par un texte hésitant, bourré de répétitions et de points de suspensions, à l'homme brisé par une femme, qui semble sûr de lui au départ puis se perd dans un style qui se rapproche du trouble de Juliet, Line Papin réussit à raconter l'amour, la passion, le ravage qu'ils peuvent provoquer dans les âmes et sur les êtres à travers une écriture très imagée. On peut regretter par moment la sensation de dialogues plaqués, préfabriqués, d'une écriture à peine trop ampoulée, mais je salue la puissance que la jeune femme réussit à faire passer dans ce premier roman qui laisse présager du meilleur pour la suite.

Premier roman prometteur, L'éveil m'a malgré tout laissée sur ma faim et dans le flou, sans doute le reflet du doute qui entoure également tous les personnages de ce roman.

"J'avais beau ne pas penser à l'autre, à Laura, elle était écrite sur son visage : chaque cerne, chaque nouvelle ride étaient comme des marques de Laura, des cicatrices d'elle ; et il y en avait plus tous les jours." (p. 132)
"Vide. C'était une conséquence inévitable, et à laquelle je n'avais pas pensé. J'avais laissé tomber Laura, qui m'était tout, et voilà que je me retrouvais vide : je m'étais laissé tomber avec, aussi, forcément. Vide et seul avec ma valise." (p. 148)

pro_reader
Une lecture en partenariat avec NetGalley et Stock, sortie en librairie le 24 août dernier !

Texte © Miss Alfie 2016.
Couverture : L'éveil, Line Papin, éditions Stock, 2016, 256 pages.

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dimanche 28 août 2016

Sauté de veau au Porto

De retour du Portugal où j'ai découvert le vrai Porto, je n'ai plus eu le coeur à boire celui qui restait dans mes placards. Alors je l'ai mis dans la sauce de la viande, c'est bon aussi, faut pas croire !!!

Pour cette recette, prévoir :

  • 1 kg de sauté de veau
  • lardons
  • champignons de Paris
  • échalote
  • farine
  • vin de Porto rouge

Éplucher et émincer l'échalote et les champignons.

Dans une cocotte, faire suer les lardons puis faire revenir dans la graisse les échalotes et les champignons. Réserver.

Verser un filet d'huile d'olive dans la cocotte. Faire revenir les morceau de viande sur toutes les faces. Ajouter une cuillère à soupe de farine et bien mélanger.

Rajouter les lardons et les champignons mis de côté.

Mouiller avec 3 verres de Porto et 1 verre et demi d'eau.

Assaisonner selon les goûts.

Laisser mijoter pendant 1 heure à 1 heure et demi à feu doux.

En fin de cuisson, rajouter un trait de Porto. Servir bien chaud !

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Bon appétit !

Texte et photo © Miss Alfie 2016.

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vendredi 26 août 2016

Le dernier des nôtres - Adélaïde de Clermont-Tonerre

Le dernier des notresNew York, 1969. Werner Zilch rencontre la belle Rebecca, le coup de foudre est immédiat mais entre la famille de la belle et l'enfant adopté, les relations sont difficiles. Mais l'histoire que Werner ignore a débuté dans les ruines fumantes de Dresde en 1945. Voire même peut-être avant...

Ayant lu Fourrure il y a quelques années et en ayant gardé un bon souvenir, c'est avec beaucoup de plaisir que je me suis plongée dans ce nouveau roman d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre. J'espérais trouver un page turner, un roman passionnant, et ce fut le cas, malgré quelques bémols...

Dans ce roman, Adélaïde de Clermont-Tonnerre nous fait voyager entre deux époques : l'Amérique du début des années 1970 et l'Allemagne au moment de la chute des nazis. Tout comme dans Fourrure, un travail tout particulier semble être fait autour de la psychologie des personnages qui sont tous plutôt intéressants et loin d'être tous noirs ou tous blancs (sauf un ou deux peut-être !!!). Au point même que j'ai parfois osciller entre attirance et répulsion pour Werner, au destin un peu trop "rêve américain" à mon goût !

Car oui, derrière une histoire sombre et tragique, derrière des secrets de famille, derrière l'un des aspects les plus sombres de l'histoire (avec une histoire se passant en partie dans la fin de l'Allemagne nazie, on se doute qu'il peut y avoir du sombre...), c'est avant tout une histoire d'amour qu'a écrit Adélaïde de Clermont-Tonnerre. Et bon, comme toutes les bonnes histoires d'amour, il y a quelque chose d'un peu prévisible dans son histoire... Autre petit bémol tant qu'on y est : ces multiples voyages dans le temps qui sont longs à se rejoindre... Pendant une bonne moitié de l'histoire, j'ai eu l'impression de deux histoires écrites en parallèle puis découpées pour être intercalées... Heureusement, le lien est finalement arrivé et m'a permis de retrouver de l'intérêt dans une seconde moitié avec plus de suspense.

Ceci dit, il faut saluer l'aspect historique en toile de fond de cette histoire et notamment l'opération Paperclip qui permit à des scientifiques du régime allemand de rejoindre les États-Unis à la fin de la guerre, avec toutes les questions que cela peut poser en termes de protection d'anciens nazis à une époque où la traque se faisait de plus en plus violente...

Entre traque des nazis, camps de concentration, torture, capitalisme immobilier et flower power, autant dire qu'Adélaïde fait le grand écart dans les ambiances qu'elle crée dans ce roman qui se lit d'une traite malgré ses petits défauts !

pro_reader
Une lecture en partenariat avec NetGalley et Grasset, sortie en librairie le 17 août dernier !

Texte © Miss Alfie 2016.
Couverture : Le dernier des nôtres, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, éditions Grasset, 2016, 496 pages.

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mercredi 24 août 2016

Les mots entre mes mains - Guinevere Glasfurd

Les mots entre mes mainsHelena Jans van der Strom est servante chez un libraire. Ce dernier doit accueillir un penseur français, René Descartes, accompagné de son valet, Limousin. Mais Helena n'est pas une servante comme les autres : elle sait lire et rêve d'écrire. Dans ces Pays-Bas du XVIIe siècle, la relation qui va se nouer entre Helena et Descartes va les obliger à faire des choix.

En partant d'un événement et d'une rencontre réels dans la vie de Descartes, Guinevera Glasfurd lève le voile sur un coin de sa vie personnelle en s'intéressant à celle qui fut pendant de nombreuses années sa maîtresse et lui donna au moins un enfant, si l'on en croit ce roman. Et pour ma part, j'ai tendance à le croire, même s'il est tout à fait probable que Guinevera Glasfurd, qui signe ici son premier roman, se soit amusée à broder sur la réalité pour créer un roman autour de cette relation difficile à qualifier.

Avec une plume délicate qui semble prise par Helena, Guinevera Glasfurd prend le temps de raconter les émotions, les sentiments, de peindre un décor et une ambiance à la manière des peintres flamands de l'époque. Rien n'est violent ni pressé, tout est maîtrisé, et le lecteur se promène dans le temps aux côté d'Helena et de Descartes. Le roman est aussi l'occasion de découvrir ce dernier, personnage essentiel mais secondaire en termes de présence, ainsi que ses théories et les difficultés qu'il put rencontrer dans un monde qui se révolutionnait peu à peu.

Avec beaucoup de sensibilité, Les mots entre mes mains offre une découverte historique des plus intéressante pour qui aime conjuguer qualité littéraire, accessibilité du style et Histoire.

"Il souffle sur la farine pour la disperser et bouscule un oeuf qui s'écrase par terre. Je lui dirai bien de nettoyer, mais cela reviendrait aux oreilles de M. Sergeant, qui préférera se passer de servante qu'en avoir une qui répond, collectionne les plumes et transforme le jus de betterave en encre." (p. 117)

pro_reader
Une lecture en partenariat avec NetGalley et Préludes, sortie en librairie aujourd'hui 24 août !

Texte © Miss Alfie 2016.
Couverture : Les mots entre mes mains, Guinevere Galsfurd, traduit de l'anglais par Claire Desserey, éditions Préludes, 2016, 448 pages.

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lundi 22 août 2016

A tombeau ouvert - Bernard Chambaz

A tombeau ouvert

Le 1er mai 1994, le pilote automobile brésilien Ayrton Senna trouve la mort sur le circuit d'Imola en Italie, lors du grand prix de San Marin. Qui était cette idole à qui tout un pays offrit des funérailles nationales ? Bernard Chambaz raconte Senna, et bien d'autres.

Il y a quelques années maintenant, l'homme avait lu Plonger de Chambaz. Une autre forme de biographie, celle d'un gardien de but allemand au destin tout aussi tragique puisque Robert Enke décida d'abréger sa vie en passant sous un train. A croire que Bernard Chambaz a une petite prédilection pour les sportifs aux destins brisés. Sauf que, dans A tombeau ouvert, Chambaz explore le sujet des accidents de voiture mortels et en profite peut-être pour exorciser les accidents qui marquèrent sa propre vie, à commencer par celui qui emporta son fils.

"Ce tombeau n'a rien de funéraire. Au contraire. Il aimerait exalter la vie en général, et l'existence en particulier, explorer l'énigme de la vitesse à laquelle tout va et tout s'en va." (p. 19)

Dans ce roman à mi-chemin entre la biographie et le récit, Chambaz dresse le portrait d'un enfant puis d'un homme qui ne semblait de vivre que par et pour la course automobile. Dès son enfance, Ayrton Senna vibre pour la vitesse, exulte ans les caisses à savons puis les karts que son père lui offre et avec lesquels il explore les rues de São Paulo.

"Il gagne la plupart des courses qu'il dispute dans sa catégorie ; il convoite aussi la pole position : il brigue le record du tour. Il a un besoin vital d'être devant, quitte à paraître "sauvage", à excéder ses adversaires au point d'en venir, une fois, aux mains." (p. 54)

Entre ces étapes de vie, Chambaz ne se cantonne pas à Senna. Il convoque la mémoire de plusieurs pilotes décédés, s'imagine des rencontres avec plusieurs d'entre eux, de Fangio à Jules Bianchi, raconte l'évolution des risques sur les circuits, la concentration au moment d'entrer dans la monoplace, les rituels, la peur des compagnes et épouses au bord de la piste, ou à l'écart.

"Fangio est un mythe, le double de Senna, l'autre face de la course à tombeau ouvert, celui qui est resté vivant sur notre bonne vieille Terre jusqu'à un âge avance. Il a d'autant plus de vertu qu'il a couru à l'époque héroïque où les pilotes risquaient leur vie à tout bout de champs." (p. 66)

Des morts ayant eu lieu un 1er mai, il y en a eu sûrement plein, des anonymes surtout. Pour ma part, deux m'ont marquées : Pierre Bérégovoy, le jour de mes dix ans (vous devinerez donc rapido presto mon âge petits futés !), et celle de Senna l'année suivante. Je me souviens de cette voiture en bord de piste, de personnes accourant autour, images volées à la télé du salon à l'heure du dîner très probablement. Mais qui était cet homme, Ayrton Senna ? Grâce à Bernard Chambaz, j'en sais un peu plus, et même si je ne connais pas grand chose à la course automobile, voilà une lecture très appréciable !

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Une lecture en partenariat avec NetGalley et Stock, sortie en librairie le 24 août !

Texte © Miss Alfie 2016.
Couverture : A tombeau ouvert, Bernard Chambaz, éditions Stock, collection La bleue, 2016, 216 pages.

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