Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
vendredi 31 octobre 2014

Lorraine connection - Dominique Manotti

lorraine connectionPondanges, Lorraine. Dans une usine de téléviseurs, les ouvriers se mettent en grève spontanée : des rumeurs courent et les primes risquent de ne pas être versées. Où est passé l'argent ? Qui sont réellement les dirigeants asiatiques ? Quelles manipulations en cours alors que Thomson doit être racheté ?

Pondanges. Florange. Gondrange. Sonorités similaires, histoires semblables. Ou comment la réalité alimente la fiction ? En partant de la vente avortée de Thomson à Matra en 1996, Dominique Manotti monte une fiction totalement réaliste faite de licenciements abusifs, d'ouvriers prêts à tout pour toucher la prime promise et parfois déja dépensée, de manigances et malversations en sous-main. Tous les coups sont permis, y compris les meurtres, seuls le résultat et le bénéfice financier comptent.

Avec sa narration toute particulière, agrémentée d'un pronom "je" qui vient de temps en temps placer le lecteur dans la peau des différents personnages, Dominique Manotti raconte comment les puissants restent puissants en protégeant leurs intérêts particuliers avant de se soucier de l'intérêt général, comment les scandales sont étouffés pour ne pas déstabiliser l'économie globale du pays, et comment, à travers ces mensonges et ces manipulations, on en arrive à la classe politique que l'on connaît aujourd'hui, gouvernée par la finance mondiale et les malversations en tout genre...

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : Lorraine connection, Dominique Manotti, Editions Payot & Rivages, collection Rivages / Noir, 2008, 272 pages.

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jeudi 30 octobre 2014

Rouge roulotte

2014

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mercredi 29 octobre 2014

Coeur Glacé - Gilles Dal, Johan de Moor

CG_COUVIl a un job correct, un mariage aussi heureux que possible après 16 ans de vie commune, des enfants assez aimants... Une vie moyenne, réglée comme du papier à musique d'ascenseur. Alors, faute de ressentir ou de s'exalter, il pense. À la mort, principalement. À la vacuité de ces vies ni bonnes ni mauvaises, qui jouent la partition sans se poser de question. Il est l'homme du XXIe siècle. Et il se laisse un mois, pour voir...

Voilà un album dont j'avais vu une petite preview dans un magazine pendant l'été et qui est sorti à la rentrée. Un album qui parle d'un homme banal qui mène une vie normale jusqu'au jour où il se pose des questions existentielles. Ca me paraissait plutôt intéressant et du coup, j'avais un peu hâte de lire ce que ça pouvait donner. Et j'ai lu. Et... Bon... Hem... Disons que l'ensemble m'a un peu laissé de glace. T'as vu le rapport avec le titre ? C'est pas mal, hein ? J'aurais pu dire que ça m'avait laissé de marbre mais là, pouf, plus aucun rapport avec le titre. Et c'était moins drôle. Alors que, sur le fond, je suis un petit rigolo.

CG_PLMais vous me direz, et vous aurez bien raison, "t'es mignon de nous dire que ça t'a laissé de glace mais pourquoi ?" Si vous patientiez deux petites minutes, j'y viens. C'est toujours mon premier-paragraphe-digression avant de rentrer dans le vif du sujet. En fait, si le livre m'a globalement déçu, c'est pour le scénario mais j'y reviendrai. En effet, graphiquement, c'est vachement chouette. Les personnages sont des dignes descendants de la BD franco-belge et plus particulièrement de Hergé et Jacobs. On trouve des idées de mises en scène et de découpage des planches originales et audacieuses qui donnent du relief et de la profondeur au récit qui en a passablement besoin. De même pour le lettrage qui présente des petites touches d'originalité plutôt agréables.

Non, vraiment, ce qui ne m'a pas emballé, c'est le fond, l'histoire, le scénario. Pour résumer laconiquement et peut-être un petit peu trop violemment, il n'y a rien. Le personnage se pose des questions, plein de questions, sans jamais tenter d'y répondre ou si peu. Ce n'est qu'une plate description d'une vie de quarantenaire avec ses soucis de quarantenaire dans un monde pas forcément rigolo. Faut-il y voir une critique de la société moderne ? Un appel à vivre plus intensément la vie ? Une promotion de la liberté et du bonheur personnel ? Rien de tout ça. Ou alors, c'est très bien caché et c'est bien dommage. Surtout avec cette dernière planche qui traduit toute la faiblesse du personnage avec le paradoxe d'une dernière case au rire un peu jaune.

Donc là, non, pour le coup, si la lecture de cet ouvrage est aisée, plutôt agréable par la forme très bien pensée de l'histoire, le fond est globalement décevant. Ce Coeur glacé aurait mérité une réflexion plus approfondie sur un sujet qui touche le héros mais le fait d'aborder trop superficiellement les sujets ne permet pas de s'attacher et de rentrer vraiment dans l'histoire. Voilà donc un ouvrage qui n'aura pas réussi à briser la glace avec moi. T'as vu, encore une référence...

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture : Coeur Glacé, Gilles Dal et Johan de Moor, Éditions Le Lombard, 2014.

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mardi 28 octobre 2014

Toc, toc, toc...

2013

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lundi 27 octobre 2014

Le bonheur national brut - François Roux

le_bonheur_national_brut1981. Paul Savidan et ses amis passent leur bac l'année où Mitterrand accède à la présidence de la République. Entre Rennes, Paris et la Bretagne, les 4 jeunes hommes s'éparpillent et suivent des destins très différents. Près de 30 ans plus tard, le hasard va les amener à se recroiser.

Voilà un roman comme je les aime, entre la fresque politico-sociale et le destin d'anonymes. Composé de deux parties, l'une se passant dans les années 80, l'autre à la fin des années 2000, Le bonheur national brut s'attache à l'histoire de quatre jeunes Bretons. Il y a tout d'abord Paul, le narrateur, homosexuel, que son père autoritaire envoie faire des études de médecine à Paris et qui se découvre une vocation d'acteur. A ses côtés, Rodolphe, fils d'ouvrier engagé chez les jeunes socialistes ; Benoit, orphelin qui vit avec ses grands-parents et se découvre une passion pour la photographie ; et Tanguy, fils d'un propriétaire de conserverie et qui va suivre les traces de son défunt père.

A plusieurs reprises, Le bonheur national brut m'a fait penser à Une vie française de Jean-Paul Dubois, avec ce parallèle entre l'histoire de personnages fictifs et la vie politique française. Contrairement à Dubois, Roux s'intéresse essentiellement au monde politique de gauche. Je ne vais pas vous mentir : si vous êtes de droite, pas certaine que vous ressentiez le même enthousiasme que moi pour ces quatre personnages... Et oui, car le capitalisme et ses travers ne sont pas oubliés et prennent même une place importante dans la réflexion que mènent ces personnages.

François Roux brosse un portrait de notre société qui m'a plu. Il pointe des travers qui me parlent, des excès qui me révulsent parfois, en intégrant le tout dans un contexte réaliste (on reconnaîtra aisément quelques ténors socialistes...). Le monde politique dépeint est loin d'être rose et délicat, il grouille de magouilles telles qu'on en découvre tous les jours dans les médias. Mais au-delà de cet univers politique, c'est bien à ces quatre hommes que je me suis attachée. Des hommes pris dans leurs états d'âme, entre leurs idéaux et la réalité, des hommes qui vont sortir de leur chrysalide adolescente pour devenir des acteurs de leur temps.

Merci à Albin Michel pour cette découverte de la rentrée littéraire.

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : Le bonheur national brut, François Roux, Éditions Albin Michel, 2014, 688 pages.

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