Miss Alfie, croqueuse de livres... & Compagnie !

Carrousel
vendredi 21 novembre 2014

Le liseur du 6h27 - Jean-Paul Didierlaurent

Le liseur du 6h27Guylain Vignolles travaille dans une entreprise chargée de recylcler les livres invendus. Chaque matin, il prends le RER pour se rendre à son travail et en profite pour faire partager aux voyageurs quelques extraits sauvés des griffes de la Zerstor 500. Un jour, il récupère une clé USB. Pour la rendre à son propriétaire, il l'ouvre...

J'avoue qu'après tout ce qu'on a pu dire de ce livre depuis sa sortie, j'étais un peu inquiète de m'y plonger, craignant de renouveler l'expérience Delacourt et de ressortir de cette lecture avec un sentiment de "Tout ça pour ça". Heureusement, ce ne fut pas le cas, Jean-Paul Didierlaurent se plaçant largement au dessus de Grégoire Delacourt pour raconter la vie d'anonymes qui vont voir leur destin chamboulé.

Il faut dire qu'à l'origine, Guylain Vignolles n'est pas gâté par la nature. Ou plutôt par ses parents. Avec ce nom et ce prénom, il en a entendu des vertes et des pas mures. Comment se retrouve-t-il à s'occuper de cette affreuse machine à broyer des livres, quasiment un monstre vorace ? Peu d'importance. L'essentiel est ce personnage assez mutique, que l'on ne sent guère animé de passion, jusqu'au jour où... Autour de Guylain, peu de personnages, essentiellement son ancien collègue touché par l'accident, qu'on découvrira peu à peu, et ce personnage qui apparaît à travers la découverte de Guylain.

Le liseur du 6h27 est un roman qui fait du bien à l'âme et au moral, qui rappelle qu'en notre monde anonyme, il y a encore moyen de donner du plaisir autour de soi sans s'en rendre forcément compte... Un bonbon de douceur et d'humanité écrit avec une plume de qualité, sans tomber dans la mièvrerie ou le pathos. Bref, une délicieuse découverte d'automne, à savourer sous un plaid avec une boisson chaude le prochain dimanche de pluie !

Ce qu'on en dit ailleurs : beaucoup de choses, le mieux est d'aller faire un tour sur Babelio pour vous en rendre compte !

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : Le liseur du 6h27, jean-Paul Didierlaurent, Éditions Au diable vauvert, 2014, 218 pages.

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jeudi 20 novembre 2014

Au milieu de nulle part

2014

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mercredi 19 novembre 2014

La Lune est blanche - François et Emmanuel Lepage

LLEB_COUVEn 2011, Yves Frenot, le directeur de l’IPEV, l'institut polaire français, invite François et Emmanuel Lepage à rendre compte, dans un livre mêlant bande dessinée et photos, d’une mission scientifique sur la base française antarctique Dumont d’Urville, en terre Adélie. En outre, il leur propose de participer, comme chauffeurs, au raid de ravitaillement de la base Concordia, située au cœur du continent antarctique, à 1 200 km de Dumont d’Urville ! Le Raid, comme on l’appelle, est LA grande aventure polaire !

Après la première expérience extraordinaire avec le Voyage aux Îles de la Désolation, Emmanuel Lepage revient pour un second épisode de ses aventures dans le Grand Sud, en compagnie de son frère pour explorer le continent le plus mystérieux : l'Antarctique. Autant dire que j'attends cet ouvrage depuis un moment. Les Îles de la Désolation m'avaient passionné, l'interlude sur Tchernobyl n'était pas moins convaincant, bref, avec un troisième BD-reportage, scientifique qui plus est, accompagné des photos de François, cet ouvrage ne pouvait être qu'une formidable réussite. C'est donc à ce moment que je revêts mon habit sinistre pour apporter un bémol au concert d'éloges qui habillent la sortie de cet album.

Oh, ce n'est pas tant les dessins d'Emmanuel Lepage ou les photos de François Lepage qui soient mauvais, bien au contraire. Les dessins sont toujours aussi magnifiques, les paysages merveilleux, les couleurs, les reliefs, les ombres extraordianaires. Les photos quant à elle retranscrivent l'atmosphère qui règne dans l'équipe et dans le voyage. On pourra éventuellement reprocher à l'éditeur de publier ces photos, et quelques rares planches, sur double page, ce qui fait perdre un petit peu de vision globale de l'image mais ce n'est qu'un reproche minime dontle lecteur passera facilement outre.

De la même façon, les rappels historiques sont toujours bienvenus, bien documentés et parfaitement mis en page, là n'est pas le problème. On retrouve l'histoire de la découverte du continent, la conquête du Pôle Sud avec la course entre Amundsen et Scott ou l'épopée de l'Endurance avec Shackleton. Là aussi, Lepage adapte la couleur de ses dessins à l'époque et les premières découvertes se font sur des teintes sépia.

LLEB_PLEn fait, le déroulement de l'aventure conduit à une immense frustration pour le lecteur. Le bâteau qui conduit les frères Lepage ainsi qu'une équipe de scientifiques de Hobart (Tasmanie) à Dumont d'Urville se retrouve bloqué par les glaces pendant une quinzaine de jours et le programme scientifique autant que l'organisation de la base s'en trouvent perturbés et le Grand Raid est également perturbé. D'ailleurs, pour préciser mon pitch (que j'ai bêtement repris sur la quatrième de couv'), le Grand Raid n'est pas proposé aux frères Lepage, ce sont ces derniers qui proposent leurs services et qui, une fois leur place retenue, font de ce raid leur Everest du voyage. Bref, une fois arrivés à Dumont d'Urville, les deux frères voient leur programme chamboulé. Il leur est proposé une seule place sur le Raid qui part le lendemain, l'autre restant sur la base pour parler des missions scientifiques. Après moultes péripéties, les frères Lepage finissent par embarquer tous les deux sur le Raid. Or, de deux choses l'une, le Raid à proprement parler n'a qu'un intérêt très limité (pour ne pas dire inexistant) et les missions scientifiques sur Dumont d'Urville sont de fait complètement occultées. De la même façon, le cahier final présentant la base Concordia à l'aide de photos et de texte apporte certes des informations mais semble deconnecté du bloc racontant l'ensemble du voyage.

Plutôt que la déception, donc, c'est surtout la frustration qui ressort de la lecture de cet ouvrage. Si la première moitié est passionnante par l'apport d'informations, la seconde moitié se révèle plutôt terne dans la mesure où elle relate le bonheur de deux frères dans des gros camions sur un trajet sans réel intérêt (que ce soit d'un point de vue culturel, scientifique ou graphique). Il aurait été tellement plus intéressant de voir comment la base de Dumont d'Urville fonctionnait et d'expliquer le rôle, le but et le contenu des bases françaises en Antarctique. Si on comprend également que ce voyage et cet ouvrage ont permis à François et Emmanuel Lepage de se retrouver en tant que frères, il laisse un petit peu le lecteur au bord du chemin et sur sa faim alors qu'il attendait, que j'attendais beaucoup de cette Lune blanche.

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture : La Lune est blanche, François et Emmanuel Lepage, Éditions Futuropolis, 2014.

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mardi 18 novembre 2014

Zen écossais

2014

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lundi 17 novembre 2014

L'Incertain - Virginie Ollagnier

L'Incertain

1968. Zoltan apprend par hasard la mort de son premier amour, Jiska. Il quitte Paris pour assister à ses obsèques à Nice. Seule Iéva, la petite fille de Jiska, vient discuter avec cet homme de soixante ans. Pour elle, Zoltan accepte de revenir sur son histoire et sur l'histoire de sa grand-mère.

L'Incertain, ce livre me semble tellement bien porter son nom. Incertaine, c'est ainsi que je me sens à l'issue de cette lecture. Incertaine quant à mon plaisir de lecture, incertaine quant à l'intérêt réel de ce roman... Pourtant, j'avoue que ça démarrait plutôt bien avec la révolution russe et la fuite d'une famille de Russes blancs par la Turquie, la Hongrie et la France, avec l'évolution d'un jeune homme devenant un homme au fil de son exil et de ses rencontres... Et puis...

Et puis Virginie Ollagnier me semble avoir voulu passer par trop de sujets pour que l'ensemble soit réellement passionnant. La narration faite d'allers et retours entre le passé de Zoltan et son présent, si elle a réussi à ne pas trop me perdre, m'a laissé une sensation de pointillés... On passe de la Russie du début du siècle à Paris en 68 en faisant quelques escales dans les États-unis des années 30 mais sans réellement avoir le temps de s'installer et de s'attacher aux personnages. Si bon nombre sont récurrents, ce mode narratif un peu décousu ne m'a pas forcément aidé à les voir réellement évoluer et grandir au fil de ces années. Quant au contexte social et politique, s'il est évoqué par bribes, il apparaît bien trop peu alors qu'il n'en demeure pas moins passionnant, éclipsé par les réflexions d'un soixantenaire plus intéressé par son objectif final : mettre dans son lit la petite fille de son amour de jeunesse...

Je suis peut-être dure avec ce roman, mais j'avoue qu'au fil des pages, j'avais plus envie de secouer ce Zoltan que de suivre son évolution et sa maturation. Provocateur, l'homme apparaît comme principalement centré sur lui même dans les romans qu'il écrit, et là où le roman de Virginie Ollagnier est pertinent, c'est qu'en tant que personnage de roman, il est omni présent et égocentré.

Si L'incertain a en lui toutes les bases d'une fabuleuse fresque amoureuse et politique, le traitement qu'en propose Virginie Ollagnier m'a laissée sur ma faim sur bien des aspects...

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : L'Incertain, Viriginie Ollagnier, Éditions Points, 2011, 448 pages.

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