A crier dans les ruines

En avril 1986, Léna a 13 ans quand l'un des réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose. Avec ses parents qui travaillaient sur le site et sa grand-mère, la jeune fille fuit l'Ukraine pour s'installer en France. Alors qu'elle croyait à un au-revoir, elle doit finalement apprendre à vivre avec un adieu non dit à Ivan, son ami d'enfance, son alter ego.

J'avais à coeur de lire ce roman et de vous en parler, car Alexandra est une ancienne blogueuse que j'ai suivi il y a maintenant près de douze ans quand j'ai commencé moi-même à bloguer... Professeur de français, latin et grec ancien, Alexandra Koszelyk nous livre son premier roman, tout en émotion et en poésie, pour évoquer l'une des tragédie du vingtième siècle.

Ce roman s'ouvre sur le retour de Léna à Pripiat, la ville voisine de Tchernobyl où elle vivait avec ses parents, une ville construite au début des années 1970 et qui se voulait l'une des vitrines modernes de l'URSS. Mais en moins d'une semaine, la ville sera vidée de ses occupants : au coeur de la "Zone" (sous-entendue contaminée), Pipriat est maintenant une ville fantôme dans laquelle les animaux errent et qui a été reprise par la nature... Et pourtant, derrière le danger, derrière la mort, rodent la vie et l'espoir.

Avec une écriture à la fois délicate et puissante, Alexandra Koszelyk livre une histoire d'amour et de résilience. Elle rappelle combien un arrachement comme celui que va vivre Léna peut être un traumatisme et marquer toute sa vie future. Pour un premier roman, j'ai trouvé très peu de faiblesses et de lacunes, je me suis laissée envahir par l'univers poétique créé par les mots d'Alexandra.

En refermant ce roman, je n'ai eu qu'une envie : me replonger dans la bande dessinée d'Emmanuel Lepage Un printemps à Tchernobyl pour remettre des images sur les mots d'Alexandra. Bien m'en a pris : l'Homme, qui a eu la chance de la rencontrer en dédicace, m'a indiqué que cet album aurait nourri l'inspiration de l'autrice, tout comme l'ouvrage de Svetlana Aleksievitch, La supplication.

Je souhaite maintenant à Alexandra de pouvoir poursuivre sa carrière d'écrivaine car elle a semé une belle graine avec ce roman !

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture : A crier dans les ruines, Alexandra Koszelyk, éditions Aux forges de Vulcain, 2019, 254 pages.