SUPP_COUVTchernobyl. Ce mot évoque dorénavant une catastrophe écologique majeure. Mais que savons-nous du drame humain, quotidien, qui a suivi l'explosion de la centrale ? Svetlana Alexievitch nous laisse entrevoir un monde bouleversant : celui des survivants, à qui elle cède la parole. L'evènement prend alors une autre dimension. Pour la première fois, écoutons les voix suppliciées de Tchenobyl. 

Oh, je vous vois venir, bande de sacripants. Le gugusse a lu La supplication pour pouvoir dire "j'ai lu un prix Nobel". Je vous arrête sur le champ. Cette lecture me trotte dans la tête depuis un moment, depuis que quelques lignes du premier chapitre figurent dans le très bel album d'Emmanuel Lepage Un printemps à Tchernobyl. D'une violence brute, elles ont attisé ma curiosité. Le Nobel a sans doute été un catalyseur pour passer à l'acte.

Et effectivement, le premier chapitre en guise d'introduction est terrible. Intense. Un brutal témoignage d'une veuve qui raconte le calvaire de son mari liquidateur et les conséquences sur sa vie et sa santé. Autant dire que, dès le début, le récit prend aux tripes. 

Le fait est que ça se dissipe au fil des pages. Bien que les témoignages ne manquent pas d'intérêt, que ce soit sur les mensonges des autorités, le ressenti des locaux, les conséquences sanitaires et écologiques, le fait est que le texte ne soit qu'un "simple" recueil de témoignages fait qu'on a du mal à conserver l'attention. De fait, si le fond est passionnant, la forme apporte au lecteur une certaine lassitude au fil de la lecture. 

Texte © Alfie's mec, 2016.
Couverture : La Supplication, Svetlana Alexievitch (trad. : Galia Ackermann et Pierre Lorrain), Éditions J'ai Lu, 1997, 1998 en France.