Les brumes de Riverton

Présentation de l'éditeur : Été 1924, dans la propriété de Riverton. L’étoile montante de la poésie anglaise, lord Robert Hunter, se donne la mort au bord d’un lac, au cours d’une soirée. Dès lors, les sœurs Emmeline et Hannah Hartford, seuls témoins de ce drame, ne se sont plus adressé la parole. Selon la rumeur, l’une était sa fiancée et l’autre son amante…
1999. Une jeune réalisatrice décide de faire un film autour de ce scandale et s’adresse au dernier témoin vivant, Grace Bradley, à l’époque domestique au château. Grace s’est toujours efforcée d’oublier cette nuit-là. Mais les fantômes du passé ne demandent qu’à se réveiller…

Le mois de juin toque à la porte, et avec lui le goût des vacances d'été, cette période au cours de laquelle nous sommes nombreux à prendre plusieurs semaines de congés au cours desquelles nous nous plongerons dans des romans. Et pour cet été, je viens donc vous proposer ce pavé qui ne se glissera certes pas dans toutes les poches (à moins de l'avoir en format numérique, astuce !), mais remplira parfaitement son office de "roman de vacances". 

Que l'épaisseur de ce roman ne vous effraie pas : il se lit d'une traite et très facilement. On se retrouve plongée dans une ambiance à la Downtown Abbey dans laquelle on suit l'histoire de Grace, qui fut domestique dans l'une de ces maisons nobles d'Angleterre au début du siècle. Mais Grace est aussi le seul témoin encore vivant d'un drame, drame dont elle n'a jamais voulu parler. Alors, au fil des pages, le lecteur se fait confident et devient l'oreille à qui Grace va accepter de raconter ses secrets. Car un secret ne vient jamais seul dans les bons romans à mystère et les bonnes sagas familiales. C'est peut-être d'ailleurs l'un des défauts de ce roman, son accumulation de secrets et de révélations qui finissent par ne plus avoir grand intérêt car j'ai trouvé que l'autrice ne les exploitait pas à leur juste mesure...

Sans être LE roman de l'année, j'ai passé un très bon moment en compagnie de Grace et ai beaucoup apprécié ce moment de lecture. J'ai aimé me plonger de longues heures dans cette famille, dans cette histoire, je me suis attachée à certains personnages, j'ai aimé me tapir sur l'épaule de Grace pour observer ce monde en changement. Bref, un très bon conseil du libraire qui, une fois de plus, a tapé juste quand je lui ai demandé "une saga familiale pour les vacances".

Toutefois, je serai vigilante si je relis cette romancière : un petit tour dans sa bibliographie et dans le pitch de ses histoires me laisse à penser qu'elle exploite souvent ce concept de secret et de mystère, avec des allers et retours dans le temps... Attention à ne pas lasser le lecteur madame Morton !

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture : Les Brumes de Riverton, Kate Morton, traduit de l'anglais (Australie) par Hélène Collon, éditions Pocket, 2019, 704 pages.