combat-ordinaire-le-integraleMarco est photographe. Il vit à la campagne, loin de son frère qui habite en banlieue parisienne, loin de ses parents qui vivent en bord de mer. Son père, ancien ouvrier du chantier naval du coin, souffre de la maladie d'Alzheime. Et puis un jour, Marco rencontre Emilie en emmenant son chat se faire soigner au cabinet vétérinaire du coin. Et puis un jour, il se fait renvoyer du journal pour lequel il travaille. Et puis un jour, son père meurt...

La première fois que j'ai lu Le combat ordinaire, j'avais 22 ans, je ne connaissais globalement rien à la vie et je n'avais pas vu la puissance sous-jacente de cette histoire. Oui, à 22 ans, on est jeune, on pense connaître des trucs, mais en faire que dalle. En revanche, à 35 ans, on a déjà un peu plus d'expérience, on a vu deux-trois trucs en plus, on a dû faire quelques choix qui ont profondément bouleversé nos vies, on est passé par des remises en question, parfois.

Du coup, à 35 ans, Le combat ordinaire, ça parle déjà un peu plus. Ca parle d'autant plus que ça cause d'un mec qui a plutôt a trentaine que la vingtaine, un mec qui va devoir faire des choix, en assumer les conséquences, mais surtout d'un mec qui s'interroge sur le sens de sa vie. Et ça, oui, j'avoue, ça m'a parlé. 

Côté plume, Manu Larcenet nous offre notamment quelques planches magnifiques de reproductions de photographies qui ne sont pas sans rappeler le travail qui fera quelques années plus tard à la plume et à l'encre dans Le rapport de Brodeck

Le combat ordinaire, c'est un peu comme les bouquins d'Olivier Adam : mieux vaut avoir le moral bien accroché pour s'y plonger, mais à l'arrivée on ne regrette pas, on se sent plus fort, on se sent grandi.

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture : Le combat ordinaire (intégrale), Manu Larcenet, éditions Dargaud, 2014, 232 pages.