Le complexe d'Eden BellwetherAlors qu'il sort de son travail à la maison de retraite, Oscar est attiré par la musique venu d'une église. En y entrant, il ne sait pas encore qu'il va rencontrer Iris et Eden Bellwether, et que sa vie risque d'en être bouleversée.

Tout comme dans Corps et âme, la musique occupe une place essentielle dans Le complexe d'Eden Bellwether. Mais nous arrêterons là toute comparaison entre ces deux bouquins. Si dans le premier, la musique est source de joie, d'épanouissement, de succès, c'est ici son pendant le plus sombre que le lecteur va côtoyer, la folie qu'elle va engendrer et les drames qui vont en découler.

Les premières pages, les deux premiers chapitres plus précisément, laissent penser à une histoire de bandes, Oscar allant rencontrer deux gosses de riches et leurs quelques amis. Mais rapidement, l'intrigue vire vers quelque chose de beaucoup plus sombre, beaucoup plus dérangeant. Le lecteur peut être un peu surpris, mais Eden apparaît quand même très vite comme un personnage un brin dysfonctionnant bien qu'il soit le coeur de cette petite bande. Un personnage qu'on pourrait suspecter d'être autiste, ou surdoué, ou les deux. Mais au fil des pages, on se rend compte que la personnalité d'Eden est bien plus sombre et compliquée qu'il n'y paraît. Manipulation, sentiment de toute puissance : Eden semble vouloir démontrer qu'il contrôle la musique et qu'avec elle, il peut faire ce qu'il veut. Jusqu'au moment de la bascule fatidique...

Au-delà des aspects psychiatriques, Benjamin Wood propose un roman qui s'inspire de l'hypnothérapie. En déroulant la folie d'Eden derrière un principe utilisé en médecine, parfois même dans des interventions chirurgicales, l'auteur joue avec les concepts et évoque des difficultés psychiatriques de manière simple, avec une intégration complète des notions dans l'intrigue.

Roman d'amour, roman d'amitié, Le complexe d'Eden Bellwether est aussi et surtout un roman psychologique et noir. Inclassable. Au final, Benjamin Wood nous livre une histoire passionnante, un ouvrage qu'on quitte avec regret tant ses personnages sont venus s'immiscer dans nos consciences à notre insu... De manière hypnotique ?...

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Le complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood, traduit de l'anglais par Renaud Morin, éditions Livre de poche, 2016, 576 pages.