funny girlA peine élu Miss Blackpool, Barbara rend sa couronne et file à Londres. Défiler sur un podium, inaugurer la nouvelle maison de retraite et devoir sourire à un photographe pour se simple fait d'être jolie, très peu pour elle. Son rêve ? Faire rire un public. Et pour cela, elle forcera les portes avec humour et conviction.

Nick Hornby fait partie de ses écrivains que j'ai découvert post-adolescente avec Pour un garçon et High Fidelity et que je retrouve toujours avec beaucoup de plaisir. Avec Funny girl, il embarque ses lecteurs dans les années 60, bien loin des questions sociétales d'aujourd'hui qu'il pouvait aborder dans certains de ses précédents romans. On y croise des célébrités réelles ou fictives, des articles de journaux et des photos qui se mêlent au point que le lecteur ne saura plus ce qui relève du réel et ce qui est fiction.

Découpé à la manière d'une série en saisons, Funny girl aborde des sujets d'époque, évoque la politique mais aussi les relations entre hommes et femmes, l'homosexualité (encore répréhensible là bas aussi) et l'ambivalence sexuelle, le tout avec humour et délicatesse : Nick Hornby livre un roman où rien n'est lourd, tout semble léger, mais duquel on ressort quand même un peu chamboulé car on s'est attaché à ces personnages...

Mon petit bémol tient juste à la fin que j'ai trouvé longuette... A la décharge de Nick Hornby, il n'a fait que suivre la mode des revivals de série (on se souvient du retour de Dallas...). Mais parfois, il est bon de laisser les personnages finir leur vie sans les faire revenir : ils perdent de leur charme, parfois de leur subtilité, et finissent par laisser au lecteur un goût de déjà vu. Dommage quand la grande grande majorité de l'histoire est un petit plaisir pour les amateurs des sixties, à écouter avec les Beatles ou les Stones en fond sonore !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Funny girl, Nick Hornby, Éditions Stock, Collection La Cosmopolite, 2015, 432 pages.