homme lewis

Fin Macleod est de retour sur Lewis. Fraîchement divorcé, il a quitté la police et vient retaper la maison de ses parents pour s'y installer. Mais la découverte d'un corps dans les tourbières et les sollicitations du flic local, George Gunn, l'amène à remonter l'histoire aux côtés de Tormod Macdonald, père de son amour d'enfance Marsaili...

Après L'île des chasseurs d'oiseaux, j'avais clairement dit que je voulais poursuivre la lecture de cette trilogie, d'un niveau qui me semble largement supérieur aux enquêtes chinoises de Peter May. Le Scotland Trip était l'occasion pour glisser dans ma valise les deux derniers opus. Je commence donc dans l'ordre en vous causant aujourd'hui du 2e volume de cette trilogie, L'homme de Lewis

Tout d'abord, il convient de vous mettre en garde : si vous n'avez pas lu L'île des chasseurs d'oiseaux, vous risquez d'être un peu perdus, les personnages étant globalement les mêmes, et les révélations découvertes à la fin du premier volume trouvant leur suite dans cet opus. Mais si vous avez lu et aimé le premier, vous ne pourrez que lire et aimer le deuxième.

D'un point de vue narratif, Peter May introduit deux types de narration, dont un narrateur qui parle à la première personne, à savoir le vieux Tormod, atteint d'Alzheimer. Le procédé est fort intéressant puisque le lecteur découvre à travers la voix de Tormod son histoire, histoire qu'il ne réussit pas à verbaliser à sa fille et à Fin qui devront mener l'enquête pour la découvrir tandis que nous, bien confortablement installé dans notre salon, comprenons peu à peu ce qui se trame. A noter qu'en fouinant sur le web, certains relevaient la similitude du procédé narratif avec le premier volume, mais comme j'ai lu le premier il y a plus d'un an et demi, j'avoue que cela ne m'a pas choqué !

Côté intrigue, rien à redire, le tout est bien ficelé, même si assez prévisible. Culturellement et historiquement, s'intéresser au vieux Tormod permet de remonter le temps et de découvrir la vie en Écosse et plus particulièrement sur les îles dans la première moitié du siècle. Les conflits entre protestants et catholiques y ont une bonne place, reflet de l'histoire de cette région partagée depuis le XVIe siècle. Peter May lève également le voile sur des pans sombres de l'histoire de l'Écosse, mais sur ce point, je ne vous en dirai pas plus pour que vous puissiez profiter à plein de l'intrigue !

Avec sa connaissance des traditions locales et sa maîtrise de la région, Peter May nous sert encore une fois un roman passionnant qui se dévore, de préférence avec un petit feu de tourbe et un bon thé !

LogoST

Ce qu'on en dit ailleurs : 

  • Nourritures en tout genre : "L'auteur sait bien rendre, avec une justesse de mots impressionnante, cet attachement entre les protagonistes, même quand ils ne savent pas l'exprimer eux-mêmes."
  • Le goût des livres : "Si l'enquête m'a paru un peu plus faible que dans le premier, j'ai à nouveau grandement apprécié l'ambiance de l'île, la dureté du climat, la rudesse des habitants et leur côté taiseux."
  • Plaisirs à cultiver : "Malgré les fortes similitudes avec "L’île des chasseurs d’oiseaux", l’intrigue de "L’homme de Lewis" est excellente et particulièrement glaçante."
  • Lettres exprès : "Au final, j’ai aimé ce polar prenant, bien écrit, mettant aussi bien en lumière les lieux que les protagonistes, à la lenteur assumée, à part la fin plus trépidante…"

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : L'homme de Lewis, Peter May, traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue, Éditions Actes sud, collection Babel noir, 2013, 380 pages.