l'ile aux chasseurs d'oiseauxEnquêteur à Edimbourg, Fin McLeod est envoyé sur l'île de Lewis pour enquêter sur une affaire qui ressemble étrangement à un meurtre déjà survenu à Edimbourg. McLeod connaît bien l'île et ses habitants puisqu'il y est né et y a vécu près d'une vingtaine d'années avant de rallier "le continent". Marqué par la mort récente de son fils, McLeod va partir sur les traces du passé...

En errant dans Strabsourg il y a quelques semaines, j'ai poussé la porte d'une librairie qui m'avait été conseillée par quelques amateurs de livres. Venant de terminer le dernier Winckler dans un stub avec une bière, il me fallait de quoi poursuivre mon après-midi d'attente. L'Ile des chasseurs d'oiseaux a rapidement retenu mon attention : une histoire de meurtre, en Écosse, sur une île ventée, vendu !

Peter May réussit à faire de son roman une double histoire qui se dénoue dans les dernières pages. Il lève le voile parallèlement sur le crime qui a été commis sur l'île et sur l'histoire de McLeod. A posteriori, la construction semble très logique, mais le suspense reste de mise tout au long de l'histoire, même si un ou deux éléments apparaîtront peut-être un peu trop simplement au lecteur de polar averti.

Au-delà de l'enquête, ce livre est très intéressant d'un point de vue culturel puisque Peter May, lui-même écossais, nous embarque dans la vie d'une île, avec les caractéristiques d'autarcie inhérente à toute vie insulaire, mais d'une île marqué par de fortes traditions écossaises. Le gaélique y est encore régulièrement parlé, les hommes se rendent tous les ans sur une petite île au large récupérer des bébés de fous de bassan, et le sabbat chrétien est encore de mise. Autant dire que pour McLeod, parti sur la grande île des années plus tôt, le retour est troublant...

L'Ile des chasseurs d'oiseaux conviendra aux amateurs de romans noirs permettant en même temps la découverte d'une culture et d'un mode de vie. Peter May nous livre une chouette intrigue, qui mérite qu'on s'y arrête, et même qu'on y revienne puisque la suite des enquêtes de McLeod, L'homme de Lewis, vient de sortir chez Babel noir.

Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : L'Ile des chasseurs d'oiseaux, Peter May, traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue, Éditions Actes Sud, Collection Babel noir, 2011, 425 pages.