Si si, parfois, je scribouille. Bon, plus tellement aujourd'hui, il faut le reconnaître... Mais il fut un temps, j'écrivais pas mal... J'ai même eu la prétention de rejoindre un atelier d'écriture pendant quelques mois il y a quelques années... Mais depuis... Depuis le temps a passé seules restent les pensées, et il a fallu que je me promène sur Babelio pour découvrir le challenge d'écriture lancé par Lili autour de la neige. Si l'envie d'écrire autour de la neige vous branche, vous trouverez tous les renseignements utiles ici, et vous avez pour celà jusqu'au 30 avril ! En attendant de lire vos contributions, voici la mienne...

 

La bise mord les parcelles de mon visage qui ne sont pas recouvertes de tissus. Je plisse les yeux malgré le masque destiné à les protéger de la réverbération du soleil. Il a neigé toute la semaine. Chaque matin, il a fallu épousseter la voiture de son épais manteau blanc. En ville, les trottoirs sont réduits de moitié, embarrassés par des amoncellements de neige grisâtre, quand ils ne se sont pas transformés en patinoire.

Devant moi, s’étend un paysage de carte postale. Je sais, ça fait très cliché cette phrase. Mais elle convient tellement bien...

Je viens de descendre du téléski. Je me suis approchée de la table d’observation, engoncée dans mon anorak et mon pantalon de ski, les pieds prisonniers de chaussures rigides qui me donnent une démarche de robot, maladroite avec ces longues tiges à mes pieds que je croise sans arrêt et qui vont bien finir par me faire chuter.
Je suis là, face au ciel bleu, face au soleil blanc de février. Je n’entends que des bruits assourdis par mon bonnet plaqué sur mes oreilles.

Les arbres ont quitté leur manteau de feuille pour revêtir celui de neige. Leurs branches nues et brunes se sont parées d’un épais collier immaculé. Les conifères plient sous le poids de cette masse blanche venue recouvrir leurs perpétuelles aiguilles. Partout autour de nous, le blanc est roi.

Au fond, le Mont d’Or vient transpercer les quelques nuages qui commencent à s’amonceler dans le ciel. Quelques points noirs laissent supposer des skieurs dans le secteur.
À mes pieds, la piste m’attend, déjà lardée de quelques traces de glissade.
À mon tour de m’élancer, le décompte des gamelles annoncées a commencé.

 

morond

Texte et photo © Miss Alfie 2013.