un tour en enferDes morts étranges parmi les coureurs du Tour de France, voilà de quoi attirer l'attention de la police. Que cachent ces cadavres ? Que cachent ces coureur ?

Parfois, on se plante. On prend un livre, on regarde la quatrième de couverture, on est titillé, et on pense prendre un roman qui nous embarquera dans une enquête au coeur du monde du cyclisme. Le problème arrive quand on se rend rapidement compte qu'on s'est planté sur une bonne partie de la ligne. Quand bien même ce bouquin parle de cyclisme, soyons clairs : l'intrigue n'est qu'un prétexte pour attirer l'attention du lecteur sur le problème du dopage, mais de manière tellement irréelle que c'en devient parfois grotesque.

Oui, je suis peut-être dure avec Un tour en enfer, mais en rédigeant cette chronique quelques jours après en avoir achevé la lecture, je ne saisis toujours pas le message de James Waddington a voulu faire passer à ses lecteurs, si ce n'est de nous susurrer à l'oreille que le cyclisme est un sport sale dans lequel les performances sont obtenues grâce à des méthodes peu naturelles. Il est vrai qu'en 1998, date de publication du bouquin en Angleterre, l'affaire Festina levait le voile auprès du grand public sur des procédés employés depuis des années dans le sport de haut niveau, et notamment dans le cyclisme.

Dans l'absolu, le sujet pouvait être explosif, surtout à l'époque de la sortie du bouquin, avec toutes les affaires qui se sont enchaînées. Mais il aurait pu être intéressant de faire une histoire un peu cohérente, pas une intrigue totalement ubuesque et fantasque... En tout cas, la lectrice que je suis a eu un mal de chien à rentrer dans l'histoire, le summum du délire étant immortalisé dans les chapitres de fin... D'autant que le reste du bouquin laisse totalement de côté l'enquête policière pour se concentrer sur les stratégies de courses et du peloton pour mener un tel ou un tel à la victoire et que les descriptions de Machin qui prend la roue de Bidule pour tirer Truc en haut de la côte. Et ça, sincèrement, ça me fait pas rêver, désolée mon chéri !

Qu'on nous parle du dopage dans le cyclisme et plus largement dans le sport de haut niveau, je ne suis pas contre. Mais encore faudrait-il avoir en tête cette très juste remarque de notre cycliste français Thomas Voeckler qui, à l'issue du Tour de France et en réponse à un journaliste lui demandant son sentiment sur les affaires de dopages ayant marqué le Tour 2012, rappelait que si l'on parle davantage de dopage aujourd'hui, ce n'est parce qu'il y a plus de dopage dans les équipes, c'est juste que les contrôles ont été renforcés et permettent d'assainir un sport à la réputation bien entamée.

Un livre à réserver aux fans de cyclisme adeptes de romans totalement délirants. Ça risque de réduire le champs des lecteurs potentiels !...

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : Un tour en enfer, James Waddington, traduit de l'anglais par Marie-Lise et Guillaume Marlière, Éditions Phébus, collection Libreto, 2012, 256 pages.