pitieDans un café, le narrateur fait la connaissance d'un homme qu'on lui présente comme un héros de la guerre. Quelques jours plus tard, cet homme lui confie qu'il n'est pas celui qu'on croit. Bien des années plus tôt, son courage fut mis à rude épreuve face à une jeune femme paralytique...

Je tiens tout d'abord à remercier la CM du Livre de Poche qui, lorsque j'ai publié il y a quelques semaines ma chronique sur Vingt-quatre heures de la vie d'une femme m'a contacté pour me parler de cet ouvrage et a gentiment accepté de me l'envoyer pour que je le découvre. S'agissant seulement du deuxième ouvrage de Zweig que je lis, il m'est difficile de commencer à tirer des conclusions ou des hypothèses quant à l'oeuvre de cet auteur, mais j'ai été surprise en voyant l'épaisseur de l'ouvrage : et oui, Zweig n'a pas écrit que des nouvelles ou des courts romans !

Pourtant, La pitié dangereuse ou L'impatience du coeur reprend un certain nombre des caractéristiques de la nouvelle, à commencer par le faible nombre de personnages et l'évolution psychologique du héros au coeur de l'histoire. Mais du coup, cela s'étale sur 500 pages, avec par moment, quelques longueurs introspectives que je me suis permise de survoler malgré leur qualité littéraire !

Car là où j'ai eu de nouveau du plaisir, c'est à lire Zweig. Certes, un Zweig traduit, mais on ne peut là encore manquer de souligner le talent des traducteurs qui nous offrent un style littéraire fluide et délicat. Mais derrière les mots, ce sont les notions que Zweig développe qui m'intéressent, les émotions qu'il décrit, cette capacité à se glisser au plus profond de l'âme humaine, à reconnaître qu'un acte délicat envers autrui peut apporter une satisfaction purement égoïste...

La pitié dangereuse apparaît au final comme une sorte de roman initiatique, le parcours d'un jeune homme militaire, à la veille de bouleversements mondiaux, un homme qui découvre ses sentiments, ses émotions, son pouvoir envers les autres, pouvoir dont il se servira plus ou moins volontairement, pouvoir qu'il apprendra à dompter au risque de provoquer quelques drames...

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : La pitié dangereuse ou L'impatience du coeur, Stefan Zweig, traduit de l'allemand par Alzir Hella, traduction révisée par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent, Éditions Livre de Poche, 2012, 504 pages.