un sur deuxLorsque le réveil sonne à sept heures, il lui faut quelques instants pour émerger. Généralement, elle ne conserve aucun souvenir du flash d'informations qui parvient à ses oreilles depuis le radio-réveil. Doucement, elle repousse la couette et sort du lit, va ouvrir le volet et grimace les jours où le ciel est gris.

En passant par la cuisine, elle appuie sur le bouton de la cafetière préparée la veille et se verse un verre de jus de fruits. Avant de se rendre à la salle de bain, elle allume la radio et prend la pile de vêtements qui ont passé la nuit sur le canapé. Les premières informations commencent à s'imprimer dans son cerveau tandis qu'elle pénètre dans la douche et que l'odeur de café se faufile dans l'appartement.

Une fois lavée, elle essuie vigoureusement ses cheveux courts et s'habille, vérifiant que les vêtements préparés la veille correspondent aux prévisions des météorologistes. Elle n'aime pas devoir changer au dernier moment, la journée qui s'ensuit devient généralement mauvaise. Elle verse ensuite son café dans un grand bol et rajoute du lait. Avec, elle mange deux biscotte tartinées de beurre doux. Les jours de fête, elle s'accorde un peu de confiture.

Avant de partir travailler, elle se maquille légèrement, ajuste sa montre à son poignet et choisis une paire de boucles d'oreilles. Elle refait son lit en prenant soin qu'aucun pli ne marque le draps et observe avec satisfaction le tissus blanc qui enveloppe la couverture rouge qu'elle change toutes les semaines.

A huit heures et trente minutes, elle monte dans sa voiture. Elle croise toujours les mêmes enfants qui arrivent en retard à l'école du bas de la rue. Elle se dit que leurs parents sont bien laxistes et devraient être plus attentifs à la ponctualité de leur progéniture. Elle tourne à gauche, à droite puis encore à gauche et récupère le grand boulevard. Vingt minutes plus tard, vingt-trois si elle a suivi le bus, elle gare sa voiture devant l'immeuble de bureaux où elle travaille, vérifie que les portières sont bien fermées et passe son badge devant la cellule qui déclenche l'ouverture de la porte.

Au troisième étage, elle prend le couloir de gauche et pousse la troisième porte sur la droite. Elle dépose son imper beige sur le porte manteau et range son sac à main dans le tiroir du bureau qui ferme à clé, gardant la clé sur elle depuis qu'on a signalé des vols à l'étage inférieur. Il est neuf heures précises quand elle allume son ordinateur.

Texte © Miss Alfie 2011.