samedi 25 juin 2011

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants - Mathias Enard

enardEn 1506, Michel-Ange a rejoint sa ville d'origine, Florence. Il y reçoit une invitation du sultan de Constantinople, Bajazet, qui lui propose de venir concevoir un pont sur la Corne d'Or, ce détroit qui sépare les deux parties de la ville. Michel-Ange va embarquer pour le monde Ottoman, pour tenter de réussir là où le grand Léonard de Vinci a échoué.

Couronné par le prix Goncourt de lycéens en 2010, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants m'a laissé sur ma faim... Je dois dire que si ce titre fut pour certains lecteurs un véritable coup de coeur, j'ai dû passer à côté de la magie du livre. Peut-être aussi avais-je, lors de ma lecture, envie ou besoin de quelque chose de plus rythmé, et dans ce cas, je peut tout à fait expliquer ce sentiment mitigé que je garde une fois refermé ce court roman...

Avec son cinquième roman, Mathias Enard nous embarque pour un voyage dans le temps et dans l'espace : direction le seizième siècle et un bassin méditerranéen en pleine mutation. On suit la trace de Michel-Ange, célèbre artiste de la Renaissance connu pour ses sculptures et pour, notamment, le plafond de la chapelle Sixtine qu'il réalisa de 1508 à 1512, de Florence à Constantinople, qui ne s'appelle pas encore Istanbul et où juifs et arabes refusant de se convertir au catholicisme et chassés d'Espagne se sont réfugiés. C'est donc un monde cosmopolite, navigant entre les trois religions monothéistes que cotoie Michel-Ange pendant quelques mois. Et c'est là l'intérêt principal de ce roman. Cette dimension historique est celle qui m'a le plus intéressée, me poussant à poursuivre cette courte lecture malgré quelques soupirs au fil des pages...

Des soupirs que je lie à la fois au manque d'action (la seule action requérant un tant soit peu de suspense intervient à quelques pages de la fin de l'histoire, et apparaît de manière aussi détachée que les listes faites par Michel-Ange et dont Mathias Enard nous livre le contenu...) et au style de l'auteur dans lequel j'ai eu beaucoup de mal à rentrer... Mathias Enard nous propose une prose emprunte de poésie, mais parfois tellement poétique qu'elle en devient trop imagée et par moment complexe à comprendre à la première lecture... Écrit à partir d'éléments historiques, j'aurai cependant aimé que Parle-nous de batailles, de rois et d'éléphants brode un peu plus, nous embarque dans une fresque historique, nous parle plus longuement de cette danseuse mystérieuse, de batailles aux côtes de Jules II ou de Bajazet, des tavernes qui servent de refuge à Mesihi, de ces juifs enfuis d'Espagne où les rois catholiques ne permettaient aucun autre culte... Mais peut-être attendais-je trop...

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants reste cependant un beau roman pour qui recherche une lecture lente, descriptive et cependant exotique, qui permet de découvrir un artiste connu de nom et par son oeuvre mais dont, pour ma part, je ne connaissais aucunement la vie ou le caractère.

Une petite immersion au coeur des pages ?

"En peinture comme en architecture, l'oeuvre de Michelangelo Buonarroti devra beaucoup à Istanbul. Son regard est transformé par la ville et l'altérité ; des scènes, des couleurs, des formes imprégneront son travail pour le reste de sa vie. La coupole de Saint-Pierre s'inspire de Sainte-Sophie et de la mosquée de Bayazid ; la bibliothèque des Médicis de celle du sultan, qu'il fréquente avec Manuel ; les statues de la chapelle des Médicis et même le Moïse pour Jules II portent l'empreinte des attitudes et de personnages qu'il a rencontré ici, à Constantinople." (p. 91)

Petit_bac
Roman lu dans le cadre du Challenge Petit Bac organisé par Enna, catégorie "Animal".

Texte © Miss Alfie 2011, sauf citations.
Edition lue : Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias Enard, éditions Actes sud, 2010, 153 pages.

Posté par Miss Alfie à 07:30 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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Commentaires sur Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants - Mathias Enard

    Je me suis beaucoup ennuyée à la lecture de ce roman, qui heureusement est court !

    Posté par L'Irrégulière, samedi 25 juin 2011 à 10:20 | | Répondre
  • Un coup de coeur pour moi, j'ai justement apprécié que ce roman ne soit pas une fresque historique. C'est vrai que les avis sont très partagés et intéressants : ce que les uns ont aimé est souvent ce qui a gêné les autres, comme quoi.

    Posté par emmyne, samedi 25 juin 2011 à 12:19 | | Répondre
  • Je crains le pire :/ On me l'a offert, il est bien rangé dans la biblio : mais vais-je le sortir pour le lire ?

    Posté par Acr0, samedi 25 juin 2011 à 14:15 | | Répondre
  • Ton avis me refroidi un peu, ça fait fait un moment que je voulais le lire, mais je pense que je tenterai le coup quand même !

    Posté par eidole, samedi 25 juin 2011 à 22:17 | | Répondre
  • Quant à moi j'ai justement adoré ce style, ce manque d'actions !

    Posté par Leiloona, dimanche 26 juin 2011 à 09:39 | | Répondre
  • @ L'Irrégulière : Pour ma part, j'avoue que le fait qu'il soit court m'a permis de le terminer !

    @ Emmyne : Tout à fait ! Pour ma part, j'aurai aimé une fresque historique, car il y a tous les ingrédients pour en faire une !

    @ Acr0 : Il est court, tu peux toujours tenter le coup, ça ne te prendra pas trop de temps !

    @ Eidole : Il faut, car d'autres ont beaucoup aimé !

    @ Leiloona : Comme quoi Emmyne a raison en disant que ce qui a plu aux uns est ce qui déplaît aux autres !

    Posté par Miss Alfie, lundi 27 juin 2011 à 08:52 | | Répondre
  • Une lecture poétique mais pas inoubliable, c'est certain..

    Posté par Hélène, lundi 27 juin 2011 à 08:52 | | Répondre
  • Comme toi, j'ai trouvé que c'était un beau roman, mais...

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, mardi 28 juin 2011 à 10:03 | | Répondre
  • @ Hélène : Trop poétique pour moi finalement !

    @ Alex-Mot-à-Mots : Il y a de quoi en faire un très beau roman pourtant...

    Posté par Miss Alfie, mercredi 29 juin 2011 à 09:10 | | Répondre
  • Un roman creux, vide, sans intérêt. Pas d'histoire, pas d'émotion, personnages non attachants: un ensemble froid et ennuyeux.

    Posté par Nico, vendredi 16 mars 2012 à 11:59 | | Répondre
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