La beauté des joursJeanne travaille à la Poste. Le soir, rentrée chez elle, elle aime regarder passer les trains et imaginer la vie de leurs passages. Parfois, dans la rue, elle décide de suivre un ou une inconnu(e). Jusqu'au jour où le hasard la conduit sur les traces de son premier amoureux.

Claudie Gallay est une dame qui semble incarner la gentillesse et la douceur. Je dis "semble" car je ne lui ai parlé que quelques minutes, mais elle m'a inspirée quelque chose de l'ordre de la simplicité. Une délicatesse réelle semblait se dégager d'elle, à l'instar de ses ouvrages. 

Dans son dernier roman, point de description époustouflantes de tempêtes comme dans Les déferlantes, mais encore une fois, une femme en quête d'elle-même. Jeanne est une femme qui vit sa vie, quotidienne, simple, rythmée par des habitudes, une vie qui semble sereine et douce aux côtés de son mari. Mais peu à peu, le lecteur se rend compte que derrière la façade, se cache une autre Jeanne, plus fantastique, plus spontanée. Une Jeanne qui garde en elle un jardin secret marqué par une article serbe, Marina Abramović. Une Jeanne sur le fil, prête à basculer sur un coup de tête.

Avec La beauté des jours, on retrouve le style de Claudei Gallay, des phrases courtes, sans excès, qui résument la pensée de Jeanne de manière épurée et s'arrêtent sur des choses anodines. Cette écriture peut ne pas convenir, mais moi, je l'ai encore une fois aimé. Claudie Gallay ne décrit rien précisément, et pourtant tout est précis. Elle jongle avec des impressions, créant un tableau touche par touche et nous entraînant dans son atmosphère.

Femme face à ses désirs, face à son histoire, face à ses liens, femme en quête de bonheur et finalement, avant tout, de vie, Jeanne nous rappelle qu'il ne faut pas hésiter, que chaque jour doit être une vie à lui seul, qu'il faut oser pour ne jamais regretter.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : La beauté des jours, Claudie Gallay, éditions Actes sud, 2017, 416 pages.