Boulevard des BranquesJuin 1940. Alors que la France s'éparpille sur les routes, Nestor, détective à l'agence Bohman, est bien ennuyé : le psychiatre qu'il devait protégé est retrouvé mort. Alors que tout pousse à croire au suicide, la police relève des indices conduisant à un meurtre. Parallèlement, Nes prend la route pour tenter de découvrir qui est cet inconnu au tatouage espagnol qui l'appelle à l'aide par le biais d'un papier tombé de sa poche.

Il y a quelques années, j'avais découvert Patrick Pécherot avec Les brouillards de la Butte. Si l'intrigue ne m'avait pas laissée pantoise, j'avais bien aimé l'ambiance et le style de l'auteur. Alors quand je suis par hasard tombée sur Boulevard des Branques, je l'ai ouvert sans trop me poser de questions. Mais, ma curiosité me perdant ou m'aidant, j'ai découvert que ce roman achevait la trilogie démarrée avec Les brouillards. Sauf que qui dit trilogie, dit trois livres, et que je n'avais donc pas connaissance de celui du milieu, Belleville-Barcelone. Bon, cela n'a pas été dramatique, même si j'ai manqué quelques unes des aventures de Nestor, mais ce n'est pas là l'essentiel qu'il faut souligner.

Non, le point qui me parait surtout à souligner est l'hommage que rend Patrick Pécherot dans cette trilogie à un auteur parisien qui créa un détective désormais célèbre : Nestor... Burma ! Et oui, ces trois romans ne sont qu'une sorte de préquel à la série de romans imaginée par Léo Mallet. On y découvre donc Nestor lors de ses débuts parisiens au sein d'une agence de détectives, avant de pouvoir monter la sienne.

J'imagine que les aficionados de Burma sauront noter les clins d'oeil et autres codes repris par Patrick Pécherot, voire peut-être quelques aberrations, que sais-je. Pour ma part, je suis bien incapable de faire ce travail. Je sais juste que j'ai beaucoup apprécié ma lecture, la plume de Pécherot traduisant la gouaille des Parisiens, le tout avec un contexte historique extrêmement bien mis en valeur : l'Exode de juin 1940 et le début de l'occupation de la zone nord de la France. Pour son enquête, Pécherot embarque Burma dans les coulisses du monde médical d'alors, et notamment des établissements psychiatriques : les descriptions font froid dans le dos, mais là encore je crois que l'auteur a bien sur décrire le contexte de l'époque.

Roman d'atmosphère, où les secrétaires de détective expérimentent avec le boss les ressorts du canapé de l'agence, où le patron du bar-tabac du coin dégotte au marché noir de quoi faire une omelette baveuse, où l'on fume la pipe d'un air penseur en déchiffrant des photos mystérieuses, Boulevard des Branques m'a clairement donné envie d'aller explorer l'oeuvre de Léo Mallet. Voilà de quoi satisfaire les amateurs de romans noirs !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Boulevard des Branques, Patrick Pécherot, Editions Gallimard, Collection Folio policier, 2008, 336 pages.