brouillardsParis, 1926. Pipette a quitté Montpellier pour tenter sa chance à Paris. A la fois poète, petite main chez Félix-Potin, journaleux et petit malfrat, Pipette se retrouve bien ennuyé quand il tombe sur un cadavre dans un coffre-fort que ses acolytes et lui s'apprêtaient à cambrioler.

Quand vos amis vous offrent des livres, c'est toujours risqué. Risque qu'on les ai déjà. Risque qu'on les ai déjà lu tout simplement. Risque qu'on ne les aime pas au final. Sur ce coup-là, le choix fut judicieux puisqu'aucun des trois risques ne s'est présenté avec Les brouillards de la Butte. Je dirai même que j'ai fait une chouette découverte avec ce roman noir qui nous entraîne dans le Paris des années 20.

Avec une gouaille toute parisienne, Patrick Pécherot nous campe un univers et une atmosphère qui valent presque plus le détour que son intrigue. On arpente les rues de Montmartre de la Place Blanche au Sacré-Coeur à la suite d'un personnage principal débrouillard et attachant, on croise André Breton, Antonin Artaud ou encore La Goulue renvoyée des lumières aux caniveaux de la capitale. Les anciens combattants ne sont pas en reste et l'après-guerre marque fortement l'intrigue.

L'intrigue d'ailleurs reste assez "facile" et classique. Pas de grand rebondissement à la fin, un fil qui se déroule au fur et à mesure et ne surprendra pas forcément les grands lecteurs de romans policiers. Cependant, c'est vraiment pour l'atmosphère et le style qu'il crée que ce roman de Patrick Pécherot vaut le coup d'être lu.

Un voyage dans le temps porté par une plume gouailleuse et maîtrisée.

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : Les brouillards de la butte, Patrick Pécherot, Éditions Gallimard, collection Folio Policier, 2006, 284 pages.