LMI_COUV1150. Le Chaos, la guerre qui embrasa durant mille ans les terres d'Oscitan, prend fin. Alors que les combats masquaient les actes criminels, la paix les dévoile peu à peu. Meurtres, chantages, vols outrages, vices, conflits commerciaux, apparaissent au grand jour. Pour faire rrégner la loi et lutter contre le crime, les Mages , artisans dela pais, ont créé un ordre : les Maîtres Inquisiteurs.

"Ah, au fait, Christophe, le duo Péru - Goux revient avec une nouvelle série, tu vas voir, c'est génial, plonge là-dedans, tu ne vas pas le regretter." Bon, j'avoue, même sans les conseils du dealer, j'aurais plongé les yeux fermés dans cette création prévue en six tomes sur la base d'un monde commun créé par Jean-Luc Istin (le maître producteur en industrie fantasy chez Soleil) mais avec scénaristes et dessinateurs différents sur chaque tome. Par ailleurs, les cinq premiers tomes présente un Maître Inquisiteur différent et le sixième et dernier tome les rassemblera.

Commençons donc par le début et l'ouverture du livre. L'intérieur de la couverture est une carte des terres d'Oscitan. Le dessin des terres et les noms des lieux sont largement inspirées de l'Europe et de l'Afrique du Nord. Univers créé de toutes pièces certes mais pas tout à fait. Non, ce qui est vraiment sympa dans cet album, c'est la première double page qui fait un résumé historique de cet univers : la guerre, les Mages, la paix, les Maîtres Inquisiteurs. Intéressant puisque ça permet de se créer une idée du monde dans lequel on plonge.

Au dessin, on retrouve Pierre-Denis Goux, Bisontin déjà croisé sur Mjöllnir, déjà scénarisé par Olivier Péru. Et le fait est que le dessin est toujours aussi chouette. Si le découpage des planches reste classique pour un ouvrage d'héroïc fantasy (recoupements de cases, dessins hors cases...), on note une multitude de détails dans le dessin de Pierre-Denis Goux, que ce soit sur les personnages ou les paysages. Là-dessus, vraiment, rien à redire.

En fait, là où ça pêche un peu, c'est sur le scénario. Non pas qu'il soit mauvais, non, bien au contraire, cette histoire de vengeance personnelle est bien foutue, bien rythmée, avec des flashbacks en sépia et des scènes d'action un peu trash. On reprochera à la rigueur une histoire à peine trop bavarde mais c'est un reproche mineur. Non, le truc, c'est que, une fois qu'on referme le livre, on se dit "Oui. Et donc ?" Si le dénouement laisse apparaître une ouverture qu'on retrouvera dans le tome suivant et/ou dans le dernier tome, je suis un petit peu resté sur ma faim. Tout un univers est créé avec des ordres, des Maîtres Inquisiteurs qui ont une vocation puissante mais ce premier tome est "juste" une histoire de vengeance personnelle dont le lien avec l'histoire globale est ténu et n'apparaît que sur la fin. Bref, si l'idée de base est plutôt intéressante et l'album pris tout seul très agréable, je suis un petit peu déçu. Suffisamment pour ne pas prolonger la série ? Peut-être, à voir...

Texte © Alfie's mec, 2015.
Couverture : Les Maîtres Inquisiteurs (tome 1 : Obeyron), Olivier Péru, Pierre-Denis Goux, Éditions Soleil, 2015.