L'architecte du sultan

Istanbul au XVIe siècle. Jahan débarque avec Chota, un éléphant blanc qui doit rejoindre la ménagerie du sultan Soliman. Grâce à beaucoup de chance et un peu de ruse, Jahan pénètre dans le sérail du palais. Tout en s'occupant de Chota, il va se retrouver à suivre les enseignements de l'architecte royal Sinan. Et la nuit, il rêve à la belle Mihrimah, fille du sultan...

Avec ce nouveau roman, Elif Shafak nous entraîne au coeur de l'Histoire d'Istanbul, dans le palais du célèbre Soliman le Magnifique, aux côtés de son épouse la mystérieuse Roxana... De Soliman à ses descendants, Elif Shafak raconte l'Histoire à travers les constructions de Sinan qui oeuvra auprès de trois souverains, mais aussi à travers les guerres auxquelles Chota participa. A ses côtés, Jahan, témoin de tous ces évènements, de ses douze ans aux jours les plus longs de sa vieillesse...

Malgré tout l'attrait de ce roman et l'aspect passionnant de l'immersion culturelle qu'il offre, j'avoue avoir eu du mal à me plonger pleinement dedans. Jahan notamment m'a dérangé : les années passent, mais il semble toujours aussi jeune et immature. Les années semblent couler sur lui sans prises, il ne semble guère tirer d'enseignements de ce qu'il observe et apprend... Au coeur de ses tourments, la belle Mihrimah, fille de Soliman, dont il tombe amoureux, d'un amour qu'il sait impossible... Qui est Mihrimah, que cache-t-elle ? Il faudra attendre la fin du livre pour le découvrir...

Pour autant, Elif Shafak semble avoir voulu mettre un peu de suspense dans son intrigue... D'où proviennent les multiples accidents qui surviennent sur les chantiers de Sinan ? Sont-ils une expression mystique dans cette société qui semble vivre au rythme des symboles ? Ou le fruit de la main de l'homme ? Elif Shafak tenait là un excellent coeur d'intrigue, mais il m'a semblé qu'elle n'allait pas jusqu'au bout des choses dans son intensité dramatique. Le fil conducteur est là tout au long du récit, mais il se fait parfois très (trop) tenu pour tenir réellement le lecteur en haleine.

Malgré ce défaut et cette faiblesse narrative, L'architecte du sultan est un roman plein de parfums, de soieries et de diamants, un roman qui nous entraîne dans une ville et à une époque qui m'étaient méconnues.

Mes remerciements à Babelio qui ont contribué à ce voyage !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : L'architecte du sultan, Elif Shafak, traduit de l'anglais (Turquie) par Dominique Goy-Blanquet, Éditions Flammarion, 2015, 462 pages.