SCCOUVSilas Corey est un ancien reporter, détective à ses heures perdues et travaille pour le 2è Bureau, un service de renseignements. Georges Clémenceau, farouche opposant du gouvernement Caillaux, le contacte pour retrouver un reporter disparu alors que ce dernier venait de trouver les preuves de la trahison du chef du gouvernement.

Voilà un nouveau héros dans l'univers de la bande dessinée, héros qui court un peu partout dans les deux tomes qui constituent "Le réseau Aquila", la première aventure de Silas Corey au milieu de la Première Guerre Mondiale. Attachons-nous d'abord au personnage qui, après une première lecture rapide pourrait être tout sauf attachant. Silas Corey est cynique puisqu'il n'hésite pas à multiplier les employeurs parfois opposés les uns aux autres pour pouvoir gagner un peu plus d'argent. Silas Corey ne se comporte pas en parfait gentleman avec les femmes, il a une tendance à une légère toxicomanie et peut être parfois violent. Mais Silas Corey n'en demeure pas moins un héros. C'est justement parce qu'il a une (ou plusieurs) part d'ombre (expression à la mode), parce qu'il est parfaitement assisté de son serviteur, parce qu'il ne sépare pas de son trait d'humour cynique et parce qu'il gagne toujours à la fin qu'il est un héros.

SCPLFabien Nury signe le scénario. Normalement, ça, ça doit suffire à estimer la qualité d'un scénario. Fabien Nury, pour vous dire, c'est Atar Gull et Il était une fois en France, autrement dit, deux gros gros scénarios (même si l'un des deux n'est pas totalement de lui, j'en conviens). L'histoire ici est super bien calibrée, avec les codes d'une histoire d'espionnage, de guerre, avec les méchants, les gentils et les traîtres à la cause de l'ennemi, avec des histoires de gros sous, une jolie fille au milieu de tout ça. La construction du puzzle se fait dans le tome 1 tandis que le second tome est plus axé sur l'action et les multiples rebondissements. Autre atout majeur, le scénario s'intègre à merveille dans le contexte de la Première Guerre Mondiale. Bref, Fabien Nury claque un scénario exempt de tout reproche.

Côté dessins, Pierre Alary a su parfaitement s'adapter à l'histoire et livre un dessin dynamique. Les traits des personnages, du héros en particulier, sont taillés à la serpe. Les dessins jouent sur les couleurs (de Bruno Garcia), les contrastes afin de recréer l'ambiance des différents lieux et l'atmosphère pesante dans les relations entre les personnages. Les scènes d'action sont bien foutues et l'ensemble est cohérent dans son ensemble. Au final, ce diptyque est amené à faire des petits tant les ingrédients sont nombreux et excellents pour que la série perdure : héros charismatique, scénario impeccable, dessin somptueux. Vous ne vous étonnerez pas de voir cette note ressortir en fin d'année, à l'époque du bilan, c'est d'ores et déjà un coup de coeur de 2013.

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Texte © Alfie's mec 2013.
Couverture et planche T1 (cliquer pour agrandir) : Silas Corey - Le réseau Aquila, Nury, Alary, Garcia, Éditions Glénat, 2013