LNGFA travers plusieurs thèmes, Aymeric Mantoux et Emmanuel Rubin décrivent et analysent les plaies qui gangrènent la gastronomie française.

A ce stade de ma chronique, je tiens à vous préciser que j'ai violemment galéré pour vous faire un pitch de mes propres mains. J'aurais pu bêtement recopier la quatrième de couverture mais c'eut été trop simple. Du coup, j'ai utilisé mon encéphale développé pour vous pondre "ça". C'est déjà pas mal, je vous saurais gré de ne pas trop me houspiller. Bien, autre remarque préliminaire, Aymeric Mantoux et Emmanuel Rubin, c'est bien trop long à écrire. Comme, plus tard dans mon billet, j'aurais à parler des auteurs, on va faire plus court. Aussi, pour plus de commodité, nous les appellerons Toto. C'est bon, tout le monde est bien attaché ? Alors, on y va.

Toto a donc décidé d'étudier plusieurs aspects de la gastronomie française. Comme Toto est futé, Toto a fit plusieurs chapitres de longueur similaire. La longueur similaire, c'est important, ça permet au lecteur de pouvoir faire des pauses régulières et surtout, quand il y a un chapitre qui parle de la même chose que le précédent, ça permet de faire deux chapitres sur le même sujet. Pas con, Toto.

Bien, dans l'ordre des chapitres... Toto découvre la téléréalité. Tout un chapitre consacré à Masterchef, si, si, je vous jure. Bon, j'avoue, comme tout un chacun, j'ai déjà regardé cette émission. J'ai été largement déçu par le fait que ce ne soit pas une émission de cuisine mais une émission de téléréalité qui parle plus des conflits entre candidats ou des interrogations philosophiques de Jean-Michel et Bernard devant leur langoustine qu'autre chose. Et puis une émission qui te demande de faire une blanquette de veau en une heure est forcément mauvaise. Tu ne feras JAMAIS une blanquette de veau en une heure, OK ?? Heeeeyyyy, mais regarde, quatre lignes pour parler de Masterchef. Pas beaucoup plus. Toto en fait un chapitre. Autant te dire que ça tourne vite en rond.

Toto découvre que les grands chefs étoilés sont aussi des businessmen et par la même occasion, Toto découvre le pognon. Genre les mecs qui font de la cuisine sont philantropes et sont là pour les beaux yeux des gens qui n'attendaient qu'eux pour savoir quoi manger et comment. Dans cette société capitaliste et fondée sur le pognon, les grands chefs ont compris qu'avoir des étoiles faisaient d'eux des stars et ont donc vendu leur image au plus offrant. Quitte à renier l'essence même de la gastronomie puisque voir un grand chef faire la promotion de produits sortis de l'industrie agro-alimentaire a de quoi décontenancer. Plusieurs chapitres sur ce thème, donc, entre les publicités et les petites affaires des chefs dans les divers restaurants et autres brasseries achetées ou revendues à des fins purement lucratives. A noter qu'il faut être parisien pour bien connaître les lieux nommés. Parce que, bien entendu, la grande cuisine se fait à Paris. Tu penses bien que nous, à Besançon (ou ailleurs, hein, je suis pas raciste), on mange quand même sacrément mal dans nos boui-bouis provinciaux.

Toto parle politique. Bon, t'affole pas, ça casse pas trois pattes à un canard. Pendant la moitié du chapitre, Toto nous dit dans quel cantine mange ou mangeait tel ou tel homme politique. C'est passablement chiant et tout à fait inintéressant dans la mesure où je n'y foutrais jamais les pieds et que, de toutes façons, jen'ai pas les moyens d'y mettre un orteil. Mais là, je sens que tous vos sens sont en éveil depuis que j'ai écrit "politique". Vous vous dites, Toto parle de la TVA réduite sur la restauration. Réponse ? Oui. D'un autre côté, c'est facile, c'est écrit sur le bandeau du livre. Bon, rassurez-vous, je vous résume le truc : la TVA réduite a été mise en place sur pression du lobby des restaurateurs avec en tête le sémillant président du syndicat majoritaire dans un but purement électoraliste, les restaurateurs votant majoritairement à droite. Voilà. C'est tout. Ah non non, n'attendez pas une enquête un peu plus poussée sur pourquoi ça ne marche pas, les mensonges des restaurateurs sur les créations d'emplois, le but inavoué de gagner plus d'argent, tut tut tut, c'est pas là que vous aurez des infos. Désolé, Toto n'avait visiblement pas que ça à faire.

Enfin, Toto parle des guides. Un chapitre sur le Michelin, un autre sur les autres. Là, j'avoue, ce sont des chapitres intéressants où on apprend des trucs. C'est quand même malheureux d'attendre le dernier tiers pour apprendre des trucs. Bon, c'est ps renversant non plus, hein mais c'est toujours ça de pris.

En fait, c'est pas tant le fond que je critique. Je ne savais évidemment pas tout ce qui est raconté dans cet ouvrage. Déjà, la moitié de ce qui y est raconté, je m'en fous royalement, que ce soit Machin qui a racheté 3 restaurants ou Bidule qui mangeait là avec sa fille cachée. C'est la forme qui n'est pas plaisante. Ca dénonce certes mais ça prend un peu de haut. Genre Toto est meilleur que tout le monde et va t'expliquer la vie. Alors que Toto se tire une balle dans le pied dans le dernier chapitre en dénonçant les critiques gastronomiques, Toto étant lui-même critique. Il dénonce même le site qu'il a créé, visant à définir ce qui est bon. Or, moi, autant j'aime bien qu'on me donne un avis circonstancié et argumenté, autant je n'aime pas qu'on me dise ce qui est bon, ce qu'il FAUT faire. Bref, dans sa dédicace (parce que ce livre m'a été dédicacé, je ne savais qu'il était à chier avant de le lire), To (l'un des deux auteurs, donc, Emmanuel Rubin, en l'occurrence) m'écrit que ce livre "ne doit pas m'interdire de toujours aimer le beau et le bon". Compte sur moi, choupinou. En fait, la grande gastronomie est tellement ampoulée qu'elle m'ennuie. Pour vous dire, je préfère largement une bonne adresse sans chichis qu'un très grand restaurant où on me débarrassera de mon manteau, on me priera de m'asseoir et on me priera de me délester d'un mois de salaire. Donc, moi aussi, je vais faire un guide pour vous lecteurs amateurs de bonne chère. Il n'y aura qu'un consil : repose tout de suite ce bouquin sur sa pile, jette-moi ça, tu n'apprendras rien. Et lis plutôt le blog de Guillaume Long qui te feras aimer la gastronomie sous un autre oeil, beaucoup plus réjouissant.

Edit du 10 décembre 2012, 13h12 (parce que j'ai tapé cette chronique il y a quelques jours) : J'ai oublié de vous dire un truc. C'est truffé de fautes de frappe, d'orthographe ou de grammaire. Au-delà de trois fautes sur l'ouvrage, j'utilise le qualificatif "truffé", oui. Je tolère la coquille, la petite faute. Quand c'est une ou deux fautes par chapitre, c'est insupportable. C'est même probablement l'argument principal qui doit vous faire ne pas lire ce livre.

Texte © Alfie's mec 2012.
Couverture : La livre noir de la gastronomie française, Aymeric Mantoux et Emmanuel Rubin, Éditions J'ai lu, 2012