MDcouvAu cours du XIIIè siècle, quatre cavaliers de l'Apocalypse sèment la terreur dans la campagne balte à la recherche de Jelami, l'Infant Zodiacal. Ce dernier, fruit d'une relation entre une femme Live et le Dieu des Lives, est le sauveur de son peuple contre l'envahissement chrétien. De leur côté, Wolfram et Ronan sont deux Missi Dominici avec pour mission officielle de récolter toutes les reliques. Officieusement, ils recherchent également Jelami qui devient donc l'objet de toutes les quêtes.

Après Le Tombeau d'Alexandre, voici une nouvelle histoire complète en trois tomes dont le dernier est paru le 29 février dernier (les deux premiers tomes ayant été édités respectivement en août 2009 et octobre 2010). J'ai personnellement la chance d'avoir le premier tome dédicacé par Dellac. Posons tout de suite les jalons de cette histoire : guerre, ésotérisme, magie, chrétienté, Moyen-Âge, on retrouve ici plein d'éléments classiques sur pas mal d'ouvrages de BD. La question est donc de savoir si cette série arrive à se démarquer de ses "concurrentes" (si tant est qu'on puisse les nommer ainsi).

MDplCommençons par le scénario. Sa construction est très bien foutue. Le premier tome installe les personnages et le fond de l'histoire. Les deux Missi Dominici arrivent sur Riga pour une mission officielle et une mission officieuse tandis que quatre gugusses massacrent à tour de bras pour retrouver un enfant aux pouvoirs extraordinaires et que les autochtones, mus par la peur, se retranchent derrière leurs anciennes croyances et croient voir en ce gamin la solution de leur problèmes. Trois camps, donc, avec un gamin au milieu. Le second tome permet de connaître d'avantage les personnages, et Wolfram en particulier, l'un des deux Missi Dominici. Par plusieurs flashbacks, on apprend les motivations de cet homme à rejoindre l'ordre des Missi Dominici. L'histoire ne s'arrête pas pour autant. On découvre les réelles motivations des quatre cavaliers et certains personnages se dévoilent, bref, tout se pose pour un troisième tome dédié au dénouement dont on ne saurait prévoir l'issue. Et là, patatras, le troisième tome et ses dernières planches en particulier sont assez décevantes. Alors qu'on s'attendait à un choc, un affrontement entre les différents camps pour la paix ou la domination ou ce que vous voulez, on se retrouve avec une simple lutte pour savoir dans quel camp va finir l'un des personnages (Jelami, oui, vous l'avez deviné). Autant la construction du scénario est vraiment réussie, autant la finalité est plutôt décevante.

Les dessins quant à eux sont de facture relativement classique et très réussis. Un bon travail sur les couleurs a été réalisé. Les personnages sont reconnaissables. Même remarque pour les flashbacks que je mentionnais plus haut. Dellac utilise des couleurs plus ternes, tendant vers le gris et le jaune pour bien différencier le présent du passé. On notera toutefois quelques erreurs dans les phylactères, les dialogues étant attribués à un mauvais personnages. Rien de dramatique pour autant, on arrive à retrouver ses petits. Ainsi, ce n'est pas tant sur le dessin, plutôt intéressant, que par le scénario que Missi Dominici se révèle un tout petit peu loupé et donc pas terriblement marquant. On a à faire avec une bonne histoire, sympathique et bien menée mais qui déçoit par son dénouement.

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Texte © Alfie's mec 2012
Couverture tome 1 et planche tome 1 (cliquer pour avoir l'image en grand) : Missi Dominici, Thierry Gloris, Benoît Dellac, Éditions Vents d'Ouest, premières éditions en 2009 (T1), 2010 (T2) et 2012
(T3)