l'obscure mémoire des armesLe privé Heredia se demande à quoi occuper ses journées jusqu'à ce que Griseta, son amante fugitive, vienne le voir en compagnie de Virginia Reyes dont le frère, German, vient d'être tué. Convaincue qu'il ne s'agit pas d'un accident ou d'une erreur, Virginia demande à Heredia d'éclaircir les mystères qui entourent la mort de German.

Après avoir lu Luz ou le temps sauvage, Julie, ma libraire, m'a orienté vers L'obscure mémoire des armes en m'indiquant que j'y trouverai à nouveau la dimension politique que j'avais apprécié dans le roman d'Elsa Osorio. C'est donc avec l'envie d'en apprendre plus sur l'Histoire du Chili que je me suis plongée dans ce roman qui s'avère en fait être d'une des enquêtes menée par un détective privé un peu atypique...

Si l'aspect politique et historique est indéniablement présent dans le roman de Ramon Diaz-Eterovic, ce titre va faire partie des lectures les plus intéressantes et agréables de l'année. On y découvre en effet les heures sombres de la dictature de Pinochet, les séances de torture à la Villa Grimaldi et les cauchemars des quelques survivants qui réussirent à en sortir. Mais on embarque aussi à la suite d'un personnage attachant, un peu Poulpe, un peu Varg Veum, très amateur de livres et de littérature, qui n'hésite pas à faire part de ses réflexions à son chat, Simenon, et à prendre en compte les suggestions que ce dernier peut lui faire autour d'un bifteck !

Je préfère tout de suite mettre en garde les amateurs de courses-poursuites et autres thrillers halletants : L'obscure mémoire des armes n'est pas fait pour vous ! En revanche, si vous aimez déambuler dans les rues d'une ville, rencontrer des personnages surprenants et passionnants, si vous voulez lever un coin de voile sur l'Histoire du Chili, si vous pensez qu'on ne peut écrire un bon roman policier avec une belle plume, alors plongez-vous rapidement dans ce roman qui ravira, forcément, les amoureux des chats !

Texte © Miss Alfie 2011.
Edition lue : L'obscure mémoire des armes, Ramon Diaz-Etarovic, traduit de l'espagnol (Chili) par Bertille Hausberg, Editions Métaillé, collection Noir, 2011, 278 pages.