La-sanctionJonathan Hemlock est un ancien alpiniste et un professeur d'art... mais aussi un amateur d'art. Mais les toiles qu'il achète sont généralement vendues au marché noir, et son salaire ne suffit pas à ses goûts de luxe. Pour pouvoir assouvir sa passion, Jonathan travaille pour le CII, une organisation secrète d'espionnage et contre-espionnage, pour qui il effectue des "sanctions" : l'assassinat d'espions ennemis ayant tué un membre du CII. Alors qu'il convoite un Pissaro, le CII le contacte pour effectuer une sanction à Montréal. Mais l'agent du CII assassiné fut la victime de deux hommes. Une deuxième sanction en perspective ?...

Je dois dire que La sanction et son auteur, Trevanian, étaient deux parfaits inconnus pour moi avant qu'il ne rejoignent ma bibliothèque, sur les conseils de ma libraire (et oui, encore une fois !). Lorsque j'ai essayé de me renseigner un peu plus sur cet auteur, Trevanian, dont je n'avais jamais entendu parler, quelle ne fut pas ma surprise lorsque je me suis rendue compte que derrière ce pseudonyme se cache un homme dont on sait bien peu de choses, et dont l'identité n'est même pas certaine !

Bref, si je fais une chronique sur La sanction, ce n'est pas pour vous parler de son auteur, mais bien de ce roman noir que je ne saurai trop vous conseiller. Pourquoi ? Et bien parce qu'il est excellent, tout simplement ! Et pourquoi donc ? Pour commencer, il faut prendre un personnage principal plus qu'original. Professeur d'art, Hemlock habite dans une église qu'il a réaménagé en maison d'habitation et se réfugie dans la crypte où il expose pour son seul plaisir les oeuvres d'art qu'il acquiert avec de l'argent bien étrangement gagné. Sans sentiment, Hemlock tient cependant à la loyauté de ses amis et ne pardonne aucune trahison. Autant dire que rien que grâce à lui, La sanction vaut d'être lu.

A la fois attachant et horripilant, Hemlock est le point d'accroche du livre à partir duquel Trevanian crée une histoire digne des meilleurs romans d'espionnages qui se terminera sur la face nord de l'Eiger, sommet des Alpes bernoises. Meurtres, trahisons, immeubles secrets, agents doubles, argent sale, coups de poings et courses-poursuites s'enchainent, ponctués des descriptions des ascensions d'Hemlock. Trevanian maîtrise une écriture extrêmement descriptive dès qu'il nous embarque en Arizona ou dans les Alpes, et sans pour autant que ce soit rébarbatif (valait mieux pas, parce que le nature writing, c'est vraiment pas mon style !) mais sait aussi passer en un instant à un style violent et percutant dès qu'Hemlock commence à s'activer et à s'énerver !

Rien qu'avec ces deux arguments (le personnage d'Hemlock et le style narratif, mais vous suivez enfin ?!), vous devriez déjà avoir envie d'acheter ce roman noir. Ceci dit, s'il faut encore vous convaincre, je ne peux que vous rajouter que par là-dessus, cette histoire est remplie d'un humour décalé, totalement déjanté, réellement corrosif... Pour vous convaincre ? Filez page 212 de l'édition de poche sortie par Gallmeister lire ce grandiose dialogue entre Hemlock et son guide de montagne suisse à qui il demande quelques explication concernant la facture que ce dernier vient de lui remettre... (J'avoue : j'en riais toute seule... C'est grave docteur ?!)

Avec La sanction, Trevanian nous offre un roman noir qui plaira aux amateurs d'espionnages, aux amateurs d'intrigues en tout genre, aux amateurs de montagne et d'escalade et aux lecteurs qui ont aimé Totally killer et qui retrouveront le côté barré de Greg Olear dans l'écriture de ce roman publié en 1972 aux USA. Autant dire que si vous pensez ne pas correspondre à l'un de ces types de lecteur, je ne sais plus trop quoi faire pour vous convaincre de filer en librairie dénicher ce titre !!!

Texte © Miss Alfie 2011, sauf citations.
Edition lue : La sanction, Trevanian, traduit de l'américain par Jean Rosenthal, éditions Gallmeister, collection Totem, 2010, 337 pages.