compagn1348, Angleterre. La peste a débarqué dans les ports de la côte sud. Tout le monde tente d'y échapper par quelque moyen que ce soit. Par le biais de ses rencontres, un camelot est amené à voyager avec huit personnes aux destins différents. Le périple s'annonce difficile pour échapper à la pestilence. D'autant que d'autres dangers semblent guetter ces voyageurs...

Vas-y vieux, fais donc une accroche pour un bouquin qui va à deux à l'heure et donc les évènements décrits dans la quatrième de couv ne se déroulent qu'à mi roman... Déjà, là, j'ai déjà l'impression d'en dire beaucoup ! Donc, bon, lisez l'article et si jamais ça vous tente, ne lisez pas la quatrième de couverture, c'est un ordre !! Ceci dit, si le scénario se met en place trèèèès progressivement, on se laisse facilement prendre par l'ambiance lourde, grise et pluvieuse que les descriptions détaillées dépeignent.

Dans un roman choral, il est toujours difficile de placer tous les personnages principaux sur un pied d'égalité. Ici, rien de tout ça. Karen Maitland est parvenue à créer neuf personnages tous très différents avec des histoires, des passés et des secrets originaux et à ne pas mettre un personnage plus en valeur qu'un autre, quand bien même le narrateur serait l'un d'eux. Le scénario quant à lui est excellent. On cherche ce que chaque personnage peut cacher de son existence, ce secret l'ayant amené à être sur la route. Que cachent donc les boîtes de ce magicien irascible ? Pourquoi ce couple qui attend un enfant est sur la route ? Que pousse cet élève à se faire détester de son maître ? Qui est cette petite fille aux cheveux blancs abandonnée et qui, franchement, m'a bien foutu les jetons ? Jusqu'à la double surprise du dénouement, on est tenu en haleine et il est difficile de lâcher le bouquin.

Karen Maitland a également réussi à nous faire vivre au Moyen-Âge. L'ambiance, les villes, les croyancces, les rites, bref, la vie quotidienne est habilement et précisément dépeinte. Ainsi, les histoires de chacun ne sont plus racontées, mais contées, avec ce supplément un peu fantastique que les conteurs ajoutaient afin d'embellir et d'envoûter leurs auditeurs. On peut accrocher ou pas mais ce talent d'écrire et de conter ces histoires toutes différentes m'a fasciné. Bref, avec la Compagnie des Menteurs, Karen Maitland nous plonge au cœur de ces neuf voyageurs en nous laissant le soin de se faire une opinion au fur et à mesure que les évènements se déroulent. Au final, j'ai trouvé un très très bon thriller médiéval au dénouement surprenant... puis terrifiant. Maintenant, vous pouvez lire la quatrième de couverture... ou aller directement en page 3 !!

A lire aussi...
- Elle a failli ne pas aimer : "Alors que je m'étais laissée doucement endormir par une intrigue fantastique qui ne m'impressionnait pas et me détachait progressivement mais sûrement de l'histoire, j'ai laissé échapper certains indices au fil de la lecture. J'ai donc pris de plein fouet le coup de théâtre final qui m'a révélé à quel point j'avais été manipulée et malmenée."
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Elle a moyen aimé : "Qu'il m'est difficile de parler de ce roman tellement mon avis est mitigé !"
- Elle a adoré à un détail près (mais faut pas lire sa critique si vous voulez lire le livre) : "Si vous êtes amoureux du Moyen-Âge vous ne pourrez pas passer à côté de ce bijou."

Texte © Guigzzz 2010
Édition lue : La Compagnie des Menteurs, Karen Maitland, traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau, Éditions Sonatine, 2010, 571 pages.