9782253152453FSEn 1832, Éliza est recueillie par Rose Sommers qui convainc son frère, Jérémy, responsable de la succursale de Valparaiso d'une société de négoce britannique, d'élever le bébé comme sa propre fille. Éliza va recevoir l'éducation des colons britanniques et s'épanouir dans sa famille adoptive, auprès d'une jeune femme aux secrets cachés derrière un célibat choisi, d'un oncle navigateur qui la couvre de présents lors de ses passages à terre et de Mama Frezia, une indigène partagée entre ses coutumes ancestrales et le respect des croyances catholiques. 16 ans plus tard, la jeune femme qu'elle est devenue va s'éprendre d'un des employés de son oncle qui la quittera bien vite en espérant faire fortune en Californie, nouvel état américain où l'on découvre des gisements d'or.
Enceinte, la jeune femme va s'embarquer avec l'aide de Tao Chi'en, un Chinois, médecin et cuisinier de fortune sur les voiliers, pour partir à la recherche de son amoureux dans un état sans droit, où se côtoient des gens de toutes nationalités, très peu de femmes, et où la soif de l'or fait affluer quotidiennement des milliers de paysans désespérés.

Premier roman que je lis d'Isabel Allende, Fille du destin m'a entraîné dans un pays que je connais très mal, le Chili, à l'époque de la ruée vers l'or et à l'aube de transformations majeures dans le monde. On y découvre par le biais du personnage de Tao la culture chinoise et l'installation de la communauté chinoise à San Francisco, ville des USA qui accueille toujours l'une des plus importante communauté chinoise de nos jours, par le biais de Mama Frezia la culture chilienne traditionnelle, ses rites et ses mélanges d'épices et de saveurs, par le biais des Sommers la rigidité britannique et l'importance vitale donnée aux apparences et enfin, à travers Éliza, le destin d'une femme à l'heure de l'émancipation, des pionnières et des premières effluves de liberté.
De Valparaiso aux grands espaces de Californie, de l'arrivée des colons britannique au Chili au développement de la Côte Ouest américaine, Isabel Allende nous propose un véritable tourbillon de sens et de découvert en moins de 500 pages. Et c'est peut-être le point noir de ce roman : son aspect condensé. Car les personnages secondaires sont multiples mais en même temps fort intéressant et toujours utiles à la narration, il convient de ne pas décrocher au début de l'histoire, sous peine de se sentir un peu largué au fil des chapitres, d'autant que certains, et pas des moindres, changent de noms ! Ceci dit, si vous aimez les romans d'amour, d'histoire et d'aventures, vous serez servis car Fille du destin est en tout point conforme à ces caractéristiques !

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Texte © Miss Alfie 2008.
Edition lue : Fille du destin, Isabel Allende, traduit de l'espagnol par Claude de Frayssinet, éditions Le Livre de Poche, collection Littérature & Documents, 2002, 445 pages.