Mildred PierceMildred Pierce est femme au foyer. Pour s'occuper, et joindre les deux bouts depuis que la crise a mis son mari au chômage, Mildred fait des pies pour les voisins. Mais le jour où elle met son mari à la porte, Mildred va devoir trouver un véritable emploi pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses deux filles. Prenant un poste de serveuse, Mildred va peu à peu avoir l'idée de lancer son propre restaurant, poussée par sa fille aînée, Veda.

Il y a quelques temps, j'avais tenté la mini-série avec Kate Winslet, mais j'avais trouvé le rythme trop lent à mon goût. N'ayant pas vu plus d'un épisode et demi, je me suis donc lancée (sur les toujours bons conseils de ma gourou de la lecture dont je ne cesse de vous parler) dans ce roman sorti en 1950. Contrairement à la série qui m'avait semblé assez légère de prime abord, James M. Cain pose rapidement une ambiance complexe, notamment à travers le personnage de Veda. Dépeint par petites touches, on sent peu à peu qu'il prend beaucoup de place et va influencer énormément la vie de Mildred.

A travers cette femme, James M. Cain raconte une époque que j'ai eu du mal à situer : si on fait référence à la crise de 29 dès le début, il semble acté que l'histoire se passe dans l'entre-deux-guerres. Pourtant, si je prend le personnage de Mildred, son indépendance, son volontarisme, j'ai plus eu l'impression de voir une femme d'aujourd'hui, voire des années 60 mais en avance sur son temps. Cependant, Mildred Pierce, c'est aussi une femme soumise à sa progéniture. Rapidement, on comprend que ce qui la motive est de rendre heureuse une Veda qui joue de son pouvoir sur sa mère, une manipulatrice née devant laquelle Mildred s'efface et se prosterne...

Côté écriture, rien à redire. Le style est efficace, précis, travaillé. Une fois de plus, j'ai aimé me plonger dans un roman qui va bientôt pouvoir rentrer dans la catégorie des "classiques" méconnus, mais à découvrir impérativement !

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture : Mildred Pierce, James M. Cain, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sabine Berritz, éditions Gallimard, collection L'imaginaire, 2007, 420 pages.