Chercher ProustExtrait de la présentation de l'éditeur : À l’âge où les garçons commencent à s’intéresser de près aux jeunes filles en fleur, Jacques Bartel, adolescent ordinaire dont la vie intérieure est aussi riche que la vie sociale est terne, se découvre une idole : Marcel Proust. Toute son existence est désormais « sous domination proustienne ».

"Tu sais, me dit-il, c'est pas mal, le début est bien, après, je n'ai pas trop compris où tu voulais en venir." (p. 159)

Cette phrases de Marc, ami du narrateur ayant le son roman dans lequel il se raconte (bonjour la belle mise en abîme), résume assez bien mon sentiment à l'issue de cette lecture. C'est sympa, mais sans plus... C'est pour moi d'autant plus décevant que j'avais rencontré l'auteur il y a quelques mois, que nous avions discuté littérature et que j'avais gardé un très bon souvenir de cet échange. Aussi, écrire que son roman ne m'a pas enthousiasmée du tout me rend un peu triste... Même si je ne dérogerais pas à la ligne de conduite de ce blog qui est de dire la vérité et rien que la vérité sur les livres que je lis !

A la décharge de l'auteur, Chercher Proust est son premier roman, et on y trouve les imperfections qui sont le lot de beaucoup de premiers romans. Parmi elle, on sent que l'auteur a voulu tester, tenter des variations du mode de narration en introduisant des extraits de compte-rendus, des pensées de tiers, et le fameux questionnaire de Proust. Là encore, si l'idée est intéressante, je n'ai pas compris pourquoi ce questionnaire arrive tout d'un coup, alors qu'il n'est pas utilisé au début, notamment pour les parents du narrateur.

Côté intrigue, je me retrouve complètement dans la citation que j'ai choisi de retenir. L'auteur se raconte en quelque sorte à travers ce personnage passionnée et obnubilé par Marcel Proust. Mais la succession des mises en situations ubuesques m'a lassée, je n'ai pas saisi où l'auteur voulait m'emmener...

Bref, vous le comprendrez, si Michaël Uras fait preuve dans ce premier roman d'un style de réelle qualité, l'histoire aurait mérité d'être portée par une intrigue plus construite et plus étoffée que la simple passion un peu trop envahissante pour Proust... Et dire que ça ne m'a même pas donné envie de lire Proust...!

Texte © Miss Alfie 2019.
Couverture : Chercher Proust, Michaël Uras, éditions Livre de poche, 2014, 224 pages.