La défense LincolnMichael Haller est avocat. Il est appelé par Louis Rollet suite à l'agression d'une femme, agression dont Rollet se dit innocent malgré des preuves à charge. Pour Halleur, le dossier est de taille vu l'enjeu financier. Mais l'affair ese complexifie quand une vieille condamnation refait surface.

Avec Michael Connelly, c'est toujours un peu la même chose : la première moitié début tranquillement puis, d'un coup, ça s'enflamme pour exploser en fin de roman. Qu'on soit avec Bosch ou avec l'un de ses autres personnages récurrents, c'est toujours aussi bon ! Il faut aussi avouer qu'en choisissant de mettre en scène flics, avocats et journalistes, Michael Connelly réussit le tour de force de raconter la justice américaine via différents points de vu, tous témoins de sa très bonne connaissance du système judiciaire des USA.

Contrairement à son demi-frère Harry Bosch, Mickey Haller est plus rangé, moins borderline, et moins paumé sentimentalement. Oui, il est divorcé, deux fois même, mais on sent une réelle affection pour ses ex, et pas vraiment de traumatisme engendrant le mal-être qu'on retrouve chez Bosch. Probablement peut-on faire un lien avec leurs histoires personnelles, l'assassinat de la mère de Bosch influençant beaucoup le personnage et son humeur... Là encore, on peut souligner le talent de Connelly à créer des personnages à la psychologie subtile et juste.

Côté intrigue, le suspense monte peu à peu et nous entraîne dans les coulisses d'un procès, de la désignation de l'avocat au verdict final. Grâce à l'affaire, le lecteur s'interroge en même temps qu'Haller : comment défendre des hommes et des femmes dont on ne peut être convaincu parfois de l'innocence, qui n'ont aucune circonstance atténuante, et comment reconnaître le couple qui ment de l'innocent réel ?

Avec La défense Lincoln, Michael Connelly fait une fois de plus mouche. Quel plaisir de le retrouver et de replonger dans la noirceur de L.A. ! 

Texte © Miss Alfie 2018.
Couverture : La défense Lincoln, Michael Connelly, traduit de l'anglais (USA) par Robert Pépin, éditions Points, collection Points policier, 2015, 552 pages.