Une saison blanche et sèche

Tout commence avec la disparition de Jonathan Ngubene. Son père, Gordon, décide de faire la lumière sur le décès avec l'aide de Ben Du Toit, professeur. Rapidement, la police spéciale vient arrêter Gordon, et Ben reprend le flambeau, de plus en plus seul, surtout quand Gordon meurt lui aussi dans d'étranges circonstances.

En 1980, Une saison blanche et sèche obtient le prix Médicis étranger, alors même que la publication de l'ouvrage a été censurée dans le pays d'origine de l'auteur, pays au coeur du roman : l'Afrique du Sud. Il faut dire que André Brink situe son histoire en plein apartheid, dans une société scindée entre Noirs, Afrikaners et Britanniques. J'avoue qu'il m'aura fallu lire en parallèle quelques articles sur l'histoire de l'Afrique du Sud pour saisir comment, au sein même de la communauté blanche, des tensions existaient à l'époque.

Au fil des pages, André Brink met en scène des personnages plus ou moins attachants, pour beaucoup très marqués par le racisme et la supériorité présupposée de l'homme blanc sur les Noirs. On découvre le contraste entre la misère des townships, banlieues où sont reléguées les Noirs, et les quartiers "blancs", l'opulence des Afrikaners au pouvoir, toujours plus sûrs de leur supériorité... Oui, clairement, Une saison blanche et sèche est un roman qui révolte. Qu'il ait été censuré en Afrique du Sud souligne combien il devait percutant et dérangeant à l'époque de sa publication.

Construit comme un thriller, Une saison blanche et sèche met en lumière les travers inévitables de l'apartheid et de la classification des races. Pour nous rappeler que de telles politiques racistes ne se sont pas éteintes avec le 3e Reich, loin de là, et qu'elles perdurent d'ailleurs encore dans certains pays, dès lors que l'on discrimine et persécute, jusqu'à la mort parfois, des êtres humains en raison de leur couleur de peau, de leur foi, ou de leur sexualité...

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Une saison blanche et sèche, André Brink, traduit de l'anglais par Robert Fouques Duparc, éditions Livre de poche, 1982, 416 pages.