Légende d'un dormeur éveilléEn 1928, Robert Desnos rentre de Cuba. A Paris, il retrouve la troupe des surréalistes sous l'égide d'Andre Breton. Rapidement, il fait la connaissance du peintre japonais Foujita et de son épouse, Youki. Dans le Paris de l'entre-deux-guerres, il profite de l'insouciance pour écrire, mais s'inquiète de la montée des fascismes.

Après La part des flammes, voilà le deuxième roman de Gaëlle Nohant dans lequel je me plonge. Ce nouveau livre est sorti après deux années de recherches et de travail aux côtés de Robert Desnos. De ce poète, j'avoue que je ne connaissais que deux poèmes : "J'ai tant rêvé de toi" et "Une fourmi de dix-huit mètres". S'agissant du second, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que ce poème proche de la comptine, découvert dans un cahier de vacances pendant mon enfance, faisait ni plus ni moins référence aux trains de la mort diligentés par les nazis...

Car, au-delà du poète, Robert Desnos était aussi et peut-être surtout un homme engagé, croyant à ses idéaux, et un homme amoureux. Amoureux tout d'abord d'une chanteuse qui le repoussera et lui inspirera le premier poème que je vous ai cité, puis de Youki, insaisissable mais qui démontrera dans les derniers mois de la vie de Desnos combien elle pouvait l'aimer.

Dans ce roman très dense qui fait revivre Desnos, mais aussi une foule d'artistes de son époque, d'André Breton à Picasso en passant par Prévert notamment, Gaëlle Nohant redonne vie à un homme de courage et de conviction, un homme qui racontait la vie avec des métaphores et des images. Si certains passages pèchent par leur longueur, on perçoit que l'âme du poète a enveloppé complètement Gaëlle Nohant, jusqu'à imprimer à son écriture un air de poésie... Un roman qui invite à (re)lire une oeuvre égrainée dans le roman de Gaëlle Nohant, invitation à la découverte et clés de compréhension de textes relativement récents et pourtant déjà considérés comme des classiques.

Texte © Miss Alfie 2017.
Couverture : Légende d'un dormeur éveillé, Gaëlle Nohant, éditions Héloïse d'Ormesson, 2017, 544 pages.