les enfants de choeur de l'amériqueMark David Chapman et John Kinckley : deux jeunes hommes américains qui, en 1980, décident de tirer l'un sur Lennon, l'autre sur Reagan. Lecteurs de Salinger, fan pour l'un des Beatles et pour l'autre de Jodie Foster, ils se dévoilent peu à peu sous l'oeil de leur Mère Patrie.

J'ai beaucoup de mal, je vous l'avoue, à vous parler de ce roman que j'ai acheté un peu par hasard aux Mots Doubs. En amatrice des Beatles, il faut dire que le pitch m'intrigait : c'était pour moi l'occasion de découvrir un peu plus celui qui tua Lennon au pied de son immeuble new-yorkais.

Sur ce point, peu de regrets puisque la majorité du roman s'intéresse à lui, John Hinckley n'apparaissant que dans la seconde partie du roman. Néanmoins, à plusieurs reprises, je me suis demandée ce qui relevait du réel de ce qui relevait de la fiction... Il faut dire, à la décharge de l'auteur, que Chapman apparaît rapidement comme un gars un peu dérangé du ciboulot, qui utilise quelques substances étranges, ce que l'auteur réussit plutôt bien à retranscrire dans son écriture. Mais du coup, pour qui lirait ce livre sans substance, le risque est grand d'avoir la sensation de ne rien piger au fil conducteur, s'il y en a un !

Tiens, je crois que je tiens là l'élément qui m'a le plus perturbé dans ma lecture, et ma chronique sera un peu à cette image, à savoir la dispersion. L'auteur se disperse entre la narration par les deux personnages, la présence d'un Holden Caufield dont je n'ai toujours pas saisi l'intérêt réel si ce n'est de jouer avec un personnage prisonnier d'un roman qui s'en prend à son auteur, et cette voix suprême, celle de la Mère Patrie qui regarde ses ouailles et pointe les travers les plus effrayants de la société américaine...

Si Héloïse Guay de Bellissen tient une plume originale et percutante, je regrette d'avoir eu la sensation que ce roman aurait pu en être trois. A trop vouloir faire se croiser réel et fiction, l'auteur a finit par me perdre en route... Mais tentez quand même le coup : possible que ce genre un peu déjanté ne me convienne pas complètement non plus.

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Les enfants de choeur de l'Amérique, Héloïse Gay de Bellisen, Editions Anne Carrière, 2015, 236 pages.