Les assassinsJohn Costello est un survivant. Il a survécu à un tueur en série et a développé depuis une hypermnésie focalisée sur le sujet. Il est le premier à se rendre compte qu'une série de meurtres sans lien apparent semble des hommages à des tueurs en série morts ou emprisonnés. Irving, flic en charge de l'un des dossiers, va rapidement s'intéresser à la théorie de Costello.

2015 aura été une année faste pour Ellory entre la publication en Français de son premier roman Papillon de nuit et cette nouvelle parution de rentrée littéraire. Après le remarqué Seul le silence (que je n'ai jamais chroniqué mais qui m'a pourtant beaucoup marqué) qui a permis à Ellory de percer en France, Les assassins s'intéresse à nouveau à la question des tueurs en série. Si la traque reste au coeur de l'intrigue, c'est surtout sur la fascination qu'ils peuvent inspirer que R.J. Ellory insiste dans ce roman.

Le prisme d'entrée est intéressant : John Costello a été victime d'un tueur en série. Pour comprendre ce qui a conduit son agresseur à agir ainsi et à tuer sa petite amie de l'époque, Costello va chercher, lire, découvrir, et constituer une base de données unique en son genre, complétée par de régulières rencontres avec d'autres "survivants" ainsi qu'ils s'appellent entre eux. Bourrés de toc, listeur compulsif, compteur de pas, de voitures et j'en passe, adepte de menus déterminés par les jours de la semaine, Costello est un personnage déroutant, que j'aurai presque aimé plus complexe. Il porte en lui une ambivalence qu'explore Ellory dans l'enquête menée par Irving, mais peut-être pas assez à mon goût. Irving, lui, dénote un peu face à l'archétype du flic divorcé et dépressif. Sensible, marqué par le deuil de sa compagne, il reste néanmoins droit dans ses bottes, reste plutôt dans les clous, et ne s'oublie pas systématiquement dans l'alcool.

L'ensemble offre un roman assez fascinant qui passe en revue certains des plus grands crimes en série américains. Il est vrai qu'en dehors du Zodiaque, les hommes et femmes évoqués sont sûrement moins connus de notre côté de l'Atlantique qu'un Guy George ou qu'un Emile Louis, mais le résultat est le même : une fascination particulière et morbide pour le vice et le noir...

Encore une fois néanmoins, mon bémol concerne la fin (et ce n'est pas la première fois s'agissant de romans de cet auteur) qui apparaît à peine simple par rapport à l'intrigue plutôt complexe construite par l'auteur. Mais ceci étant, Les assassins demeure un très bon opus bien noir sur des meurtriers aux profils multiples.

Mes remerciements à Sonatine Editions pour cette lecture !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Les Assassins, R.J. Ellory, traduit de l'anglais par Clément Baude, Editions Sonatine, 2015, 528 pages.