la confusion des sentimentsA l'occasion de son soixantième anniversaire, un professeur se remémore sa jeunesse et la rencontre avec celui qui le mena vers la philologie anglaise.

Un petit Zweig pour la fin de l'année, c'est plutôt pas mal. C'est surtout gage de qualité. Et La Confusion des sentiments ne fait pas exception à la règle. Encore une fois, Zweig avec son talent de nouvelliste questionne la découverte, la passion, et la douleur qui peut en ressortir.

On suit pendant ces quelques pages un jeune homme plus adepte des cafés et des discussions entre amis que des cours, jusqu'au jour où son père l'envoie dans une université à l'écart de la ville. Il y rencontre le jour de son arrivée un professeur qui le subjugue : émane de cet enseignant une telle fougue et une telle verve que l'étudiant prend rapidement fait et cause pour son aîné. Rapidement cependant, il se rend compte que ce dernier est en marge de la société. La Confusion des sentiments, c'est l'ambiguité qui va animer cet étudiant qui perçoit une relation étrange, faite d'attirance et de répulsion. Entre ces deux hommes, une femme, et les conditions d'un triangle amoureux plutôt osé pour l'époque se trouvent réunies...

Si le sujet de fond de l'histoire est audacieux et fort bien traité, tout en finesse psychologique et en justesse, Zweig profite de ce roman pour faire état de l'oeuvre de Shakespeare. S'il apparaît comme un talentueux romancier, n'oublions pas que Zweig à travers ses biographies est aussi un homme cultivé, ce qui ressort énormément dans ce roman plein de références littéraires.

Encore une fois, je ne peux que souligner le plaisir de lire Zweig. S'il ne se dévore pas comme certains auteurs actuel, Zweig est un écrivain à savourer, pour bien saisir toute l'importance de son talent narratif et littéraire.

Texte © Miss Alfie 2014. 
Édition présentée : La Confusion des sentiments, Stefan Zweig, traduit de l'allemand (Autriche) par Alzir Hella et Olivier Bournac, Éditions Livre de poche, 1992, 160 pages.