Bergen5Bergen6Alors que la guerre froide fait rage, une petite fille de Bergen disparaît. Deux jours plus tard, elle réapparaît, incapable de se souvenir de quoi que ce soit concernant sa disparition. La vie se poursuit à Bergen... Et dans le monde...

Voilà (enfin) les deux derniers volumes de la saga consacrée à sa ville natale par Gunnar Staalesen. Et pour une fois, je vois que l'auteur a suivi mon conseil avec, au début du 5e ouvrage, un grand arbre généalogique qui permet de refaire le lien entre tout ce petit monde (comment ça, le fait que je l'ai suggéré dans cette chronique là n'a rien à voir ?!). Notez que ce récapitulatif ne fait pas de mal, même si on aurait pu réclamer du coup une note récapitulative sur les épisodes précédents... Parce que j'avoue qu'il m'a quand même fallu un peu de temps pour remettre bout à bout tout ce petit monde...

Heureusement, une fois qu'on a saisi que les personnages ne sont finalement que des prétextes pour raconter une tout autre Histoire, on apprend à lâcher un peu du leste et à rassembler les morceaux dans les grandes lignes. A moins que vous ne soyez très motivés et que vous ne décidiez d'enchaîner les six volumes maintenant qu'ils sont tous sortis en poche ! Mais si, comme moi, vous avez laissé passer du temps entre vos lectures, ne faiblissez pas, ne lâchez rien et poursuivez votre lecture.

Côté personnages, on retrouve donc les descendants des familles présentées dans le tome 1, et on se doute que tout cela aura un lien avec le dénouement tardif de la mort du consul Frimann dans la nuit du 31 décembre 1899. Ces braves gens passent dans un siècle en pleine mutation, vivent les événements majeurs qui le jalonnent, de l'assassinat de Kennedy en passant par le refus d'adhérer à la CEE, sans parler de toutes les évolutions sociale qu'on y retrouve : émancipation des femmes, familles divorcées et recomposées, etc. Ils deviennent les acteurs qui mettent en relief des évènements parfois tragiques, comme le retournement d'une plate-forme pétrolière en 1980, clap de fin impressionnant du cinquième tome.

Côté intrigue, on sait Staalesen versé dans le roman policier, et c'est finalement sur ces versants d'intrigue que je l'ai trouvé le meilleur : disparition de la gamine dans le 5e tome, et évidemment élucidation du meurtre du consul Frimann. Oui, 100 après, et alors ?! Les amateurs de Staalesen apprécieront d'ailleurs certainement le clin d'oeil à Varg Veum à la fin du dernier tome... En revanche, et malgré tout le travail de fond qui a été très certainement nécessaire à l'auteur pour monter une telle fresque, j'ai eu parfois bien du mal à me repérer entre tous les courants politiques norvégiens !

Fresque policière, mais avant tout sociale et politique, Le roman de Bergen est une introduction intéressante à l'histoire Bergen et de la Norvège. A lire néanmoins avec le cerveau bien connecté !

Texte © Miss Alfie 2014.
Éditions présentées : Le Roman de Bergen : 1999, le Crépuscule - Tome 4, Gunnar Staalesen, traduit du norvégien par Alexis Fouillet, éditions Points, collection Grands romans, 2014, 474 pages et Le Roman de Bergen : 1999, le Crépuscule - Tome 6, Gunnar Staalesen, traduit du norvégien par Alexis Fouillet, éditions Points, collection Grands romans, 2014, 306 pages.