bergen 3Bergent 4Alors que Christian Moland a pris sa retraite, c'est l'un de ses fils, Sven Atle, qui se voit charger d'enquêter sur la mort par noyade d'un pasteur du coin. Accompagné de l'ancien coéquipier de son père, Ole Berstad, Sven Atle voit ses pas croiser à nouveau quelques protagonistes du meurtre du consul Frimann...

Attention, je préfère vous prévenir tout de suite : si vous n'avez pas lu les deux premiers volumes du Roman de Bergen, ou si vous en avez oublié toute l'intrigue et ses personnages, mieux vaut vous replonger dans le premier diptyque avant d'attaquer les tomes 3 et 4 de cette épopée ! Car le troisième tome du Roman de Bergen s'ouvre globalement directement à la suite du tome 2, en 1932. On y retrouve les mêmes personnages ainsi que leurs descendants, et nous les suivront jusqu'en 1962. Autant dire qu'une riche période historique va s'écouler sous nos yeux.

Si vous n'avez pas une bonne mémoire, vous risquez d'être un peu perdu, car si Gunnar Staalesen nous propose au début du tome 3 quelques plans de la ville, c'est d'un grand arbre généalogique dont j'aurai bien eu besoin à certains moments car, comme le dit l'un des personnages à un moment donné, tout ce petit monde finit plus ou moins par être de la même famille par le jeu des alliances et des mariages ! Heureusement, si les personnages sont bien évidemment importants dans l'histoire, ils sont surtout des faire-valoirs pour la grande Histoire. C'est à travers eux que Gunnar Staalesen nous raconte la Norvège dans la seconde guerre mondiale, la lâcheté des uns, l'adhésion au nazisme des autres, ou encore l'émergence des communistes et leurs luttes internes.

Comme dans le premier diptyque, tous se retrouveront pour une scène centrale. Après le théâtre dans le tome 2, ce sera au cinéma dans le tome 4, évolutions culturelles et technologiques obligent. L'occasion pour le lecteur de voir réunis tous ces protagonistes qu'il suit les uns après les autres... Encore une fois, chaque tome se clôt avec un grand événement, mais je ne vous en dirai pas plus histoire de vous laisser un peu de suspense ! Quant à l'intrigue policière, si elle sert de prétexte à démarrer le tome 3, on la lâche assez rapidement pour se consacrer au quotidien et à la vie des uns et des autres. Cependant, on perçoit jusqu'à la fin du tome 4 que l'affaire Frimann qui ouvre le premier tome ne sera réglée qu'à l'issue des deux derniers tomes, soit près d'un siècle après le meurtre initial...

Encore une fois, Le Roman de Bergen a comblé mes attentes. Gunnar Staalesen réussit le pari de brosser le portrait d'une ville et d'un pays en pleine évolution à travers les histoires parfois banales, parfois extraordinaires d'hommes et de femmes tout au long du vingtième siècle. Ma seule attente désormais ? La parution en format poche des deux derniers tomes !

Texte © Miss Alfie 2012.
Éditions présentées : Le Roman de Bergen : 1950, le Zénith - Tome 3, Gunnar Staalesen, traduit du norvégien par Alexis Fouillet, éditions Points, collection Grands romans, 2012, 471 pages et Le Roman de Bergen : 1950, le Zénith - Tome 3, Gunnar Staalesen, traduit du norvégien par Alexis Fouillet, éditions Points, collection Grands romans, 2012, 321 pages.