portes ouvertesQuand un riche amateur d'art, un professeur à deux doigts de la retraite et un banquier se mettent en tête de "s'offrir" quelques toiles prenant la poussière dans des musées, il s'avère rapidement que le coup de main du caïd local d'Edimbourg n'est pas de trop. Surtout quand Chib Calloway, le dit caïd, chercher un moyen de rembourser une dette un peu trop grosse...

Passer à Edimbourg sans glisser dans la valise un roman de Ian Rankin était impossible. Rankin est principalement connu pour les enquêtes de l'inspecteur Rebus qui, je l'avoue, ne m'ont pas complètement convaincues et incitées à poursuivre il y a quelques années. Mais la lecture de Portes ouvertes (qui est donc hors série Rebus) m'a fait un peu revoir ma copie et il est tout à fait possible qu'une fois ma PAL baissée, je me procure une ou deux enquêtes qui me permettrait de refaire connaissance avec cet inspecteur taciturne.

Il convient tout d'abord de vous mettre en gardé. Portes ouvertes est un roman qui m'a semblé assez invraisemblable : qui peut croire que trois mecs qui ne connaissent rien en cambriole et décident de profiter des journées portes ouvertes des monuments de la ville sans penser une seconde que leur plan puisse les conduire en prison soit plausible ? Ceci dit, le principe des romans, c'est de permettre parfois à l'inconcevable et à l'irréaliste de devenir plausible et réel. Du coup, une fois partie dans la lecture, après la présentation en règle des protagonistes, j'ai eu du mal à lâcher ce roman !

Il faut dire en plus que je l'ai ouvert alors que nous posions nos valises à Edimbourg, et que j'ai tout de suite visualisée les lieux évoqués : le château, la National Gallery, les rues de New town, le monument Walter Scott... Autant de lieux que j'ai découvert pendant ce voyage qui, une fois de plus, ont donné au roman une toute autre dimension. On y retrouve d'ailleurs la patte "Rankin" dans la description d'une ville à deux visages : l'un aisé et moderne, l'autre sombre et pauvre.

Edimbourg

En dehors de l'aspect invraisemblable évoqué, le reste de l'intrigue est assez bien mené même si j'aurais aimé que les grains de sable que l'ont sent s'amonceller se dévoilent un peu plus tôt. Les faux-semblants et les faussaires sont rois dans ce roman noir qui met en scène des gentils pas toujours si gentils que ça, des méchants plutôt très méchants, des flics à l'ambition pas toujours très claire. Bref, avec Rankin, rien n'est jamais tout noir ou tout blanc ! On peut néanmoins regretter que la psychologie des personnages n'ait pas été un peu plus fouillée : on les devine beaucoup moins simples qu'ils sont présentés... Sinon, comment trois gars bien sous tout rapport et à la petite vie tranquille pourraient-ils devenir des malfrats recherchés mondialement ?...

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Challenge PAL
Une lecture qui s'inscrit dans le Challenge Destination PAL de Lili Galipette !

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : Portes ouvertes, Ian Rankin, traduit de l'anglais par Stéphane Carn, Éditions Livre de poche, collection Policier, 2013, 453 pages.