le horlaUn homme observe d'étranges phénomènes dans ma maison et se convainc peu à peu qu'elle serait habitée par une force ultra naturelle, le Horla.

Le Horla, voilà l'un des texte très certainement les plus célèbres de Guy de Maupassant, que la plupart d'entre nous ont découvert au collège ou au lycée. En tout cas, ce fut mon cas, et je me suis rendue compte avec plaisir que j'avais conservé ce recueil étudié en troisième, me semble-t-il. De cette lecture, je conserve quinze ans plus tard le souvenir d'une angoisse assez importante, moi qui suis plutôt de nature trouillarde... Du coup, quand l'ensemble de l'équipe du dealer de BD de l'homme nous a sommé de lire cette adapatation, je me suis dévouée, ayant déjà expérimenté avec beaucoup de plaisir le dessin de Guillaume Sorel dans Les derniers jours de Stefan Zweig.

De l'histoire en elle-même, je garde des souvenirs trop flous pour vous dire si Sorel a pris beaucoup de libertés ou non, les avis ci-dessous vous en parleront mieux que moi. J'ai néanmoins ressorti mon vieux recueil, projettant du coup de m'y replonger prochainement pour pouvoir faire la comparaison. Mais en tout cas, j'ai trouvé que l'atmosphère globale était plutôt bien retranscrite (en tout cas, le souvenir que j'en ai).

le horla pl2Le trait de Guillaume Sorel est mis en valeur par ses aquarelles, qui prennent parfois jusqu'à la moitié de la page (comme ces vues magnifiques du Mont Saint Michel...). Il réussit à allier précision des dessins et poésie... Quand il ne traduit pas l'angoisse et la folie qui s'empare du narrateur à l'aide de couleurs sombres et de cases pleines d'ombres. Le découpage des planches contribue à cette atmosphère parfois oppressante, les vignettes se multipliant lorsque l'angoisse rode, s'aggrandissant et s'apaisant lorsque la sérénité revient...

Là où Sorel réussit son adaptation, c'est en représentant le Horla, cette présence mystérieuse qui s'inscrit dans l'intérêt de l'époque (fin XIXe) pour l'occultisme et le surnaturel. Certains auront sûrement du mal à accepter cette vision, Maupassant en ayant fait quelque chose de très très immatériel dans mon souvenir, mais la mise en scène que propose Guillaume Sorel traduit bien la folie qui s'empare peu à peu de cet homme...

Voilà la deuxième bande dessinée de Guillaume Sorel que je découvre, et la deuxième qui m'incite à me replonger dans la lecture d'auteurs classiques... Après Stefan Zweig, voilà que Maupassant va rejoindre ma PAL... Mon seul regret dans cette histoire : avoir hésité avec l'édition grand format qui aurait forcément encore plus mis en valeur les magnifiques dessins de cet auteur dont je vous reparlerai sûrement bientôt !

En tout cas, encore une fois, je constate la pertinence des conseils de l'équipe du BD Fugue de Besançon, et j'en profite pour les en remercier et leur faire une bise !

Ce qu'on en dit ailleurs :

  • Dans la bibliothèque de Noukette : "Cet album est une pure merveille. Le dessin, de toute beauté, est réellement à couper le souffle !"
  • Bricabook : "Adapter un classique n’est jamais une mince affaire. Rester à la fois proche de l’oeuvre, car certains crieront toujours au scandale, mais apporter sa patte et sa lecture de l’oeuvre, sinon cela ne sert à rien de travailler dessus … L’oscillation est plus complexe qu’il n’y paraît …"
  • Mille et une frasques : "Mais je n’ai pas trop accroché avec la représentation donnée au Horla. Et pourtant, l’auteur nous offre des planches d’une grande beauté, la palette des couleurs rendant à merveille l’ambiance de l’histoire."
  • D'une berge à l'autre : "J’ai beaucoup aimé la façon dont Sorel s’est approprié le texte d’origine pour mieux le triturer avec ses propres références, finalement beaucoup plus fantastiques que psychanalytiques."

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : Le Horla, d'après l'oeuvre de Guy de Maupassant, Guillaume Sorel, Éditions Rue de Sèvre, 2014, 64 pages.