BUSCOUVQuand un représentant rondouillard d'une cinquantaine d'années prend le bus ou attend ce dernier, il se passe de drôles de choses.

J'étais tombé il y a fort longtemps sur cet ouvrage que j'avais vaguement feuilleté et trouvé plutôt drôle. Mon expérience se serait sans doute arrêtée là si je n'avais pas reçu cet ouvrage par l'intermédiaire de Masse Critique de Babelio. Du coup, je m'y suis replongé plus profondément et plus attentivement. Et le fait est que cet ouvrage est à tous points de vues remarquable.

Pour votre complète information, sachez qu'il s'agit de gags tenant sur une page et ui sont parus initialement dans une revue américaine Heavy Metal entre la fin des années 70 et le milieu des années 80. les gags sont le plus souvent purement visuels et requierent l'attention du lecteur pour saisir toute la finesse de la chose. L'humour défie souvent la logique cartésienne et touche à l'absurde, au surréalisme, bref à une dimension un peu subtile que les amateurs d'humour pipi-caca-prout ne sauront peut-être comprendre. Sinon, quand je dis "gags le plus souvent visuels", je précise qu'il existe des gags avec du texte mais ils se révèlent à mon goût moins réussis, moins drôles, moins fins.

BUSPLOn pourrait donc croire qu'il y a deux niveaux de lecture pour cet ouvrage : celui qui consiste à rester hermétique à cet humour un peuperché et celui qui consiste à en rire. Mais il y a le troisième niveau qui va un peu au-delà. En effet, la finesse de cet humour permet à l'auteur de faire passer un message. On ne peut pas rester devant ces planches, juste à rire ou sourire des péripéties de ce bonhomme et de ce bus américain typique des années 50. Derrière ces historiettes se cache une description d'une société moderne individualiste de consommation. Le Bus est donc un excellent recueil d'humour absurde auquel il convient d'accorder une attention toute particulière.

Texte © Alfie's mec  2014
Couverture et planche : Le Bus, Paul Kirchner, Éditions Tanibis, 2012.