vies parfaitLes années 80. Les couples commencent à divorcer de plus en plus. Et les enfants à le subir.

Difficile de faire un pitch plus long, j'ai déjà l'impression de vous en avoir trop dit... J'avais acheté ce bouquin au salon du livre de Besançon en septembre dernier, mais du fait de son sujet, j'ai mis un peu de temps avant de me plonger dedans. Les histoires de divorce de parents, c'est pas forcément ce qui me divertit et me fait le plus rêver... N'empêche, je me suis lancée : un jour ou l'autre, il faut permettre aux bouquins qui attendent de rejoindre la belle bibliothèque...

Que nos vies aient l'air d'un film parfait raconte l'histoire d'une famille dont les parents se séparent au début des années 1980. La narration fait intervenir successivement le père, la mère, ainsi qu'un narrateur qui parle au plus jeune enfant de la famille en disant "tu". On découvrira au fil des pages qui est ce narrateur. Seuls les parents disent "je". Seul le sentiment des parents est exprimé directement. Ce mode narratif permet une expression différée de ce que vont ressentir les enfants de cette famille.

Au final, j'ai été plus qu'agréablement surprise par ce premier roman. Ma grosse crainte était que Carole Fives tombe dans quelque chose de larmoyant, de vindicatif... Bref, j'avais la trouille que cette lecture me chamboule un peu, me remue les trippes et me fasse verser ma grosse larme. Or, si j'ai été marquée, touchée par cette lecture, la plume de Carole Fives est extrêmement précise, et réussit à exprimer les émotions par petites touches, de manière voilée, de telle sorte qu'on sort malgré tout apaisée par cette lecture... Peut-être aussi grâce à ce dernier "chapitre" qui en dit tellement en quelques phrases...

Sur fond de culture des eighties, Carole Fives nous livre un premier roman tout en délicatesse et en subtilité, un roman qui parle de la douleur et de l'incompréhension des enfants, sans misérabilisme ou sentimentalisme excessif.

Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : Que nos vies aient l'air d'un film parfait, Carole Fives, Éditions Le Passage, 2012, 120 pages.