RGBandeau : Libraires, éditeurs, citoyens lecteurs... tous ensemble, sauvons la littérature de SAINT-GERMAIN-DES-PRES.

Au début, je voulais faire deux chroniques en une. Une chronique très premier degré, très "j'ai pas tout compris ce qui se passe" et une où je faisais un peu genre clin d'oeil au lecteur pour dire "hey, en fait, j'ai saisi le truc, en fait, c'est un pastiche, toussa". Pis bon, je me suis dit que vous étiez pas plus con que la moyenne et que soit vous le saviez déjà, soit une petite recherche Google vous l'aurait appris. Donc autant partir sur de bonnes bases, c'est une parodie de "Indignez-vous" et derrière le pesudonyme de Natacha Braque se cache un(e) vrai(e) auteur(trice) que j'ai rencontré(e) sur le salon des Mots Doubs à Besançon. Bon, là, pareil, comme son identité a été dévoilée (un peu trop vite à son goût), il n'y a pas grand suspense. Mais je vous laisse bosser un peu, je vais quand même pas tout vous mâcher. D'autant que bon... hem... ça se trouve, je suis lu par Natacha Braque alors, bon, je vais essayer de pas trop dire de conneries...

Il y a deux façons de prendre ce bouquin. Soit on aime la littérature bien pensante et tous ses sémillants représentants (en vrac Christine Angot, Claire Castillon, Marie Darrieusecq, Justine Lévy, etc.) et la lecture risque d'être vaguement désagréable tant ce courant prend cher. Dans le cas contraire, dans mon cas, donc, on prend un certain plaisir, pour ne pas dire un plaisir certain à voir cette "autrice" imbue d'elle-même à étaler son autosuffisance tout au long des paragraphes de ce faux pamphlet comme le font tellement d'auteurs au cours d'émission télés ou interviews radio ou écrites. Alors, oui, Natacha Braque a influencé beaucoup d'oeuvres modernes, Natacha Braque ne comprend pas le succès de la littérature étrangère, Natacha Braque réclame des avantages pour cette caste élitiste de l'Art, Natacha Braque, Natacha Braque, Natacha Braque, quoi...

De plus, tout dans le bouquin, même dans les moindres détails relève du pastiche, de la bibliographie de l'autrice à la quatrième de couverture en passant par la troisième de couverture qui vaut aussi des points. Les références au style de cette caste d'auteurs imbuvables sont nombreuses et je me suis largement fendu la poire à lire cette bêtise exquise. Je peux redire ici ce que j'ai dit lors des Mots Doubs à l'auteur concernant son précédent ouvrage : c'est n'importe quoi mais qu'est-ce que c'est bien.

Texte © Alfie's mec 2012.
Couverture : Rivegauchez-vous !, Natacha Braque, Éditions de l'Opportun, 2012.