JORaymond Depardon a suivi cinq Jeux Olympiques d'été, de Tokyo en 1964 à Moscou en 1980. L'ouvrage livre un reportage photographique sur ces JO, leur évolution tant sportive que politique.

"Dis donc, coco, tu t'es pas foulé. T'as pris un livre avec des photos comme ça, tu te fatigues pas trop avec le texte." Alors oui, OK, c'est pas faux mais bon, déjà, c'est la Miss qui m'a offert ce livre alors tes critiques, t'es mignon, tu les lui adresses. Et puis ensuite, du texte, y'en a. Parce que le garçon Depardon, il sait faire des photos mais il sait aussi écrire le français. Bon, il sait faire des photos... Je laisse chacun libre de juger de la qualité des photos, surtout LA photo présidentielle. Celle-là, on va pas se mentir, elle est quand même violemment moche. Mais bon. Là n'est pas l'objet du propos.

Sur les différentes épreuves qu'il a suivi (essentiellement athlétisme et gymnastique), le photographe s'intéresse plus aux émotions des sportifs et des spectateurs qu'aux performances des athlètes. On retrouve ainsi les célèbres photos du podium du 400 mètres à Mexico (les poings gantés et levés de Tommie Smith et John Carlos), de Dick Fosbury qui, encore à Mexico, révolutionne le saut en hauteur, Bob Beamon qui survole (littéralement) le concours de la longueur toujours à Mexico, d'Abebe Bikila à Rome ou de Nadia Comaneci à Montreal. Depardon voue d'ailleurs à cette dernière une certaine admiration. Il écrit pressentir une future championne juste aux premiers pas et figures qu'elle réalise. Bon, c'est sans doute plus simple de l'écrire après coup, surtout quand on sait les résultats qu'elle a eu. On trouve également des photos de la sublime Colette Besson.

Notons que Moscou n'est pas sportivement suivi. Depardon s'est contenté de photos de rue. Pas tant pour boycotter les Jeux en raison de l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS comme l'ont fait tant de pays mais parce que son employeur demandait des photos couleur. On a les raisons que l'on peut. J'exagère un peu puisque les aspects politiques ne sont pas oubliés (soulèvement à Mexico avant les Jeux en particulier). Quelques aspects techniques sont également présents mais rien de rédhibitoire (et quand je dis rédhibitoire...) pour le candide que je suis. Sans doute d'ailleurs l'amateur aurait préféré plus d'éléments techniques mais j'imagine que Depardon cherchait dans cet ouvrage sympathique et intéressant une retransciption émotionnelle subjective de cinq Jeux Olympique, objectif qu'il remplit tout à fait.

Texte © Alfie's mec 2012.
Couverture : J.O., Raymond Depardon, Éditions Points, 2012.