les fantomes de breslau1919. Eberhard Mock est policier à la brigade des moeurs. Les bordels et bas-fonds sexuels de la ville n'ont guère de secrets pour lui. Pourtant, lorsqu'on retrouve quatre marins morts, c'est plus à cause du petit mot qui accompagne la découverte que pour ses compétences qu'on place Mock sur l'enquête...

Il y a un bout de temps maintenant, j'avais repéré sur un ou deux blogs de littérature policière le nom de Marek Krajewski. Les auteurs et les polars polonais ne faisant pas partie de mon univers, j'ai eu envie de tenter le coup, d'autant que l'intrigue se passait au lendemain de la première guerre mondiale, dans une Pologne allemande. Pour autant, l'aspect historique est finalement loin d'avoir su me convaincre. Il est si peu significatif qu'il m'a même fallu faire quelques recherches sur le net pour percuter que Breslau est en fait le nom allemand de Wroclaw et saisir quelques éléments de contexte totalement absents du roman...

Il est vrai que si la dimension historique m'a déçue, j'aurai pu espérer me sentir transportée par l'intrigue. Mais là aussi, le bât blesse... Rapidement, on retrouve un procédé que je trouve de plus en plus souvent dans des thrillers, à savoir l'alternance entre le récit du point de vue d'un enquêteur et des propos tenus par le potentiel meurtrier. Si je trouvais le concept intéressant il y a quelques temps, il n'a pas du tout fonctionné ce coup-ci avec moi et je suis ressortie de cette lecture avec l'impression que les auteurs creusent un filon et manquent de plus en plus d'originalité. Tiens, d'ailleurs, quand on parle de manque d'originalité et de mimétisme, c'est globalement la même chose avec les personnages... OK, je sais que les Polonais sont plutôt réputé pour apprécier la vodka en des quantités défiant toute concurrence... Mais est-ce une raison pour mettre en scène encore une fois un flic mal dans sa peau qui cache ses angoisses dans des litres d'alcool ?

Bref, je vais éviter de continuer la liste de toutes ces petites choses qui ont fait de cette lecture un moment un peu fastidieux, que ce soit la prévisibilité du dénouement ou ces interminables et multiples descriptions qui me font dire aujourd'hui que ce bouquin n'est pas forcément à lire pour son intrigue meurtrière, mais plus pour l'intrigue psychologique... Or, comme j'ai trouvé ce dénommé Mock particulièrement agaçant, j'avoue que partir avec Marek Krajewski à la poursuite de ses fantômes ne m'aura pas donné envie de poursuivre cette série !

Challenge_thriller
Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du challenge Thriller organisé par Cynthia.

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : Les fantômes de Breslau, Marek Krajewski, traduit du polonais par Margot Carlier, Éditions Gallimard, Collection Folio Policier, 2011, 352 pages.