mda-couvMonsieur Vanadris est malade. On ne nomme pas la maladie mais comme on parle de tumeurs, on imagine aisément qu'il s'agit d'un cancer. Il est placé dans un institut spécialisé dans les soins palliatifs. La mort dans l'âme raconte ces moments vus des yeux du fils de ce père malade.

"Ouééééé, Christophe, tu viens encore nous faire marrer avec un sujet super drôle : le cancer et la mort !! Sérieux, euh… comment te dire… T'es sûr que tout va bien dans ta tête ??" Oué, bon, ça va, j'ai entendu parler de ce bouquin, je l'ai feuilleté, j'ai aimé le style graphique, j'ai pris. Voilà, c'est tout, on va pas en faire toute une histoire, si ? Effectivement, c'est pas super joyeux. Effectivement, ça se termine mal. Les miracles, c'est dans Joséphine, ange gardien...

Ceci dit, voilà un ouvrage qui a le mérite de poser des questions intéressantes et importantes. Il soulève les sujets de l'acceptation de la maladie, le fatalisme face à la mort, l'accompagnement de fin et de vie et, bien évidemment, l'euthanasie sous différentes formes (par le médecin, par un proche ou par un suicide plus ou moins assisté). Les questions sont posées mais à aucun moment l'auteur ne prend parti. Il laisse au contraire le lecteur se faire son avis, combler les lourds silences induits par nombre de situations. C'est dur, c'est violent, ça prend  la gorge mais la lecture de cet ouvrage n'a pas d'autres buts que d'amener le lecteur à se poser les questions de savoir comment il réagirait si cette situation devait arriver à lui ou un de ses proches.

mda-plGraphiquement, l'utilisation du seul crayonné sur un fond sépia ajoute à la gravité du propos. Les traits sont simples mais l'évolution du père du héros est notoire. On est également frappé par le contraste entre la position du personnel soignant, ses phrases toutes faites, ses sourires de façade et la position du malade qui connaît sa situation et qui a pleinement conscience qu'il ressortira de ce centre entre quatre planches. La force de cet ouvrage tient dans son réalisme simple. Par là, je veux dire qu'il n'en rajoute pas pour faire pleurer dans les chaumières. Il reste juste, simple, objectif dans les descriptions des diverses situations. Tout est fait pour mettre le lecteur au centre de la réflextionIl n'y a pas forcément beaucoup d'autres choses à dire sur ce livre sinon, qu'il est touchant et qu'il demande au lecteur une réflexion sur sa relation à la maladie et à la mort.

Texte © Alfie's mec 2011
Edition lue : La mort dans l'âme, Ricard & Wens, Éditions Futuropolis, 2011.