Forces_noiresMary Lester, ancienne flic reconvertie en journaliste d'investigation, est appelée par la mère d'un  jeune joueur du stade Rennais qui a disparu depuis quelques mois. L'enquête, qui semblait simple au début, se révèle plus compliquée et plus intrigante que ne le pensait Mary quand elle commence à être suivie par des hommes en noir...

Tout lecteur breton qui se respecte connait au moins de nom Mary Lester. Les couvertures des romans de Jean Failler font régulièrement les têtes de gondole des librairies bretonnes, entrainant les lecteur au gré des livres dans différentes villes de la région. C'est sans doute ce qui a poussé l'amie qui me l'a offert à choisir Forces noires qui se passe dans ma ville de Rennes.

Jean Failler est réputé pour décrire avec une grande précision les lieux dans lesquels il fait évoluer son héroïne, ce qui lui a d'ailleurs valu un procès il y a quelques années, une personne ayant cru se reconnaître dans l'un des personnages d'une de ses aventures. Et sur ce point, je ne peux que constater la véracité de cette remarque... En revanche, en commençant Forces noires, je pensais lire un roman, et non un guide touristique qui en profite pour nous donner moult détails sur l'année de construction de tel édifice ou l'origine du nom de telle rue... Vous le comprendrez rapidement, si au début j'ai trouvé drôle de suivre Mary Lester dans cette ville que je connais quasiment par cœur, le style de l'auteur m'a rapidement ennuyé... J'ai trouvé les tournures de phrases lourdes, pleines d'adjectifs qui en font des phrases à rallonge... Et lourdes...! De même, je veux bien que l'on parle de Rennes, je sais que la fameuse rue Saint Michel, connue généralement sous le nom de "Rue de la soif" peut être parfois un peu chaude, mais en plus de vingt ans passés à Rennes, et en de nombreuses soirées dans le centre ville où j'ai été amenée à y passer, seule ou accompagnée, jamais je n'ai eu de soucis...

Sinon, côté intrigue, Jean Failler nous ressort l'événement majeur des années 90, à savoir l'incendie du Parlement de Bretagne, l'ajoute à un complot politique même pas bien expliqué, et nous pond une enquête qui me semble bien capillotractée... L'héroïne, que je rencontrais pour la première fois, m'a fait sourire par moment mais m'a aussi semblé d'une naïveté incroyable : voilà que mademoiselle fait copain-copain quasiment avec n'importe qui alors que des barbouzes lui collent au cul...

Bref, une déception pour ce roman policier, même si je comprends les inconditionnels qui profitent de cette série pour visiter la Bretagne !

Une petite immersion au milieu des pages ?

"La maison se trouvait à Rennes, dans uen petite rue oubliée entre deux boulevards, un peu en retrait d'une promenade longeant la Vilaine, ce fleuve côtier qui traverse la capitale de la Bretagne avant d'aller se jeter en Atlantique, pas très loin de sa grande sœur, la Loire. " (p.9)

"Brigitte Abiven fit visiter la cuisine à Mary, la souillarde, qu'elle appelait "la pièce de service", la cave où le producteur de porc entreposait ses bonnes bouteilles, puis l'étage qui comportait quater chambres de belles proportions, meublées de lourdes armoires d'acajou, de lits hauts en merisier ciré, et de deux salles de bains aux appareils sanitaires démodés qui avaient dû être le comble du luxe un siècle plus tôt. Enfin, les dessous de toit où six chambres mansardées à peine plus grandes que des placards - probablement celles de la domesticité - apparaissaient dans tout leur dénuement : plancher de sapin lavé, murs de plâtre nu, qui n'avaient jamais connu la tapisserie, lits de fer aux matelas épais comme des annuaires téléphoniques et paraissant aussi durs, ampoules nues pendant au bout de leur fil au plafond." (p.120)

"Une station du métro VAL tout nouvellement mis en service se trouva sur son chemin. Elle s'y engouffra. Tout était neuf, propre, et quelques jeunes filles souriantes guidaient les premiers pas des utilisateurs vers les distributeurs de tickets automatiques. Elle glissa un euro dans la fente et obtint, en retour, son titre de transport qu'elle fit valider à la borne automatique. Puis elle monta dans la 1e rame, sans même savoir où elle allait la mener." (p.138)

Texte © Miss Alfie 2010, sauf citations.
Édition lue : Forces noires, Jean Failler, Éditions du Palémon, collection Les enquêtes de Mary Lester, 2002, 266 pages.