Lamour_est_a_la_lettre_aEmma est libraire à Milan depuis quelques mois. Bientôt cinquantenaire, elle a choisit de laisser sa vie de traductrice et d'interprète qui l'emmenait aux quatre coins du monde pour se consacrer à sa passion de toujours, les livres. Divorcée, elle élève son fils Mattia avec son ex-mari Michele. Sa vie se résume à sa librairie et ses amis. Mais totu bascule le jour où elle trouve un message de Federico, son amour de jeunesse, glissé dans les pages d'un des livres de la librairie. Entre New-York et Milan, les deux quinquagénaires vont créer un pont de lettres...

Qu'on se le dise : à l'heure où vous lirez ce billet, je serai potentiellement encore sur le sol britannique ! Mais, merveilleuse technologie, je peux quand même publier correctement cet article à la date prévue avec mes collègues de lecture que vous retrouverez chez George ! Et oui, le miracle de la technologie, internet que j'adore... Et bien voyez-vous, voilà un point sur lequel Emma et moi ne seront décidément pas d'accord... Emma et sa capacité à critiquer et refuser les téléphones portables et internet... Emma qui pense qu'à travers un écran on perd en émotion... Je pense que nous sommes nombreux ici à ne pas être d'accord avec elle et à estimer qu'au contraire, le développement d'internet et des blogs nous a enrichi ! Enfin, en tout cas, c'est mon point de vue !

Bon, ceci dit, il faut reconnaitre qu'Emma est avant tout une quinquagénaire qui a un gamin, divorcée et qui a déjà vécu... Rien qu'avec ça, il faut reconnaitre que je ne me suis pas identifiée à elle ! Même si j'adore les livres et que je ne suis pas bien grande, j'ai à peu près la moitié de son âge et je préfère les Converse aux talons hauts ! Mais Emma, c'est un peu la nana qui réalise ses rêves... Avoir une telle librairie, connaître un tel succès, pouvoir s'étendre ainsi si rapidement, autant dire qu'on est bien dans un roman !

Mais qu'il est agréable de tomber nez à nez avec une histoire peut être invraisemblable et clairement romanesque en plein été, de se laisser porter au rythme lent des courriers qui vont et viennent de part et d'autre de l'océan Atlantique, de voir se confondre Milan et New York, de suivre ces deux amoureux au gré de leur rencontre annuelle... Et de visiter Rêves&Sortilèges ! Même si j'apprécie énormément internet, que je suis une grande consommatrice de mails, que j'ai eu ma grande période messagerie instantanée, il faut reconnaitre qu'avec L'amour est à la lettre A, Paola Calvetti nous donne envie de laisser de côté le clavier, de sortir un beau papier et un beau stylo pour écrire... D'ailleurs, ce n'est peut être pas un hasard si, pendant ce voyage épistolaire, j'ai pris plein de note, couché plein d'idées qui me sont venues au fil de la lecture et que je tente d'ailleurs d'ordonner ici...

Toutes ces notes que je ne reprendrai finalement pas, même si j'aurai pu vous parler de cette manie de nous décrire les vêtements des gens que croise Emma, l'impact du 11 septembre dans les récits d'aujourd'hui, le parallèle entre la construction de l'histoire d'amour entre Emma et Federico et la rénovation de la Morgan Library... Mais tout cela, vous le découvrirez bien si vous lisez ce roman d'amour, un vrai de vrai, que je conseille fortement aux amateurs du genre et à tout lecteur qui aurait envie d'un peu de couleurs, de douceurs, de bougies, de pétales et de livres !

Une petite immersion au milieu des pages ?

"Un des privilèges de la librairie, c'est qu'elle m'a libérée d'un complexe de culpabilité : celui de ne pas me souvenir de tous les livres que j'ai lu. J'ai oublié le début, la fin, l'histoire entière d'un tas de livres, ce qui me permet d'en relire certains comme si c'était la première fois." (p.8)

"Quand un rêve se met lentement en place, je m'attends toujours à ce que quelqu'un vienne me le démonter pièce par pièce, avec la lucidité implacable de la logique. C'est beau, un rêve, tant qu'on ne vient pas vous le démolir." (p.219)

"C'est fantastique un livre, ça n'a pas besoin de prise, de chargeur, de batterie, ça supporte avec patience le stylo-bille, le crayon, les marques et les "cornes" aux pages. Le livre, c'est ma vie parallèle, il me fait avoir partout de la famille et des amis, même morts. Quand je lis, j'oublie qui je suis." (p.403)

A lire aussi :
Les avis que mes comparses de lecture : Aproposdelivres, Cynthia, Enitram, George, Loulou, Mango !
Et partout sur la blogo, de nombreux avis...

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Texte © Miss Alfie 2010.
Édition lue : L'amour est à la lettre A, Paola Calvetti, traduit de l'italien par Françiose Brun, Éditions 10/18, collection Domaine étranger, 2010, 470 pages.