La_valse_lente_des_tortuesAprès le succès de son livre, Joséphine a déménagé sur Paris, Hortense est partie à Londres pour ses études de styliste, Zoé découvre sa nouvelle école et les voisins, Iris se repose dans une clinique psychiatrique, Henriette se demande comment retrouver son train de vie antérieur, Marcel et Josiane s'extasient devant leur fils, Philippe recrée une vie avec son fils à Londres, Gary cherche un sens à sa vie... Voilà les protagonistes des Yeux jaunes des crocodiles de retour !

Je ne serai pas la première à le dire, loin de là, mais on lit La valse lente des tortues parce qu'on a aimé Les yeux jaunes des crocodiles, par pour découvrir la série... En tout cas, je ne le conseillerai pas ainsi, car autant vous le dire tout de suite, si j'ai accroché à cette histoire, ce n'est pas en soi pour le roman, mais plus parce qu'il se passe en partie à Londres et que je l'ai lu à Londres, et parce que je souhaitais à tout prix savoir ce que devienne ces femmes qui m'ont beaucoup touchées dans le premier opus.

Côté histoire, on glisse peu à peu vers quelque chose de beaucoup moins réaliste (si tant est que le premier volet soit réaliste !...) et l'on parle réincarnation et envoûtement... Pour mon petit esprit cartésien, cela est difficile à admettre, mais bon, admettons, et admettons surtout que l'on se trouve dans un roman, et que de ce fait, l'auteur peut bien faire des envoûtements si cela lui chante ! En tout cas, en point positif, j'ai noté la diminution des références au 12e siècle cher à Joséphine, ou du moins des références beaucoup mieux amenées et insérées dans le texte, faisant moins plaquées que dans Les yeux jaunes des crocodiles.

Globalement, c'est un roman à réserver aux amateurs de sagas familiales, celle-ci se passant de nos jours, mais que j'ai malgré tout aimé, parce qu'au fil des rues de Londres, je visualisais le Hyde Park de Gary, Picadilly d'Hortense ou encore le petit hôtel de Notting Hill où se réfugie Joséphine... Somme toute, un excellent roman pour les vacances, qui ne m'empêchera pas de livre le dernier volet !

Une petite immersion au milieu des pages ?

"Assises sur le lit, boutonnant leur chemisier à jabot, elles se mirent à parler. Des enfants petits et des enfants grands, des hommes qu'on croit grands et qui se révèlent petits, et du contraire aussi. De ces bavardages pour ne rien dire où l'on apprend l'autre, où l'on guette la phrase qui favorisera la confidence ou l'arrêtera nette, où l'on épie l'œil derrière la mèche de cheveux, le sourire qui s'économise ou s'épanouit." (p.196)

"Il y avait tant d'inquiétude dans ses yeux, tant de tendresse dans sa voix qu'elle s'en trouva désarçonnée. Il était tant qu'elle déménage, elle étant en train de devenir sentimentale." (p.305)

"Rouge, couleur de la mort et de la passion, les bourreaux étaient habillés en rouge, les Croisés portaient une croix rouge sur la poitrine. Rouges aussi, les robes des putains, des femmes adultères. Rouge le sang de la femme qui s'affranchit et se met en colère." (p.469)

A lire aussi :
George souligne qu'"On retrouve un peu les mêmes incohérences, mais aussi le même plaisir de lecture, sensation d’une bonne série TV, mais sans plus !" ;
Craklou "le recommande, même aux désabusés des histoires d'amour... La valse lente des tortues revisite vraiment le genre" ;
Et bien d'autres avis chez BOB !

Texte © Miss Alfie 2010, sauf citations.
Édition lue : La valse lente des tortue, Katherine Pancol, Éditions Livre de poche, collection Littérature & Documents, 2009, 752 pages