surmapeauWind Gap, aux fins fonds du Missouri. Une petite fille vient d'être enlevée. Neuf mois plus tôt, une autre fillette avait été enlevée puis retrouvée assassinée au bord du ruisseau avoisinant. Pour avoir l'exclusivité de ces faits divers tragique, un rédac chef d'un quotidien de seconde zone de Chicago décide d'envoyer sa meillleure journaliste couvrir l'évènement. Camille Preak retourne donc dans la ville où elle a grandi. Elle y retrouve sa famille, des connaissances et certains fantômes qu'elle aurait aimé oublier.

Bien, bien, bien, par où commencer... Alors, oui, quand j'ai lu la quatrième de couverture, je me suis dit "Tiens, ça peut être sympa, surtout si c'est un peu glauque." Oui, je sais, j'ai des goûts bizarres. Alors, effectivement, c'est glauque. Parce qu'en plus de se scarifier des mots doux sur la peau (d'où le titre et la couverture, essayez de suivre un petit peu), l'héroïne est un peu penchée sur la picole et a une famille un petit peu louche : une mère qui ne l'a pas forcément désirée et qui ne l'aime pas, un beau-père on ne peut plus distant, une première soeur décédée des années auparavant et une autre demi-soeur un peu trop mure pour ses 13 ans qui en profite pour être la cheftaine d'une bande d'ados.

Côté scénario, prenez un peu de fil blanc à couture. Vous l'avez ? Parfait. Alors, laissez-le tomber et prenez de bons gros cordages. Blancs, oui, si vous voulez, je suis pas difficile. Parce que bon, la police a pas beaucoup de pistes. On se dit "ouais mais justement, c'est la journaliste qui va résoudre l'affaire parce qu'elle connait le coin !" Que nenni !! Elle est autant à la rue que les autres !! Elle réussit à avoir un vague témoignage d'un gamin et le reste du temps, elle décrit la tristesse des familles des victimes, elle se soule au bourbon en sentant des mots gravés sur sa peau roougir en fonction de la situation ou elle nous parle de sa famille. Dis donc, quand on a rien à dire et qu'on cause de certaines personnes, faudrait ptet pas voir à voir à aller chercher beaucoup plus loin le meurtrier. Je vous le dis, c'est pu du fil blanc, c'est du cordage marin, le scénar.

Bref, pris d'un vif ennui devant une histoire aussi navrante, j'ai pris le soin de raccourcir mon calvaire pour aller vérifier que j'étais un très bon enquêteur, du moins, meilleur que ceux du Missouri. D'autant que, franchement, on ne voit pas bien l'intérêt des scarifications et surtout, leur rapport avec la choucroute l'histoire. A moins que ça ne soit intervenu ans les pages que je n'ai pas lues. J'imagine que l'auteure s'est dit "Yeah, je vais mettre du trash, comme les autres, ça va le faire !!" Bah non, ça le fait pas. L'intérêt de ces descriptions est nul et le tout est amené avec la délicatesse d'un tracteur. On ne peut pas s'improviser maître du polar comme ça...

Texte © Guigzz 2009.
Image Sur ma peau Gillian Flynn, Éditions Poche (2008).