Dahlia_noirA Los Angeles, au lendemain de la seconde guerre mondiale, deux inspecteurs ayant pour passion commune la boxe, se retrouvent à enquêter sur la mort d'une jeune femme rêvant de percer dans le monde du cinéma, Betty Short. Étant donné l'atrocité de la mort de Betty, les deux hommes vont enquêter jusqu'aux limites de la folie pour comprendre qui était la victime et ce qui s'est passé.

Adapté du roman de James Ellroy par Brian de Palma (Scarface (1984), Les incorruptibles (1987)), Le Dahlia noir est le cinquième roman de l'écrivain adapté au cinéma. Du réalisateur, je ne crois avoir vu que Mission : Impossible et Les incorruptibles. Ce dernier film m'avait d'ailleurs laissé un important souvenir...
Pour cette adaptation, c'est le réalisateur de Seven, David Fincher, qui avait d'abord été pressenti avant d'abandonner devant l'ampleur de la tache (il voulait en faire un film de trois heures en noir et blanc, assez loin de ce qu'a fait de Palma)... Pour camper les personnages complexes de cette histoire, on trouve Josh Hartnett (Pearl Harbor (2001)) dans le rôle de Bucky BleichertBleichert, Aaron Eckhart (The Dark Night (2008)) dans celui de Lee Blanchard, Scarlett Johansson (Lost in translation (2004)) campe la belle Kay Lake, Hilary Swank (Million Dollar Baby (2005)) la mystérieuse Madeleine Linscott, et Mia Kirshner (Jenny de The L World) incarnera la défunte Betty Short. Un casting intéressant pour un film noir qui nous entraîne à la suite des inspecteurs sur les traces du meurtrier mais aussi dans le labyrinthe des relations entre les hommes...
Par rapport au livre, on notera une simplification de l'histoire et des relations entre les protagonistes, bien qu'au premier visionnage, le spectateur puisse se sentir perdu entre les différentes affaires dont fait état l'histoire. Cependant, l'avoir revu après lecture du roman donne d'autres perspectives sur un film qui pourrait paraître fort simple par rapport au majestueux roman dont il est tiré. Ceci dit, n'oublions jamais que plusieurs centaines de pages ne peuvent être adaptées en totalité à l'écran. Des coupes sont donc nécessaires, et rendent effectivement ce film moins dense que ne l'est le livre... Toujours est-il qu'on peut en effet regretter que tout le versant faisant état de la corruption dans la police à cette période ne soit pas évoqué, le livre insistant régulièrement sur les tentations offertes aux flics. De même, la psychologie des personnages peut apparaitre comme tellement simplifiée qu'ils en perdent en substance.
Et pourtant... J'avoue, au premier visionnage, n'ayant à cette époque pas encore lu le livre, m'être perdue entre les protagonistes, avoir manqué une partie des subtiles relations entre eux. Deux visionnages et une lecture de bouquin plus tard, je garde mon impression de départ d'avoir là un grand film sombre, malgré les critiques lues ça et là comme quoi Brian de Palma aurait adapté le livre à son univers, et non l'inverse.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Le Dahlia noir , Brian de Palma (2006).